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Le petit James Bond illustré par l'exemple

De
192 pages
James Bond ne doit pas seulement son succès à sa prestance, son courage, ses gadgets, ni même aux ravissantes Girls qui l'entourent ; il le doit aussi à ses dialogues. Percutants, incisifs, surprenants, ils constituent un festival de mots d’esprit et de références en tous genres. Capable de piques volontairement réactionnaires ou misogynes, 007 sait aussi faire preuve d’autodérision, tout en restant attaché à son métier et à son pays.
Voilà ce que révèle cet ouvrage, le premier du genre à analyser les dialogues de Bond, de ses comparses et de ses ennemis. Une plongée à la fois pertinente et réjouissante révélant au passage les nombreuses références littéraires, historiques, politiques… d’un James Bond plus cultivé qu’il n’y paraît.
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LE PETIT JAMES BOND Illustré par l’exemple
LE PETIT JAMES BOND Illustré par l'exemple
Par Philippe DURANT
nouveaumonde éditions
«Nom :Bond Prénom :James Taille :1,83 m Poids :76 kilos Corpulence :svelte Yeux :bleus Cheveux :noirs Cicatrice au travers de la joue droite et sur l’épaule gauche. Trace de chirurgie réparatrice au dos de la main droite. Excelle au tir au pistolet, à la boxe, au lancer de couteau. Langues :français et allemand. Fume énormément (NB : cigarettes spéciales avec trois bandes d’or). Vices :boisson, mais sans excès. Femmes. N’est pas considéré comme susceptible de se laisser corrompre. En général se bat avec acharnement et est très résistant à la douleur. »
Rapport officiel du SMERSH (Bons baisers de Russie, Plon, 1963)
« James Bond est né à Goldeneye, le troisième mardi du mois de janvier 1952 au moment où Ian Fleming venait de finir son petit-déjeuner et avait encore devant lui dix semaines de ses quarante-trois ans de célibat. Il avait déjà nagé jusqu’au récif et portait un short blanc, une chemise de plage de couleur vive de chez Antonio à Falmouth et des sandales de cuir noir. Il remonta du jardin pendant que Violet retirait le couvert du petit-déjeuner, ferma la porte de la grande salle de séjour, baissa les stores et s’installa à son bureau américain brun foncé avec son étui à cigarettes en or oxydé, sa machine à écrire portative Imperial vieille de vingt ans et une rame de papier machine de qualité supérieure qu’il avait achetée dix jours plus tôt dans un magasin de Madison Avenue. »
John Pearson, La vie de Ian Fleming, Plon, 1967
LES MOTS DE BOND
ames Bond est le personnage de fiction sur lequel on a le plus écrit. Assurément plus que Sherlock Holmes, autre héros britannique. Des J dizaines de livres et de magazines ont été publiés à son sujet. Passant tout au tamis : ses voitures, ses missions, ses voyages, ses Girls, ses gad-gets, ses méchants, ses alliés, ses interprètes, ses habitudes vestimentaires, ses repas, etc. Chacun de ses films a été décortiqué, chaque tournage a été raconté par le menu. Qui veut s’intéresser de près à 007 se retrouve confronté à une montagne de documentation au milieu de laquelle grouil-lent quelques analyses plus ou moins pertinentes.
Tout ? Non, car un aspect pourtant essentiel du personnage et de son uni-vers est resté oublié, presque passé sous silence : ses répliques ! On sait que James est homme d’action, on oublie aussi qu’il est homme de mots. Et parfois de bons mots ou de jeux de mots. Il parle. Pour interroger, pour comprendre, pour séduire. Au moins une de ses répliques est passée dans la postérité (« Bond. James Bond »)… Mais c’est oublier toutes les autres.
Elles permettent pourtant de mieux comprendre le personnage – et son en-tourage – et,a fortiori, de mieux apprécier ses films. Les références y sont nombreuses, les clins d’œil aussi. Grand nombre de ces phrases fonctionnent comme des portes ouvertes sur d’autres mondes.
Après plus de cinquante années de bons et loyaux services secrets, il est grand temps de se pencher sur ces dialogues. De s’y arrêter quelques mi-nutes afin d’en apprécier le suc ou d’en comprendre le sens caché. Afin, surtout, de constater que ces dialogues pèsent eux aussi de tout leur poids dans le succès planétaire et durable de James Bond 007.
J’admets que le travers qui pousse à s’intéresser aux mots plus qu’aux images paraît bien français. Mais les mots en disent long, ils sont là pour ça. Pour autant il ne s’agit aucunement de verser dans l’analyse linéaire mais de goûter ces phrases qui font partie intégrante de l’univers bondien. Et de les éclairer par des réflexions de Ian Fleming mais aussi d’acteurs (et d’actrices !) et de réalisateurs intimement liés à 007*.
Bien qu’ayant vu tous les films de James dans leur version originale, j’ai privilégié, pour ce livre, les versions françaises. Normal : ce sont celles qui
Introduction
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ont touché le plus de spectateurs dans l’Hexagone. De plus, à l’origine, seules quelques très rares salles parisiennes osaient présenter Bond en VO. Donc le public francophone a grandi, mûri, vieilli même, au son de phrases dites dans la langue de Molière, oubliant parfois que James est un agent on ne peut plus britannique (même si ses liens avec la France sont patents).
Néanmoins, la comparaison entre la VF et la VO ne manque pas d’intérêt. On constate d’emblée que de nombreuses phrases n’ont pas eu le privilège de franchir le Channel. Ainsi des ordres donnés à des hommes de main sont sou-vent passés sous silence (tel est particulièrement le cas dansMoonrakerpourtant tourné en France). Mais aussi des passages « touristiques » (un pont d’Amsterdam dansLes diamants sont éternels) voire, carrément, des réflexions de personnages plus ou moins importants. Dans la VO, à la fin de Tuer n’est pas jouer, une journaliste demande à Kara si elle compte rester en France.
D’autre part cette comparaison permet de mettre le doigt sur les dérives de la traduction. Plusieurs références changent pour cesser d’être anglo-saxonnes et devenir bien françaises. Parfois, la traduction patauge avant de trouver sa vitesse de croisière (tel est le cas pour le fameux vodka-Martini qui, en français, subit bien des déboires). J’ai tenu à souligner ces écarts quand besoin s’en faisait sentir.
Au final il s’agit bel et bien d’un regard inédit sur James Bond. Une manière nouvelle de pénétrer son univers, donc de se sentir plus proche de l’agent secret le plus célèbre du monde.
Philippe Durant
* Quand les sources ne sont pas précisées, les interviews proviennent des dossiers de presse ou de rencontres personnelles.
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