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Comment représenter l'action

De
246 pages
Comment allez-vous représenter ce que vous avez vu lorsque vous êtes allé tout à l'heure chez le boulanger ? Partant de ce petit exemple, s'amorce une confrontation fantastique entre les sciences de la vie et les filtres humains, source de notre subjectivité. Le hasard comme richesse, l'émotion et la connaissance, les états de de conscience de l'artiste sont autant de réflexions iconoclastes nous ouvrant les portes de la représentation, sous toutes les pratiques artistiques, du présent dans sa durée.
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Xavier Bolot
Comment
représenter l’action
Comment représenter l’action. Comment Comment allez-vous représenter ce que vous avez vu
lorsque vous êtes allé tout à l’heure chez représenter l’actionle boulanger ? Partant de ce petit exemple,
s’amorce une confrontation fantastique entre
les sciences de la vie et les fltres humains
source de notre subjectivité. Danseurs, Le bonheur d’appliquer
saltimbanques, trapézistes, enfants heureux, les sciences de la vie nous permettent de mettre à l’épreuve les
résultats des laboratoires de neurosciences. aux arts du vivant
Le hasard comme richesse, l’émotion et
la connaissance, les états de conscience
de l’artiste, sont autant de réfexions
iconoclastes nous ouvrant les portes de la
représentation, sous toutes les pratiques
artistiques, du présent dans sa durée.
Professeur d’électronique à l’Université
de Montréal, Président de l’Association
Française de Publicité Industrielle,
Xavier Bolot mène aujourd’hui ses
recherches avec le support logistique
de l’École Nationale Supérieure des
Arts de Bourges. Il a écrit dans le domaine des arts
du vivant Dessiner en Perspective Réelle et La Lumière
Neutre.
ISBN : 978-2-296-99511-6
9 782296 99511625 €
Pour Comprendre
Comment représenter l’action Xavier Bolot
Pour Comprendre






COMMENT REPRESENTER L’ACTION




















Pour Comprendre
Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud

L’objectif de cette collection Pour Comprendre est de présenter en un
nombre restreint de pages (176 à 192 pages) une question contemporaine
qui relève des différents domaines de la vie sociale.
L’idée étant de donner une synthèse du sujet tout en offrant au lecteur
les moyens d’aller plus loin, notamment par une bibliographie
sélectionnée.
Cette collection est dirigée par un comité éditorial composé de
professeurs d’université de différentes disciplines. Ils ont pour tâche de
choisir les thèmes qui feront l’objet de ces publications et de solliciter les
spécialistes susceptibles, dans un langage simple et clair, de faire des
synthèses.
Le comité éditorial est composé de : Maguy Albet, Jean-Paul
Chagnollaud, Dominique Château, Jacques Fontanel, Gérard Marcou,
Pierre Muller, Bruno Péquignot, Denis Rolland.

Dernières parutions

Nicolas BALTAZAR, La place des salariés dans l’entreprise de demain. Que
cache la rationalisation des entreprises françaises ?, 2012.
Denis MONNEUSE, Les jeunes expliqués aux vieux, 2012.
Gérard PARDINI, Grands principes constitutionnels. Institutions publiques
françaises, deuxième édition, 2012.
Bernardin MINKO MVE, L’anthropologie, 2012.
Georges M. CHEVALLIER, Systèmes de Santé. Clés et comparaisons
internationales, nouvelle édition, 2011.
Charles KORNREICH, Une histoire des plaisirs humains, 2011.
Jean-Jacques TUR, Les nouveaux défis démographiques, 7 milliards
d’hommes… déjà !, 2011.
Iraj NIKSERESHT, Kant et la possibilité des jugements synthétiques a priori,
2011.
Adriana NEAC ŞU, Histoire de la philosophie ancienne et médiévale, 2011.
Marcienne MARTIN, De la démocratie à travers langue et univers médiatique,
2011.
Patricia TARDIF-PERROUX, La France : son territoire, une ambition.
Mutations, situation, défis, 2011.
Dominique GÉLY, Le parrainage des élus pour l’élection présidentielle, 2011.
Marie-Hélène PORRI, Le suicide il faut en parler, 2010.
Michel PARAHY, L'inconscient de Descartes à Freud : redécouverte d'un
parcours, 2010. Xavier BOLOT







COMMENT REPRESENTER L’ACTION


Le bonheur d’appliquer les sciences
de la vie aux arts du vivant















Du même auteur

Dessiner en Perspective Réelle, une nouvelle approche de l’espace,
naturelle et d’application immédiate, L’Harmattan, 2007.

