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Guerres invisibles

De
264 pages
De quelle manière l'art peut-il préserver la vision intérieure en tant que facteur potentiel de l'évolution de l'être humain ? Voilà la question que l'auteure se pose, en parcourant l'histoire de l'art de la seconde moitié du XXe siècle et en comparant entre eux l'Orient et l'Occident. Essentielle, dans ce cadre, est l'analyse des mouvements japonais Gutai et Monoha, en raison de leurs retombées sur l'art occidental et en tant qu'expression de la confrontation entre les deux cultures.
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GUERRES INVISIBLES La fin du réel ART ET EMPIRE MÉDIATIQUE DE LORIENT À LOCCIDENT
Gabriella Dalesio
L’Harmattan 5-7 rue de l’École Polytechnique 75005 Paris
Traduction de l’italien au français de CAROLINE DELABROSSE
© pour l’édition originale italienne intituléeGuerre invisibili. La fine del reale. Dagli anni Settanta ai nuovi territori dei conflitti, Tullio Pironti Editore srl, P.zza Dante 89, Napoli, 2011
www.editions-harmattan.fr
© pour l’édition françaiseL’Harmattan, Paris, 2014
à Arianne et au petit Olmo le fil de la vie
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AVANT-PROPOS
SOMMAIRE
PRÉAMBULE Des guerres culturelles aux guerres invisibles. La fin du réel
1.L’art en question. La graine japonaise, le fruit américain 1.1L’immatériel chez le Gutai. Énergie de la matière 1.2L’immatériel en Monoha. La logique du lieu 1.3Le changement de signe de la matérialité de l’art 1.4Le fruit américain. Le contrôle de l’art de la Pop à labusiness art 1.5Passages. Pratiques du vide et pensée des origines
2.Les nouveaux territoires des conflits 2.1Les guerres invisibles depuis la fin du réel 2.2Les lieux des guerres invisibles : le vide des réseaux 2.3Les lieux intérieurs : le silence de la vision 2.4Le véhicule des émotions
3.Cartes de l’invisible 3.1Réalité ou réalité virtuelle ? Images d’une torche en mouvement 3.2Faire un cadre de fréquence 3.3Lequide l’art invisible 3.4La pensée des antiques dans la réalité du multivers
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CONCLUSION La réalité? Images d’une fable quantique
POSTFACE C’est le vide qui nous regarde,MARCELLOFALETRA
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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AVANT-PROPOS
Les images de la catastrophe du 11/3/2011 au Japon (repré-sentant des kilomètres de côtes transformées en une fange d’où affleurent des débris de voitures, des toits d’habitations et des morceaux d’objets du quotidien) ont attiré l’intérêt des médias du monde entier. Cette attention, par la suite, s’est focalisée sur les réacteurs de Fukushima, sur les dommages et les conséquences invisibles du péril radioactif. Au fur et à mesure que la tragédie de populations déracinées, incapables de reconnaître les endroits où elles vivaient auparavant, devient évidente ‒ avec la reconnaissance du drame dans le drame de milliers d’enfants ayant perdu leur identité ‒ dans les médias de l’Occident, l’écho d’une fusion partielle du noyau du réacteur nucléaire et l’ambigüité des sources d’informations officielles du Japon (autour de la gravi-té effective de la situation) ont nourri un débat sur les dangers du nucléaire. Toutefois, plus le temps passe, moins les infor-mations sur le tsunami et les périls liés aux centrales nucléaires semblent avoir d’importance, au point de disparaître. Entre-temps, l’Afrique du nord s’enflamme, donnant nais-sance à une révolution qui bénéficie de la rapidité de com-munication offerte par internet et qui se développe grâce aux réseaux sociaux. Les informations circulent à toute vitesse dans le lieu vir-tuel qui les a produites. La révolution commencée en Égyp-te, à l’initiative d’un des responsables locaux de Google, a exploité un antécédent : les renseignements dévoilés par Wikileaks sur lavraie naturedes relations diplomatiques dans les pays du Moyen-Orient et la corruption des régimes en place depuis presque quarante ans. L’énergie et l’ardeur avec lesquelles la rébellion nord-afri-caine s’est propagée ont mis en évidence l’intensification du
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débarquement de clandestins, l’irruption du drame de milliers de réfugiés qui échappent aux conflits, en abandon-nant leurs terres et leurs identités, à la recherche d’un endroit où survivre. En quête désespérée d’un pays où se réfugier, ces jeunes sont victimes soit des passeurs, soit de la barrière que l’Occident oppose à l’arrivée de populations en fuite. Ainsi, ces gens, au lieu de rejoindre une terre d’accueil, meurent dans les eaux appeléesMare nostrum. Par contre, si ces indi-vidus parviennent à débarquer sur nos côtes, deviennent vic-times de rejet et d’hostilité, bref d’un accueil féroce. Catastrophes et guerres qui se propagent dans l’immatéria-lité des communications par internet, mais qui impliquent, malheureusement, des bombes et des morts bien réels. Qu’est-ce qui unit la dynamique de ces événements ? Qu’est-ce que cela représente pour nous, qui demeurons hors de l’écran et quelle leçon en tirer ? La réflexion que l’on peut proposer touche au rythme pres-sant de leur succession. Ils disparaissent aussi rapidement qu’ils sont apparus, de façon que les actualités dramatiques sont comme le reflet dans l’eau de nuages en déplacement. La dure réalité est éclipsée et oubliée dans le flux continu des communications. Tout y apparaît et y disparaît entrainant alors l’amnésie et l’oubli. La capacité de réflexion et de compréhension du sens de ces événements, qui permet d’agir de manière concrète au jour le jour, est évincée par l’intérêt porté à de nouveaux dra-mes qui, de toute façon, pour nous qui les observons, ne sont que desimages. On exorcise les tragédies dans la « paratia » de l’écran. Mais qu’est-ce nous dit chaque événement ? Malgré l’homologation d’un monde globalisé, la façon de diffuser ces faits (tout comme les images qui nous sont par-venues du tsunami japonais) demeure cruciale et significati-ve. Leur dimension symbolique nous révèle ce qu’est le développement du monde dans lequel nous habitons. Les sables mouvants des terres inconnues d’où affleurent les
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