Chroniques subjectives du cinéma contemporain

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Cet ouvrage propose une autre approche, non critique mais purement esthétique de l'objet filmique, tentant de coller avec le flux des images, de plonger au cœur de ce qui est montré, sans jugement, sans théorisation sur tel ou tel angle de prise de vue, telle colorisation, tel message prêté aux cinéastes, tel scénario et sa logique possible à l'œuvre. Ici la valeur absolue d'un film est considérée comme indécidable.
Publié le : jeudi 15 janvier 2015
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EAN13 : 9782336367118
Nombre de pages : 232
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Thomas ROUSSOT
Chroniques subjectives du cinéma contemporain
Chroniques subjectives du cinéma contemporain
Du même auteur Marc-Aurèle et l’Empire romain, L’Harmattan, 2005 Bertrand Cantat, L’Harmattan, 2011 Nietzsche, la déraison du vivant, LHarmattan, 2014
Thomas ROUSSOT Chroniques subjectives du cinéma contemporain
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04616-7 EAN : 978343046167
«Creusetasensatîon.Regardece qu’î y adedans. Ne ’anaysepasavecdesmots.Traduîs-aenîmagessœurs, ensonséquîvaents.Puseeestnette,pustonstyes’aIrme. » Notes sur e cînématogrape (1975). Robert Bresson.
Introduction
Ce recueî de cronîques est né d’une rustratîon : n’avoîr e pus souvent comme aternatîve que e coîx entre des cronîques de cînépîes, subjectîves et de partî prîs, tantôt tecnîques et téorîques, tantôt passîonnées ou aussement dîstancîées, voîre purement actuees, aspîrant à vendre de açon împersonnee des produîts imés.
J’aî souaîté tenter une autre approce, à a oîs sur un pan styîstîque et pîosopîque. Proposer une approce non crîtîque en ee-même maîs purement estétîque de ’objet imîque, ten-ter de coer avec e Lux des îmages, ponger au cœur de ce quî est montré, sans jugement, sans téorîsatîon sur te ou te ange de prîse de vue, tee coorîsatîon, te montage, te message prê-té aux cînéastes, te scénarîo et sa ogîque possîbe à ’œuvre, et autre coérence de pan. Consîdérant comme îndécîdabe a va-eur absoue d’un im, ace à a suprématîe des sîtuatîons optîques et sonores quî se dépoîent sur des écrans de neutraîté pourtant commerçante, j’aî aîssé pace à un recueîement mémorîe, quî, de sîmuacre ictîonne en trompe-’œî obsessîonne, pouvaît être à même de aîsser resurgîr e caractère composîte propre à tout dîsposîtî imîque, ain d’întégrer e ecteur au Lux des spectaces décrîts, sans recu narratî possîbe. Sî e cînéma est, comme e consîdéraît Deeuze, « a mémoîre du monde », et « ’espace de tous es possîbes » seon ukàcs, aors, que aîre de jugements a posterîorî sur a consîstance et es quaîtés présentes ou non d’une
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manîestatîon essentîeement magîque ? À savoîr dépendante de mîîers d’înteractîons écappant au domaîne strîctement ratîon-ne, maîs s’appuyant sur des contextes émotîonnes, cutures, éco-nomîques, poîtîques, sexues, tempores et donc métapysîques, sî varîés, étérocîtes et contradîctoîres, qu’îs ne peuvent aîre ’ob-jet d’un avîs, au sens strîct du terme, sans passer à côté d’une part sîgnîicatîve de eurs contenus respectîs. Rendre au ecteur ’efet proprement neuroogîque et émotî d’une déLagratîon sensorîee quî ne se rembobîne pas, aînsî pourraît se résumer ’entreprîse quî suît. Fantasme de réaîté, troube de ’învîsîbe încompétude, de a peîcue au numérîque, e cînéma poursuît son sîage mécanîque et poétîque, en perpétue reLet antropoogîque qu’î est, et dont ’essence est une métamorpose încessante proongeant cee de ’umanîté. Caque cronîque prétend témoîgner de ce caractère mutant, Luctuant, quî înnerve a somme d’îmages aspîrant à or-mer un tout îndécomposabe, que, pourtant, caque coupure de montage décompose, caque dîaogue, caque musîque aît pon-ger vers e caos d’împressîons dîsparates, inîes, ragmentaîres et însoubes vîa queque dîssectîon cognîtîve d’apprentî crîtîque.
