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JEU Revue de théâtre. No. 145, 2012.4

De
173 pages
Dirigé par Philippe Couture et Christian Saint-Pierre, le dossier de ce numéro s’intéresse aux frontières linguistiques, celles qui séparent les créateurs et divisent les publics, mais aussi, plus largement, celles qui éloignent les communautés, les cultures, les imaginaires, les esthétiques et les méthodes. Les textes portent essentiellement sur les rapprochements, au Québec et au Canada, entre le français et l’anglais, mais on jette aussi un œil du côté des pratiques étrangères ainsi que du côté du cirque et de la danse. Parmi les articles hors dossier, mentionnons la réflexion de Pascal Brullemans sur la présence de l’auteur en salle de répétition, un portrait du Moulin à Musique et une carte blanche au danseur Marc Boivin.
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jeu 145 REvuE dE ThéATrE
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au sommairepaRphiliPPE CouTurEet.............................ni-TiprEEr....ChrisTiànSà................................................................4 éditorialquànd un ThéATrE monTréàlàis bilinguE ? À paRphiliPPE CouTurEetChrisTiàn SàinT-piErrE................................6regards critiquesàrrivé Près dE chEz vous. C’EsT CranbourneETBilly (Les jours de hurlement)paR......ÉTiEnnE BourdàgEs 9  DE l’EffET dE là PEinTurE rougE sur là TràducTricE.Je pense à YupaRMàriE-ChrisTiànE HElloT..........................13  LoliTà, y Es-Tu ?Le chaperon est-il si rouge que ça ?paRemiliE Jobin.......................................................18 DiEu EsT PàrTouT.Dieu est un DJpaRLuciE REnàud .....................................................................................20 e  arrêT sur visàgEs.Grand-Peur et misère du III ReichpaRSoPhiE Joli-Cur .............................................23 enjeuxnE suis Pàs â un mànifEsTE Près ou pour En finir àvEc l’indusTriE culTurEllE JE paRSylvàin BélàngEr.................26  ConsommEr lE ThéATrEpaR.liEbroCEmuàlluiG................................................................................................30  QuEllE(s) urgEncE(s) Pour un ThéATrE révoluTionnàirE ?paR......................................................ÉmilE Lànsmàn 32  LE corPs TràvEsTi : un hériTàgE ET unE rEconquêTEpaRGEorgEs Bànu .............................................................37
dossierFranchir le mur des langues  BrEf hisToriquE du mulTilinguismE dàns lE ThéATrE québécoispaRHErvé Guày .................................................44  tràduirE ET criTiquEr En français comme en anglais, it’s easy to criticizepaRChrisTiàn LàPoinTE ..........................................51  LE mulTilinguismE scéniquE â MonTréàl : unE écriTurE dE PlàTEàupaRphiliPPE CouTurE....................................58  SE rEnconTrEr â mi-chEmin  enTrETiEn àvEc DEnis BErnàrdpaRChrisTiàn SàinT-piErrE ..............................................................................63 HisToirE d’idEnTiTés.My Pregnant Brother/Mon frère est enceintepaR...............................pàTricià BElzil 69 Un PiEd dàns chàquE soliTudE  enTrETiEn àvEc Hàrry STàndjofski ET GuillàumE trEmblàypaRChrisTiàn SàinT-piErrE .......................................74  tràduirE là foliE ordinàirE.The Medea EffectpaR............................................................du.uLEicànER.......80  Du ThéATrE héTérolinguE frànco-cànàdiEn àu QuébEc  Surle Djibou/Dark OwlETElephant WakepaRNicolE NolETTE .................................................................83  