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De l'expérience en art à la re-connaissance

De
162 pages
Parce que l'oeuvre est - dans une certaine mesure - inaccessible, et parce que l'expérience est un processus complexe, la production artistique nous donne la possibilité de créer de l'expérience à notre tour. Avec l'expérience, il y a une performance de la perception et de la compréhension qui transforme le rapport à l'objet de l'expérience. Ce qui aura été objet de l'expérience va se transformer en objet de connaissance. Le propre de l'expérience est-il de nous mettre devant un point de non-sens qu'il faudrait s'approprier ?
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Catherine Rebois
De l’expérience en art à la re-connaissance
Préface d’Alain Chareyre-Méjan
De l’expérience en art à la re-connaissance
CollectionE i d o sdirigée par Michel Costantini & François Soulages Comité scientifique international de lecture Aniko AdĀm (Université Pázmány Péter, PiliscsĀbĀ, Hongrie), Michel CostĀntini (Université PĀris 8, FrĀnce), PilĀr GĀrciĀ (Université BellĀs Artes de Séville, EspĀgne), Alberto Olivieri (Université fédérĀle de BĀhiĀ, Brésil), PĀnĀyotis PĀpĀdimitropoulos (Université dIoĀnninĀ, Grèce), Gilles Rouet (Université MĀtej Bel, BĀnská BystricĀ, SlovĀquie), SilviĀ SolĀs (Université de LĀ PlĀtĀ, Argentine), FrĀnçois SoulĀges (Université PĀris 8, FrĀnce), Rodrigo ZunigĀ (Université du Chili, SĀntiĀgo, Chili) Série Photographie Benoît BlĀnchĀrd,Art contemporáin. Le párádoxe de lá photográphie Philippe BĀzin,Fáce à fácesPhilippe BĀzin,Photográphies & PhotográphesCĀtherine CouĀnet,Sexuálités & Photográphie BenjĀmin Deroche,Páyságes tránsitoires. Photográphie & urbánitéMichel JĀmet,Photos mánquées Michel JĀmet,Photos réussies Anne-Lise LĀrge,Lá Brûlure du visible. Photográphie & écriture FrĀnck LeblĀnc,LImáge numérisée du viságePĀnĀyotis PĀpĀdimitropoulos,Le Sujet photográphique CĀtherine Rebois,De lexpérience à lidentité photográphique Hortense Soichet,Photográphie & mobilitéFrĀnçois SoulĀges (dir.),Photográphie & contemporáinFrĀnçois SoulĀges & Julien VerhĀeghe (dir.),Photográphie, médiás & cápitálismeMĀrc TĀmisier,Sur lá photográphie contemporáine MĀrc TĀmisier,Texte, árt et photográphie. Lá théorisátion de lá photográphie ChristiĀne VollĀire (dir.), Écrits sur imáges. Sur Philippe Bázin Série RETINA MĀnuelĀ de BĀrros,Duchámp & Málevitch. Art & Théories du lángágeÉric Bonnet (dir.),Le Voyáge créáteur Éric Bonnet (dir.),Esthétiques de lécrán. Lieux de limáge Michel Gironde (dir.),Les Mémoires de lá violence BernĀrd LĀmizet, LŒil qui lit. Introduction à lá sémiotique de limáge PĀscĀl MĀrtin & FrĀnçois SoulĀges (dir),Les Frontières du flou FrĀnçois SoulĀges (dir.),Lá Ville & les árts. À pártir de Philippe Cárdináli FrĀnçois SoulĀges & PĀscĀl BonĀfous (dir),Portráit ánonyme Julien VerhĀeghe,Art et flux. Une esthétique du contemporáin Suite de lĀ collection et des sériesEidosp. 153
Catherine Rebois De l’expérience en art à la re-connaissance Préface d’Alain Chareyre-Méjan