La Lumière Neutre, une nouvelle approche du dessin et de la peinture
apportée par les sciences du XXIè siècle, L’Harmattan, 2009.




















© L’HARMATTAN, 2012
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-99511-6
EAN : 9782296995116








« L’art c’est la vie »
Allan Kaprow

Comment alors représenter le vivant sans
comprendre le vivant dans l’action ?

Et comment comprendre l’action sans
tenir compte du hasard ?







































« L’intérêt du livre est celui d’une confrontation entre les
neurosciences et les filtres humains d’où découlent la subjectivité.»
Raphaël Chambriard, journaliste à Ouest France.

« Œuvre qui dès le départ engage, fascine, instruit et inspire à tout
moment le cœur, l’esprit, l’artiste peut-être même caché en nous
quelque part ! »
Robert Shupp, former Chairman of the French Department U.H.,
Houston, Texas.

« L'ouvrage s'appuie sur l'immense culture scientifique accessible
aujourd'hui et exposée ici avec une grande clarté. Il met l'accent sur
le rôle de mieux en mieux décelé du probable dans le déroulement des
processus de la nature et plus précisément de la vie.
L'un des caractères saillants de ce livre est la mise en évidence, avec
une belle maîtrise, des nombreuses corrélations étroites existant entre
la Science et l'émotion générée par les mécanismes de la perception.
Le foisonnement d'idées et de propositions contribue à donner à ce
livre, un sens du vivant et donc de l'action si difficile à capter puis à
restituer à l'observateur ! »
Jean-Pierre Cohen-Addad. Professeur émérite des Universités
(Physique), Université J. Fourier des Sciences de la Technologie et de
la Santé, Grenoble.

« Vous témoignez de votre très grande aptitude à saisir les
mouvements avec une très grande économie ». Jacques Ninio, LPS,
ENS, Paris.

« Lecture passionnante garantie, grâce à l’originalité du point de vue
de l’auteur qui allie avec bonheur sciences, arts, et vie quotidienne, et
qu’il y livre, avec pédagogie et simplicité, une multitude
d’informations de tous ordres. » Christine Perrin, Magistrat honoraire.

« Félicitations pour cet énorme travail. Texte intéressant, diversifié,
on y apprend beaucoup de choses. Je n’ai pas lâché la lecture de
pages qui ont le mérite d’étayer une approche large permettant
d’accéder à de nouvelles notions. Passionnant.»
Alain Carlier, Professeur honoraire de pharmacie clinique, Paris V.

« Ce livre est attachant et passionnant. Les dessins illustrent
parfaitement le propos.» Bernard Guillot, psychologue, psychanalyste.
-7-
« Votre texte se propose surtout comme un éclairage scientifique
élargissant le problème ».
Claude Prévost, Professeur à l’Ecole Nationale Des Arts Décoratifs,
Paris.


« Vous dites que le hasard doit jouer un rôle dans la vie, dans l'art, et
je suis tout à fait d'accord ».Olivier Brodier, Maître de Conférences,
Laboratoire de Mathématiques et Physique Théorique, Université de
Tours.

































-8-
Plan du livre


Origine du livre .................................................................................. 15

Ière PARTIE
Le hasard comme richesse
Introduction - Comprendre la nature ................................................. 17

