//img.uscri.be/pth/81fe879d18d6e5566b54254bea41091b93c62ea3
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,90 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Henri Michaux et la Chine

De
215 pages
Le voyage en Chine du célèbre peintre et écrivain français Henri Michaux dans les années 30 marque un tournant important dans sa carrière artistique. Sa rencontre avec François Cheng et Zao Wou-ki l’ont incité à se tourner vers cette culture. La découverte du taoïsme, courant de pensée chinois, l’encourage dans sa marche vers la Sagesse et la pratique des arts traditionnels influence sa création littéraire et artistique.
Voir plus Voir moins


Henri Michaux et la Chine Liu Yang
Henri Michaux et la Chine









MANUSCRIT UNIVERSITÉ






© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6891-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748168914 (livre numérique)
IS-6890-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748168907 (livre imprimé)






Cette thèse, fruit d’un travail de plusieurs années, a bénéficié de
l’apport de tous mes professeurs, mes collègues et mes amis.
Je dois remercier tout d’abord M. Qian Linsen qui a bien voulu
diriger mes études et qui a inspiré la conception de cette thèse.
Parmi les professeurs du Département de français, je dois
nommer surtout Mme Lu Binghui et M. Xu Jun qui m’ont donné
beaucoup de conseils effectifs au cours de la rédaction de ma thèse.
Qu’ils trouvent ici l’expression de mes sentiments de profonde
gratitude ! Je suis infiniment reconnaissant à Mme Lu Binghui, à M.
Liu Chengfu et à M. Zhang Xinmu d’avoir bien voulu lire le
manuscrit, en y apportant des rectifications nécessaires. Je remercie
également M. Du Qinggang et M. Sun Chaoyang de m’avoir fourni
quelques œuvres d’Henri Michaux. Ils m’ont offert du charbon par
temps de neige.
Je tiens encore à remercier Mme Évelyne Grossman de
l’Université Paris VII et M. Jean Bessière de l’Université Paris
III pour leurs conseils précieux. De plus, je dois remercier M. Jean-
Michel Maulpoix de m’avoir transmis un poème d’Henri Michaux,
poème fourni par Mme Micheline Phankim à qui Henri Michaux
s’est confié il y a bien des années. Liu Yang
Introduction
Henri Michaux (1899-1984) est poète et peintre français
de grand renom. Auteur d’une trentaine de recueils de
poèmes et de quantité de tableaux, Henri Michaux a eu
des succès remarquables. La plupart de ses tableaux sont
peints avec de l’encre de Chine. Les expositions des ses
œuvres d’art ont eu lieu dans une dizaine de pays du
monde. En 1978, une exposition de ses œuvres s’est
tenue au Centre National Georges Pompidou. En 1998,
les éditions Gallimard ont publié les Œuvres complètes
d’Henri Michaux. Cela marque qu’il est un des grands
poètes et peintres contemporains.
Aux yeux des critiques occidentaux, Henri Michaux
est un poète de révolte ou en marge. Il n’aime pas se
faire parler. Les œuvres d’Henri Michaux ne sont pas
faciles à comprendre. Les recherches à son sujet
évoluent progressivement depuis une cinquantaine
d’années.
En 1946, le livre de René Bertelé, Henri Michaux,
paraît dans la collection « Poètes d’aujourd’hui » chez
Seghers. Il contient un important « Choix de poèmes »
remontant à Qui je fus, une bibliographie, des dessins et
des manuscrits, une photo de Brassaï montrant le bras
seul d’Henri Michaux écrivant ou dessinant à sa table
encombrée ; la couverture, au lieu de la photo-portrait
d’usage, affiche un dessin qui évoque le visage arraché
du malfaiteur dans Au pays de la magie. Ce livre fin et
enthousiaste fixera, jusqu’en 1959 où paraît celui de
9 Henri Michaux et la Chine
Robert Bréchon, la base documentaire de toute critique
d’Henri Michaux. C’est presque certainement pour ce
livre qu’Henri Michaux a adressé à René Bertelé un
important document de six pages, précédé d’une lettre
où Henri Michaux a répondu aux questions de René
Bertelé.
René Bertelé, dans Henri Michaux, fait une analyse
détaillée sur le poète :

Henri Michaux est essentiellement le poète de
l’expérience intérieure. Nul, mieux que lui, par l’écriture
ou par la peinture, n’a su explorer ces « espaces du
dedans » où le vertige nous attend ; ces no man’s land du
corps et du cœur, des nerfs et de l’esprit, où l’aventure
nous mène aux confins les plus reculés de l’indicible et
dans les zones les plus dangereuses, mais aussi les plus
1révélatrices, de la sensibilité .

