De l'analogique au numérique. Cinémas et spectateurs d'Afrique subsaharienne

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L'auteur élabore ici une description rigoureuse des situations de production, de diffusion et des pratiques spectatorielles, connectées ou non à des écrans multiples. Pour des cinémas qui n'ont connu ni l'avènement du parlant ni celui de la couleur, le numérique constitue le premier changement auquel ils font face sans y être vraiment préparés.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140002366
Nombre de pages : 156
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DELPHEKIFOUANI
De l’analogique au numérique
Cinémas et spectateurs d’Afrique subsaharienne francophone à l’épreuve du changement
Avantpropos de François Fronty
Images plurielles
DE LANALOGIQUE AU NUMÉRIQUECINÉMAS ET SPECTATEURSD’AFRIQUE SUBSAHARIENNE FRANCOPHONEÀ LÉPREUVE DU CHANGEMENT
DELPHEKIFOUANIDE LANALOGIQUE AU NUMÉRIQUECINÉMAS ET SPECTATEURSD’AFRIQUE SUBSAHARIENNE FRANCOPHONEÀ LÉPREUVE DU CHANGEMENTUNE PUBLICATION DU GRECIREA (Groupe d'Étude Cinéma du Réel Africain)
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08562-3 EAN : 9782343085623
Pour ma mère et ma petite famille.A Hannah-Kharyna
AVANT-PROPOS Cette publication s'inscrit dans le cadre des recherches initiées par le GRECIREA, Groupe d'Étude Cinéma du Réel Africain. Rattaché à l'UFR CRAC (Civilisations Re-ligions, Arts et Communication) de l'Université Gaston Berger (Saint-Louis, Sénégal), le Grecirea est un collectif de recherche animé par des enseignants-chercheurs en cinéma et en communication travaillant dans différentes 1 universités . Le projet scientifique du Grecirea s'est consti-tué autour de problématiques esthétiques (théorie, analyse, critique, sémiologie, histoire), économiques (micro-, ma-croéconomie, communication, sociologie) et culturelles (représentation des sociétés, nouvelles technologies, an-thropologie, éducation). Son objectif est de produire un corpus de textes de référence conformes à la méthodologie scientifique tout en fournissant un nouvel éclairage destiné à susciter des travaux connexes. Depuis sa création, le 2 Grecirea a organisé cinq journées d'étude à l'UGB , anime 3 un site internet dédié , et a publié un ouvrage collectif :La diversité du documentaire de création en Afrique, L'Har-4 mattan, Paris 2015 .
1 Autour de ses membres fondateurs (François Fronty, Delphe Ki-fouani, Mamadou Sellou Diallo), le Grecirea a réuni jusqu'à 12 cher-cheurs de 9 pays (Canada, Congo, Burkina Faso, États-Unis, France, Gabon, Mali, Niger, Sénégal) venant des Universités Gaston Berger, Paul Valéry Montpellier 3, Stendhal-Grenoble 3, Montréal, Toulouse-Jean Jaurès. 2 2008, 2009, 2010, 2012, 2015. 3 http:www.grecirea.net. 4  Sous la direction de François Fronty et Delphe Kifouani, avec un comité de lecture composé de Claude Forest (université de Strasbourg), Bertrand Cabedoche (université Stendhal–Grenoble 3), Boubacar Camara (université Gaston Berger).
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Le Grecirea est le premier groupe de recherche universi-taire international pluridisciplinaire basé en Afrique sub-saharienne francophone à avoir pris pour objet le cinéma dans le sous-continent depuis l'arrivée du numérique dans les années 2000. Le documentaire s'étant trouvé aux avant-postes de ce mouvement, l'intitulé du groupe ren-voie au cinéma du réel mais n'exclut pas le cinéma de fic-tion. Les fondateurs du Grecirea, ainsi que la plupart des membres du collectif, sont à la fois universitaires et pro-fessionnels du cinéma et de l'audiovisuel, cinéastes, pro-ducteurs, formateurs. Au-delà de l'articulation classique entre enseignement et recherche, la spécificité du Grecirea est donc d'associer au plus près étude et praxis du cinéma contemporain.
À partir de sa structuration et de son fonctionnement en réseau, le Grecirea vise une approche innovante de la re-cherche, orientée notamment vers le processus et les effets de la généralisation du numérique au cinéma, ce qui le situe sur le terrain des grands chantiers scientifiques inter-nationaux consacrés à ce vaste objet. Les réflexions sont nombreuses en la matière, mais, pour être productives, elles doivent comporter une clarification lexicale et une élaboration conceptuelle claires, tant il est vrai que l'accé-lération, inédite dans l'histoire, des évolutions technolo-giques et des usages induits ne cesse de menacer d'obso-lescence toute tentative définitoire prématurée. Delphe Kifouani élabore ici une description rigoureuse des situations de production, de diffusion et de pratiques spectatorielles, connectées ou non et à écrans multiples, dans l'aire de référence. Ceci à partir d'une connaissance des travaux universitaires existants qui lui permet de do-cumenter son propre travail tout en le problématisant, et à partir des réalités d'un terrain qu'il pratique en profession-
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nel averti. Par conséquent, il peut établir des distinctions (exemple : publicvsou films flux spectateurs vs films fichiers), circonscrire des concepts (exemple : cinéma oral) et produire une analyse fine des phénomènes numé-riques qui trace des perspectives fécondes pour les cher-cheurs, les enseignants, les professionnels, voire les déci-deurs institutionnels. Mais, de façon plus générale, le fait que cet ouvrage soit issu d'une région quasi absente des radars industriels, artistiques, et théoriques du cinéma mondial, conforte l'hypothèse de travail fondatrice du groupe de recherche : l'émergence d'un cinéma contemporain (donc numérique) en Afrique subsaharienne francophone s'articule nécessai-rement avec la production d'une pensée spécifique et en-dogène sur et avec ce que tout le monde, malgré toute la place prise par le numérique, continue d'appelercinéma. À rebours des clichés concernant la cartographie ciné-matographique mondiale, et si on voulait l'historiciser à grandes enjambées, cet ouvrage pourrait faire écho aux travaux théoriques de Louis Delluc (1920), aux innova-tions critiques de la Politique des Auteurs (1955), au pro-jet historique de Paulin Soumanou Vieyra (1975). L'enjeu scientifique se double d'un enjeu politique qui apparaît clairement dans le propos de Delphe Kifouani, et qui, par-delà l'Afrique subsaharienne francophone, concerne l'en-semble du continent cinéma : comment élaborer un nou-veau modèle artistiqueetthéorique économique, et pra-tique, pour le cinéma de l'époque numérique ? François Fronty, Cinéaste et chargé de cours à l'Université Paul Valéry Montpellier 3. Coordinateur du Grecirea.
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