Chapitre 1 La matière s’organise ....................................................... 19
1.1 Ordre et désordre dans l’univers .................................................... 19
1.2 Qu’est-ce que la matière ? ............................................................. 20
1.3 Qu’est-ce que le vivant ? ............................................................... 21
1.4 Du minéral à l’organique ............................................................... 22
1.5 Le vivant extraterrestre.................................................................. 23
1.6 Les premières traces fossiles du vivant .......................................... 24
1.7 Position de l’artiste Zachary Mitlas................................................ 25
Chapitre 2 La construction du vivant hors-équilibre.......................... 27
2.1 Un état hors-équilibre .................................................................... 28
2.2 Le rôle facilitateur des enzymes..................................................... 29
2.3 Des molécules organiques à la cellule vivante................................ 30
2.3.1 Les sources d’énergie d’une cellule vivante ............................. 30
2.3.2 L’enveloppe de la cellule vivante............................................. 31
2.4 La cellule usine induite par l’environnement.................................. 32
2.5 La téléonomie des bactéries ........................................................... 33
2.6 Position des artistes Delacroix et Cézanne ..................................... 34
Chapitre 3 Les surprises de l’évolution .............................................. 35
3.1 Les gènes et leur réplication .......................................................... 35
3.2 Le rôle du hasard dans la réplication des gènes .............................. 37
3.2.1 Le modèle et sa réplication ...................................................... 37
3.2.2 La vie propre des gènes............................................................ 37
3.3 Les horloges déréglées................................................................... 38
3.3.1 Les anomalies du développement avec le temps....................... 38
3.3.2 Les changements morphologiques............................................ 39
3.4 La structure et la fabrication des protéines : le désordre ................. 40
3.5 Les aléas de la reproduction........................................................... 41
3.6 Position de l’artiste : les chimères de l’esprit ................................. 42
-9-
Chapitre 4 Le hasard et le fonctionnement des cellules...................... 43
4.1 L’agitation aqueuse, source de vie ................................................. 43
4.2 Un regard statistique sur le fonctionnement cellulaire.................... 46
4.3 Une nouvelle réalité constatée par l’expérience.............................. 46
4.4 Le plus probable comme facteur de souplesse................................ 49
4.5 Position de l’artiste Auguste Strindberg......................................... 50
Remarques sur la Ière Partie.............................................................. 53
1 La notion d’émergence .................................................................... 53
2 Le hasard et le déterminisme ............................................................ 54
3 La dignité de l’homme...................................................................... 55
4 L’artiste élément du monde .............................................................. 57


IIe PARTIE
L’émotion et la connaissance
Introduction - Une contre-culture
Comprendre notre perception, l’expérience d’August Strinberg........... 59

Chapitre 1 L’émotion, réaction de survie ........................................... 61
1.1 L’homéostasie est notre équilibre .................................................. 63
1.2 L’émotion est notre réaction de survie ........................................... 64
1.3 Anatomie de l’émotion et conséquences ........................................ 65
1.3.1 Localisation .......................................................................... 65
1.3.2 L’omniprésence de l’émotion................................................ 66
1.3.3 La logique et l’émotion......................................................... 67
1.3.4 Comment puis-je savoir ce que j’ai vu
avant de l’avoir dessiné ? ...................................................... 67
1.3.5 La décision est étroitement liée à l’émotion........................... 70
1.4 Le sentiment est une expérience mentale ....................................... 71
1.5 L’enchaînement des émotions et des sentiments............................. 73
1.5.1 Le choc d’une émotion spécifique............................................ 73
1.5.2 Une émotion d’arrière-plan...................................................... 74
1.5.3 L’émotion et le sentiment en peinture ................................... 75
1.5.4 L’émotion des artistes........................................................... 76
1.6 L’émotion et la fragilité de la mémoire .......................................... 77
1.6.1 La nature des images et des dispositions ............................... 77
1.6.2 L’interaction de l’émotion et de la mémoire.......................... 78
1.6.3 La fragilité de la mémoire ..................................................... 71
1.6.4 Le codage des concepts abstraits........................................... 80
-10-
Chapitre 2 La conscience est une relation ......................................... 83
2.1 La conscience est une relation........................................................ 83
2.1.1 Anatomie de la conscience ................................................... 85
2.1.2 Deux sortes de conscience .................................................... 88
2.1.3 Conséquences de l’anatomie de la conscience....................... 89
2.1.4 La transformation du « Comme si » ...................................... 91
2.2 L’attention..................................................................................... 92
2.2.1 Point de vue psychologique................................................... 93
2.2.2 Anatomie de l’attention......................................................... 95
2.2.3 Les voies neurochimiques ascendantes.................................. 96
2.2.4 L’attention mouvante, l’Objet et le Soi évolutifs ................... 97
2.2.5 Le trait saillant.................................................................... 100
2.2.6 Le signifiant........................................................................ 102
2.3 A quoi sert la conscience ?........................................................... 102
2.4 Dessiner sans parole .................................................................... 103
2.5.L’image et le texte....................................................................... 106
Chapitre 3 L’inconscient créateur.................................................... 107
3.1 La prise en compte de l’inconscient ............................................. 107
3.1.1 Antiphon d’Athènes............................................................ 107
3.1.2 Muller-Lyer et de Titchener, deux illusions d’optique
et d’action............................................................................... 108
3.2 Structure du système visuel, conséquences .................................. 110
3.3 Le point de vue de l’artiste : « Lâche-toi ! »................................. 113
3.4 L’inconscience des sujets sains.................................................... 114
3.4.1 L’évanescence des perceptions inconscientes ..................... 114
3.4.2 L’incapacité des perceptions inconscientes
d’être mémorisées................................................................... 117
3.4.3 L’incapacité des perceptions inconscientes de générer une
stratégie .............................................................................. 119
3.4.4 Un substrat commun pour les modes conscient
et inconscient.......................................................................... 121
3.4.5 L’existence de traitements inconscients de haut niveau ....... 122
3.4.6 La permanence de l’activité inconsciente ............................ 122
3.4.7 L’interaction des activités conscientes et inconscientes ....... 124
3.4.8 L’opinion de l’artiste........................................................... 126
Chapitre 4 L’accès aléatoire à la conscience ................................... 127
4.1 Les sources d’apparition de la conscience.................................... 127
4.1.1 L’allégorie du grand orchestre............................................. 127
4.1.2 A propos de l’espace de travail global................................. 129
4.1.3 L’incertitude des contenus .................................................. 129