BilinguismE ET TràducTion ludiquE sur lEs scènEs frànco-cànàdiEnnEs dE l’OuEsTpaRLouisE LàdoucEur .........91  tissu dE lànguEs ET làmbEàux dE viEs La Vie chroniqued’eugEnio BàrbàpaRCyriEllE DodET ..............................................................................97 DiàloguE àvEc Jàn LàuwErspaR....Tz........nàEuemmwhràlcS.....................................................................103 LEs « chàmbrEs » communicànTEs dE Jàn LàuwErspaR.................................................CàThErinE Giràrdin 114 Là dànsE n’EsT Pàs univErsEllEpaRléMEmDiEàn...sEr.................................................................................120 LE cirquE PàrlànT dEs 7 doigTs dE là màinpaRFrànçoisE BoudrEàulT ............................................................125profilsPàr là bàndE ÉcrirE  enTrETiEns àvEc ÉTiEnnE LEPàgE, Dàvid pàquET ET pàscàl ChEvàriEpaRpàscàl BrullEmàns ........................134  À quoi jouEnT lEs dràmàTurgEs ?  DéfEnsE ET illusTràTion d’unE foncTion méconnuEpaR.............................................annE-MàriE CousinEàu 139 D’hiEr ET d’àujourd’hui  LE Moulin â MusiquE à 30 ànspaRLuciE REnàud ......................................................................................146carte blanche LE corPs En coulissEpaRMàrc Boivin...........................................................................................................151 danse exPloràTion du corPs scéniquE  HivEr ET PrinTEmPs 2012 En dànsEpaRGuylàinE MàssouTrE ......................................................................154 Mémoire Un sEns àigu dE l’hisToirE.De l’acteur vedette au théâtre de festivalpaR..............................MichEl Vàs 159
Extrait de la publication
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au sommaire
1. La formule « Franchir le mur des langues » nous a été inspirée par le e 20 CongrÈs de l’Association internationale des critiques de théâtre (AICT), tenu à Montréal en 2001. Les actes,Franchir le mur des langues/Breaking the Language Barrier, ont été publiés sous la direction d’Hervé Guay (Montréal, Éditions du Canal, 2005, 298 p.).
4jeu145/2012.4
LEs murs, çà n’EffràiE quE cEux qui rEsTEnT PlànTés dEvànT ! MêmE si on s’écorchE En grimPànT, mêmE si on sE blEssE En rETombànT... on sE rEPosE, on àTTEnd quE lE soufflE rEviEnnE Pour là ProchàinE EscàlàdE. Màis nE riEn EnTrEPrEndrE PàrcE quE lE mur sEmblE TroP hàuT, sE dirE qu’on n’y àrrivErà jàmàis, àuTànT sE flinguEr.
JàcquEs HigElin,Lettres d’amour d’un soldat de vingt ans
Au-delà du muR 1 ChàquE jour, dEs créàTEurs ET dEs sPEcTàTEurs osEnT frànchir lE mur dEs lànguEs . Si biEn quE, Pàr EndroiTs, lE mur commEncE â sE lézàrdEr. À forcE d’êTrE Escàlàdé, PErcé, ébrànlé, il finirà biEn Pàr TombEr. À quànd là chuTE du mur dEs lànguEs, unE bonnE fois Pour TouTEs ?
Nous àvions lE sEnTimEnT quE lEs àrTisTEs ET lEs Publics TEnTàiEnT dE Plus En Plus couràmmEnT d’àbolir lEs fronTièrEs linguisTiquEs àu ThéATrE. CEllEs qui séPàrEnT lEs créàTEurs. CEllEs qui divisEnT lEs sPEcTàTEurs. CEllEs qui éloignEnT lEs communàuTés, lEs culTurEs, lEs PhilosoPhiEs ET lEs imàginàirEs, màis àussi lEs méThodEs, lEs EsThéTiquEs ET lEs TàlEnTs. C’EsT cE qui nous à inciTés â consàcrEr un dossiEr â là cohàbiTàTion dEs lànguEs sur lEs scènEs dE ThéATrE. Vous consTàTErEz qu’il EsT EssEnTiEllEmEnT quEsTion du QuébEc ET du Cànàdà, ET Plus PrécisémEnT dEs ràPProchEmEnTs EnTrE lE frànçàis ET l’ànglàis, màis nous nous sommEs àssurés dE jETEr àussi un il sur dEs PràTiquEs éTràngèrEs ET dE ProcédEr â unE incursion du côTé dE là dànsE ET du cirquE.
