Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,90 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF - EPUB

sans DRM

Partagez cette publication

Bertolt Brecht et Fritz Lang Le nazisme n’a jamais été éradiqué
Collection Thèses/essais
Déjà paru : Le populisme américain au cinéma de D.W. Griffih à Clin Easwood : un héros populise pour unir ou diviser le peuple ? par David Da Silva Jean Eusache ou la raversée des apparences par Jérôme d’Esais Philippe Garrel une eshéique de la survivance par Thibaul Grasshoff La révélaion du emps par les figures sonores dans les films d’Andreï Tarkovski e d’Andreï Zviaguinsev par Macha Ovchinnikova Trajecoires balsaciennes dans le cinéma de Jacques Rivee par Francesca Dosi L’Hisoire de l’Ialie à ravers l’œuvre d’Eore Scola par Charles Beaud
ISBN 978-2-36716-122-8 ISSN 2417-2995 Dépô légal aoû 2015 Imprimé dans l’Union européenne Maquee : www.lemoif-graphisme.com
Édiions LeMoif 105, rue de Turenne 59110 La Madeleine – France Tél. 33 (0)3 66 97 46 78 Télécopie 33 (0)3 59 35 00 79 E-mail : conac@lemoif.com www.ediion-lemoif.com
Danielle Bleitrach
Richard Gehrke
avec la collaboraion de Nicole Amphoux e de Julien Riebel
Bertolt Brecht et Fritz Lang Le nazisme n’a jamais été éradiqué
Sociologie du cinéma
Ce livre es né d’un maser de cinéma mené à l’Universié de Provence ; que soien donc remerciés les amis e collègues Jean-Luc Lioul e Caroline Renard, ainsi que ma jeune condis-ciple qui a inspiré le ire, Barbara Panero, ce fu une avenure. Nicole Amphoux a bien voulu lire e relire de son œil aenif e criique les différenes éapes du manuscri.
Pour une sociologie du cinéma
Les Bourreaux meuren aussi, le film qui a associé dans leur exil Berol Brech e Friz Lang, es sori sur les écrans éas-uniens en 1943. Il es quasimen conemporain de l’événemen qu’il relae : l’assassina par la Résisance chèque, le 27 mai 1942, d’Heydrich, le Bourreau, le Reichsproekor de Prague. Heydrich es le hau digniaire nazi qui a mis en œuvre la Soluion finale. Dès 1933, il paricipe aux premières répressions menées par le régime nazi. Il conribue à remplir le camp de Dachau ouver en mars, don la garde es confiée à la SS en 1 avril . De 1940 à 1943, sous sa direcion, les Einsazgruppen, des commandos de ueurs, assassinen plus d’un million de personnes, des Juifs esseniellemen e, à parir de juin 1941, des prisonniers de guerre soviéiques e des Tziganes. Dans un premier emps, avec les fusillades, appelées la Shoah par balles, e dans un deuxième emps, avec les camions à gaz iinérans ; puis la mise en place des camps d’exerminaion avec une pre-mière vague en 1941 e une deuxième vague en 1942. Encadrée par la conférence de Wannsee, qu’Heydrich préside le 20 janvier 1942, au cours de laquelle oue l’adminisraion allemande es mobilisée en vue de l’exerminaion. Heydrich, le bourreau, peu ou auan e plus qu’Eich-mann êre associé à ce qui a éé élevé dans la conscience col-lecive à un symbole génocidaire, à savoir Auschwiz. Ce lieu es un symbole : «Son bilan – près d’un million de mors – a éé
1. Il enai à y envoyer Thomas Mann, le prix Nobel de liéraure qu’il considérai comme marxise e enjuivé. Thomas Mann e oue sa famille, don Klaus Mann e Heinrich Mann, duren s’exiler. Ils paragèren à Hollywood l’exil de Brech e de Lang.
POUR UNE SOCIOLOGIE DU CINÉMA
9
au final inférieur à celui de Treblinka. Mais Treblinka éai un camp régional e il fu fermé parce qu’il n’avai plus de raison d’êre : ous les Juifs polonais avaien éé ués. La âche d’Aus-chwiz, au conraire, ne fu par chance jamais achevée : des cen-aines e des cenaines de milliers de Juifs français, bulgares, roumains, hongrois auraien dû, suivan les plans nazis, y êre déporés e assassinés ; ils ne le furen pas. […] En un sens quand on parle du génocide des Juifs, il faudrai oujours dire Babi Yar e Auschwiz, e même Babi Yar, Treblinka e Auschwiz. Mais 2 on quie alors la symbolique pour verser dans l’énuméraion. » Cee exerminaion, Heydrich l’a conrôlée méiculeuse-men. Il es le dirigean nazi qui en a maîrisé oues les éapes, y compris la froide compabilié de la nui de crisal. Mais le film de Friz Lang e Berol Brech ne présene jamais Heydrich comme un anisémie forcené. Il es le bourreau de Prague, de la populaion chèque e il n’es praiquemen pas quesion des Juifs dans le film… Il y avai là une énigme e le poin de dépar d’une réflexion sur la relaion enre l’Hisoire e le cinéma. Très vie une deuxième inerrogaion es venue ren-forcer la première. En 1943, avecLes Bourreaux, soren deux films sur le même suje :Hiler’s Madmande Douglas Sirk eThe Silen Village d’Humphrey Jennings. Ils décriven ous deux les conséquences de l’aena conre Heydrich, en pariculier l’exerminaion des habians d’un village minier des alenours de Prague, Lidice. Ce massacre a suscié de l’indignaion aux Éas-Unis. Brech e Lang pouran n’en fon pas éa. Dans leur film, ils présenen l’hisoire rocambolesque d’une machinaion à ravers laquelle le peuple pragois imposerai à l’occupan un faux coupable de l’a-ena e parviendrai à faire suspendre l’exécuion des oages. L’assassina, le premier e le seul d’un hau digniaire nazi, coïncide avec le blocage de l’armée allemande sur le fron
2. Floren Brayard,Auschwiz, enquêe sur un complo nazi, l’univers hisorique, Le Seuil, 2012, pp. 25 e 26
10
BERTOLT BRECHT ET FRITZ LANG. LE NAZISME N’A JAMAIS ÉTÉ ÉRADIQUÉ