-11-
4.2 L’activité combinatoire effrénée des scénarios conscients............ 130
4.2.1 Anticiper en permanence pour survivre............................... 130
4.2.2 Les histoires que nous inventons
sont d’abord non verbales ................................................... 131
4.2.3 Les scénarios que nous construisons sont des fictions.......... 132
4.2.4 Un exemple pathologique de la production
d’histoires fictives................................................................... 133
4.2.5 La croyance et son isolement du monde .............................. 135
Remarques sur la IIe partie.
Le point de vue de l’artiste ................................................................ 137


IIIe PARTIE
Les états de conscience de l’artiste
Introduction - Pratiques d’une contre-culture ................................. 141

Chapitre 1 Les limites de notre perception ....................................... 143
1.1 L’action source de la vision source elle-même de l’action............ 144
1.2 Nous prêtons des intentions à tout ce qui nous entoure................. 146
1.3 Vous ne voyez pas toujours ce que vous regardez,
la cécité mentale ......................................................................... 147
Chapitre 2 Milton Erickson et l’hypnose.......................................... 149
2.1 Hypnose et autohypnose, natures et pratiques .............................. 151
2.1.1 Evolution de la notion d’hypnose........................................ 151
2.1.2 Nature de l’hypnose ............................................................ 153
2.1.3 Nature de l’autohypnose ..................................................... 154
2.2 Hypnose et réalité........................................................................ 157
2.3 Hypnose et création ..................................................................... 158
2.4 Hypnose et communication.......................................................... 159
2.5 Le déroulement d’une séance....................................................... 163
2.5.1 Début..................................................................................... 163
2.5.2 Cœur...................................................................................... 165
2.5.3 Fin......................................................................................... 168
2.6 Lorsque l’inconscient prend les commandes ................................ 170
2.7 Hypnose, conscient et inconscient................................................ 171
Chapitre 3 Les états de conscience du modèle.................................. 173
4.1 Le modèle est volontaire.............................................................. 173
4.2 La danse et la musique comme expression immédiate
de l’instant................................................................................... 176
-12-
Chapitre 4 Les états de conscience de l’artiste.................................. 181
4.1 Le foisonnement des états de conscience ..................................... 181
4.1.1 Les niveaux d’intensité de conscience................................. 184
4.1.2 Les niveaux de complexité de conscience ........................... 184
4.2 La dématérialisation .................................................................... 185
4.2.1 La dématérialisation par la dilution dans l’espace................ 186
4.2.2 La dématérialisation par la dilution dans l’autre
ou dans l’objet .................................................................... 189
4.2.3 La dématérialisation par la perte de la notion du temps ....... 192
4.2.4 La dématérialisation par le mouvement .............................. 193
4.3 La mobilisation de la multi sensorialité........................................ 196
4.4 L’utilisation du hasard ................................................................. 201
Chapitre 5 L’art du vivant comme représentation immédiate
de l’instant ....................................................................................... 203
5.1 L’instant et le présent .................................................................. 203
5.2 L’instant hors équilibre................................................................ 207
5.3 L’esprit actif................................................................................ 210
5.3.1 Les enfants heureux ............................................................ 210
5.3.2 L’émerveillement est un nouveau regard............................. 214
5.4 La signature de l’artiste ............................................................... 216
Remarques sur la IIIème partie........................................................ 219
1 Le monde m’est donné de façon aléatoire ....................................... 219
2 Chaque artiste reconstruit en permanence son propre monde .......... 220