En 1948, André Gide, écrivain célèbre, a écrit
Découvrons Henri Michaux. Le poète a commencé alors
à se faire remarquer. André Gide a découvert le génie
d’Henri Michaux. Il a fait l’analyse des poèmes du
poète. Il a remarqué que Henri Michaux est un poète
voyageant de toujours.

La Fantaisie visionnaire d’Henri Michaux l’entraîne à
de nouveaux voyages : des voyages dans un fauteuil ; des
voyages dans des pays imaginaires. Le temps nous
manque pour le suivre dans ces contrées que l’on
chercherait en vain dans les atlas, mais dont il a dressé lui-
même la carte. Voyage en Grande Garabagne, tel est le titre
d’un livre étrange qui ne rappelle pas plus ceux de
Rabelais que ceux de Swift ou de Bulter. Henri Michaux
n’a nulle prétention de nous instruire ni de nous édifier;
nulle intention non plus de satire comme dans Gulliver

1. René Bertelé, Henri Michaux, Paris, Seghers, coll. « Poètes
d’aujourd’hui », 1980, plat inférieur.
10 Liu Yang
ou dans Erewron; mais plutôt celle de nous émerveiller
comme nous pouvons l’être en lisant les aventures de
Sindbad le Marin; encore ce livre des Mille et Une nuits
garde-t-il quelque souci de sagesse orientale, ainsi que
dans l’admirable rencontre du vieillard de la mer, ou
d’autres épisodes propres à faire valoir la ténacité,
l’endurance, la perspicacité, la ruse de cet Ulysse
musulman. Ici, plus aucun enseignement, aucune “ leçon”
à tirer; ce sont des inventions d’une gratuité totale,
parfaite. Nous circulons avec Henri Michaux dans ce pays
de Garabagne, dans un monde plus distant de nous que le
Lilliput et le Brobdignac de Gulliver où du moins les
peuples visités gardaient encore dans leurs actes le ressort
d’une raison quasi humaine; les tribus dont Henri
Michaux nous peindra les mœurs ont des façons d’agir
aussi incompréhensibles pour nous que celles des
Topinambours. Ils sont très friands de spectacles.

André Gide a remarqué que Henri Michaux est un
poète voyageur et il a fait l’analyse de ses récits de
voyage, en montrant ses points de vue. Il présente le
charme des poèmes d’Henri Michaux :

Plusieurs peuplades habitent en Garabagne, dont
Henri Michaux invente les noms (ainsi qu’il fera de toute
une flore et une faune imaginaires, et ses descriptions
sont des miracles de précision fantasque) avec autant de
hardiesse et de bonheur que Rabelais. Il raconte des
mœurs, des coutumes, des plaisirs, des maladies, des
nourritures, qui n’ont qu’un très lointain rapport avec les
nôtres ; et une sorte de poésie mystérieuse, mais aussi une
maladie indéfinissable se dégage bientôt de tout cela. Le
malaise vient de la relation qui s’établit involontairement
en notre esprit entre l’imaginaire et le réel. Et ce malaise,
parfois, traversant la bouffonnerie, tourne à l’angoisse.
Après tout, se dit-on, tout cela, qui n’existe pas, pourrait
être ; et tout ce que nous savons qui est pourrait bien ne
pas avoir beaucoup plus de réalité. Ce qui se passe sur
cette terre n’est pas, somme toute, beaucoup plus
11 Henri Michaux et la Chine
raisonnable que ce que Henri Michaux nous peint. Il
excelle à nous faire sentir intuitivement aussi bien
l’étrangeté des choses naturelles que le naturel des choses
étranges. […]

André Gide a remarqué aussi le génie d’Henri
Michaux dans la peinture. Il l’a hautement apprécié.

