Aux origines de la peinture

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Les deux textes qui composent cet ouvrage renvoient, chacun à leur manière, à la rencontre personnelle de Patrice Hetzel avec la peinture. Histoires d'atelier trop exigu, utilisation de chiffon maculés, parcours sémantiques entre deux langues, désir de comprendre, étude terminologique et généalogique guident la rédaction du premier texte. Ce qui suggère et porte le second c'est, par sa puissance poétique, l'expérience de sa rencontre avec la peinture dans le cloître de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg.
Publié le : lundi 1 septembre 2003
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EAN13 : 9782296329232
Nombre de pages : 142
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AUX ORIGINES DE LA PEINTURE
suivi des « Feuillets à la liesse»

Collection Esthétiques dirigée par Jean-Louis Déotte

Comité de lecture: Pierre Durieu, Véronique Fabbri, Pierre-Damien Huyghe, Jean Lauxerois, Damel Paya t, André Rouillé, Peter Szendy, AIichel Porchet Correspondants, Humbertus Von Hameluxen (AI), Martine Déotie-Lefeuvre (Aj), Jean-Louis Flecniakoska (U 1\1, Bloch Strasbourg), Anne Gossot (Jp), Carsten Juhl (Scand), Germain Roesz (ARS), Georges Teyssot (USA), René Vinçon (Jt)

L'ambition de la collection Esthétiques est d'abord de prendre part aux initiatives qui aujourd'hui tendent à redonner vie et sens aussi bien aux pratiques qu'aux débats artistiques, Dans cette collection consacrée indifféremment à l'esthétique, à l'histoire de l'art et à la tbéorie de la culture, loin des querelles tàussement disciplinaires destinées à cacber les vrais contlits idéologiques, l'idée est de présenter un ensemble de textes (documents, essais, études, français ou étrangers, actuels ou historiques) qui soient aussi bien un ensemble de prises dc positions susceptibles d'éclairer quant aux enjeux réels critiques et politiques de toute rétlexion sur la culture,

Série" Ars" coordonnée par Germain Rocsz

La collection Ars donne la parolc aux créateurs. Du làire au dire, Ars implique les acteurs de la sur un terrain qui création (les làbricants ainsi que les observateurs de la tàbrique) à formuler semble parfois étranger - leurs projets, leurs ambitions, leurs inquiétudes, leurs découvertes. Sur les modes analytiques, critiques, politiques, polémiques, esthétiques et dans les formes du journal, de l'essai, de l'entretien, du collage, il s'agit d'énoncer une parole du tàire-créateur. Rendre manifeste, de la revendication à l'adhésion, ce qui tisse les contradictions et les débats de la création contemporaine. Une complémentarité nécessaire en quelque sorte de la collection" Esthétique" .
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Dernières

parutions

Jean-Louis Déotte, L'époque de l'appareil perspectit: 200 I. Aldo Trione, (trad. Isabelle Lavergne), Penser la poésie, 2001. Eric Valette, La perspective à l'ordre dujour, 2001. Adolf Hildebrand, Le problèn)e de la forme dans les arts plastiqucs, 2002. Jean-François Robie, Portrait de l'artiste en naufrageur, sur les travaux maritimes, Ars, 2002. Miche! Porchet, La production industrielle de l'image, critique de l'image de synthèse, 2002. Stéphane Morczowski, Paul Klee, temps du peintre, avec Mondrian, Soulages, Chillida, Stella, Ars, 2002.

Pour le présent volume photographie

de couverture'

Apophase

(détail) travail de soudure.

Patrice HETZEL

AUX ORIGINES DE LA PEINTURE
suivi des « Feuillets à la liesse»

L'Harmattan 5-7, rue de ['ÉcolePolytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

iÇ)L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-4804-X

Remerciements
Puisqu'il est dans l'ordre des choses de tenir au devant des considérations force opportunité de remercier ceux qui contribuèrent d'une quelconque manière à leurs maturations, il convient en amont de ce livre de ne pas oublier ceux qui auront accompagné ces accès de visions. Je tiens à remercier très cordialement mon directeur de thèse, professeur attentif et toujours disponible, ainsi que mes collègues plasticiens de l'U.F.R Arts de Strasbourg, qui auront porté ces essais jusqu'à leur vocation, c'est-à-dire le plaisir de donner à penser.

