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De
188 pages
Que voyons-nous lorsque nous regardons La Joconde ? L'ouvrage cherche à préciser la relation que le public entretient avec Mona Lisa: d'abord en s'interrogeant sur le singulier rituel que constitue la visite à La Joconde et sur le dispositif qui a été mis en place afin de canaliser les foules et valoriser l'œuvre. Ensuite en s'interrogeant sur ses publics multiples. Quelle est au final notre relation singulière avec les oeuvres d'art et les dispositifs conçus pour les présenter ?
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Les cahiers de la médiation culturel le
François MAIRESSE (dir.)
Voir la Joconde Approches muséologiques
Voir la Joconde
Cet ouvrage est le premier de la collection « Les cahiers de la médiation culturelle »
François MAIRESSE(dir.)Voir la Joconde Approches muséologiques
Les cahiers de la médiation culturelle Collection dirigée par François Mairesse et Bruno Péquignot Le secteur culturel réserve une place singulière au concept de médiation, tant celui-ci s’inscrit au cœur de son action. La collection « Les cahiers de la médiation culturelle » cherche à rendre compte des nouveaux développements et des multiples aspects de ce champ de recherche relativement récent que constitue la médiation culturelle, fondé sur le croisement des disciplines et étroitement lié à ces deux objets d’étude majeurs que constituent d’une part les publics, d’autre part les œuvres et autres objets de culture et de connaissance . © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03394-5 EAN : 9782343033945
Sommaire Introduction7François Mairesse En pèlerinage au musée : sur les traces deLa JocondeAlice Christophe et Manon Garnier15Que peut-on exposer autour deLa Joconde?Florence Disson et Katell Sinou37La fabrique du chef-d’œuvre par le musée. L’avènement du single work showManolis Karterakis et Milena Páez71Le comportement des visiteurs de la salle des États : approche éthologiqueCyril Surbled99« …T’as vu comme elle est petite ? » Étude sur les propos tenus par les visiteurs francophones dans la salle deLa JocondePauline d’Abrigeon et Elia Biezunski127« Where is Mona Lisa ? » : la surveillance deLa JocondeAna Beltran et Ana Kawajiri155
Introduction
François Mairesse En l’évoquant comme le tableau ou l’image la plus célèbre au monde, on en oublie presque queLa Joconde se présente d’abord comme un objet de musée et que son succès est en grande partie dû à l’institution qui l’abrite. LaCènede Léonard aurait-elle plus de succès si elle avait été transférée dans un musée ? Ce n’est pas impossible,a fortiorice dernier se si présente comme l’un des plus anciens et certainement le plus populaire des édifices de ce genre au monde. La célébrité de e Mona Lisa n’est siècle où leplus à faire, en ce début de XXI Louvre accueille près de dix millions de visiteurs. Des centaines 1 d’ouvrages ont déjà présenté l’illustre incomprise, s’attardant le plus souvent sur les supposés mystères que recélerait l’œuvre (homme ou femme ?, de qui s’agit-il ?, pourquoi son sourire ? etc.) et notamment sur son histoire peu commune, à commencer par son vol en 1911, qui n’est pas pour rien dans l’évolution de sa célébrité. La littérature enfantine a également puisé dans l’histoire rocambolesque du tableau l’inspiration de très nombreux ouvrages, contribuant à entretenir le mythe deLa Jocondeauprès des nouvelles générations. Aux multiples approches psychanalytiques ou plus ou moins ésotériques que l’on retrouve sur les comptoirs des librairies, le personnel du Louvre ou celui du Centre de recherche et de restauration des Musées de France (C2RMF) oppose la rigueur de l’approche scientifique, fondée sur l’étude des archives, l’analyse formelle (style, touche picturale), voire physico-2 chimique . Un tel travail, fondé sur les méthodes de l’histoire de 1 CHASTELA.,L’illustre incomprise. Mona Lisa, Paris, Gallimard,1988. 2  SCAILLIÉREZ C.,Léonard de Vinci. La Joconde, Paris, Ed. Réunion des Musées nationaux et Louvre, 2003 ; MOHENJ.-P.,MENUM.,MOTTINB.,Au cœur de La Joconde. Léonard de Vinci décodé;, Paris, Gallimard, 2006 DELIEUVINV.Les accrochages de La Joconde de 1797 à nos jours, médias fichiers, disponible sur Internet : http://www.louvre.fr/sites/default/files