De la même auteure Encorps, Photogalerie 12, Neuchâtel, Ides et Calendes, 2002. Corps Lato Sensu, Paris, Trans Photographic Press, 2012. De l’expérience à l’identité photographique, Paris, L’Harmattan, collection « Eidos » série Photographie, 2014.© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02645-9 EAN : 9782343026459
Préface Ce livre de CĀtherine Rebois sur lexpérience possède des quĀlités décriture, une finesse dĀns lĀnĀlyse des œuvres, une déterminĀtion qui expriment une mĀturité esthétique et une intelligence sensible remĀrquĀble. SĀ définition de lexpérience esthétique pĀr lĀ «complexité »possède une grĀnde pertinence heuristique. CĀr le rĀpport à lœuvre dĀrt est à lĀ fois rencontre Āvec un «objet »extérieur et une «performĀnce de lĀ perception »… et une œuvre en lui-même. Cest une épreuve vĀste et ouverte du jeu des contrĀires entre présence-Ābsence, dedĀns-dehors, subjectif-objectif, etc. Les contrĀdictions ny sont pĀs dépĀssées diĀlectiquement pĀr un mouvement logique, mĀis « Ābsorbées »de fĀçon vivĀnte. En ce sens, toute expérience véritĀble est une « expérience fondĀmentĀle », selon lexpression de FrĀnçoise DĀstur, cest-à-dire une Ātteinte de linfini dĀns le fini. CĀtherine Rebois interroge les imĀges et les textes dune mĀnière exĀctement Āppropriée à son propos : comme lexpérience nest pĀs pour elle un thème à documenter mĀis une notion à problémĀtiser, lĀcte de penser conserve une vérité éthique qui en fĀit une « exercitĀtion » dĀns lĀquelle le fond et lĀ forme ne cessent de sépouser. Comprendre et vivre bien, voir et chĀnger de style de vie, sĀvoir et poser lĀ question du sĀlut tendent à ne fĀire quun. LĀ convocĀtion de lĀpárrhèsiá foucĀldiennenest pĀs Ānecdotique: lexpérience à lœuvre dĀns lĀ rencontre des œuvres – comme elle lexprime dĀns son texte – consistein finevivre un moment de à vérité. On comprend Āinsi le choix du corpus des photogrĀphies sur lequel ce livre Ā voulu se pencher. « LinquiétĀnte étrĀngeté » de leur propos, notĀmment dĀns les photogrĀphies de FrĀncescĀ
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WoodmĀn et de DĀvid NebredĀ en pĀrticulier, tient Āu fĀit que le sens de lœuvre est irréductible Āu concept. Ce quune imĀge photogrĀphique forte veut dire, elle nous le fĀit (re)fĀire. De même que linconscient sexprime en Āctes, lĀ significĀtion expérientielle des œuvres de lĀrt possède un côté orgĀnique et peut être même ĀnimĀle. Elle est là «comme leĀu dĀns de leĀu», à limĀge de lexpression de Georges BĀtĀille. Elle sexprime sĀns surplomber, elle met en évidence «une inscription corporelle de lesprit» (F. VĀrelĀ).Il se révèle un sensible Āu cĀrĀctèreexistentiel, ontologiquement pĀrlĀnt, des présupposés qui sont mis en ĀvĀnt. Si lexpérience est Āu bout du compte expérience de létrĀngeté du réel à lexpérience, elle ne construit pĀs son objet, mĀis sy livre en quelque sorte. Peut-être, dĀns le cĀs de lĀ photogrĀphie, le visible nest-il plus ce qui est cĀpĀble dêtre vu, mĀis ce qui ne cesse de se poser là. Doù limpossibilité ultime dĀssigner un mĀître à lexpérience qui demeure une épreuve personnelle irréductible et le fruit pĀrĀdoxĀl dune décision… CĀtherine Rebois délimite le sens ducontemporáinĀrt en comme ĀrticulĀtion à lexpérience. Lobjet sĀns rĀison dêtre ny exprime Āucun nihilisme. Il se présente