Aux origines de la peinture

Préface de Jean-Louis Plecniakoska
Durant six ans, Patrice Hetzel a consacré toute son énergie à l'écriture d'une somme sur la peinture. Les quelque dix-huit cents pages rédigées et annotées ne suffisent pas à décrire le véritable travail d'écriture qui a été réalisé pour tenter d'atteindre l'essence même de la peinture. C'est à revers, par une approche négative, par une mise en cause de toutes les formes édulcorées, détournées, superficielles de sa présentation, que la peinture se révèle souveraine, nue, car toujours insolente, et déplacée. Bref, elle aurait quelque chose à voir avec le mal et le sale, ce qui perturbe l'ordre du discours de la représentation. La toute première touche de peinture sur un support marque l'irruption de ce qui n'est pas à sa place. Il est vrai que la peinture salit: c'est ce que l'on apprend aux enfants, c'est ce qui parfois leur répugne, c'est pouliant ce qu'ils recherchent. On comprend alors pourquoi la culture occidentale, de l'Antiquité à nos jours, par ses approches philosophiques, théologiques, sociologiques, et à travers les sciences de l'art, a dressé des écrans pour refouler la saleté du pictural et son inconvenance, pour ne montrer que ses atours: la représentation grâce à l'iconographie, la beauté grâce à l'esthétique, la maîtrise grâce au métier, etc. L'analyse poïétique et la phénoménologie ne peuvent, selon l'auteur de cette thèse en arts plastiques * II

retrouver cette origine de la peinture, qui se situe du côté du déplacé. Pour tenter de cerner, sinon de situer, ce qui n'est jamais à sa place, il faut se déplacer, déplacer le regard, le sien, celui de l'autre aussi. Pour y parvenir, Patrice Hetzel- qui est par ailleurs

pêcheur d'anguilles

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utilise toutes sortes de leurres pour traquer

la peinture, traverser les écrans, et tenter de la saisir là où on ne l'attend pas. Pour forcer ce déplacement, il propose de s'aventurer dans une expérience d'écriture polymorphe allant du texte théorique le plus aride aux saynètes ou aux dialogues sur le ton du mystère ou sur celui du pastiche. Pour exprimer les plus secrets indices de ce qui pourrait contribuer à rencontrer la peinture souveraine, il explore le vocabulaire du plus précieux langage au plus vulgaire, du plus limpide au plus abscons, sans oublier la richesse de sa langue maternelle, l'Alsacien, qui se joue des intrications entre deux cultures en formant de savoureuses et révélatrices expressions. Télescopages, inversions, répétitions et toutes formes de germanismes contribuent à donner à l'écriture un caractère d'excès qui s'ajoute à l'excès de culture, à l'excès de détails jusqu'à rendre la lecture indigeste. Le trop est aussi déplacé, et c'est par cette indigestion d'écriture que le lecteur peut percevoir la peinture et être bouleversé par l'obscénité de sa souillure. Cet ouvrage participe lui aussi du déplacement: deux textes hors de leur contexte, deux écritures, deux manières de porter son regard sur la peinture: l'une très théorique et dense, l'autre empreinte d'une expérience personnelle et d'une grande poésie. Ce choix s'explique sans doute par le caractère très autonome de chacun d'eux, mais il apparaît que d'autres raisons le sous-tendent. C'est d'abord l'évidence que la question de la peinture est autant une question théorique qu'une question de rencontre et d'atelier. Une seule approche serait inopérante, et ces deux textes imposent ostensiblement leur complémentarité.

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Par ailleurs, les deux textes renvoient chacun à leur manière à la rencontre personnelle de Patrice Hetzel avec la peinture. Histoires d'atelier trop exigu, utilisation de chiffons maculés, parcours sémantiques entre deux langues, désir de comprendre, étude terminologique et généalogique guident la rédaction du premier texte de ce livre Aux origines de la peinture, texte fondateur de sa réflexion. Ce qui suggère et porte le second, Les feuillets à la liesse, par sa puissance poétique, c'est l'expérience de la rencontre avec la peinture dans le cloître de Saint-Pi erre-le-Jeune à Strasbourg. Déambulation, errance, abandon haptique, contemplation, sont autant de situations délicieuses et pernicieuses dans lesquelles la peinture submerge l'amoureux qu'elle ravit, console et effraie à la fois par sa souveraineté. Le lecteur percevra bien d'autres liens entre ces deux textes que l'auteur introduit sur le mode autobiographique autant que théorique. 11serait ici bien imprudent de rentrer dans le vif d'un sujet traité sous une forme littéraire aussi singulière qu'efficace, au risque d'aller à l'encontre de cet immense travail de déconstruction de la vision entrepris par amour de la peinture. L'enjeu littéraire est primordial dans cette entreprise. Pour le peintre Patrice Hetzel, entrer en peinture passe par l'écriture. Ses essais, nouvelles et recueils de poésie confirment un vrai talent d'écri vain.
Ceyrac, Août 2002
* Le mal et le sale: pour une approche négative de la peinture, Thèse en arts plastiques soutenue enjanvier 2000 à l'Université Mare Bloch de Strasbourg.

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