e cînéma représentant e monde, avec ses proprîétés, son unîté, sa nécessîté et ses asards, passeur d’îdentîicatîons, de résîstances, d’accéératîons, de vaeurs, préparant ses consomma-teurs à toutes es adaptatîons, densîicatîons et démutîpîcatîons, e cînéma, donc, est un art tîtanesque quî carrîe ors camp a compexîté vagabonde de notre modernîté, aînsî que sa vîo-ente vacuîté. Ses écrans enregîstrent tous nos afaîbîssements et contournements devant un avenîr toujours pus îîsîbe, dont es aéas modèent es coutures scénarîstîques, et es montages à condensatîon împosée par a vîtesse de zappîngs prîvatîs.
es dîférents systèmes narratîs, pus que jamaîs accessîbes du aît de a mondîaîsatîon, înterrogent notre capacîté pastîque à contemper ’envîronnement mondaîn sous des auspîces été-rogènes, en artîcuant a temporaîté du récît seon des axes tou-jours pus déconcertants. Dans e même temps paradoxa, une
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unîicatîon, par es pus pauvres dénomînateurs communs (sexe, vîoence, cupîdîté), s’aIrme au i des sortîes, quaîiées en tant que perormantes au box oIce. Cemîn de sîgnes déaîssant queque scématîsme ormaîste que ce soît, ce recueî tente de s’ouvrîr à un perspectîvîsme de ’înconscîent. Pour e dîre autrement : à un efeuîage îttéra des souvenîrs provoqués par caque projectîon imîque produîte vîa cette usîne à îmages înînterrompues.
Sî ’efet d’un panoramîque à troîs cents degrés est émouvant, ce n’est pas en précîsant a quaîté du verre optîque utîîsé que cea prendra corps dans un texte. Pénétrer dans une sae dîte obs-cure, c’est accepter d’éteîndre e Lux îmmédîat des aîts mondaîns pour entrouvrîr e voîe de a matîère sur son orîgîne mystîque-ment spectrae, son dédoubement onîrîque, et au ina ’îmma-nence d’un înconscîent opaque à tout dépoîement cîvîîsatîonne. Un art réunîssant vîrtueement tous es autres, à soî seu matrîce d’enantement sensatîonne, macînerîe pénoménoogîque et în-dustrîe de dîversîon vîrae, étaage d’un paratre vîsant paroîs sa propre aboîtîon. Odes purîtaînes, romantîques, apocayptîques, ascétîques, carges tecnopobes, écoogîstes, umanîstes, natu-raîstes, mîsérabîîstes, orrîiques, ques que soîent eurs regîstres, apoogétîques ou dénoncîateurs, es ims demeurent es sécrétîons ybrîdes de antasmes proessîonnes ouverts es uns sur es autres comme des portes sur d’autres portes d’un camp d’extensîon de ormes îninîes porteuses de toutes es subjectîvîtés. e septîème art navîgue entre întérîorîté încantatoîre et extérîorîté subîmî-nae (et înversement), subvertîssant réguîèrement ses propres co-des dans une soî îîmîtée de surprîse. Ce recueî dérouera des aîts bruts, încorporant ’étrangeté de sîtuatîons encevêtrées, éparpîées, coaguées, ractîonnées par e souvenîr et es notes de vîsîonnage. a séectîon opérée pour réaîser ce recueî ne tîent pas aux genres, qu’îs soîent d’auteur, de antastîque, d’orreur, d’actîon ou de comédîe, maîs au caractère e moîns stéréotypîque des œuvres traîtées. Décrîre une rencontre sensorîee aussî ragîe et ténue ne peut se aîre que par une dîaectîque éancée en creux,
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