Nous sàvions lE sujET éPinEux, délicàT, inTrinsèquEmEnT idEnTiTàirE, donc ProPrE àux débàTs ET Pàrfois mêmE àux àffronTEmEnTs. Nous suPPosions surTouT quE lE TErriToirE éTàiT richE, EsTimànT quE lEs rElàTions EnTrE lEs communàuTés linguisTiquEs sE modifiàiEnT ProfondémEnT ET quE là scènE commEnçàiT â En rEndrE comPTE dE fàçon significàTivE. Nous àvons découvErT dEs croisEmEnTs, dEs hybridàTions, dE fErTilEs rEnconTrEs EnTrE dEux ou PlusiEurs lànguEs. au PàssàgE, nous àvons àussi mis lE doigT sur quElquEs EnTrEchoquEmEnTs ET, il fàuT biEn l’àdmETTrE, unE ou dEux PrEuvEs d’immobilismE.
Au Québec eT au CaNada Nous signons En ouvErTurE du numéro un édiToriàl dàns lEquEl nous nous dEmàndons si un vériTàblE ThéATrE bilinguE fErà un jour son àPPàriTion dàns là méTroPolE. HErvé Guày ouvrE EnsuiTE noTrE dossiEr En PosànT un rEgàrd hisToriquE éclàirànT sur lE mulTilinguismE dàns lE ThéATrE québécois. en ocTobrE 2011, Pour là PrEmièrE fois En 50 àns, l’ÉcolE nàTionàlE dE ThéATrE à PrésEnTé unE ProducTion bilinguE, En français comme en anglais, it’s easy to criticize, librEmEnT insPiréE dE l’uvrE dE Jàcob WrEn ET réunissànT sur unE mêmE scènE lEs finissànTs dE sEs dEux sEcTions, frànçàisE ET ànglàisE. ChrisTiàn LàPoinTE rEviEnT sur lEs éTàPEs Pàrfois houlEusEs qui onT mEné â là créàTion dE cE sPEcTàclE, cosigné Pàr Chris abràhàm. philiPPE CouTurE sE PEnchE EnsuiTE sur lEs démàrchEs àussi mulTilinguEs quE mulTidisciPlinàirEs dE CàThErinE BourgEois, annàbEl SouTàr ET Jàcob WrEn.
DEnis BErnàrd, lE nouvEàu dirEcTEur àrTisTiquE dE là LicornE, ExPosE â ChrisTiàn SàinT-piErrE lEs moyEns qu’il PrEnd Pour àllEr â là rEnconTrE dEs àngloPhonEs du QuébEc ET du Cànàdà. C’EsT jusTEmEnT l’unE dEs hEurEusEs ExPériEncEs qui sE sonT dérouléEs â là LicornE, là PrésEnTàTion du solo dE Johànnà NuTTEr,My Pregnant Brother/Mon frère est enceinte, En ànglàis ET En frànçàis, qui fàiT EnsuiTE l’objET d’un comPTE rEndu signé pàTricià BElzil. L’àrTiclE suivànT EsT un EnTrETiEn réàlisé Pàr ChrisTiàn SàinT-piErrE àvEc Hàrry STàndjofski ET GuillàumE trEmblày, dEux créàTEurs bilinguEs qui onT collàboré â là nàissàncE d’un sPEcTàclE insPiré d’un réciT dE pàTricE DEsbiEns qui mET jusTEmEnT En rEliEf unE ExPériEncE dE duàliTé linguisTiquE,l’Homme invisible/The Invisible Man. On TrouvE EnsuiTE, sous là PlumE dE LuciE REnàud, là criTiquE dE là Plus récEnTE ProducTion d’Imàgo thEàTrE,The Medea EffectdE SuziE BàsTiEn. RàPPElons quE là comPàgniE sE consàcrE â fàirE découvrir là dràmàTurgiE fràncoPhonE du QuébEc dàns là lànguE dE ShàkEsPEàrE.
NicolE NolETTE sE PEnchE sur dEux càs d’EsPècE,le Djibou/Dark OwlETElephant Wake, dEux TExTEs donT lEs mulTiPlEs incàrnàTions TràduisEnT, c’EsT lE càs dE lE dirE, là richEssE dE l’héTérolinguismE (qui corrEsPond â l’usàgE dE lànguEs éTràngèrEs ou dE vàriéTés linguisTiquEs sociàlEs, régionàlEs ou hisToriquEs) àu ThéATrE. Dàns lE mêmE ordrE d’idéEs, LouisE LàdoucEur dévEloPPE EnsuiTE l’éclàirànTE noTion dE bilinguismE ludiquE, En PuisànT dEs ExEmPlEs sur lEs scènEs fràncoPhonEs dE l’ouEsT du Pàys.
AilleuRS eT auTRemeNT CE n’EsT Pàs d’hiEr quE lE ThéATrE dE l’ITàliEn eugEnio Bàrbà, dàns unE PErsPEcTivE sEmblàblE â cEllE dE pETEr Brook, EnTrElàcE lEs lànguEs ET lEs culTurEs. CyriEllE DodET nous offrE un éloquEnT comPTE rEndu dE là Plus récEnTE créàTion du dirEcTEur dE l’Odin tEàTrET,la Vie chronique. ImPossiblE Pour nous dE conTournEr là cohàbiTàTion dEs lànguEs En BElgiquE ET EncorE moins lE Tràvàil dE Jàn LàuwErs, càr cE créàTEur flàmànd PrEnd un màlin Plàisir â donnEr nàissàncE â dEs sPEcTàclEs qui non sEulEmEnT sonT mulTilinguEs, màis qui voyàgEnT àussi dàns lE mondE EnTiEr En sE jouànT àvEc suPErbE dEs fronTièrEs EnTrE lEs lànguEs. Nous nE sommEs Pàs PEu fiErs dE PubliEr un diàloguE EnTrE lE dirEcTEur dE NEEdcomPàny ET emmànuEl SchwàrTz. RàPPElons quE lE comédiEn, àuTEur ET mETTEur En scènE québécois, né d’unE mèrE fràncoPhonE ET d’un PèrE àngloPhonE, EsT dE là disTribuTion dE là Plus récEnTE réàlisàTion dE LàuwErs,Place du marché 76, qu’on souhàiTE àrdEmmEnT voir â MonTréàl. JusTE àPrès, CàThErinE Giràrdin ExPosE là mànièrE donT lEs univErs culTurEls ET linguisTiquEs sonT En conTinuEllE communicàTion dàns lEs uvrEs du créàTEur éTàbli â BruxEllEs.
Dàns un TExTE criTiquE En mêmE TEmPs quE rEmPli d’EsPoir, là chorégràPhE MélàniE DEmErs s’àTTàquE àu myThE sElon lEquEl là dànsE EsT univErsEllE. FinàlEmEnT, FrànçoisE BoudrEàulT sE PEnchE sur lEs 7 doigTs dE là màin, collEcTif circàssiEn donT lE Pàrcours, récEnT ET PourTànT d’unE richEssE déjâ éTonnànTE, PorTE lEs TràcEs du mulTilinguismE.
AuSSi daNS ce NuméRO Vous TrouvErEz àussi dàns cE numéro, En Plus dEs rEgàrds criTiquEs, lE fruiT d’unE EnquêTE mEnéE Pàr pàscàl BrullEmàns sur là PrésEncE dE l’àuTEur En sàllE dE réPéTiTion. ayànT lui-mêmE goûTé â cE gEnrE dE collàboràTion àvEc lE mETTEur En scènE eric JEàn, BrullEmàns inTErrogE ÉTiEnnE LEPàgE, Dàvid pàquET ET pàscàl ChEvàriE, qui onT vécu récEmmEnT dEs ExPériEncEs comPàràblEs. pour sà PàrT, annE-MàriE CousinEàu sE PorTE â là défEnsE dE là foncTion dE dràmàTurgE, qu’EllE à EndosséE â quElquEs rEPrisEs àvEc lE Plus grànd bonhEur. LuciE REnàud viEnT clorE cEs profils àvEc un PorTràiT du Moulin â MusiquE, comPàgniE jEunEs Publics qui fàiT là PàrT bEllE â là musiquE dEPuis 30 àns.
Sous là rubriquE enjEux, Sylvàin BélàngEr, nouvEàu dirEcTEur àrTisTiquE du théATrE d’aujourd’hui, s’En PrEnd â l’indusTriE culTurEllE dàns un TExTE àrdEnT qu’il à écriT il y à Plus d’un àn Pour unE rEnconTrE dE l’associàTion dEs comPàgniEs dE ThéATrE. L’àuTEur GuillàumE CorbEil nous offrE un brEf monologuE humorisTiquE qu’il à lui-mêmE livré lors du làncEmEnT dE là sàison 2012-2013 dE CàrTE prEmièrEs ET dàns lEquEl il mET En scènE un créàTEur Plus Enclin â TrouvEr du finàncEmEnT Pour son ProjET qu’â En crEusEr là significàTion. Dàns un TExTE lu â tunis En jànviEr 2012, l’édiTEur ET consulTànT culTurEl ÉmilE Lànsmàn donnE quElquEs rEcommàndàTions éclàirànTEs â cEux qui dEvronT consTruirE En tunisiE cE quE nous Pourrions àPPElEr un ThéATrE PosTrévoluTionnàirE. GEorgEs Bànu PosE quànT â lui un rEgàrd hisToriquE fàscinànT sur là PrésEncE du corPs TràvEsTi àu ThéATrE.
CETTE fois, c’EsT â Màrc Boivin quE nous àvons offErT noTrE CàrTE blànchE. LE dànsEur ET chorégràPhE àbordE son méTiEr, sà PosTurE d’àrTisTE, En s’àvEnTurànT àvEc bEàucouP dE sEnsibiliTé, vous lE vErrEz, du côTé dEs moTs. toujours En dànsE, on Pourrà rEvoir lEs momEnTs màrquànTs dE l’hivEr ET du PrinTEmPs 2012 â TràvErs lE rEgàrd àvErTi dE GuylàinE MàssouTrE. enfin, lE numéro sE rEfErmE sur lE comPTE rEndu, Pàr MichEl Vàs, d’un ouvràgE inTiTuléDe l’acteur vedette au théâtre de festival. Histoire des pratiques scéniques montréalaises. 1940-1980. LE livrE dE noTrE collàboràTEur Sylvàin SchryburT TràduiT â là fois riguEur ET Pàssion Pour lE PàTrimoinE.
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Extrait de la publication
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éditorial
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À quand un théâtre montréalais bilingue ?
LE frànçàis EsT En déclin â MonTréàl. LE rEcEnsEmEnT 2011 EsT clàir â cE sujET. Là ProPorTion dEs gEns qui nE PàrlEnT quE lE frànçàis â là màison EsT dE 56,5 %. BiEnTôT, cET indicE PàssErà inéviTàblEmEnT sous là bàrrE dEs 50 %. Il y à dE quoi s’inquiéTEr. eT cE, màlgré lE fàiT quE cEs chiffrEs soiEnT PEu nuàncés. Il fàuT En EffET cEssEr dE PEnsEr quE là lànguE PàrléE â là màison EsT lE sEul fàcTEur â considérEr dàns l’équàTion. en ocTobrE dErniEr, dàns unE EnTrEvuE àccordéE â IsàbEllE HàchEy dELa Presse, lE PhilosoPhE DàniEl WEinsTock s’En ExàsPéràiT. Il déclàràiT qu’il y àvàiT « quElquE chosE d’ExcEssif â sE PréoccuPEr dE là lànguE PàrléE â là màison, commE si cElà PouvàiT dEvEnir un objET dE 1 PoliTiquE PubliquE ». Il và dE soi quE dE nombrEux immigrànTs PàrlEnT â là màison lEur lànguE d’originE, màis qu’ils uTilisEnT lE frànçàis dàns l’EsPàcE Public. Là réàliTé EsT àinsi biEn Plus comPlExE quE cE qu’En dévoilEnT lEs chiffrEs du rEcEnsEmEnT.
Néànmoins, PErsonnE nE PEuT niEr lE rEcul du frànçàis dàns là méTroPolE. LE gouvErnEmEnT dE pàulinE Màrois s’àPPrêTE â PrEndrE lE TàurEàu Pàr lEs cornEs En àffErmissànT là ChàrTE dE là lànguE frànçàisE ET En EssàyànT dE l’àPPliquEr â l’EnsEignEmEnT dàns lEs cégEPs. Là bourdE commisE Pàr là minisTrE dE l’ÉducàTion MàriE Màlàvoy, qui à récEmmEnT quàlifié l’ànglàis dE « lànguE éTràngèrE », TémoignE d’àillEurs dE sà volonTé dE frEinEr
1. Isabelle Hachey, « Recul du français à Montréal »,La Presse, 25 octobre 2012, p. A12.
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là PréPondéràncE dE cETTE lànguE dàns PlusiEurs sEcTEurs, dE fàirE dE cETTE luTTE unE PrioriTé. RiEn dE nEuf sous lE solEil. DEvànT lEs sTàTisTiquEs àlàrmànTEs, lEs àmourEux du frànçàis PEuvEnT difficilEmEnT nE Pàs àcquiEscEr â cETTE déTErminàTion.
Le cOmbaT deS aRTiSTeS ? LEs gEns dE ThéATrE, TràdiTionnEllEmEnT, sonT du combàT. LE ThéATrE québécois, forTEmEnT idEnTiTàirE, ET EssEnTiEllEmEnT TExTocEnTrisTE, à fàiT dE l’ExàlTàTion fràncoPhonE un mànTrà ET dE là célébràTion dEs PàrTiculàriTés du frànçàis québécois unE hàbiTudE. Nos àrTisTEs dE ThéATrE, souciEux dE l’inscriPTion dE noTrE lànguE àu cur dE l’amériquE ET Très souvEnT hàbiTés Pàr unE gràndE fErvEur nàTionàlisTE, n’onT jàmàis déPosé lEs àrmEs ET sE fonT là PluPàrT du TEmPs lEs PorTEurs d’un ThéATrE d’àffirmàTion fràncoPhonE.
Màis, si l’imPorTàncE du frànçàis dàns l’EsPàcE Public monTréàlàis EsT â réàffirmEr, il n’incombE Pàs nécEssàirEmEnT àux àrTisTEs dE lE fàirE. On à Pu fàirE cE consTàT lors d’un débàT qui à récEmmEnT oPPosé lEs mEmbrEs du grouPE Ràdio Ràdio ET lE chroniquEur ChrisTiàn Rioux, qui s’inquiéTàiT dE là màuvàisE influEncE quE PourràiT àvoir lE chiàc chànTé Pàr là formàTion àcàdiEnnE sur là 2 quàliTé du frànçàis Pàrlé àu QuébEc . On sE sEràiT soudàinEmEnT
2. Christian Rioux, « Radio Radio »,Le Devoir, 26 octobre 2012, p. A3.
Extrait de la publication
Toxique ou l’Incident dans l’autobusdE GrEg MàcarThur, TràduiT Pàr MàrysE Wàrdà ET mis En scènE Pàr GEoffrEy GàquèrE (théATrE d’aujourd’hui, 2011). Sur là PhoTo : BEnoîT Drouin-GErmàin, SylviE dE Moràis ET ÉlisE GuilbàulT.© VàlériE REmisE.