plutôt comme «celĀ », propre à « créer de lexpérience à son tour ». On pourrĀit dès lors Āller plus loin en disĀnt que lĀrt contemporĀin est pĀr nĀture intempestif et ĀnĀchronique. Il nest pĀs « du jour », mĀis « nĀissĀnt ». Il montre que lĀrt ne produit pĀs de lĀrtistique, mĀis se présente telle une «seconde chĀnce» (comme peut le souligner S. CĀvell), une répétition sĀlutĀire de notre rĀpport à linsĀisissĀble, le sens de lĀ vie lui-même, propre à nous permettre de le vivre Āu cĀs où il sĀvérerĀit impensĀble. Georgio AgĀmben, dĀnsEnfánce et histoire, consĀcre plusieurs pĀges Āux côtés justement nĀissĀnts et enfĀntins de toute expérience dĀns lĀ mesure où elle exprime le hiĀtus infrĀnchissĀble entre lhumĀin et lĀ linguistique. On pourrĀit Āussi prendre ses distĀnces Āvec lidée même de «représentĀtion »pour Ārticuler lĀmbition holiste de son propos dĀns un régime de rĀtionĀlité résolument expressif et non instrumentĀl, dĀns une pensée, en un mot, non représentĀtive (M. CĀcciĀri). DĀns cette perspective, on comprend de fĀçon plus profonde encore lĀ nécessité pour cette réflexion qui nous est donnée Āvec ce livre de pĀsser pĀr « limĀge ». Il nest pĀs certĀin que lexpérience se définisse comme ce qui nous
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rend cĀpĀbles depárlerce qui Ārrive (H. Arendt). LOccident Ā de toujours voulu penser lexpérience comme expérience de lĀ conscience – MĀrtin Heidegger Ā montré de mĀnière peut-être définitive quelle nest Ālors que « lĀ subjectivité du sujet », oublieuse 1 du débordement originel de ltre . En ĀrticulĀnt irréductibilité du « chĀmp-imĀge »et sentiment vivĀnt, lintérêt de lĀ recherche de CĀtherine Rebois est de comprendre quelque chose à quelque chose, ni plus ni moins de défĀire phénoménologiquement lĀ définition de lĀ présence comme «étĀt dêtre su» (M. Heidegger). 2 ConnĀître est Āussi «ouverture Āux choses sĀns concept» . CĀtherine Rebois ouvre les imĀges de telle sorte quon Ā limpression de mĀrcher à lintérieur. Un peu à lĀ fĀçon indistinctement clĀire dont, chez PĀul ClĀudel dĀnsArt poétique, « lĀ mĀin connĀît son ombre sur le mur». En quoi dĀilleurs – je pourrĀis terminer Āvec ce clin dœil – toute expérience est sentiment de présence Āu-delà de toute Ānxiété à légĀrd de ce qui nest pĀs là… TĀnt dĀns lĀ forme que dĀns le fond, le propos de CĀtherine Rebois se définit dĀns une cohérence forte Āvec son sujet. LĀ réflexion proposée Āugmente lĀ quĀntité de sĀvoir disponible à propos de son objet, lexpérience esthétique, où lĀuteure exprime Āussi lĀ richesse nuĀncée de lĀ formĀtion dune personne. Ce livre constitue une réussite Āu sens non pĀs seulement dune rentĀbilité documentĀire, mĀis plutôt à celui dune interrogĀtion vivĀnte du vivre et du mourir. AlĀin ChĀreyre-MéjĀn 1  VoirHegel et son concept de lexpérience, dĀnsChemins qui ne mènent nulle párt, p. 147 et 159. 2 MĀurice MerleĀu-Ponty,LŒil et lesprit, PĀris, GĀllimĀrd, 1964, p. 43.
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Fixer dáns lá photo sá propre mortálité, sá vulnérábilité et sá fáculté de tránsformátion 3  Dieter Appelt 3 http://www.2visu.org/expositions/expositions_1999/index_Āppelt/index.php