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Cauchemars italiens (volume 1)

De
187 pages
Mario Bava, Dario Argento et Lucio Fulci. Pour nombre de spécialistes, ces trois noms semblent d'ordinaire résumer à eux seuls la production italienne en matière de cinéma fantastique et horrifique. Pourtant, ils sont loin de suffire à rendre compte de la richesse de ces genres. Quelles formes ont en réalité revêtu les films fantastiques transalpins à travers les décennies ? C'est à cette question, toute simple, mais au fond terriblement complexe, que Cauchemars italiens, volume 1 : Le cinéma fantastique s'efforce de répondre.
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Cauchemars italiens
Volume 1 :

Le cinéma fantastique

Champs visuels Collection dirigée par Pierre-Jean Benghozi, Raphaëlle Moine, Bruno Péquignot et Guillaume Soulez
Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture, photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène, thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la confrontation des idées, mais aussi sans dogmatisme.

Dernières parutions
Laurent DESBOIS, La renaissance du cinéma brésilien (1970-2000), La complainte du phoenix, 2010. Laurent DESBOIS, L’odyssée du cinéma brésilien (1940-1970), Les rêves d’Icare, 2010. Guy GAUTHIER, Géographie sentimentale du documentaire, 2010. Stéphanie VARELA, La peinture animée. Essai sur Emile Reynaud (1844-1918), 2010. Eric SCHMULEVITCH, Ivan le Terrible de S. M. Eisenstein. Chronique d'un tournage (1941-1946), 2010. David BUXTON, Les séries de télévision : forme, idéologie et mode de production, 2010. Corinne VUILLAUME, Sorciers et sorcières à l'écran, 2010. Eric BONNEFILLE, Raymond Bernard, fresques et miniatures, 2010. Marie-Jo PIERRON-MOINEL, Modernité et documentaires. Une mise en cause de la représentation, 2010. Cécile SORIN, Pratiques de la parodie et du pastiche au cinéma, 2010. Daniel WEYL, Souffle et matière, 2010, Delphine ROBIC-DIAZ, L’Art de représenter un engagement personnel, 2010. Frédérique Calcagno-Tristant, L’image dans la science, 2010. Marguerite CHABROL, Alain KLEINBERGER, Casque d’Or : lectures croisées, 2010. Jean FOUBERT, L’Art audio-visuel de David Lynch, 2009. Geneviève CORNU, L’art n’est pas un langage. La rupture créative, 2009.

Sous la direction de

Frank Lafond

Cauchemars italiens
Volume 1 :

Le cinéma fantastique

Ouvrages du même auteur
Cauchemars américains : fantastique et horreur dans le cinéma moderne (Les Éditions du Céfal, 2003), ouvrage collectif. Jacques Tourneur, les figures de la peur (Presses Universitaires de Rennes, 2007). George A. Romero, un cinéma crépusculaire (Michel Houdiard Éditeur, 2008), ouvrage collectif.

© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54154-2 EAN : 9782296541542

À Muriel, l’indispensable femme de l’ombre qui sait mieux que personne comment faire la lumière.

Sommaire
Introduction générale / 11 Frank LAFOND Visions infernales (le diable dans le cinéma italien : des origines aux années 60) / 19 Corinne VUILLAUME Visage(s) de Barbara Steele / 39 Benjamin THOMAS Margheriti, Danse macabre et l’intensité / 49 Chris FUJIWARA La Vénus d’Ille de Mario (et Lamberto) Bava : un film-testament / 69 Muriel LAFOND Deux incursions en terre fantastique : Âmes perdues (1976) et Fantôme d’amour (1980) de Dino Risi / 103 Benjamin THOMAS Notes sur la collaboration entre Lucio Fulci et Fabio Frizzi / 115 Vivien VILLANI Le cinéma de la peur selon Pupi Avati / 129 Frank LAFOND Bibliographie / 165 Présentation des contributeurs / 177 Index des films cités / 179 9