Henri Michaux n’est pas seulement un poète ; il est
peintre. Certains de ses livres sont ornés de ses
illustrations. Les rapports de la poésie et des arts
plastiques sont remarquables chez maints Français. Je
songe aux admirables dessins de Hugo, à ceux,
accidentels il est vrai, de Baudelaire, de Laforgue,
d’Apollinaire qui, tous les trois, témoignèrent d’un goût si
sûr et si marqué pour la peinture et s’avérèrent si
remarquables critiques d’art ; à la double vocation de Max
Jacob et de Cocteau qui laisse douter parfois, chez ce
dernier, si c’est au dessinateur ou au poète qu’on doit
donner la préférence. La question se pose également pour
Henri Michaux qui, durant d’assez longues périodes,
quitte la plume pour le pinceau. En peinture, ses
évocations ne sont pas moins étranges. C’est d’ordinaire
sur fond noir que, comme dit Louis Cheronnet, le
préfacier d’un de ses recueils de poèmes et de
reproductions de dessins, il invente des « ectoplasmes »,
des formes, animaux, végétaux, qui offrent un rapport
encore plus lointain avec la réalité que les lithographies
ou les pastels d’Odilon Redon moins viables encore. Ce
sont des phantasmes flottants, analogues à ceux qui
peuvent hanter les rêves d’un fiévreux, des visions de
1paysages, et surtout des têtes, des têtes sans tronc .

En outre, Henri Michaux rédigé par Robert Bréchon,
Henri Michaux ou une mesure de l’être par Raymond Bellour,
Henri Michaux, qui êtes-vous ? par Brigitte Ouvry-Vial,

1. André Gide, « Découvrons Henri Michaux », in Henri Michaux,
Cahiers de l’Herne, n° 8, Paris, Herne, 1983, pp. 414-415.
12 Liu Yang
Passager clandestin par Jean-Michel Maulpoix, constituent
des études remarquables. Les auteurs ont fait des
recherches détaillées sur le poète avec la méthode
psychanalytique et linguistique, mais ils ont parlé peu de
la relation entre Henri Michaux et la Chine. Ce qui attire
notre attention, c’est justement la relation entre Henri
Michaux et la culture chinoise.
Nous avons consulté des références portant sur ce
sujet. Zao Wou-ki, grand peintre français d’origine
chinoise, observe qu’Henri Michaux est un des seuls qui
1comprennent vraiment le sentiment oriental . Norge,
poète belge, témoigne qu’Henri Michaux, dès son
2enfance, donne toute sa passion à l’écriture chinoise .
Michel Butor, écrivain appartenant au Nouveau Roman,
a dit : « La connaissance qu’Henri Michaux a de
l’Extrême-Orient s’approfondit considérablement et le
rêve de la sagesse devient de plus en plus important.
C’est ce qui donne aux textes des dernières années une
couleur qui est profondément différente des textes
3antérieurs . » René Étiemble, savant français, observe
que le poète cherche à célébrer l’effacement propre au
4taoïsme . François Cheng, poète et traducteur, affirme
que la peinture, l’écriture, le théâtre, la calligraphie et la
philosophie chinois ont permis au poète de dégager une
nouvelle vision esthétique qui donnera un nouvel essor
5à ses œuvres . Vahé Godel, poète français, signale que
l’influence qu’a subie le poète de l’Extrême-Orient
provient du mélange de bouddhisme et de taoïsme qui