Epilogue ................................................................................ 221
1 Qu’est-ce que la Vision dans l’action ? .......................................... 221
2 Que devient l’art ? ......................................................................... 221
3 Que faire ? ..................................................................................... 223


Annexes
1 Exemples de conscience animale.................................................... 225
2 Principes de thermodynamique....................................................... 229
3 Théorème de Bayes ........................................................................ 230
Pour aller plus loin........................................................................... 231
Table des illustrations....................................................................... 241


-13-



































Origine du livre

Je pars de chez moi le matin pour aller à la boulangerie. J’évite les
passants, les voitures, les obstacles, mais à vrai dire sans m’en
apercevoir. Je suis peut-être préoccupé par une recherche à faire, ou
bien me réjouis d’entendre les cris des martinets qui sont revenus pour
la belle période de l’année. Je salue une amie qui passe et décide de
voir un collègue pour éclairer une question en suspens.
Me voilà devant la boulangerie sans que je sache comment j’y suis
arrivé.
Que s’est-il passé pendant mon petit voyage ?
Qu’ai-je vu tout au long de ces cinq minutes ?
Que dirais-je si j’avais à le raconter ?
Que devrais-je dessiner si j’avais à dessiner mon aventure ?

A l’évidence dans cet exercice qui consisterait à décrire un moment de
ma vie quotidienne, il me faudrait reconstruire un monde que je n’ai
pas observé. Comment était habillée l’amie que j’ai croisée ?
Quels étaient les magasins ouverts sur mon passage ?
Les réverbères étaient-ils encore allumés ?
Que vois-je dans l’action ?
Comment puis-je, aveugle à ce point, imaginer le monde ?

Un phénomène tout aussi surprenant est celui des dessins que nous
obtenons lorsque nous dessinons quelqu’un dans l’action.
Je fais venir régulièrement à l’Atelier de Dessin, que j’ai créé, sis à
l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de Bourges, des jongleurs,
violonistes, danseuses qui réalisent leurs performances.
Il est alors remarquable de constater que l’énergie des dessins d’une
danseuse en mouvement surgit de la feuille, alors que les arrêts sur
images d’une à deux minutes semblent extrêmement ennuyeux.

Je prends l’exemple de Vanessa qui est venue nous faire la cuisine et
nous a expliqué sa recette du velouté de potimarron.
Quelle ne fut ma surprise, alors que je n’avais pas idée du résultat que
donnerait mon dessin qui consistait à écouter le modèle, de voir le
lendemain que Vanessa était là devant moi, sur la feuille.
Nous avions été l’un et l’autre dans l’action et la feuille restituait
l’énergie du moment.
-15-
J’avais dessiné quelque chose de fugitif, instants dans l’instant,
peut-être dans le même état mental que celui que j’avais eu le matin
pour aller à la boulangerie.



























La recette du potimarron. Acrylique et feutres sur kraft. 120 x 160 cm.

Chaque instant est venu de façon imprévisible, j’en ai suivi le
torrent, dans le vent des événements.
Comment fonctionnons-nous ?
Que voyons-nous ? Comment le restituons-nous ?

Nous étudierons successivement le hasard pour comprendre le vivant,
puis l’émotion et la conscience pour comprendre les états de
conscience de l’artiste.