Introduction générale
Frank Lafond
Depuis quelques années, le cinéma italien connaît dans l’Hexagone un indéniable regain d’intérêt, soutenu par une production récente qui se fait parfois plus ambitieuse, brille occasionnellement dans les festivals et commence à s’exporter à nouveau. La Cinémathèque française lui consacre régulièrement certains pans de sa programmation, rendant hommage à des metteurs en scène plus (Mario Monicelli, Federico Fellini, Roberto Rossellini) ou moins (Tinto Brass) reconnus par la culture dite officielle, tandis que certains éditeurs vidéo ont enfin pris conscience de son extrême richesse et osent sortir de sentiers trop battus afin de rendre accessibles au plus grand nombre des films ou des œuvres jusque-là injustement négligés. Car le cinéma italien n’est pas le domaine réservé des Michelangelo Antonioni, Pier Paolo Pasolini et autres cinéastes-auteurs à raison admirés par la critique internationale : il s’agit tout au contraire d’une cinématographie qui, à l’époque où elle connut son pic de production, a su s’illustrer et s’investir dans de nombreux genres populaires et notamment les films fantastiques et horrifiques. Alors que les films appartenant à ces genres sont souvent édités sur support DVD – et bénéficient même parfois de transferts haute définition en Blu-ray – après l’avoir été en cassettes vidéo, leurs réalisateurs sont régulièrement interviewés dans les fanzines et les magazines de cinéma ou même érigés comme références par plus de cinéastes qu’il n’est possible d’en citer ici. Mentionnons néanmoins quelques noms. Si les relations entre Brian De Palma et Dario Argento sont certes complexes, l’admiration que Tim Burton reconnaît porter à Mario Bava, dans ses actes et ses discours, n’est jamais prise en défaut. Celle de Joe Dante non plus. Jeune critique pour Film Bulletin, il avait déjà eu l’occasion de manifester son intérêt pour l’œuvre de Bava ; passant à la (co-)réalisation en 1976 avec Hollywood 11

Boulevard, il ne put alors résister au plaisir de tourner, en guise de pastiche, une scène de meurtre où un tueur forcément masqué traque sa victime dans un lieu désert noyé de fumigènes et éclairé à grands coups de filtres de couleur. Bien plus tard, il prit même la peine d’adresser une « Love Letter » au réalisateur de Six femmes pour l’assassin (1964)1. Moins sélectif que le réalisateur de Gremlins (1984), Eli Roth, que l’on qualifie d’inventeur du torture porn, n’hésite pas à arborer un T-shirt du Cannibal Holocaust (1979) de Ruggero Deodato – comme s’il cherchait peut-être à acquérir une forme de crédibilité, voire à établir une filiation – ou à vanter les qualités d’I Corpi presentano tracce di violenza carnale, proto-slasher réalisé en 1973 par l’artisan Sergio Martino ; son Hostel, chapitre 2 (2007) réserve également une brève apparition à Edwige Fenech, actrice en laquelle Stefano Loparco a reconnu « le corps des années 70 »2 et qui, avant d’être couronnée reine de la comédie sexy, s’est notamment illustrée dans une poignée de gialli et de films d’horreur plutôt convaincants. Quentin Tarantino ressert dans Death Proof (2007) une musique écrite par Ennio Morricone pour L’Oiseau au plumage de cristal (1970) de Dario Argento, réalise avec Inglourious Basterds (2009) un faux remake de film italien dans lequel un personnage de général reçoit le nom transparent d’Ed Fenech, etc. Parmi de nombreuses autres influences, le japonais Kiyoshi Kurosawa reconnaît pour sa part avoir une dette énorme envers Le Moulin des supplices (1960) de Giorgio Ferroni, date importante dans l’histoire du cinéma italien d’horreur en couleurs3. Et le cinéma francophone n’est pas en reste : Pascal Laugier fit appel à Catriona MacColl pour Saint Ange (2004) parce qu’il l’avait vue dans les films de Lucio Fulci ; Amer (2009), réalisation franco-belge d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, s’affiche comme hommage explicite au giallo transfiguré par une approche « auteuriste », etc.
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Voir la « Love Letter di Joe Dante » dans Gabriele Acerbo et Roberto Pisoni (sous la dir.), Kill Baby Kill ! Il cinema di Mario Bava, Un Mondo a Parte, Rome, 2007, pp. 11-18. 2 Stefano Loparco, Il Corpo dei Settanta. Il corpo, l’immagine, la maschera di Edwige Fenech, Il Foglio letterario, Piombino, 2010. 3 Kiyoshi Kurosawa, Mon effroyable histoire du cinéma. Entretiens avec Makoto Shinozaki, coll. « Raccords », Rouge profond, Pertuis, 2008.