1. Zao Wou-ki, « Entretiens avec Geneviève Bonnefoi » in « Henri
Michaux », Cahiers de l’Herne, op. cit., p. 385.
2. Norge, « Jeux d'enfant », in Magazine Littéraire, n° 220, 1985. p. 22.
3. » Gong et ouate : Dialogue à quatre voix », in Magazine Littéraire,
n° 220, 1985. p. 20.
4. René Étiemble, « Préface » au Tao-tê-king (traduction Liou Kia-
hway), Paris, Gallimard, 1967, p. 13.
5. François Cheng, « Henri Michaux, poète français contemporain »,
in Etudes sur la Littérature Etrangère, n° 4, Wuhan, 1982, pp. 3-7.
13 Henri Michaux et la Chine
1s’ouvre à une sorte de Tao-tê-king occidental . François
Trotet, critique français, fait des analyses sur la sagesse
2du bouddhisme dans les œuvres d’Henri Michaux .
En Chine, l’étude sur Henri Michaux a commencé
depuis une vingtaine d’années. En 1982, la revue Étude
sur la littérature étrangère publie un article de Cheng Baoyi
(François Cheng) : « Henri Michaux, poète français
contemporain », suivi de « L’entretien de François
Cheng avec Henri Michaux » et de seize poèmes d’Henri
Michaux traduits par lui. Ce recueil a fourni de premiers
documents sur Henri Michaux. En 1991, l’édition
Lijiang a publié Poèmes choisis d’Henri Michaux, traduits
par Du Qinggang. Ce recueil a fourni des documents
abondants sur les poèmes d’Henri Michaux. Dans la
préface de la traduction, Du Qinggang a fait une
présentation bien détaillée sur Henri Michaux. En 1994,
Luo Dagang a écrit un article Ma rencontre précieuse avec
Henri Michaux où il a raconté les impressions qu’Henri
3Michaux lui a données . En 1995, Qian Linsen a publié
Les Écrivains Français et la Chine où il y a un chapitre
intitulé : Un poète voyageant partout : Henri Michaux et la
4Chine . Il a fait des analyses sur ce poète ainsi que sa
création avec la Chine comme arrière-plan. En 1995, La
Revue de littérature étrangère a publié Henri Michaux’s
Indebteness to Daoism and Zen, écrit par Du Qinggang qui a
fait l’analyse sur les rapports d’Henri Michaux avec le
5taoïsme . Jin Siyan a publié un article qui traitait du Vide

1. » Gong et ouate : Dialogue à quatre voix », in Magazine Littéraire,
n° 220, 1985, p. 18.
2. François Trotet, Henri Michaux ou la sagesse du Vide, Paris, Albin
Michel, 1992.
3. Cf. Recherche sur la Littérature Etrangère, n° 1, Pékin, 1994.
4. Qian Linsen, Les Écrivains français et la Chine, Fuzhou, Édition
pédagogique de Fujian, 1995.
5. Cf. Revue de la Littérature Etrangère, n° 1, 1995.
14 Liu Yang
1chez Henri Michaux . Elle a fait des remarques sur la
différence entre la conception du Vide dans la pensée
chinoise et le Vide sous la plume d’Henri Michaux. En
2000, Du Qinggang a vu la publication de sa
monographie Henri Michaux et la culture chinoise où il a
remarqué qu’Henri Michaux est un poète entre la
2culture orientale et la culture occidentale . Il a développé
ses points de vue sur Henri Michaux dans sa thèse
soutenue en France, Entre Orient et Occident.
Dans ses écrits, Du Qinggang analyse le voyage
d’Henri Michaux en Asie, l’intérêt que le poète porte à la
sagesse orientale dans la recherche d’une nouvelle forme
d’écriture, la Magie indienne, la sagesse impliquée dans
ses formes artistiques, philosophiques et linguistiques, la
langue, le théâtre, le Taoïsme et la leçon du Vide. Le
parcours de son voyage oriental se fait par rapport à sa
recherche poétique et à son souci du problème d’être.
L’écriture de la magie de l’effacement et l’écriture au
tracé font l’objet privilégié de son étude par rapport à la
sagesse orientale.
Du Qinggang cherche à mettre en évidence la
révolte poétique d’une poésie dans deux perspectives.
Une poésie et un être se dépouillant de plus en plus qui
traversent diverses étapes du Vide dans une recherche
poétique et ontologique, une poésie de régression qui se
rendrait sensible dans les onomatopées, les cris, la
répétition, et la simplicité. Son étude va se situer à la
charnière de deux cultures. Il prit soin d’envisager
l’œuvre d’Henri Michaux sous l’éclairage de l’écriture
mentale.

