Dalí

De
Salvador Dalí (1904-1989) est connu pour son style unique et saisissant au répertoire artistique varié, mêlant cinéma, peinture, photographie et sculpture. alors que ce nom est le plus souvent rapproché au surréalisme, dalí révèle également une maîtrise certaine dans des styles différents tels que le classicisme, l’art moderne et le cubisme. Figure cruciale de l’histoire de l’art, dalí a inspiré de nombreux textes littéraires, et ce best of édifiant offre aux lecteurs un aperçu fascinant de la vie et de la carrière de l’un des pionniers les plus controversés de l’art.
Publié le : jeudi 12 juin 2014
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EAN13 : 9781783102907
Nombre de pages : 200
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Salvador DALÍ
Autor: Eric Shanes Redaktion der deutschen Ausgabe: Klaus H. Carl
Layout: Baseline Co. Ltd 61A-63A Vo Van Tan Street 4. Etage Distrikt 3, Ho Chi Minh City Vietnam
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ISBN: 978-1-78310-925-8
Eric Shanes
Salvador Dalí
Sommaire
Introduction
Les Chefs-dÊfluvre
Bibliographie sélective
Biographie
Liste des illustrations
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Autoportrait au cou de Raphaël, 1921. Huile sur toile, 41,5 x 53 cm. TeatreMuseu Dalí, Figueres.
Introduction
alvador Dalí est, à nÊen pas douter, lÊun des artistes les e plus célèbres duXXsiècle. Son fluvre explore les S domaines universels de lÊesprit qui échappent ainsi au temps. La majorité de ses tableaux font preuve dÊune maîtrise de la représentation traditionnelle devenue rare de nos jours. Beaucoup des gens admettent quÊils ont été attirés par lÊfluvre de Dalí à cause de cette maîtrise technique que plus tard, le peintre privilégiera pour pallier le déclin progressif de son art.
Par ailleurs, Dalí a probablement été le plus doué des agents dÊautopublicité en ce siècle où, comme lÊa remarqué Igor Stravinsky en 1970, la publicité concerne ÿ tout ce qui reste des arts Ÿ et Dalí, soutenu par sa femme et copublicitaire Gala, sÊest montré expert en ce domaine durant la plus grande partie de sa vie.
Pourtant lÊimmense popularité de Dalí est aussi assez absurde, car son travail, dans sa phase la plus parfaite pour le moins, constitue une attaque des mflurs sociales, sexuelles et cultu-relles de cette même société qui le fête. La notion selon laquelle un artiste devrait être culturellement subversif, sÊest avérée au centre de la pratique dÊart du modernisme. CÊétait dÊailleurs certainement un trait essentiel du surréalisme, qui avait comme but de déstabiliser la base prétendument ration-nelle de la société elle-même. Au cours du temps, la subver-sivité de Dalí sÊest adoucie et, avant le milieu des années 1940 André Breton, le principal porte-parole du surréalisme, écartait, peut-être à juste titre, le peintre comme un pur esbroufeur et un traître à la cause des surréalistes. Mais bien quÊil y ait une évolution dans lÊart de Dalí aux alentours des années 1940, ses premiers travaux contiennent sans aucun doute sa capacité de déconcerter, de choquer et dÊintriguer, tout en maîtrisant aussi inventivement lÊexpression de la réalité et des apparences. Pareillement, le comportement de Dalí en tant quÊartiste après les années 1940 élucide la culture fonda-mentalement superficielle qui était la sienne. Cela semble
aussi valoir la peine dÊêtre abordé, ne serait-ce que pour déchiffrer lÊhomme derrière les mythes que Salvador Dalí a créés de lui-même.
Salvador Felipe Jacinto Dalí i Domènech est né à Figueres, petite ville de la province catalane de Gérone située dans le Nord de lÊEspagne, le 11 mai 1904. Il était le fils de Salvador Dalí i Cusi et de Felipa Domènech. Son père, un notable local respecté, était notaire à Figueres. CÊétait un homme très vigoureux et lÊon dit quÊil avait causé la mort du frère aîné de Dalí, dont le nom était aussi Salvador. Il était né en 1901 et décédé en 1903. Officiellement, son décès était dû à une bronchite et une gastro-entérite, mais Dalí prétendait que la mort de son frère était due à une méningite peut-être causée par un coup sur la tête. La mort de leur enfant laissa les parents de Dalí en plein désarroi ce qui exerça une profonde angoisse sur le jeune Salvador, parce quÊils projetaient sans cesse sur lui le souvenir du frère décédé, comparant les deux enfants, habillant Salvador avec les vêtements de son frère aîné, et lui donnaient les mêmes jouets et le traitaient comme la réincar-nation de leur fils défunt et non comme un individu à part entière.