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Que ce soit le passé de la production italienne qui exerce une influence, tous ces exemples le mettent en évidence. Pour autant, le fantastique et l’horreur transalpins n’ont pas complètement disparu : on peut percevoir aujourd’hui dans la péninsule un frémissement du film de genre aussi léger que fragile, par l’entremise d’une poignée de jeunes réalisateurs qui persévèrent tant bien que mal dans la voie qu’ils ont choisie, en dépit de lourdes difficultés économiques. Peut-être bénéficieront-ils du début d’élan nouveau que connaît l’industrie cinématographique italienne, notamment grâce à des modifications récemment apportées à ses sources de financement ; pour l’instant, leurs tentatives demeurent quasi invisibles à l’étranger et il faut donc la plupart du temps se rabattre sur des éditions DVD locales. Ces films déméritent-ils forcément plus que les productions analogues en provenance d’autres pays ? Aux côtés de personnalités établies comme Lamberto Bava – The Torturer (2005) et Ghost Son (2007) –, Pupi Avati – Il Nascondiglio (2007) – et Dario Argento – Mother of Tears (2007) et Giallo (2009) –, qui continuent de tracer le même sillon, parfois sans l’inspiration d’autrefois, ou reviennent à leurs anciennes amours, la nouvelle génération tâtonne encore, naviguant entre terrain connu, limites budgétaires et légères tentatives de renouvellement. Ainsi, auteur en 2004 d’un giallo convaincant, Occhi di cristallo, puis, en 2006, du lynchien mais confus AD Project, photographié en vidéo, Eros Puglielli a depuis trouvé refuge sur le petit écran ; Alex Infascelli, qui, après deux gialli honorables (Almost Blue en 2000 et Il Siero della vanità en 2004), a lui aussi filmé H2Odio (2006) sur support vidéo, travaille désormais pour la télévision, où il a récemment mis en scène des épisodes de la série Donne assassine (2008) ainsi qu’un téléfilm fantastique en deux parties intitulé Nel nome del male (2009). Réalisateur de deux autoproductions régionales tournées en vidéo et en dialecte du Frioul, Lîdris cuadrade di trê (2001) et surtout Custodes bestiae (2004), dont l’ambition narrative tend à compenser le manque de moyens, Lorenzo Bianchini vient tout juste de livrer Occhi (2010), son premier film issu du circuit traditionnel, dont l’intrigue rappellerait celle de La Maison aux fenêtres qui rient (1976) d’Avati. Autre long métrage se rattachant à la production gothique, The Shadow Within (2007) de Silvana Zancolò adopte 13