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l’art, demeure fondamental pour comprendre l’œuvre de Léonard. Peut-on pour autant appréhenderLa Jocondesans tenir compte de son contexte ? Certes non ; depuis un peu plus d’un demi-siècle, l’histoire de l’art s’est très largement dégagée des seules approches stylistiques, historiques ou iconologiques pour s’intéresser à la vie des œuvres, à leur parcours à travers l’histoire ou, comme pourLa Joconde, à son vol et à ses pérégrinations à travers les monde. Ces dernières années, l’histoire des dispositifs de monstration des images est aussi apparue comme une donnée fondamentale pour comprendre les 3 œuvres et leur réception au cours des siècles . Une telle perspective s’éloigne quelque peu de l’histoire de l’art traditionnelle, pour se rapprocher d’autres approches et notamment de la muséologie. C’est en quelque sorte de la rencontre de ces deux disciplines que traite cet ouvrage. La muséologie peut être définie comme un champ de recherche pluridisciplinaire autour d’un phénomène particulier, 4 lemuséal. Ce champ, qui intègre notamment les musées d’étude se fonde sur la relation particulière que nous entretenons avec une certaine partie du monde matériel et qui nous conduit à sélectionner, thésauriser, présenter et transmettre un certain nombre d’objets à nos successeurs. La conception moderne du musée est intimement liée au siècle des Lumières et notamment aux épisodes révolutionnaires qui ont permis la création du Louvre. Le phénomène muséal tel que nous le connaissons de nos jours est cependant encore amené à évoluer et, bien qu’il soit actuellement répandu partout dans le monde, il n’en demeure pas moins relativement limité en regard de /medias/medias_fichiers/fichiers/pdf/louvre-les-accrochages-joconde.pdf (consultation janvier 2014). Voir aussi DELIEUVINV.(dir.),La Sainte Anne. L’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, Paris, Musée du Louvre et Officina Libraria, 2012. 3  GRIENER P.,La République de l’oeil. L’expérience de l’art à l’époque des Lumières. Paris, Odile Jacob (Collège de France), 2010. Voir par exemple NEWHOUSEV.,Art and the power of placement, New York, Monacelli Press,2005. 4  DESVALLÉESA.,MAIRESSE(dir.), F. Dictionnaire encyclopédique de muséologie, Paris, Armand Colin, 2011.
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l’histoire de l’humanité. Aussi la muséologie dépasse-t-elle, dans cette perspective, l’histoire du musée et, bien sûr, celle des musées d’art. Son rattachement, en tant que discipline, demeure quelque peu problématique : ses méthodes s’inspirent partiellement des sciences de l’information et de la communication (elles-mêmes pluridisciplinaires), de la sociologie, de l’ethnologie, de l’histoire ou de l’histoire de l’art ; ainsi voit-on des filières de muséologie dans de nombreux départements relevant de ces disciplines. Les questionnements de l’approche muséologique, fondés sur ce qui caractérise sa particularité – sélection, thésaurisation, présentation –, induisent un certain nombre de perspectives qui diffèrent de celles utilisées par exemple par l’histoire de l’art, à commencer par le rapport au public qui, du point de vue du musée actuel, s’avère fondamental. Car si la muséologie s’intéresse aux objets et à la manière dont ils ont pu être sélectionnés et dont ils sont présentés, elle insiste tout autant sur l’ensemble des acteurs qui permettent de concrétiser cette relation spécifique : collectionneurs et conservateurs d’une part, ainsi que l’ensemble des autres membres du personnel qui participent à l’activité du musée, publics d’autre part, qui garantit en dernier ressort la pérennité d’une telle relation. De public, il sera souvent question ici, à travers plusieurs approches parfois très différentes visant à détailler le comportement des visiteurs autour deMona Lisa. C’est ce type d’exercice qu’un certain nombre d’auteurs, ici rassemblés, présentent à travers l’étude du plus fameux objet inventorié par le Louvre. Il ne s’agit certes pas de présenter une étude exhaustive sur l’ensemble des aspects liés àLa Jocondepouvant relever de la muséologie, et mais d’évoquer certaines approches susceptibles d’apporter un éclairage original sur le chef-d’œuvre de Léonard. Cette recherche, lancée à l’Ecole du Louvre en 2011, poursuivie jusque maintenant avec une dizaine de jeunes chercheurs, pour la plupart originaires de cette école, vise donc à présenter six itinéraires possibles à la rencontre deMona Lisa. La notion d’itinéraire s’inscrit au cœur de la première approche, présentée par Alice Christophe et Manon Garnier, tout en soulignant d’emblée le statut exceptionnel dont jouitLa
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