1. Jin Siyan, « La langue informative ou évocatrice : symbole, poète,
lecteur », in Culture : Diversité et coexistence dans le dialogue Chine-Occident
(actes du colloque international de Nanjing, sous la direction de Qian
Linsen, Alain Lepichon, Michel Sauquet), Nankin, Édition Yilin,
1998.
2. Henri Michaux et la culture chinoise, Pékin, Édition des documents de
sciences sociales, 2000.
15 Henri Michaux et la Chine
En 2001, Liu Chengfu a publié un article « Sur le
style créatif d’Henri Michaux ». Faisant une recherche
1détaillée sur le style d’Henri Michaux , il a indiqué que
Henri Michaux possède un style inventif.
Voilà le fruit de la recherche sur Henri Michaux,
apporté par les chercheurs chinois. Ces dernières
années, les œuvres d’Henri Michaux sont partiellement
traduites en chinois. Citons des exemples : Un barbare en
2 3Chine, extrait d’Un barbare en Asie, Plume et Les
4Emanglons . Henri Michaux est de plus en plus lu par les
lecteurs chinois.
En fait, Henri Michaux est un des écrivains français
très liés à la Chine. Son voyage en Chine dans les années
trente a rendu ce lien plus étroit. Toute sa vie, il a prêté
attention à ce pays fabuleux pour lui. Ses œuvres sont
teintées de la sagesse de la culture chinoise. Donc, nous
voudrions faire la recherche sur ce sujet. Dans la
présente thèse, nous allons présenter la vie et la création
d’Henri Michaux, analyser en détail ses œuvres
principales et expliquer l’influence de la Chine sur lui.
En rédigeant cette thèse, nous envisageons de faire la
recherche sur ce poète avec la méthode de littérature
comparée.
François Cheng, dans son article Henri Michaux, poète
français contemporain, signale qu’Henri Michaux et la

1. Cf. Journal de l’Institut pédagogique de Yangzhou, n° 1, Yangzhou, 2001.
2. « Les proses d’Henri Michaux », traduites par Qin Haiying, in
Littérature à l’étranger, n° 2, Pékin, 1991 ; « Un barbare en Chine »,
traduit par Zhu Jing, in Homme, pauvre monstre : Anthologie de proses
françaises, adaptée par Xu Zhimian, Guangzhou, Huacheng, 1998.
« Un barbare en Chine », texte intégral, traduit par Liu Yang, in
Littératures contemporaines des pays étrangers, Nankin, n° 2, 2001.
3. « Plume » (traduction Du Qinggang), in Anthologie de récits et
nouvelles français du vingtième siècle (adaptée par Yu Zhongxian), Pékin,
Édition de la littérature populaire, 2002.
4. « Les Émanglons » (traduction Ge Lei), in Littératures Contem-
poraines des Pays Etrangers, Nankin, n° 3, 1995.
16 Liu Yang
1Chine sont tellement liés qu’ils sont inséparables . Cette
remarque certifie le lien réel entre Henri Michaux et la
Chine. De ce fait, la recherche sur Henri Mi la
culture chinoise revêt une signification pratique tant
pour reconnaître le lien étroit que pour en dégager ce
qui a valeur de règle dans l’échange culturel Chine-
Occident.

Au début de la recherche, un obstacle se présente
devant moi : le manque de documents sur Henri
Michaux et sur le rapport entre ce poète et la Chine.
Quelques-unes de ses œuvres seulement sont traduites
en chinois.
Heureusement, j’ai eu l’occasion d’aller en France
pour un an de séjour. Pendant cette période, j’ai
consulté les dossiers sur Henri Michaux. Avant de
retourner en Chine, j’ai acheté le premier tome d’Œuvres
complètes d’Henri Michaux. Quelques mois avant, on m’en
a apporté le deuxième tome qui venait de paraître. J’ai
trouvé aussi d’autres documents nécessaires. Jean-
Michel Maulpoix, critique connu sur Henri Michaux,
m’a transmis un poème d’Henri Michaux que lui avait
envoyé Micheline Phankim à qui notre poète s’est confié
bien des années.
Grâce à l’encouragement des professeurs de
l’Institut des Langues Étrangères de l’Université de
Nankin et avec l’aide de mes amis, j’ai réussi à accomplir
la rédaction de cette thèse. Tout en la rédigeant, j’ai
publié des articles sur Henri Michaux. Dans Le Taoïsme
2reflété dans les œuvres d’Henri Michaux , j’ai fait des analyses
sur la pensée taoïste dans les poèmes d’Henri
Michaux. Dans Un autre regard d’Henri Michaux : Henri