Devant la négation de son moi, Dalí se révolta, affirmant son identité en même temps quÊil se rebellait contre lÊimage idéalisée de ce frère disparu que ses parents sÊefforçaient dÊimprimer sur lui. Plus tard, le peintre relatait ainsi son enfance :
ÿ Chaque jour, je me débrouille pour trouver un moyen nouveau pour porter mon père au paroxysme de la fureur ou de la peur, ou de lÊhumiliation, et lÊobliger à me consi-dérer, moi, son fils, moi, Salvador, comme un objet de déplaisir et de honte. Je le déroute, je le stupéfie, je le provoque, je le défie chaque jour davantage. Ÿ.
LÊesprit de révolte de Dalí le poussait, entre autres actes, à uriner exprès au lit, à simuler des convulsions, à simuler des
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crises de hurlements ou de mutisme, à se jeter dans le vide de grandes hauteurs et à se livrer à des actes de violence gratuite, tels que précipiter un petit garçon dÊun pont suspendu ou bien donner un coup de pied dans la tête de sa jeune sflur sans raison apparente. Dalí compensait aussi la négation de son identité par un comportement exhibition-niste : il se mit une fois une chauve-souris mourante couverte de fourmis dans la bouche et la sectionna presque en deux avec les dents. Il y a sûrement peu de faits avérés dans ces affirmations, mais en fin de compte, la révolte de Dalí et son exhibitionnisme allaient se révéler très utiles dans le domaine artistique.
Dalí était scolarisé à Figueres, dÊabord dans une école communale où il nÊapprit rien, puis dans une école privée dirigée par des frères maristes où il apprit peu de choses, mais qui lui laissa certaines images (commeLÊAngélusde Millet, dont il
avait accroché une reproduction au mur, ou les cyprès quÊil pouvait apercevoir de la fenêtre de sa classe) qui réapparaîtront souvent dans ses peintures. Durant ce temps, lÊapport éducatif lui vint de sa vie familiale, parce que son père, relativement cultivé, sÊintéressait à la musique et à la littérature. Il possédait une bibliothèque bien fournie (que Dalí explora avant lÊâge de dix ans) et faisait état dÊopinions résolument libérales. Il était athée et républicain. Politique non conformiste, il marqua Dalí qui, jeune homme, se considéra comme étant anarchiste et montra toute sa vie son refus des valeurs bourgeoises.
DÊautre part, le jeune Dalí reçut une stimulation artistique de son père qui lui acheta plusieurs ouvrages dÊune collection très populaire de monographies. Dalí regardait les reproductions, qui étaient à lÊorigine de son attirance pour e lÊacadémisme duXIXsiècle, avec son réalisme prononcé.
JeanFrançois Millet(18141875),L’Angélus, 18571859. Huile sur toile, 55,5 x 66 cm. Musée d’Orsay, Paris.
Parmi les peintres qui lÊimpressionnaient figuraient Manuel Benedito y Vives, Eugène Carrière, Modesto Urgell et Mariano Fortuny dont un tableau,La Bataille de Tétouan, donnerait à Dalí en 1962 lÊidée de peindre son pendant. Dalí reçut aussi les encouragements dÊun ami de son père, un juriste de Figueres, Pepito Pitxot, dont le frère, Ramon, était un peintre impressionniste vivant à Paris et connu de Picasso. CÊest peut-être dans un vieux moulin près de Figueres, la maison de vacances des Pitxot que le jeune Dalí commença, car, âgé de neuf ans, il peignit une nature morte aux cerises au dos dÊune vieille porte grignotée par les vers, employant du vermillon et du carmin pour les fruits et du blanc pour la lumière. Plus tard, Dalí déclara que cÊest dans cette fluvre quÊil entremêla pour la première fois les confins de la réalité et de lÊapparence en commençant par coller de vraies queues de cerises sur les cerises peintes, puis en retirant des vers incrustés dans le bois de la porte,
et qui ÿ ornaient Ÿ ces cerises peintes, pour les insérer dans de vrais fruits...
LÊenfant fut évidemment influencé par les nombreux tableaux impressionnistes et pointillistes de Ramon Pitxot accrochés aux murs du vieux moulin et son talent précoce était tel que Pepito Pitxot persuada bientôt son père de lÊautoriser à étudier avec le professeur Juan Nufiez à lÊécole municipale de dessin de Figueres, où le jeune Salvador fut inscrit en 1917. Il y resta deux ans sous la direction de Nufiez et, plus tard, admettra volontiers quÊil lui devait beaucoup. Pendant lÊété de 1918, Salvador Dalí avait quatorze ans, il montra publiquement ses premiers tableaux, dans une exposition dÊartistes locaux au théâtre municipal de Figueres, qui deviendrait plus tard un musée entièrement consacré aux fluvres de Dalí. Un critique dÊart du pays écrivait :
L’Angélus, vers 1932. Huile sur bois, 16 x 21,7 cm. Collection privée, galerie Natalie Seroussi, Paris.