-16-
Ière PARTIE
Le hasard comme richesse

« Il pleut sur la mer et ça ne sert à rien.
Mais toi, mon ami, je t’ai rencontré par hasard. »
Allain Leprest (1954-2001)


Introduction
Comprendre la nature

Créer le désordre à partir de l’ordre est un fait général propre à tous
les systèmes isolés. Au contraire, le vivant, en échange permanent
avec l’environnement, crée l’ordre à l’intérieur de ses frontières en
exportant le désordre dans l’environnement.
Si le vivant, de même que toute chose résultant de la création d’un
ordre, se trouve à être isolé du monde, alors il crée du désordre à
l’intérieur même de ses limites et meurt.

La compréhension du vivant nous est nécessaire pour comprendre
notre perception, nos actions, notre communication, nos systèmes de
représentation, et nous permettre de donner l’expression la plus
profonde de nos forces dans les arts contemporains.

Or les sciences de la vie nous entraînent sur des pistes insoupçonnées
jusque là, en redéfinissant des notions fondamentales telles que le
hasard, la vie, l’inconscient, la pensée, l’action, la communication.

La notion du vivant est une notion dynamique qui évolue avec nos
connaissances.
De même que la notion de logique est également en perpétuelle
construction, comme l’a souligné Bachelard.
Les scientifiques sentent les limites de leurs logiques sur le front de
leurs connaissances. Euclide père de la géométrie plane, Pythagore de
la trigonométrie, Descartes de la logique philosophique, Bayes des
probabilités, Boole de la logique informatique, Turing des
-17-
contradictions de l’arithmétique, Riemann des espaces complexes
cosmiques, Connes des algèbres opérateurs pour explorer la physique
quantique, ont tous été confrontés à de nouveaux phénomènes les
entraînant à la recherche d’une nouvelle logique.
Les logiques ne sont que des modes de pensée dits scientifiques.
Il existe d’autres modes de pensée, c’est-à-dire de décision, que celui
des champs logiques. Nous entrons alors dans le monde de l’intuition
et de l’idée lumineuse surgie du hasard dans les domaines artistiques
ou scientifiques.

Jacques Bouveresse dit être réconcilié avec le réel vu comme un
ressenti.
Jean Thuillier demande que le critique d’art s’éloigne des théories
formelles et se rapproche du ressenti.

L’examen de la genèse de la matière, du monde biologique, de la vie,
de l’inconscient nous fait rencontrer, à chaque pas, le hasard.
Paradoxalement, le hasard s’avère créateur même s’il témoigne de la
présence du désordre.
Sans hasard nous serions dans un monde déterminé, nous connaîtrions
le futur, l’esprit ne serait plus libre, nous serions cristallisés.

Nous pensons aujourd’hui que le hasard, l’énergie, l’information et le
temps ont permis de passer du monde minéral au monde organique.
Ce changement de culture est fondamental pour les années à venir et
nous ouvre une ère nouvelle de représentations de la vie.

Les arts n’échapperont pas à cette nouvelle approche, quelles que
soient les réticences rencontrées.

Faisons donc la connaissance du hasard qui est notre lot quotidien,
en même temps qu’une source de notre richesse. Prendre conscience
de la présence du hasard libère le scientifique et l’artiste de
croyances inutiles.
Nous tenterons, dans cet ouvrage, de comprendre notre monde
aléatoire, qui nous permettra d’éclairer l’articulation de nos
comportements conscients et inconscients, avant d’explorer les états
de conscience de l’artiste.
-18-
Chapitre1
La matière s’organise

D’où vient l’énergie qui nous anime ? D’où vient le flux qui anime les
agencements matériels et biologiques dont nous sommes constitués ?
Qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que le vivant ?
Il est important de savoir que la frontière entre ces deux notions n’est
pas évidente.
D’où vient donc la vie ? Nous ne savons pas tout, nous n’étions pas là
durant les quatre milliards d’années passées, mais les traces laissées
par la Terre et le Cosmos nous en disent déjà suffisamment pour
reconstituer une trame très probable de l’histoire de leur naissance.
Nous ne pouvons pas ignorer cette histoire avant d’aborder la notion
de vivant et de comprendre de quoi le vivant est constitué.


1.1 Ordre et désordre dans l’univers

Que disent les physiciens à ce sujet?

