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Graffiti

De
106 pages

Plongez en immersion dans l'univers fascinant du graffiti et découvrez son histoire, les style, les crews.... Racontés et expliqués par Francis Persu, graffeur depuis plus de 20 ans.


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Malgré touts nos efforts, nous n’avons pas pu contacter tous les artistes. N’hésitez pas à nous contacter via notre sitewww.mangoeditions.com.
Introduction
Quand mon pote Allan m’a proposé ce projet, je me suis dit que c’était un sacré challenge : le graffeur écrit les textes tandis que le non-graffeur, mais néanmoins illustrateur, fait les dessins. C’est un exercice inédit pour moi, même si j’aime bien écrire un peu, mais j’aime relever les défis. Normal, je suis un graffeur. (Et puis bon, j’ai aussi participé un peu aux illustrations, hein.)
Ce livre parle donc du graffiti dans son ensemble et sous toutes ses formes, autour de 50 thèmes que j’ai choisis pour leur représentativité. J’ai essayé de parler de tout ; les débuts, l’évolution, l’éthique, les codes, l’attitude et l’état d’esprit, les conséquences... C’est ma vision personnelle, mais j’ai quand même essayé d’être le plus objectif possible, tout en m’appuyant sur des ouvrages, des films, des documentaires.
C’est donc un livre qui s’adresse aux novices ou à ceux qui ne pratiquent pas mais s’intéressent au sujet, autant qu’aux graffeurs expérimentés.
Chaque tagueur, chaque graffeur a un blaze, son propre blaze, son pseudonyme d’artiste, sa seconde identité… Il se crée un personnage mystérieux, anonyme. Sa véritable identité est secrète, à l’instar d’un super-héros. Il y a plusieurs moyens de se choisir un blaze. Ça peut venir d’un surnom attribué par les potes, il peut avoir une signification particulière en rapport avec son style, sa personnalité ou autre. Par exemple, Richard Mirando, une légende parmi les pionniers du graffiti new-yorkais, a choisi de s’appeler Seen. « Vu », en français. C’est bien vu. On peut l’orthographier comme on veut. Le blaze est parfois choisi en fonction des lettres qui le composent et la manière de les esquisser ou de les signer. On peut le choisir pour sa « sonorité », en français, en verlan, en anglais, en tout ce qu’on veut. Il peut aussi ne rien vouloir dire du tout. Dans l’idéal, il ne doit pas être trop long, pour des raisons pratiques évidentes, ni trop court, mais là encore, chacun est libre de faire ce qu’il veut et chaque moyen de se démarquer est à considérer.
Lorsqu’un autre writer, plus vieux, plus connu, plus talentueux, plus actif, a déjà le même blaze que celui que l’on s’est choisi, il faut soit en trouver un autre, soit rajouter un 2 (Mode 2, Shuck 2, Cope 2, Pose 2, Totem 2…). Quand on est le premier, le plus légitime, on peut renforcer ce statut en déclinant son blaze avec un « 1 », « One », « Oner », « Onerock » …
Le blaze devient l’identité propre du writer, et souvent entre nous on finit par s’appeler par nos blazes plutôt que par nos vrais prénoms. Selon la façon dont le graffiti est vécu, le blaze prend le dessus sur l’identité officielle. Si parfois certains writers aiment afficher leur visage publiquement, d’autres exploitent à fond ce côté double vie. Quand certains vivent de leur pratique, d’autres ont un taff « normal » et revêtent leur costume de tagueur pendant leur temps libre. Leur identité n’est connue que le jour où ils se font serrer (exemple : Azyle). Le fameux street artiste Banksy a réussi à garder sa véritable identité toujours secrète, alors qu’il est l’un des street artistes les plus reconnus et cotés sur le marché de l’art. Toutefois, certains writers peuvent décider de revenir à leur vrai nom, par exemple lorsqu’ils s’ouvrent à une pratique artistique plus large et commencent à exposer, comme Boris « Delta » Tellegen.