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W. Benjamin littéralement

De
180 pages
Ce n'est pas faire injure de penser que W.Benjamin, comme tout écrivain sans grande fortune, fut un parasite. Mais selon les trois modes possibles du parasitisme : soit il est rejeté par le corps-hôte (ce qui lui arriva avec le monde des Lettres français, avec quelques exceptions), soit il s'introduit si bien dans le corps-hôte qu'il y prospère et l'évince (le marxisme), soit il ne fait plus qu'un avec lui, par osmose ou compénétration. Ce qui est resté un idéal urbain pour lui.

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Couverture : Hôtel des Ambassadeurs de Hollande, 47 rue Vieille du Temple, Paris. Photographie d’Eugène Atget (1857-1927). Tirage albuminé, 1898, Exoert Viviane Esders. Collection particulière.
esthétiques
JeanLouis Déotte
W. BENJAMIN LITTÉRALEMENT Dialogues avec I. Brocchini, M. Bubb, A. Brossat, V. Fabbri, P.D. Huyghe, I. Launay, F. Margariti, A. Naze
ESTHÉTIQUESCollection dirigée par Jean-Louis Déotte Pour situer notre collection, nous pouvons reprendre les termes de Benjamin annonçant son projet de revue :Angelus Novus. « En justifiant sa propre forme, la revue dont voici le projet voudrait faire en sorte qu’on ait confiance en son contenu. Sa forme est née de la réflexion sur ce qui fait l’essence de la revue et elle peut, non pas rendre le programme inutile, mais éviter qu’il suscite une productivité illusoire. Les programmes ne valent que pour l’activité que quelques individus ou quelques personnes étroitement liées entre elles déploient en direction d’un but précis ; une revue, qui expression vitale d’un certain esprit, est toujours bien plus imprévisible et plus inconsciente, mais aussi plus riche d’avenir et de développement que ne peut l’être toute manifestation de la volonté, une telle revue se méprendrait sur elle-même si elle voulait se reconnaître dans des principes, quels qu’ils soient. Par conséquent, pour autant que l’on puisse en attendre une réflexion – et, bien comprise, une telle attente est légitimement sans limites –, la réflexion que voici devra porter, moins sur ses pensées et ses opinions que sur les fondements et ses lois ; d’ailleurs, on ne doit plus attendre de l’être humain qu’il ait toujours conscience de ses tendances les plus intimes, mais bien qu’il ait conscience de sa destination. La véritable destination d’une revue est de témoigner de l’esprit de son époque. L’actualité de cet esprit importe plus à mes yeux, que son unité ou sa clarté elles-mêmes ; voilà ce qui la condamnerait – tel un quotidien – à l’inconsistance si ne prenait forme en elle une vie assez puissante pour sauver encore ce qui est problématique, pour la simple raison qu’elle l’admet. En effet, l’existence d’une revue dont l’actualité est dépourvue de toute prétention historique est justifiée… » Dernières parutions Martine LEFEUVRE-DÉOTTE,Les campeurs de la République, 2017. Sandrine MORSILLO,Eric Vigner, un théâtre plasticien. Lectures-performance au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris (2013/2015), 2017. Claude AMEY,Duchamp & Warhol. De l’artiste à l’anartiste, 2016. Sandrine MORSILLO,L’exposition à l’œuvre dans la peinture même, 2015. Lucie ROY,Le pouvoir de l’oubliée : la perception au cinéma, Un essai à caractère philosophique, 2015.
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W. Benjamin littéralement
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12354-7 23547EAN : 97823431
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Jean-Louis DÉOTTEW. Benjamin littéralement Dialogues avec I. Brocchini, M. Bubb, A. Brossat, V. Fabbri, P.D. Huyghe, I. Launay, F. Margariti, A. Naze
SOMMAIRE
INTRODUCTION..................................................................................... 9 PREMIÈRE PARTIE............................................................... 25 La technique comme innervation (A. Naze)....................................27 Les nouveaux barbares (I. Launay) ......................................................33 L’imminence du geste dansé (V. Fabbri) ..........................................43 La commande (P. D. Huyghe) ...........................................................49 La fantasmagorie du verre (I. Brocchini)..........................................57 La marche appareillée (F. Margariti)..................................................67 Le mouvement inclusif de l’imagination (M. Bubb) .......................79 DEUXIÈME PARTIE.............................................................. 87 Présentation du livre de J.-L. Déotte :W. Benjamin et la forme plastique. Architecture, technique, lieux(par A. Naze)............................89 Entretien avec Alain Brossat ............................................................101
TROISIÈME PARTIE............................................................. 129 Le cinéma comme appareil de déviance (N. Philibert).................131 De la compénétration des espaces...................................................141 CONCLUSIONLa perspective comme fantasmagorie.............................................157 BIBLIOGRAPHIE.................................................................................171
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INTRODUCTION
Nous avons rassemblé ici une série d’études sur W. Benjamin. Ce sont soit des compte-rendu d’ouvrages portant sur cet auteur, ouvrages issus de thèses universitaires, soit des thèses qui l’évoquent au sens où il utilisait cette notion. L’évocation est pour lui synonyme d’une exposition s’adressant au plus grand nombre. Une exposition littérale qui s’oppose à une recherche herméneutique. Une exposition d’objets en fait. En tant que directeur de thèses ou de mémoires de recherche dans le cadre d’une Habilitation à Diriger des Recherches à l’Université Paris 8, ou de membre de jurys universitaires (Paris 1, Strasbourg), je me suis retrouvé souvent dans la position du donataire. Position qui est celle de l’éducateur du fameux texte de W.Benjamin sur le 1 « théâtre prolétarien d’Asjas Lacis » , quand sur la scène théâtrale rendue possible par la Révolution de 1917, les rapports entre les jeunes des rues et leurs éducateurs, sont inversés selon le principe du renversement carnavalesque. Il revenait alors aux éducateurs à déchiffrer les gestes des « acteurs » improvisés et à en faire bon usage. Or, pour Benjamin, il n’y a pas d’apprentissage sans « imitation non
1 Que je commente ici : « Le cinéma, un appareil de déviance ».
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