L’univers est un système isolé.
Les physiciens savent que tout système isolé évolue spontanément
vers un état de désordre accru, c’est-à-dire vers son état d’énergie le
plus faible.
C’est le cas d’une bouteille remplie d’air chaud reliée par un conduit à
une autre bouteille remplie d’air froid. L’air des bouteilles considéré
en soi est isolé du monde extérieur. Très vite l’air chaud va se
détendre vers l’air froid. La détente du gaz chaud vers le gaz froid
correspond à une perte d’énergie potentielle. Pendant ce temps, l’ordre
qui régnait, à savoir des molécules rapides dans une bouteille et des
molécules lentes dans la seconde, aura disparu. Au total on voit que
moins d’énergie correspond à moins d’ordre.
Mais à l’intérieur de l’univers, dans la nature, les systèmes sont le plus
souvent ouverts c’est-à-dire en relation avec leur environnement.
Les systèmes ouverts évoluent de façon très différente de ce que nous
venons de voir pour les systèmes fermés.
Les systèmes ouverts peuvent créer de l’ordre en se complexifiant
grâce à l’exportation de leur désordre vers leur environnement.
-19-

Par exemple, l’eau liquide change
d’état et se transforme en glace si la
température extérieure est basse.
On observe que la distribution des
molécules d’eau dans la glace est plus
ordonnée que celle de l’eau liquide et
présente une structure hexagonale
stable

Structure de la glace.

L’eau a donné de la chaleur à l’extérieur, c’est-à-dire a exporté de
l’agitation thermique vers l’extérieur, à savoir l’environnement, pour
créer l’ordre de la glace.

Nous assistons à la cohabitation à première vue paradoxale de
l’apparition locale d’un ordre dans un système ouvert et de
l’augmentation générale de désordre de l’univers, lequel est un
système isolé et avec lequel tous les systèmes ouverts sont en
échange permanent.


1.2 Qu’est-ce que la matière ?

On a l’habitude d’opposer le monde de la matière, supposé inerte, au
monde vivant alors qu’en fait la matière est en perpétuelle
effervescence et transformation.
Un atome vit. Un atome est le siège de forces antagonistes complexes
et de natures différentes. Il est composé de particules multiples de
natures différentes, dont certaines ont une vie éphémère. Il engendre
des forces électromagnétiques, atomiques, électrostatiques, de
gravitation, photoniques.
Un atome peut se dégrader en cédant de l’énergie et peut s’exciter en
absorbant de l’énergie.
Les liaisons d’un atome avec d’autres atomes peuvent être très fortes
(liaisons nucléaires) ou plus faibles (attraction gravitationnelle).
Un groupe d’atomes identiques ou différents (une molécule par
exemple) peut avoir avec un autre groupe des liaisons très fortes dites
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covalentes (comme le carbone du diamant) ou très faibles, dites non
covalentes (comme deux protéines entre elles).
Il n’est donc pas totalement surprenant de passer de la matière à la
chimie organique et au vivant, les uns comme les autres étant soumis
aux principes de la thermodynamique et aux lois de combinaisons des
atomes.
L’énergie, le hasard, l’ordre, la structure spatiale, l’information,
sont toujours présents.


1.3 Qu’est-ce que le vivant ?

Nous ne parviendrons que progressivement à définir le terme de
vivant, bien que nous ayons l’impression de le comprendre
intuitivement.
Le vivant reflète des formes très différentes.

Les plantes sont fixées au sol. Elles sont composées de chaînes
organiques comme les animaux mais elles n’ont pas de système
nerveux. Certaines d’entre elles, selon Dieter Volkmann, auraient des
neurones et seraient plus complexes que les autres.
Certaines sont capables d’un comportement d’adaptation à
l’environnement et d’un certain type de mémoire. Selon Michel
Thellier, si vous prenez des pousses de lin appauvries en calcium et
que vous les soumettez à différents signaux (vent, choc thermique),
ces pousses fabriquent des ébauches de bourgeons dans la partie
inférieure de leur tige, immédiatement si les signaux viennent d’avoir
lieu, trois jours plus tard si les signaux ont lieu trois jours plus tard.
Autre exemple, les acacias du Transvaal d’Afrique du Sud secrètent
des tanins dès que leurs feuilles sont prélevées par des antilopes
Koudous pour rendre leur feuillage indigeste. L’éthylène dégagé par
un acacia agressé déclenche chez les autres acacias voisins sous le
vent le même type de défense. Les antilopes remontent donc au vent
pour se nourrir d’acacia.