une approche respectueuse des conventions du genre et pourrait rivaliser avec bien des films anglo-saxons de qualité si sa maîtrise formelle, ponctuée cependant de quelques maladresses, ne se heurtait pas à un scénario aux enjeux parfois obscurs. Situés aux confins du fantastique ou de l’horreur, certains films méritent enfin une mention particulière. Ainsi La Doppia ora (2009) de Giusepppe Capotondi, bien mal traduit en français par L’Heure du crime, parvient-elle à soulever un certain trouble dans la veine du fantastique expliqué. Plus directement policier qu’horrifique, Animanera (2008) de Raffaele Verzillo fait lui aussi preuve de qualités, avec son portrait méticuleux et glaçant d’un tueur pédophile, même s’il souffre de lieux communs un peu pesants ainsi que de quelques faiblesses scénaristiques embarrassantes (notamment au cours d’un climax dont l’artificialité sape de manière fort incongrue le souci de réalisme qui portait jusque-là le film). On s’attendrait donc, sans nourrir, croit-on, des espoirs démesurés, à ce que ce vaste réseau d’influences trouve un écho dans des publications s’adressant au grand public ou relevant des études universitaires. Or une première constatation s’impose : il n’existe en France que des monographies consacrées à trois réalisateurs, Mario Bava, Dario Argento et Lucio Fulci4. Il ne s’agit pas, bien entendu, de nier a priori les qualités intrinsèques des travaux en question, pas plus que celles des différents articles publiés sur des sujets identiques dans des revues ou des livres, mais d’insister sur la vision étroite et, finalement, auteuriste qui s’en dégage comme par défaut. Quant aux ouvrages collectifs susceptibles de couvrir un territoire plus vaste, ils ne se montrent guère plus aventureux, sans compter qu’ils étaient jusqu’à récemment peu nombreux à aborder les deux genres que l’on se propose d’étudier ici. Ainsi pourra-t-on s’étonner, par exemple, que dans Les Cinémas de l’horreur, les maléfiques, publication récente et par ailleurs fort riche, l’Italie soit presque totalement ignorée. La plus grande place y est accordée, assez logiquement, au cinéma américain ; les productions anglaises, canadiennes, espagnoles, françaises et japonaises se voient elles aussi traitées,
4

Les références complètes sont fournies dans la bibliographie qui figure en fin de volume.

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plus ou moins dans le détail ; mais les films transalpins ne bénéficient que d’une attention marginale, par le biais de rares remarques noyées au sein d’approches thématiques et d’un unique article sur le giallo5 (ses quatre pages en font, de plus, le texte le plus court de l’ensemble du volume) : fait par ailleurs symptomatique de la méconnaissance dont pâtissent le fantastique et l’horreur à l’italienne dans le domaine des études universitaires ou de la critique « sérieuse », son auteur se contente une fois de plus de mentionner les seuls Bava, Argento et Fulci. Toujours les trois mêmes réalisateurs incontournables, alors que ce filone s’affiche comme l’un des plus prolifiques qui soit… Si la littérature critique en langue anglaise, qui d’ordinaire hésite moins à défricher les territoires les moins bien balisés ou famés du cinéma, s’avère plus abondante, sa production en la matière n’en reste pas moins frustrante. Pour un ouvrage « monumental » consacré à Bava, l’œuvre d’une vie, celle du critique et romancier Tim Lucas6, et quelques traditionnelles – mais parfois très recommandables – monographies consacrées à l’habituelle trinité qui n’a rien de sainte, à laquelle on ajoutera ici Ruggero Deodato, combien d’occasions manquées ne doit-on pas relever ! Ainsi les seuls ouvrages de synthèse qui existent, particulièrement ceux de Lawrence McCallum et de Louis Paul, déçoivent-ils par leur nature aussi superficielle qu’anecdotique, quand leur ambition n’est pas carrément sapée par de grossières erreurs factuelles7. Fort heureusement, les pages des collectifs accueillent çà et là des essais de qualité sur le giallo, les films de zombies ou de cannibales – lesquels bénéficient par ailleurs d’un traitement sous forme de livres –, et ne dédaignent pas non plus de se pencher sur les longs métrages d’un Umberto Lenzi ou
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Sophie Benoist, « Jaune comme la mort », dans Anne-Marie Paquet-Deyris (sous la dir.), Les Cinémas de l’horreur, les maléfiques, coll. « CinémAction », n° 136, Corlet Publications, Colombelles, 2010, pp. 44-48. 6 Tim Lucas, Mario Bava : All the Colors of the Dark, Video Watchdog, Cincinnati, 2007. 7 Lawrence McCallum, Italian Horror Films of the 1960s. A Critical Catalog of 62 Chillers, McFarland & Company, Jefferson et Londres, 1998 et Louis Paul, Italian Horror Film Directors, McFarland & Company, Jefferson et Londres, 2005.