1 Citation en chinois :
“ 事实上,他与中国的关系已经混凝到不可分”
2. In Journal of P.L.À. University of Languages, Luoyang, n° 5, 2000.
17 Henri Michaux et la Chine
1Michaux et l’art chinois , j’ai exploré le rapport entre Henri
Michaux et l’art chinois. J’ai écrit aussi « Perdez-moi au
2loin » : image chinoise décrite par Henri Michaux . Ces écrits
constituent les manuscrits de quelques chapitres de ma
thèse. La publication de ces articles et l’encouragement
des lecteurs me poussent à achever ce travail. Dans la
présente thèse, j’essaierai de faire des analyses
convenables sur les rapports entre Henri Michaux et la
Chine.
J’ai accumulé les œuvres d’Henri Michaux et des
études sur lui. J’ai décidé de centrer ma recherche sur les
rapports entre Henri Michaux et la Chine. J’essaierai de
3lier la recherche extérieure à la recherche intérieure . Je
voudrais mettre l’accent sur l’amitié d’Henri Michaux
avec ses amis d’origine chinoise. Je tâcherai d’expliquer
comment Henri Michaux a eu l’avantage de connaître la
Chine et de trouver un langage nouveau et une nouvelle
considération à travers les arts chinois. J’espère pouvoir
bien réussir à réaliser mon but.
La première partie de la thèse est consacrée aux
analyses des contacts authentiques entre Henri Michaux
et la Chine. Dès son enfance, Henri Michaux a montré
un vif intérêt pour ce pays. Au cours de son voyage en
Asie dans les années trente, Henri Michaux a commencé
à lire Lao-Tseu. Cela marquera un tournant de sa
création littéraire. Je vais faire des analyses détaillées sur
l’amitié entre Henri Michaux et le peintre Zao Wou-ki et
le poète François Cheng, et tâcher d’expliquer par-là

1. Les écrivains français et la Chine (études réunies par Christian
Morzewski et Qian Linsen), Artois Presses Université, Presses
Universitaires de Nankin, 2001.
2. Recherche sur les Langues étrangères, Nankin, n° 1, 2002.
3. Les critiques contemporains considèrent la recherche sur l’œuvre
littéraire comme la recherche intérieure et celle sur les rapports entre
le texte et la pensée de l’auteur ainsi que les milieux sociaux comme
la recherche extérieure. Cf. René Wellek & Austin Warren, Theory of
Literature, Harcourt Brace Jovanovich, New York & London, 1977.
18 Liu Yang
comment Henri Michaux a pu connaître la Chine à
fond. Je vais faire aussi l’analyse sur l’image de la Chine
et des Chinois sous la plume d’Henri Michaux dans le
but d’expliquer le passage de son contact indirect au
contact direct avec la Chine.
La deuxième partie de la thèse va se consacrer aux
analyses sur l’absorption de la culture chinoise par Henri
Michaux et l’infiltration de cette culture dans ses
œuvres. Henri Michaux pratique l’« Harmonie avec
Tao » et la « Voie par écriture ». En qualité de poète et
de peintre, il exprime ses points de vue sur la société
d’aujourd’hui. Je vais montrer que la sagesse
philosophique et l’esprit artistique de la Chine donnent
un grand essor à la création littéraire et artistique
d’Henri Michaux.
J’envisage d’analyser dans la troisième partie
l’influence des arts chinois sur Henri Michaux. Pour lui,
la vie, c’est une quête de l’existence humaine. Je vais
parler des idées nouvelles inspirées chez lui par les
formes artistiques chinoises, telles que théâtre, musique,
écriture, poésie, peinture etc. L’art chinois a donné une
considération et un langage nouveau à Henri Michaux
qui reflète, d’une manière particulière, la perplexité de
l’homme devant la société d’aujourd’hui.
La thèse contient aussi des entretiens d’Henri
Michaux avec le critique Robert Bréchon et avec le
peintre Zao Wou-ki.
19 Henri Michaux et la Chine
20 Liu Yang

Première partie
Henri Michaux : marche vers
la Chine
21