Lélévation

De
Publié par

Eddy Firmin, qui a choisi de s'appeler Ano, signe à la fois des œuvres peintes ou graphiques, des maquettes et des affiches, mais aussi des poèmes.

Ce plasticien guadeloupéen, aux talents aussi multiples que les branches d'un bois lélé, explore plusieurs voies et tient à maintenir cette diversité, car c'est ainsi qu'il évolue dans un univers doté d'une bonne dose de « lélévation » physique et mentale. (On désigne par « lélé » aux Antilles françaises une sorte de spatule à plusieurs branches qui sert à mélanger les liquides.) Proche des lettristes ou des jongleurs de mots et d'images, Ano imagine des passerelles entre signes et lettres, invente par association de lignes et de sens, sans jamais peser dans la balance des idées reçues. Ainsi, cet ouvrage de très belle facture poético-plastique, est-il une sorte de tohu-bohu où les mots cognent subtilement les images, comme le ferait une étoile dans sa chute vers la terre. Ce sont des écrits libres et inventifs, sans prétention, mais ouvrant des passages vers l'âme d'un peintre qui aime les mots.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
Lecture(s) : 217
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782844507051
Nombre de pages : 120
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
ESPOIR ?
Aux contouRs des jouRs,
LeuRs ailes sont de petits lélés Des anges bRuinent en mille éclats de veRRe.
Et leuRs yeux des cacahuètes gRillées…
Gobent les laRmesRoussies Au sol, des sexes violemment ouveRts
D’un ciel aux séRaphins cRamoisis.
1
5
La négro-musculo-lipido-mysthico-poétique des ombres
J’aime un mystèRe sans fin, couRant dans la vase des RiRes. Il habite le silencieux voRtex du sol, Il est contouR vivant sous tous les soleils, Éjaculation de toutes les lumièRes, ampoules, chandelles, lampes, lampadaiRes, de tous les bRiquets, de toutes les allumettes, mais aussi des flammes, feux de camps, feux de bRousse et incendie. PRojection de la flamme du Saint-EspRit suR la tête des apôtRes, des saints, des anges, aRchanges et séRaphins, poRtée paR le sol divin qu’est le sommet du cRâne de notRe gRand sans papieR « Jésus-ChRist l’AfRicain » fait héRitieR unique paR acte notaRial de l’Église, sainte Régisseuse de nos soleils et de toutes les choses scintillantes dans le cosmos du Réel et de l’iRRéel.
Te voilà en ton sens cRevé comme un pneu éclaté suR le ReboRd tRop pauvRe des lettRes, mots, signes et de tous les signifiants teRRifiants de la même espèce. Le fRontispice de ton dogme s’est Rompu le cou sous les impulsions sanguines, neRveuses, chimiques, électRiques et négRo-bio-musculo-lipido-mysthico-poétiques de mes nom-bReuses ceRvelles.
Te voici visible dans le contRe-jouR des planètes, suR le plancheR des galaxies, dans les mots antigRavitationnels d’ApollinaiRe, sous l’aile des albatRos et suR la table du « Black label » à boiRe ou à téteR et même dans les pensées défRisées de Pelage.
Te Revoilà obscuR chevalieR des Rayons laseRs du ciel. Fils de toutes soRtes de petits caillots photogènes, pèRe fRimeuR de tous les veRRes fumés.
Viens… Viens dans le jouR ! Je t’attends, debout suR ton fils ! PouR te péteR la gueule à coup d’absence.
1
6
POéSIE
CALLIOPE
L’intRigante gouRgandine… Elle lèche et suce avec gouRmandise De savouReuses fRiandises
1
8
JUTÉES DES PLUMES QU’ELLE rAPINE
LE GRAND NORD À Joël, le « black diamon »
I
Au noRd, SuR l’élytRe du séRaphin Des chants pRétendent que La canne est une plume veRte, Le vent, des foulées d’yeux, Les gRands moulins, des vases à fleuRs.
II
Plus loin, Sous la pieRRe soyeuse, À l’ombRe des maRes vides, Les « molôcoyes » affiRment que les hommes Sont des diamants noiRs.
1
9
III
EncoRe peRdue, Au flanc de l’ange La mémoiRe danse suR la Rocaille. Les aRbRes muRmuRent que les falaises Sont des tRous veRs l’enfeR.
(!)
« Petit muscle excréteur ! » Le poète suRpRis se dRessa comme une poule cuite. Il lui semblait avoiR entendu paRleR.
« Qui est là ? » « Qui est là ? »
Les minutes s’étaient mises à siffleR dans le chaud canon des heuRes. Les secondes quant à elles Ricochaient suR les Rêves de l’aRtiste RendoRmi avec une violence inquiétante. Coupant couRt à ce gaspillage de temps, le vacaRme s’habilla pRestement de quelques oRipeaux de silence et… Et vint aloRs, les yeux en tRou d’igname J-P VErHEGGENhuRlant comme un Richissime démon : « Il faut d’aboRd appRendRe à se décomposeR ! Non seulement à faiRe, de ce qu’on nous a appRis, son compost et son fumieR, mais à se liquéfieR soi-même, à s’accepteR de s’auto-faisandeR, à pRendRe en compte notRe puanteuR, notRe moRt décRivain»*
L’homme suRgit de la suRface sombRe de ses RêveRies, la tête humide de pensées, les yeux clos paR le liquide gluant des cauchemaRs et la bouche pleine de la semence des chimèRes. SoRtant une main de cette cRème sombRe et odoRante, il se pinça les yeux pouR se déles-teR les paupièRes de leuR pesant faRdeau. Maintenant tout lui semblait plus ocRe, tout semblait baigneR dans une cRuelle puanteuR à chaque instant plus hideuse.
*Artaud Rimburde J-P VErHEGGEN
2
0
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant