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Iconographies rebelles

De
172 pages
Ce numéro est consacré à la dimension iconographique des phénomènes protestataires. Affiches, graffitis, symboles... Les images ne sont pas ici de simples illustrations, elles constituent le coeur des réflexions qui les appréhendent comme arme et vecteur de la contestation. Quelles sont leurs modalités de construction et de diffusion ? Quelles lectures particulières des événements visent-elles à imposer ? Quels affects et imaginaires contribuent-elle à façonner ?...
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c&c
2013
91/92
e numéro de Cultures & Conflits est consacré à un objet jusqu’alors très souvent délaissé Xavier CRETTIEZ
par les sciences sociales : la dimension iconographique des phénomènes protestataires.
Pierre PIAZZACAffiches, graffitis, symboles, stickers, productions visuelles numériques… Les images ne
sont pas ici simplement mobilisées en guise d’illustration de l’analyse, elles constituent le cœur des
Alexandre DEZEréflexions développées dans les contributions réunies qui les appréhendent en tant que véritable
arme et vecteur de la contestation. À partir de terrains d’étude variés, il s’agit de s’intéresser à leurs Philippe BUTON
modalités de construction et de diffusion, aux lectures particulières des évènements qu’elles visent
à imposer en les mettant en scène, aux affects et imaginaires qu’elles contribuent à façonner, aux Francesca COZZOLINO
ambitions activistes et mobilisations militantes qu’elles encouragent, aux pratiques de résistance
qu’elles servent ou encore aux transformations des usages politiques dont elles peuvent faire Cécile BOEX
l’objet à travers le temps.
Fabrice ANDREANI
INTRODUCTION : ICONOGRAPHIES REBELLES.
SOCIOLOGIE DES FORMES GRAPHIQUES DE CONTESTATION
Xavier CRETTIEZ, Pierre PIAZZA
POUR UNE ICONOGRAPHIE DE LA CONTESTATION
Alexandre DEZE
L’ICONOGRAPHIE RÉVOLUTIONNAIRE EN MUTATION
Philippe BUTON
DE LA PRATIQUE MILITANTE À LA FABRICATION DU PATRIMOINE :
LE CAS DES MURALES D’ORGOSOLO EN SARDAIGNE
Francesca COZZOLINO
LA GRAMMAIRE ICONOGRAPHIQUE DE LA RÉVOLTE EN SYRIE :
USAGES, TECHNIQUES ET SUPPORTS
Cécile BOEX
RÉCITS ET CADRAGES POLITIQUES EN EUSKADI :
LECTURES DE L’ICONOGRAPHIE ABERTZALE IconograhIes
Xavier CRETTIEZ
SOCIOLOGIE D’UNE CONVERSATION SILENCIEUSE :
PROTESTATION ICONOGRAPHIQUE NATIONALISTE ET RÉCEPTION PUBLIQUE EN CORSE rebelles
Xavier CRETTIEZ, Pierre PIAZZA
QUAND LA RÉVOLUTION FAIT LE MUR : L’ART MURAL VÉNÉZUÉLIEN
ENTRE IMAGINATION CONTESTATAIRE ET CONTESTATION IMAGINAIRE
Fabrice ANDREANI
LOGIQUES ET RESSORTS DE L’ICONOGRAPHIE ANTI-BIOMÉTRIQUE EN FRANCE
Pierre PIAZZA
cultures & conflits
18 € sociologie olitique de l’International
Issn : 1157-966 Xcultures & conflits
n° 91/92 - automne/hiver 2013 Isbn : 978-2-343-02618-3
pp
IconographIes rebellesPremieres_pages_9192_c&c 17/12/13 17:31 Page1
Cultures & Conflits
n° 91/92 - automne/hiver 2013
ICONOGRAPHIES REBELLES
SOCIOLOGIE DES FORMES GRAPHIQUES DE CONTESTATIONPremieres_pages_9192_c&c 17/12/13 17:31 Page2
Les textes récents de la revue sont accessibles sur :
www.cairn.info/revue-cultures-et-conflits.htm
Actualité de la revue, colloques, séminaires, résumés des articles
(français/anglais) et tous les anciens articles publiés sur :
www.conflits.org
Résumés en anglais également disponibles sur :
www.ciaonet.org
Indexé dans Cambridge Sociological Abstracts, International Political
Science Abstracts, PAIS, Political Sciences Abstracts, Linguistics &
Language Behavior Abstracts.Premieres_pages_9192_c&c 17/12/13 17:31 Page3
Cultures & Conflits
n° 91/92 - automne/hiver 2013
ICONOGRAPHIES REBELLES
SOCIOLOGIE DES FORMES GRAPHIQUES
DE CONTESTATION
Ce numéro a bénéficié des soutiens du Centre
National du Livre, du Centre National de la
Recherche Scientifique, du Ministère de la Défense
et de TELECOM École de management.Premieres_pages_9192_c&c 17/12/13 17:31 Page4
Cultures & Conflits
n° 91/92 - automne/hiver 2013
Directeur de publication : Daniel Hermant
Rédacteurs en chef : Didier Bigo, Laurent Bonelli
Rédacteurs associés : Antonia Garcia Castro, Christian Olsson, Anastassia Tsoukala
Numéro sous la responsabilité scientifique de : Xavier Crettiez, Pierre Piazza
Secrétariat de rédaction : Amandine Scherrer, Karel Yon
Ont participé à ce numéro : Colombe Camus, Konstantinos (Costa) Delimitsos,
Romane Camus Cherruau, Magali de Lambert, Elwis Potier
Comité de rédaction : David Ambrosetti, Anthony Amicelle, Philippe Artières, Tugba
Basaran, Marc Bernardot, Yves Buchet de Neuilly, Pierre-Antoine Chardel, Antonin
Cohen, Mathilde Darley, Stephan Davishofer, Marielle Debos, Yves Dezalay, Gülçin
Erdi Lelandais, Gilles Favarel-Garrigues, Michel Galy, Virginie Guiraudon, Abdellali
Hajjat, Jean-Paul Hanon, Julien Jeandesboz, Farhad Khosrokavar, Bernard Lacroix,
Thomas Lindemann, Antoine Mégie, Jacqueline Montain-Domenach, Angelina
Peralva, Gabriel Périès, Pierre Piazza, Francesco Ragazzi, Grégory Salle, Amandine
Scherrer, Nader Vahabi, Jérôme Valluy, Chloé Vlassopoulou
Equipe éditoriale : Colombe Camus, Romane Camus Cherruau, Konstantinos
Delimitsos, Mathias Delori, Nora El Qadim, Rémi Guittet, Magali de Lambert, Blaise
Magnin, Médéric Martin-Mazé, Elwis Potier, Johanna Probst, Audrey Vachet,
Christophe Wasinski
Comité de liaison international : Barbara Delcourt, Elspeth Guild, Jef Huysmans,
Valsamis Mitsilegas, R.B.J. Walker
Les biographies complètes de chacun des membres de la revue sont disponibles sur notre
site internet : www.conflits.org
Webmaster : Karel Yon
Diffusion : Amandine Scherrer
Manuscrits à envoyer à : Cultures & Conflits - bureau F515, UFR DSP, Université
de Paris-Ouest-Nanterre, 92001 Nanterre cedex - redaction@conflits.org
Les opinions exprimées dans les articles publiés n’engagent que la responsabilité de
leurs auteurs.
Conception de la couverture : Karel Yon
Photographie de couverture : Hommage à Ernesto Che Guevara ; peinture murale
(8,8 x 4,3 m) de Francesco Del Casino, 1993 ; Piazza Gramsci, Orgosolo (Sardaigne).
Photo prise en août 2007 par Helène Degrandpré.
© Cultures & Conflits / L’Harmattan, décembre 2013
ISBN : XXXXPremieres_pages_9192_c&c 17/12/13 17:31 Page5
SOMMAIRE/ICONOGRAPHIES REBELLES
Introduction /
p. 7 Xavier CRETTIEZ, Pierre PIAZZA
Iconographies rebelles.
Sociologie des formes graphiques de contestation
Dossier /
p. 13 Alexandre DEZE
Pour une iconographie de la contestation
p. 31 Philippe BUTON
L’iconographie révolutionnaire en mutation
p. 45 Francesca COZZOLINO
De la pratique militante à la fabrication du patrimoine :
Le cas des murales d’Orgosolo en Sardaigne
p. 65 Cécile BOEX
La grammaire iconographique de la révolte en Syrie :
Usages, techniques et supports
p. 81 Xavier CRETTIEZ
Récits et cadrages politiques en Euskadi :
Lectures de l’iconographie abertzale
p. 101 Xavier CRETTIEZ, Pierre PIAZZA
Sociologie d’une conversation silencieuse :
Protestation iconographique nationaliste et réception publique
en Corse
p. 123 Fabrice ANDREANI
Quand la révolution fait le mur : l’art mural vénézuélien
entre imagination contestataire et contestation imaginaire
p. 141 Pierre PIAZZA
Logiques et ressorts de l’iconographie anti-biométrique en France
Résumés / Abstracts /Premieres_pages_9192_c&c 17/12/13 17:31 Page600_introduction-9192_c&c 17/12/13 17:31 Page7
Introduction
Iconographies rebelles
Sociologie des formes graphiques de contestation
Xavier CRETTIEZ, Pierre PIAZZA
Xavier Crettiez est Professeur de science politique à l’université de Versailles-
Saint-Quentin-en-Yvelines et chercheur au CESDIP. Spécialiste des violences
ethno-nationalistes et de la sociologie de la mobilisation, il a récemment codirigé
avec Isabelle Sommier, Les dimensions émotionnelles du politique, Rennes, PUR,
2012 et a coécrit avec Pierre Piazza, Murs rebelles, Paris, Karthala, 2013. Deux
articles récents complètent cette étude sur la sociologie de la violence : « High Risk
Activism : Essai sur le processus de radicalisation violente », Pôle sud, n°34, 2011 et
n°35, 2011.
Pierre Piazza est Maître de conférences en science politique à l’université de Cergy-
Pontoise (CESDIP/LEJEP). Ses travaux portent sur le nationalisme d’État, la
socio-histoire du politique, l’iconographie contestataire et les enjeux de l’identifica-
tion des personnes. Il a notamment rédigé et coordonné les ouvrages suivants :
Histoire de la carte nationale d’identité (Paris, Odile Jacob, 2004) ; (avec Xavier
Crettiez) Du papier à la biométrie. Identifier les individus (Paris, Presse de Science
Po, 2006) ; Aux origines de la police scientifique. Alphonse Bertillon, précurseur
de la science du crime (Paris, Karthala, 2011) ; (avec Ayse Ceyhan) L’identification
biométrique. Champs, acteurs, enjeux et controverses (Paris, Presses de la MSH,
2011). Il publiera prochainement avec Xavier Crettiez Murs rebelles.
L’iconographie nationaliste en Corse, Euskadi et Irlande du Nord (Paris,
Karthala, automne 2013).
i pour certains les inscriptions murales dans les grandes agglomérationsStraduisent un simple besoin d’embellir, pour d’autres un désir de subvertir,
quelques régions ou pays connaissent un usage nettement plus immédiate-
ment idéologique des façades urbaines. L’iconographie et l’écriture sauvage
ont ainsi fleuri lors des printemps arabes, pérennisant une pratique de la
contestation que les caméras du monde entier ont subitement mise en
1lumière . Ailleurs, comme en Irlande du Nord, au Pays Basque ou en Corse,
les velléités rebelles associent un usage de la violence physique à une pratique00_introduction-9192_c&c 17/12/13 17:31 Page8
intensive du bombage militant dont les Murals de Belfast aux dimensions
2impressionnantes constituent l’exemple le plus célèbre . Si les zones en conflit
sont souvent propices à un investissement des murs publics, instituant les réfé-
rents belliqueux ou les mots d’ordre idéologiques en éléments culturels de la
guerre, d’autres espaces publics plus pacifiés offrent de semblables opportuni-
tés pour se faire connaître, déjouer la censure des médias officiels, faire enten-
dre sans relais organisationnels sa voix protestataire, exister à peu de frais dans
le champ politique, etc.
3S’intéresser aux murs bavards – comme le propose ce numéro qui ne sau-
4rait prétendre à l’exhaustivité – revient à suggérer une triple rupture avec
l’observation traditionnelle du politique. C’est tout d’abord s’intéresser à la
parole politique via une analyse par le bas qui refuse de se focaliser sur les
seuls discours officiels des entrepreneurs de cause, qu’ils émanent de l’État ou
d’acteurs opposés à la logique de la puissance publique. C’est également pen-
ser la politisation des acteurs par le biais de pratiques de contestation
jusqu’alors marginalement étudiées en prenant le risque de la délicate appré-
ciation de la réception et de la toute aussi difficile identification de graffeurs
souvent soucieux de préserver leur anonymat ou de masquer leur identité.
C’est enfin légitimer des objets ou des espaces mineurs dans et par lesquels
prend forme une parole publique qui trouve dans l’agora sauvage et inorgani-
sée un espace privilégié d’expression. Si cette mesure de la politisation pré-
sente de nombreuses difficultés d’ordre méthodologique (penser les réactions
que génèrent les images et messages diffusés, connaître avec certitude l’iden-
tité politique et les motivations des acteurs iconographes, appréhender la tem-
poralité d’inscriptions que seule l’usure du temps parvient à rendre invisible,
etc.), elle s’avère riche d’enseignements en permettant de saisir sans censure ni
médiation une parole politique « grassroots » qui, directement, manifeste une
colère ou formule une revendication.
5Lyman Chaffee , un des sociologues les plus soucieux de prendre au
sérieux ces paroles inscrites qui donnent sens à un combat et éclairent la dyna-
mique d’une société, parle du street art comme d’un médium de basse techno-
1 . Sur l’usage récurrent des graffitis dans les pratiques militantes arabes, voir Abdeljawab S.,
« Les sources primaires de l’intifada », Revue d’études palestiniennes, 36, été 1990 et Peteet J.,
“The Wrinting on the Walls: The Graffiti of the Intifada”, Cultural Anthropology, 11-2, 1996.
2 . Roston B., Politics and Painting. Murals and Conflict in Northern Ireland, Londres,
Associated University Press, 1991.
3 . Plaichingert T., Ulmer B. et Boulogne D., Les murs réclament, Paris, Éd. Alternatives, 1986.
4 . On pense bien sûr au cas nord irlandais déjà fortement étudié ou aux historiques Murales
mexicains : Folgarait L., Mural Painting and Social Revolution in Mexico, 1920-1940,
Cambridge, Cambridge University Press, 1998. Voir aussi le travail de Damien Simonneau
èmeprésenté lors de la ST 51 du 12 Congrès de l’AFSP en juillet 2013 à Paris, intitulé « Art et
murs. Exemples de subversions artistiques de séparations sécuritaires ». En France, le sémi-
naire de l’EHESS, animé par Francesca Cozzolino, met l’accent depuis quelques années sur
ces pratiques d’écritures murales.
5 . Chaffee L., Political Protest and the Street Art. Popular Tools for Democratization in Hispanic
Countries, Londres, Greenwood Press, 1993.
8 Cultures & Conflits n°91/92 - automne/hiver 2013Iconographies rebelles : introduction - X. CRETTIEZ, P. PIAZZA 9
00_introduction-9192_c&c 17/12/13 17:31 Page9
logie (low technology medium) dont les finalités sont multiples. On en citera
quelques-unes qui témoignent des ambitions activistes analysées dans ce
numéro : soutenir une politique d’État lorsque le graff répond à une encoura-
gement des pouvoirs publics ; contester, railler ou détourner les slogans et
figures officiels (le travestissement comme stratégie de contournement de la
censure) particulièrement lorsque l’accès à l’espace public est rendu délicat ou
dangereux par la mainmise autoritaire d’un régime ; exister politiquement en
investissant l’espace mural urbain faute de pouvoir inscrire ses revendications
dans les arènes officielles médiatiques ou partisanes ; forcer les médias officiels
à évoquer son combat en mettant sur agenda des thématiques jusqu’alors tues
ou déjouer les censures médiatiques ; faire de la propagande électorale à peu
de frais par une surabondance d’appels au soutien partisan ; utiliser les murs
comme des supports d’annonces événementielles ; marquer un territoire de
son empreinte politique et en disputer le monopole aux autorités ou à une
communauté rivale que souvent l’on menace ou intimide ; inscrire géographi-
quement sa marque identitaire afin de s’approprier symboliquement des
espaces territoriaux ; défendre sa culture et sa langue en usant de l’idiome
local ; faire exister concrètement une réalité proclamée (un peuple, une classe,
une nation) en la matérialisant de façon particulièrement visible, etc.
L’ensemble des contributions ici réunies souligne l’importance du rôle de
l’iconographie politique dans ces stratégies de mobilisation des acteurs pro-
testataires ou étatiques.
Dans un premier texte de mise en perspective, Alexandre Dézé, un des
6rares politistes à avoir mobilisé dans ses travaux l’image comme objet d’étude
à part entière et pas seulement à des fins illustratives de ses écrits, propose une
grille de lecture scientifique de l’iconographie en sciences sociales. Il plaide
pour des recherches ambitieuses permettant à l’image de sortir de son statut
d’objet d’étude mineur, car frivole et manipulable, et de rencontrer, à l’ère du
7numérique et du tout visuel, l’intérêt des social scientists . Partant de ce sain
encouragement, les articles qui suivent rendent possible le croisement d’ana-
lyses issues de champs disciplinaires différents et d’articuler dans une perspec-
tive comparative des réflexions stimulantes sur l’iconographie comme moyen
d’institutionnalisation, comme arme de contestation ou comme instrument de
mobilisation.
8Philippe Buton, spécialiste de l’imagerie communiste , développe une
réflexion sur l’histoire de l’iconographie révolutionnaire telle qu’elle a pu être
6 . Voir sa réflexion sur l’image politique in Favre P., Fillieule O. et Jobard F. (eds.), L’atelier du
politiste, Paris, La Découverte, 2010.
7 . Voir les réflexions sur le rôle de l’image dans les conflits violents de Neville Bolt, The Violent
Image. Insurgent Propaganda and the New Revolutionaries, New York, Columbia
University Press, 2012.
8 . Voir notamment Buton P., « L’adieu aux armes ? L’iconographie communiste française et ita-
lienne depuis la libération », Vingtième siècle, 80, 2003.00_introduction-9192_c&c 17/12/13 17:31 Page10
mobilisée par les divers mouvements d’obédience communiste en bute,
d’abord à la social-démocratie, ensuite aux divisions internes entre chapelles
gauchistes, libertaires et strictement communistes. Cet historien montre ainsi
très bien les usages qui ont pu être faits d’une iconographie riche et variée à
des fins de différenciation entre groupes d’extrême gauche et un parti commu-
niste qui a longtemps préempté certains symboles forts à l’image de la faucille
et du marteau. La distinction passe par un effort d’inventivité (le bréviaire bes-
tiaire ou la symbolique étoilée révolutionnaire en font partie) qui va se pro-
longer jusqu’au NPA, manifestant dans ses mutations, les transformations à
l’œuvre de la doctrine à la gauche de la gauche. Sur un tout autre terrain,
Francesca Cozzolino tire de sa thèse de doctorat une très belle étude des
« murales » dans le village d’Orgosolo en Sardaigne, initialement compris
comme un mode de contestation de l’installation d’une base de l’OTAN sur le
territoire italien, devenus au fil du temps des éléments à part entière du patri-
moine historique régional qui servent à mettre touristiquement en valeur le
centre de l’île et à la commémoration des valeurs rurales activistes d’une
Sardaigne quelque peu fantasmée. Cette anthropologue rappelle ainsi oppor-
9tunément, ici comme ailleurs , les mutations des pratiques culturelles inves-
ties par divers acteurs (État, région, acteurs économiques, associations) en
relais institutionnels d’un discours consensuel.
Mais bien sûr, l’iconographie est avant tout un formidable vecteur de la
contestation, qu’il incarne ou dont il témoigne, lorsque s’opposer physique-
ment s’avère trop dangereux. Cécile Boëx le montre avec finesse en portant
son regard sur le terrain syrien, dont la guerre, rappelle-t-elle, a débuté suite
aux arrestations et tortures d’enfants accusés d’avoir inscrit sur les murs des
paroles raillant l’autorité du Raïs alaouite. L’image dans un conflit asymé-
trique en milieu autoritaire est un enjeu majeur pour des protestataires invisi-
bles dans l’arène publique officielle qui cherchent à la fois à exister politique-
ment, à sensibiliser l’opinion publique et à s’attribuer des actions que le
régime leur dénie. Le graff sauvage sert cette exigence de visibilité mais permet
aussi de marquer les territoires contestés au pouvoir, de subvertir les marques
de l’hégémonie du trait de la moquerie ou de l’humour et plus encore d’affi-
cher aux yeux de tous son courage et sa résistance à l’oppression. Cette même
ambition de résistance se retrouve sur d’autres terrains, à la conflictualité
moindre, et aux légitimités d’action plus contestables. C’est ce dont témoigne
10Xavier Crettiez qui complète ses analyses des périphéries violentes par une
étude montrant comment l’iconographie abertzale au Pays basque est érigée
en véritable outil de constitution d’une communauté de résistance. Disposant
9 . C’est bien sûr le cas en Irlande du Nord à l’issue des accords de Stormont et de la mainmise
par les autorités municipales sur les murals guerriers, devenus, entre autres, des attractions
mémorielles aux finalités touristiques. Voir Hill A. et White A., “Painting Peace. Murals and
the Northern Ireland Peace Process”, Irish Political Studies, 27/1, 2012.
10. Crettiez X., Violence et nationalisme, Paris, Odile Jacob, 2006 et Les violences politiques en
Europe (en co-direction avec Laurent Mucchielli), Paris, La Découverte, 2010.
10 Cultures & Conflits n°91/92 - automne/hiver 2013Iconographies rebelles : introduction - X. CRETTIEZ, P. PIAZZA 11
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d’un matériau de recherche important, collecté à l’occasion d’une couverture
de plus des deux-tiers des axes routiers de la région, l’auteur propose un
regard précis sur la réalité de la scène iconographique abertzale et en décrypte
les logiques. Derrière une rationalité instrumentale en quête d’une visibilité
politique, ce sont des logiques faisant intervenir l’affectuel et l’émotionnel qui
président à la constitution d’un corpus iconographique. L’objectif reste la
mobilisation militante via le déploiement de dispositifs de sensibilisation des-
tinés à activer une gamme large de sentiments, prémisse à l’action militante.
Dans une perspective similaire et sur un terrain proche, Xavier Crettiez et
Pierre Piazza proposent un travail sur l’iconographie nationaliste en Corse,
assez peu variée dans son expression mais omniprésente sur ce territoire insu-
laire. Si la mobilisation militante reste assurément une des motivations de l’ex-
pression graphique, les auteurs insistent sur la constitution d’un nationalisme
de la quotidienneté amené à se naturaliser dans l’espace public en raison d’ins-
criptions multiples dont la sur-visibilité rend le message délivré presque
imperceptible aux yeux des passants. En cherchant à mesurer la réception des
traces iconographiques par ceux qui y sont confrontés, les chercheurs dévoi-
lent une des ambitions réussies des entrepreneurs de cause identitaire : fondre
l’idéal nationaliste dans une esthétique de la violence – représentation de la
cagoule – qui assure aux formations clandestines une posture hégémonique
dans l’espace public comme dans l’espace cognitif politique.
Deux articles achèvent ce numéro en engageant une réflexion à la fois sur
les formes de mobilisation contestataire mais également sur la façon dont
l’État peut recourir à l’iconographie à des fins d’acceptation du régime ou de
légitimation des outils de contrôle des individus. Fabrice Andréani propose
une étude menée dans le Venezuela d’Hugo Chavez où agissent des milices et
groupes organisés chargés de participer à la glorification du régime à travers la
valorisation d’une riche iconographie politique. Reposant sur de nombreux
entretiens réalisés avec des bombeurs, son travail dévoile les éléments d’une
carrière biographique militante qui souvent échappe aux rets du régime, abou-
tissant à une position ambiguë de critique feutrée de la politique nationale,
tout en conservant des liens avec les organisations d’encadrement militant
11proche de l’État. Sur un tout autre terrain, Pierre Piazza pose un double
regard sur l’iconographie liée à la biométrie et à la surveillance identitaire
qu’elle émane des acteurs étatiques soucieux de faire accepter les évolutions
technologiques d’encadrement des individus ou des mouvements anti-biomé-
triques mêlant le détournement moqueur, l’indignation et l’inquiétude pour
mieux dénoncer les dangers d’une société de contrôle.
11. Voir notamment Piazza P. (en co-direction avec Ayse Ceyhan), L’identification biométrique.
Champ, acteurs, enjeux et controverses, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2011.00_introduction-9192_c&c 17/12/13 17:31 Page1201_Deze_9192_c&c 17/12/13 17:32 Page13
Pour une iconographie de la contestation
Alexandre DEZE
Alexandre Dézé est Maître de conférences en science politique à l’Université
Montpellier 1, chercheur au Centre d’études politiques de l’Europe latine (UMR
5112) et enseignant à Sciences Po Paris. Ses recherches portent actuellement sur la
sociologie des organisations partisanes et sur l’iconographie politique. Il a récem-
ment publié : Le Front national : à la conquête du pouvoir ?, Paris, Armand Colin,
2012 ; « Contribution à une approche sociologique de la genèse partisane. Une ana-
lyse du Front national, du Movimento sociale italiano et du Front islamique de
salut », Revue française de science politique, vol. 61, n° 4, 2011 (avec Myriam Aït-
Aoudia).
es affiches de mai 68 aux murals républicains de Belfast, des caricaturesDanti-tsaristes de la révolution russe de 1905 au drapeau arc-en-ciel des
militants pacifistes, des placards « ouvriers » de Jules Grandjouan au badge
« Touche pas à mon pote » de SOS racisme... Quels que soient ses supports ou
1ses formats, l’image fixe semble a priori indissociable des pratiques contesta-
taires. Imagine-t-on aujourd’hui une manifestation, une grève ou un sit-in
sans banderoles ou pancartes illustrées ? Le symbole graphique du poing levé
n’est-il pas la plus simple en même temps que la plus universelle expression de
la lutte contre un ordre établi ? Combien d’images – des icônes du Christ
e 2détruites au VIII siècle par les empereurs byzantins aux T-shirts ornés du
triangle rose portés par les premiers militants d’Act-Up à la fin des années
31980 – ont-elles participé au déclenchement de mouvements de révolte ou à
l’activation de prédispositions à l’engagement ?
1 . C’est à ce type d’image que l’on s’intéressera dans cette contribution, laissant ainsi de côté les
images dites « animées » ou « mobiles » (film, vidéos, clips) et en « séquences » (bandes dessi-
nées).
2 . Voir Besançon A., L’image interdite. Une histoire intellectuelle de l’iconoclasme, Paris,
Gallimard, Folio, 2000 [1994].
3 . Voir Broqua C., Agir pour ne plus mourir ! Act Up, les homosexuels et le sida, Paris, Presses
de Sciences Po, 2005. 01_Deze_9192_c&c 17/12/13 17:32 Page14
L’image semble à ce point avoir intégré la réalité des phénomènes contes-
4tataires qu’à force de la voir, on ne la voit plus . On ne peut en effet manquer
d’être surpris par le peu d’attention portée à l’iconographie protestataire (ou
plus largement aux documents visuels) par les spécialistes de l’action collec-
tive. Il existe bien dans la littérature quelques ouvrages et articles de nature
5 6 7historique sur l’affiche sociale , la caricature politique ou le street art . En
revanche, les contributions s’inscrivant dans une perspective de sociologie des
mouvements sociaux apparaissent beaucoup plus rares. Pierre Favre s’est
ecertes intéressé à la peinture « sociale » du début du XX siècle pour rendre
8compte des modalités de mise en forme des premières manifestations .
Jacqueline Adams a analysé les usages militants des broderies tissées au Chili
par les femmes des bidonvilles victimes de la répression sous le régime de
9Pinochet . Thomas Verdon Reed a travaillé sur les fresques murales du mou-
vement artistique chicano à Los Angeles ainsi que sur le rôle des arts gra-
10phiques dans la propagande d’Act Up . Plus récemment, des chercheurs
attentifs aux dimensions émotionnelles des mobilisations collectives se sont
saisis des images produites par différentes entreprises de protestation pour
11mieux appréhender leurs « dispositifs de sensibilisation à la cause ». Mais
hormis ces quelques exceptions, il faut convenir que l’iconographie ne suscite
guère d’intérêt dans le champ de la sociologie des mouvements sociaux : elle
n’est quasiment jamais évoquée dans les rencontres scientifiques ; elle figure
rarement parmi les entrées des dictionnaires et des encyclopédies ; elle est trai-
tée de manière marginale dans les publications sur les rapports entre art et
contestation ; elle peine à être perçue comme un objet permettant de sortir des
12routines conceptuelles et méthodologiques de la recherche ; et finalement,
lorsqu’elle est utilisée, c’est le plus souvent avec le « statut dévalorisé de l’il-
13lustration ».
4 . Pour paraphraser ici Gisèle Freund lorsqu’elle évoque la place de la photographie dans la vie
sociale. Voir Freund G., Photographie et société, Paris, Seuil, 1974, p. 6.
5 . Voir par exemple Dumont F., Jouzeau M.-H., Moris J. (eds.), Jules Grandjouan. Créateur de
l’affiche politique illustrée en France, Paris, Somogy éditions d’art, 2001 ; Cépède F., Lafon E.
(eds.), Le monde ouvrier s’affiche. Un siècle de combat social, Paris, Nouveau Monde Édi-
tions, 2008 ; Weill A. (ed.), Affiches politiques et sociales. Sixièmes rencontres internationales
des arts graphiques de Chaumont, Paris, Somogy, 1996.
6 . Voir notamment : Dixmier É., Dixmier M., L’Assiette au beurre, Paris, Maspéro, 1974 ;
Duprat A., Histoire de France par la caricature, Paris, Larousse, 2000.
7 . Chaffee L. G., Political Protest and Street Art. Popular Tools for Democratization in Hispanic
Countries, Westport and London, Greenwood Press, 1993.
8 . Favre P., « Fixer l’événement. La représentation des manifestations dans la peinture au début
edu XX siècle », in Mény Y. (ed.), Idéologies, partis politiques et groupes sociaux, Paris, Presses
de la Fondation nationale des sciences politiques, 1991, pp. 245-263.
9 . Adams J., “Art in Social Movements: Shantytown Women’s Protest in Pinochet’s Chile”,
Sociological Forum, 17-1, mars 2002, pp. 21-56.
10. Verdon Reed T., The Art of Protest: Culture and Activism from the Civil Right Movement to
the Streets of Seattle, Mineapolis, University of Minesota, 2005, pp. 103-128 et pp. 179-217.
11. Voir Traïni C. (ed.), Émotions… Mobilisation !, Paris, Presses de Sciences Po, 2009.
12. Voir néanmoins Mariette A., « Pour une analyse des films, de leur production à leur récep-
tion », Politix, 93, 2011, pp. 47-68.
13. Selon les termes de Pierre Favre, op.cit., p. 245. Très abondante, l’iconographie remplit préci-
sément cette fonction illustrative dans l’ouvrage de Crettiez X., Sommier I. (eds.), La France
Rebelle, Paris, Éditions Michalon, 2006.
14 Cultures & Conflits n°91/92 - automne/hiver 2013Pour une iconographie de la contestation - A. DEZE 15
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Cet article entend précisément plaider en faveur d’une approche iconogra-
phique de la contestation et ambitionne d’en dégager les principaux fonde-
ments épistémologiques et méthodologiques. Une telle perspective implique
de commencer par interroger les raisons pour lesquelles les documents visuels
ont été jusqu’à présent aussi peu étudiés par les spécialistes des mobilisations
collectives. Prendre l’image au sérieux nécessite ensuite de poser les conditions
de son appréhension comme objet d’étude légitime de la sociologie des mou-
vements sociaux. Enfin, on tentera de démontrer en quoi l’image peut consti-
tuer un matériau de travail heuristique, susceptible d’enrichir notre connais-
sance des phénomènes contestataires.
Les raisons d’une « myopie conceptuelle »
14L’existence de « points aveugles » dans une discipline ou dans un champ
de recherche constitue toujours une curiosité épistémologique. Comment
expliquer en l’occurrence que les images, pourtant omniprésentes dans les
mobilisations collectives, aient été à ce point négligées par la recherche ? Les
15raisons d’une telle « myopie conceptuelle » sont évidemment plurielles et
tiennent tout à la fois au statut de l’image fixe dans les sciences sociales, au
type d’investissement méthodologique que suppose l’analyse iconographique
et à la structuration paradigmatique de la sociologie des mouvements sociaux.
Si les images fixes ont été étudiées de manière précoce par les historiens de
l’art, elles ont en revanche tardé à être prises en considération comme source
documentaire, outil de recherche ou objet d’étude dans les autres disciplines
des sciences sociales. En sémiologie, il faut attendre les années 1960 pour que
soient posés les premiers fondements d’une rhétorique de l’image. Les travaux
de Roland Barthes sont à ce titre décisifs puisqu’ils vont permettre d’établir la
nature linguistique de l’image et mettre au jour les mécanismes de production
sémantique des messages iconiques, à la jonction entre signifiants (la surface
16visuelle des signes) et signifiés (leur contenu symbolique, culturel) . En
anthropologie, l’utilisation de la photographie comme outil de collecte de
matériaux va certes accompagner les premiers développements de la discipline
e 17à partir du milieu du XIX siècle. Mais elle est progressivement délaissée et,
en définitive, l’anthropologie visuelle ne voit le jour qu’à la fin des années
181960 . En sociologie, l’intérêt pour les documents iconiques ne s’est vraiment
14. Sur ce point, voir Braud P., L’émotion en politique, Paris, Presses de Sciences Po, 1996, p. 7 et
suiv.
15. Selon les termes qu’utilise John. D. H. Downing pour qualifier le désintérêt des spécialistes à
l’égard de la communication et des médias comme « dimensions à part entière des mouve-
ments sociaux ». Voir. Downing J. D. H. (ed.), Encyclopedia of Social Movement Media,
London, Sage, 2011, pp. xxv.
16. Voir Barthes R., « Rhétorique de l’image », Communications, 4-1, 1964, pp. 40-51.
17. Ce qui n’empêche pas la publication de travaux importants comme ceux de Mead M., Bateson
G., Balinese Character, a Photographic Analysis, New York, Académie des sciences de New
York, Wilburg, Valentine Editor, 1942.
18. Voir Collier J. Jr, Collier M., Visual Anthropology. Photography as a Research Method,01_Deze_9192_c&c 17/12/13 17:32 Page16
19manifesté qu’à partir du milieu des années 1970 . Les réflexions de Howard
20S. Becker sont parmi celles qui marquent a posteriori les débuts de la
« sociologie visuelle » entendue à la fois comme sociologie de l’image et socio-
logie par l’image. En histoire, la place de l’iconographie est longtemps restée
résiduelle avant d’être réévaluée à partir du début des années 1990. Dans un
contexte intellectuel de renouvellement des questionnements et des objets de
21 22l’histoire politique , des historiens réunis autour du GRIF vont entrepren-
dre de démontrer que l’image peut être utilisée comme preuve et non pas seu-
23lement comme illustration . De fait, il n’y a sans doute plus lieu aujourd’hui
24 25de parler de « divorce » entre les images et les sciences sociales . En
revanche, il faut bien admettre, comme le souligne Christian Delporte, que les
études d’iconographie continuent de pâtir d’un véritable « déficit de légitimité
26scientifique ». Les images apparaissent tout d’abord « marquées du sceau de
27l’inconséquence et de la frivolité », sans doute parce qu’elles ont été long-
temps confinées à un usage essentiellement distractif, que ce soit pour servir
d’illustrations à un texte ou remplir des fonctions décoratives. Il faut à ce titre
noter le rapport privilégié que les sciences sociales entretiennent avec les
sources scripturales. Comme le rappelle Jean-Paul Terrenoire, « les préroga-
tives de l’écrit se sont faites, et se font encore sentir, à tous les stades de l’ana-
lyse et de l’exposition des résultats de la recherche. Finalement, la démarche
scientifique dans son entier est marquée en profondeur par ce mode d’expres-
28sion particulier ». On peut ensuite convenir que de lourdes présomptions
pèsent sur le régime véridictoire des documents visuels et ce au moins depuis
29l’essor des industries culturelles . Les images étant censées pouvoir faire
Albuquerque, University of New Mexico Press, 1986 [1967].
19. Voir La Rocca F., « Introduction à la sociologie visuelle », Sociétés, 95, janvier 2007, pp. 33-
40.
20. Voir Becker H. S., “Photography and sociology”, Studies in the Anthropology of Visual
Communication, 1, 1974, pp. 3-26.
21. Rémond R. (ed.), Pour une histoire politique, Paris, Seuil, 1988.
22. Le « Groupe de recherche sur l’image fixe », constitué entre autres de Fabrice D’Almeida,
Laurence Bertrand-Dorléac, Philippe Buton, Christian Delporte, Laurent Gervereau.
23. Pour un bilan de cette entreprise intellectuelle, voir Delporte C., Gervereau L., Maréchal D.
(eds.), Quelle est la place des images en histoire ?, Paris, Nouveau monde éditions, 2008.
24. Maresca S., La photographie, un miroir des sciences sociales, Paris, L’Harmattan, 1996, p. 121.
25. Cette sensibilité aux images comme objet d’étude ou matériau de travail est même désormais
repérable dans des champs sous-disciplinaires comme les relations internationales. Voir par
eexemple les analyses d’Anni Kangas sur les dessins politiques finlandais du début du XX siè-
cle, ou de Klaus Dodds sur les représentations géopolitiques dans les dessins de Steve Bell
pour le journal britannique The Guardian : Kangas A., “From Interfaces to Interpretants: A
Pragmatist Exploration into Popular Culture as International Relations”, Millennium:
Journal of International Studies, 38-2, 2009, pp. 317-343 ; Dodds K., “Steve Bell’s Eye:
Cartoons, Geopolitics and the Visualization of the ‘War on Terror’”, Security Dialogue, vol.
38-2, 2007, pp. 157-177. Je remercie l’un des deux évaluateurs anonymes de cet article pour
m’avoir signalé ces contributions.
26. Delporte C., « De la légitimation à l’affirmation », in Delporte C., Gervereau L., Maréchal D.
(eds.), op.cit., p. 11.
27. Terrenoire J.-P., « Images et sciences sociales : l’objet et l’outil », Revue française de sociolo-
gie, 26-3, 1985, p. 509.
28. Ibid, p. 511.
29. De Gournay C., « Le deuil de l’image. De la photographie à l’image virtuelle », Réseaux, 61,
1993, p. 127.
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