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d’un Joe D’Amato, par exemple. Difficile d’affirmer que la production livresque italienne se révèle plus aventureuse, bien que l’on puisse y repérer, dans des registres fort divers, quelques ouvrages dignes d’intérêt8 et une manière de classique proposée en édition trilingue, dont le français 9. Quant à la contribution de Pupi Avati au cinéma fantastique et horrifique, dont on mesure le plus souvent mal l’ampleur, elle bénéficie évidemment en Italie d’une attention toute particulière, même si, en règle générale, elle est indissociée du reste de sa filmographie. Mais là encore, l’ouvrage somme, celui qui proposerait un panorama suffisamment large de la question avec un véritable souci d’analyse, fait défaut. Cauchemars italiens entend offrir sur deux tomes un ensemble de textes qui, sans prétendre à une exhaustivité forcément impossible à atteindre étant donné l’amplitude du corpus à étudier, se propose de combler un manque étonnant et cherche à dresser un portrait plus varié et donc plus précis de la production italienne en matière de fantastique et d’horreur, depuis ses premiers pas pendant la période muette jusqu’à certains films contemporains, en passant, bien entendu, par le moment de son éclosion véritable à la fin des années 50. Pour parvenir à semblable résultat, la structure de l’ouvrage collectif a été retenue : elle seule permet en effet d’offrir une aussi large variété de sujets et d’approches, par le recours à des contributeurs français comme étrangers venus d’horizons divers. On pourra ainsi trouver, dans Cauchemars italiens, volume 1 : le cinéma fantastique, des articles qui se sont efforcés d’aborder différents versants du cinéma fantastique italien, soit par le biais
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Citons, par exemple, les livres de Francesco Di Chiara, I Tre volti della paura : il cinema horror italiano (1957-1965), UnifePress, Ferrare, 2009, ainsi que d’Antonio Tentori et Luigi Cozzi (sous la dir.), Guida al cinema Horror Made in Italy, Profondo Rosso Edizioni, Rome, 2007. Ce dernier, qui reprend l’intégralité de trois volumes précédemment publiés par l’éditeur, vaut surtout pour la masse de données qu’il fournit, d’autant que les deux auteurs ont eu une part active dans le phénomène qu’ils décrivent. 9 Stefano Piselli et Riccardo Morrocchi (sous la dir.), Bizarre Sinema ! Wildest Sexiest Weirdest Sleaziest Films : Horror all’italiana, 1957-1979, Glittering Images, Venise, 1996.

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d’approches synthétiques (une figure, une actrice, un réalisateur), soit sous la forme d’analyses plus resserrées (un seul film ou une poignée très restreinte de longs métrages). Une présentation diachronique d’une figure récurrente, celle du diable, établit d’emblée l’une des vérités indéniables du cinéma italien : sa capacité à rendre poreuse la frontière entre ces catégories trompeuses que sont le cinéma d’auteur et le cinéma commercial. S’ensuit le portrait d’une actrice indissociable du cinéma des années 60 – est-il vraiment nécessaire de nommer ici la ténébreuse et énigmatique Barbara Steele, qui devint l’icône du film gothique italien à partir du Masque du démon (1960) de Mario Bava ? Les univers d’Antonio Margheriti et de ce dernier se voient également chacun explorés à travers un film choisi pour son caractère représentatif, Danse macabre (1963) pour le premier et La Vénus d’Ille (1978) pour le second. Puis une attention plus exclusive se porte sur quelques longs métrages dont la notoriété varie : les deux essais transformés de Dino Risi en matière de fantastique, Âmes perdues (1976) et Fantôme d’amour (1980) ; trois films de Lucio Fulci, abordés par le biais original de la musique qu’a composé pour eux Fabio Frizzi. Le premier volume de Cauchemars italiens se clôt sur une étude des incursions dans le domaine du fantastique et de l’étrange que Pupi Avati n’a eu de cesse d’effectuer tout au long de sa carrière, ce qui entraîne, une fois de plus, la prise en compte de films phares comme d’œuvres injustement ignorées.

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