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Claude Monet : A l'école de l'oeil

De
304 pages
En quoi l'oeuvre de Claude Monet est-elle toujours actuelle ? C'est à cette question que l'auteur s'est attaché à répondre, avec une méthode singulière : partir de la pensée de Monet telle qu'elle s'exprime dans sa correspondance. Publiée intégralement en 1991, étudiée ici pour la première fois, cette importante correspondance, riche de plus de trois mille lettres, a été analysée de manière systématique afin de dégager les réflexions de Monet sur son travail.
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Claude Monet : A l’école de l’œil Préface de Jean-Louis Déotte
CLAUDE MONET : À L’ECOLE DE L’OEIL
ESTHÉTIQUESCollection dirigée par Jean-Louis Déotte Pour situer notre collection, nous pouvons reprendre les termes de Benjamin annonçant son projet de revue :Angelus Novus. « Enjustifiant sa propre forme, la revue dont voici le projet voudrait faire en sorte qu’on ait confiance en son contenu. Sa forme est née de la réflexion sur ce qui fait l’essence de la revue et elle peut, non pas rendre le programme inutile, mais éviter qu’il suscite une productivité illusoire. Les programmes ne valent que pour l’activité que quelques individus ou quelques personnes étroitement liées entre elles déploient en direction d’un but précis ; une revue, qui expression vitale d’un certain esprit, est toujours bien plus imprévisible et plus inconsciente, mais aussi plus riche d’avenir et de développement que ne peut l’être toute manifestation de la volonté, une telle revue se méprendrait sur elle-même si elle voulait se reconnaître dans des principes, quels qu’ils soient. Par conséquent, pour autant que l’on puisse en attendre une réflexion – et, bien comprise, une telle attente est légitimement sans limites –, la réflexion que voici devra porter, moins sur ses pensées et ses opinions que sur les fondements et ses lois ;d’ailleurs, on ne doit plus attendre de l’être humain qu’il ait toujours conscience de ses tendances les plus intimes, mais bien qu’il ait conscience de sa destination. La véritable destination d’une revue est de témoigner de l’esprit de son époque. L’actualité de cet esprit importe plus à mes yeux, que son unité ou sa clarté elles-mêmes ; voilà ce qui la condamnerait – tel un quotidien – à l’inconsistance si ne prenait forme en elle une vie assez puissante pour sauver encore ce qui est problématique, pour la simple raison qu’elle l’admet. En effet, l’existence d’une revue dont l’actualité est dépourvue de toute prétention historique est justifiée… » Claude AMEY,Le devenir autre de l’art. Littéralisation et distraction, 2013. Gaston JOSSE,La folie, cette passagère, pour une psychiatrie de combat,2013. Jean-Michel DURAFOUR,Brian de Palma. Épanchements : sang, perception, théorie, 2013. Philippe ROY et Alain BROSSAT (dir.),Tombeau pour Pierre Rivière, 2013. Jean REGAZZI,L’enfance de la peur, Dans le hors-champ de Bob Clark, Jack Clayton et Richard Loncraine,2013.
CAROLINE COPPEY
CLAUDE MONET: AL’ECOLE DE L’OEIL Préface de Jean-Louis Déotte
Cet ouvrage est tiré de la thèse de doctorat soutenue en 1997 à l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg : A l'école de l'œil : actualité de la démarche artistique de Claude Monet. Etude de la démarche artistique de Claude Monet et de son actualité, à la lecture de sa correspondance, au vu de son œuvre, et à la lumière de quelques œuvres récentes.Remerciements à Jean-Pierre et Monique Meyer et à Jean-Louis Déotte.
Il n’y a pas d’art concevable sans la notion de méthode. Pierre Francastel On n’écoute pas assez ce que disent les peintres. Gilles Deleuze
Préface L’espace immersif de Claude Monet à Caroline Coppey Dans son livre sur Monet, Caroline Coppey nous rappelle ce qu’était l’apparence du monde sensible pour Monet et sa volonté d’en rendre compte. Sa correspondance, qu’elle étudie, peut nous sembler désuète par ses préoccupations. Il est indéniable qu’entre le monde des Impressionnistes et le nôtre, il y a plus qu’un abîme: est-ce que la nature est encore notre « référentiel » ?Ne se donne t-elle pas toujours appareillée, et depuis la Renaissance, par la perspective, lacamera obscura, puis au XVIIIème siècle, le musée, au XIXème, la photographie et le stéréoscope pour un 1 peintre comme Courbet? Et finalement par le cinéma ? Ce qui demeure, c’est la logique suivante sur fond de surface de projection :l’appareil artistique que Monet a tenté de mettre en place (la touche, les séries-thématiques, les séries-variations, les motifs-morceaux, etc.) l’a été pour rendre compte de l’organisation interne du sensible, naturel et artificiel (lesCathédrales...). Comme on le sait, il ne s’agissait pas de satisfaire une volonté d’imitation, au sens académique du terme, puisque le dessin n’avait plus vraiment en charge la circonscription de la forme. D’où la rupture avec ledisegnoqui s’était imposé à la Renaissance. Mais il fallait que la structure de sa peinture soit la plus à même d’approcher celle de l’apparence. Avec la conscience de l’impossibilité finale de la chose et une certaine reconnaissance du sublime sensible sous la forme de la certitude d’une tâche infinie. Ce fut technique (artefact) contreteckhnè(d’apparition). Appareil artistique contre cosmétique « naturelle ». Le jardin de Giverny, cultivé en propre par Monet, fut bien plus qu’une source nouvelle d’inspiration, un microcosme mis à disposition de l’art, mais la mise à l’épreuve des prototypes d’appareil successifs qu’il élaborait en peinture. Plus qu’un projet, moins qu’un programme. On peut distinguer deux aspects dans l’œuvre de Caroline Coppey à l’épreuve de Monet. — Undéfi artistique par excellence: ne jamais succomber au Même. Il faut pour cela rester dans l’ordre du semblable à condition qu’une singularité (une touche par exemple) que l’on invente soit semblable à une autre. Ce en quoi consiste une entreprise paradoxale: sur un même support, placer de semblables couleurs qui seront toutes très petitement dissemblables les unes 1 . Jonathan Crary :L’art de l’observateur. 1994.
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