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ÿLa personne qui, à lÊintérieur dÊelle, possède ce que les tableaux à lÊexposition de la Société de Concerts révèlent est déjà quelquÊun de grand dans le sens artistique... Nous ne pouvons pas parler du garçon Dalí parce que comme mentionné, ce garçon est déjà un homme... Nous nÊavons aucun droit de dire quÊil se montre prometteur. Il serait plus juste de dire quÊil lÊest déjà... Nous saluons ce nouvel artiste et sommes complètement sûrs que dans lÊavenir nos mots... auront la valeur dÊune prophétie : Salvador Dalí sera un grand peintre. Ÿ
CÊétait un éloge très impétueux pour un garçon de quatorze ans et cÊétait vrai : il était un grand peintre en devenir.
Pendant les années qui suivirent, le petit génie continua dÊélargir ses horizons. Il aida à produire un magazine local étudiant qui était publié surtout en espagnol plutôt quÊen catalan afin dÊatteindre un lectorat plus large. Dalí y contribua avec des illustrations et une série dÊarticles dont les sujets portaient sur les grands peintres : Michel-Ange, Léonard de Vinci, El Greco, Durer, Velázquez et Goya. De par ses lectures il assimila des vues avancées sur la politique, la culture et la société, et en 1921, il se revendiqua même communiste. Naturellement, il se rebella contre lÊautorité paternelle, mais qui ne lÊa pas fait ? Il découvrit les joies de la masturbation, ainsi que la haine de soi qui accompagnent habituellement lÊanxiété naturelle de lÊadolescence de toute chose sexuelle. CÊétait particulièrement le cas en Espagne où lÊignorance sexuelle était endémique et la culpabilité sexuelle universel-lement promulguée. Pour sÊéveiller sexuellement, la jeunesse ne se livrait pas nécessairement aux fantasmes de femmes : les tours et les clochers dÊéglise pouvaient aussi bien faire lÊaffaire. Il sÊinquiétait intensément de la petitesse de son organe sexuel et son anxiété sexuelle en a fait ÿ la victime dÊattaques inextinguibles de rire Ÿ. Il sÊest aussi rendu compte que ÿ vous devez avoir une érection très forte pour pouvoir pénétrer. Et mon problème est que jÊétais toujours un éjaculateur précoce. Cela prenait de telles proportions, que parfois il me suffisait de seulement regarder pour avoir un orgasme Ÿ. Il paraît probable que jamais dans lÊhistoire de lÊart un masturbateur et un voyeur aussi passionné devienne un si grand peintre et certainement aucun artiste nÊa jamais
reconnu ces prédilections aussi ouvertement que Dalí le fera en 1929 et par la suite.
En février 1921, la mère de Dalí, Felipa Domènech, mourut soudainement dÊun cancer de lÊutérus. Elle avait tout juste quarante-sept ans. Dalí fut extrêmement peiné par sa perte, exposant plus tard cela :
ÿ Avec mes dents serrées de chagrin, jÊai juré que jÊextirperais ma mère de la mort et le destin avec les épées de lumière qui brilleraient un jour brutalement autour de mon nom glorieux. Ÿ
En septembre 1922 Dalí partit pour Madrid avec son père et sa sflur pour se présenter à lÊécole dÊart la plus réputée, lÊAcadémie des beaux-arts San Fernando. Depuis longtemps, lÊenfant voulait se vouer à lÊart, et tout en émettant les habituelles réserves envers une carrière cachant tant dÊincerti-tudes, son père était soulagé que son fils fantasque eût un but en tête. LÊexamen dÊentrée à lÊAcadémie comportait une épreuve de six jours, le dessin dÊun moulage du Bacchus de Jacopo Sansovino et, bien que Dalí nÊait pas réussi à accomplir son dessin à lÊéchelle imposée, son talent était si évident que lÊéchelle de lÊfluvre fut ignorée et que le garçon fut admis.
Dalí ne fut pas satisfait de lÊenseignement reçu à lÊAcadémie San Fernando, principalement parce que lÊimpressionnisme y était encore au goût du jour et que le jeune peintre avait déjà travaillé en profondeur et épuisé ce style. Il était davantage intéressé par une conception visuelle plus complexe comme le cubisme tout en restant également attiré par les techniques artistiques traditionnelles qui, hélas, étaient à peine enseignées à lÊAcadémie où la préférence était donnée à lÊimpressionnisme. Mais si lÊAcadémie San Fernando ne fournit quÊune contribution passagère au développement artistique de Dalí, le choix de son domicile à Madrid fut plus stimulant pour sa créativité. En effet, il habitait dans une résidence universitaire et son séjour coïncida avec celui de certains des esprits les plus brillants et les plus cultivés dÊEspagne. Parmi eux, se trouvaient Luis Buñuel, alors étudiant en philosophie et qui allait devenir le
Portrait de Maria Carbona, 1925. Huile sur carton, 53 x 40 cm. The Museum of Fine Arts, Montréal.
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