Les virus aux formes innombrables sont d’autres exemples à la
frontière du vivant au sens commun : au sec, ils sont des cristaux, dans
l’eau, ce sont des prédateurs.

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C’est pourquoi pour donner une définition claire du vivant, nous
nous référons à la notion de système ouvert thermodynamique.
Ces systèmes ont deux caractéristiques
1 Ils échangent avec l’extérieur de l’énergie et de la matière. Ils sont
donc capables d’accroître leur ordre biologique en convertissant les
apports qu’ils reçoivent du milieu extérieur et en lui exportant en
retour leur désordre.
2 Ils ont une limite qui est, par exemple, la membrane chez les
bactéries et la peau chez l’homme.
Pour que ces deux propriétés soient compatibles il faudra que cette
limite soit poreuse, c’est-à-dire qu’elle ait des portes. Ces portes
devront pouvoir s’ouvrir pour échanger et se fermer pour qu’il y ait
une limite.


Le hasard apparaît alors comme la source d’une richesse de
possibilités.
La chimie du carbone et de l’eau en sont les vecteurs, du fait de leurs
propriétés physiques très particulières.
L’atome de carbone permet une circulation importante des électrons.
L’eau, association d’hydrogène et d’oxygène, permet de maintenir les
structures de molécules organiques dont les liaisons chimiques sont
faibles.


1.4 Du minéral à l’organique

Stanley Miller (1930-2007) a reconstitué en 1953, à Chicago, une
atmosphère de substances hydrogénées qu’il soumit à des décharges
électriques.
Cette atmosphère représentait la soupe originelle qui environnait notre
planète naissante.
Au bout d’une semaine, Miller décela dans son bocal les pièces de
base de la chimie organique c’est-à-dire de la chimie du vivant :
acides aminés, eau, formaldéhyde, ribose, acide aminé, adénine, acide
cyanhydrique.
Des quantités d’expériences ont eu lieu apportant d’autres acides
aminés, des pyrimidines, des purines, des sucres.

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En 2007 John Sutherland, Matthew Powner et Béatrice Gerland de
l’Université de Manchester, en Angleterre, réussissent à synthétiser,
en l’absence de protéines, deux bases sur quatre des bases azotées de
la molécule d’ARN qui porte l’information génétique.
Remarquons que cette synthèse en laboratoire, qui soumet de la
matière à des décharges électriques d’un cycle solaire prébiotique,
fait appel au hasard.

Ces expériences peuvent, en effet, être comparées à la suivante : si je
mets dans une boîte des boules portant un ou plusieurs crochets et que
je secoue cette boîte, lorsque j’ouvrirai la boîte, toutes les boules
seront agglomérées en paquets.

C’est exactement ce qu’a fait Miller lorsqu’il a créé des composés
organiques en secouant des atomes avec de l’énergie électrique.
Cette expérience permet aussi de dire que l’ARN est apparu avant
l’ADN, ces deux molécules portant toutes deux l’information
génétique.

Nous aurions donc obtenu une preuve de l’existence possible d’un
passage naturel du monde minéral à celui d’un monde organique doté
de son patrimoine génétique matérialisé par l’ADN de chaque cellule
vivante.


1.5 Le vivant extraterrestre

On a trouvé sur des météorites des acides aminés et des petits
polymères d’acides aminés. On a de plus trouvé, sur le météorite
tombé en 1969 à Murchinson en Australie, des acides aminés en
proportion de ceux trouvés dans l’expérience de Miller en 1953. Or la
terre a reçu, à sa naissance, un grand nombre de météorites et elle
reçoit encore aujourd’hui 100 000 tonnes de météorites par an, la
plupart arrivant sous la forme de grains de poussière.
Les sondes envoyées dans l’espace ont permis de constater la présence
de substances carbonées dans les comètes.
Or les météorites et les comètes ont l’âge de la terre.
De toute évidence une chimie du carbone existe dans divers endroits
de l’univers.

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