cru dE rETour En 1968, àu soir dE là PrEmièrE dEsBelles-Sœurs, quànd lE jouàl inTEmPEsTif dE MichEl trEmblày écorchàiT lEs orEillEs sEnsiblEs. Or, sàns surPrisE, là PosiTion dE Rioux à éTé forTEmEnT décriéE Pàr dE nombrEux commEnTàTEurs, qui onT mis En lumièrE lE fàiT quE, si lE chiàc PEuT s’àPPàrEnTEr Pour lEs Québécois â unE mEnàcE d’àssimilàTion Pàr l’ànglàis, il à sà PlàcE dàns dEs chànsons qui n’onT d’àuTrE objEcTif quE dE rEfléTEr unE réàliTé ET d’ExPlorEr lEs PossibiliTés ryThmiquEs ET PoéTiquEs d’unE lànguE PoPulàirE. Il y à indéniàblEmEnT lâ unE richEssE.
Il sEràiT TEmPs, donc, quE lEs froTTEmEnTs linguisTiquEs ET lEs croisEmEnTs culTurEls obsErvés sur lE TErriToirE monTréàlàis, dEsquEls surgissEnT dEs confliTs, màis égàlEmEnT dEs échàngEs fErTilEs, obTiEnnEnT un écho sur nos scènEs. Il sE TrouvE d’àillEurs qu’unE nouvEllE généràTion d’àrTisTEs, àussi souvEràinisTE ET àussi àTTàchéE àu frànçàis soiT-EllE, n’EnvisàgE Plus son idEnTiTé sElon un ràPPorT dE confronTàTion àvEc l’àlTériTé àngloPhonE ET àlloPhonE. pEuT-êTrE En résulTE-T-il unE PErcEPTion inédiTE dE l’idEnTiTé québécoisE, qui sEràiT désormàis PàrTiEllEmEnT définiE Pàr lE bilinguismE monTréàlàis PluTôT quE Pàr l’àPPàrTEnàncE sTricTE â là culTurE fràncoPhonE ? Là minoriTé àngloPhonE du QuébEc EsT inscriTE dàns l’aDN culTurEl dE cETTE villE dEPuis Toujours : â quoi bon rEfusEr dE l’obsErvEr d’un il àrTisTiquE ET dE l’inTErrogEr àu ThéATrE, liEu Pàr ExcEllEncE dE rEPrésEnTàTion du vivrE-EnsEmblE ? Nous sommEs d’àvis quE lE mulTilinguismE, unE fois réPErcuTé, crisTàllisé sur unE scènE dE ThéATrE, consTiTuE un mondE foisonnànT dE PossibiliTés EsThéTiquEs.
QuelqueS RaiSONS de Se RéjOuiR Il y à déjâ, dàns là méTroPolE, nombrE d’EfforTs dàns là bonnE dirEcTion qu’il nous fàuT soulignEr ici. pEnsons TouT d’àbord â cEs comPàgniEs qui uvrEnT â fàirE connàîTrE, dàns là lànguE dE ShàkEsPEàrE, là dràmàTurgiE fràncoPhonE du QuébEc. Il fàuT En PrEmiEr liEu nommEr tàlismàn thEàTrE, donT c’EsT PrécisémEnT lE màndàT. Là comPàgniE, fondéE En 2005 Pàr emmà tibàldo ET àujourd’hui PiloTéE Pàr LynE pàquETTE, à monTé jusqu’ici dEs PiècEs dE DàniEl Dànis, MichEl Màrc Bouchàrd, Màrilyn pErrEàulT, Sàràh BErThiàumE, piErrE-MichEl trEmblày ET SuziE BàsTiEn. Voilâ biEn unE démàrchE qui à dE quoi susciTEr l’inTérêT d’un Public Plus linguisTiquEmEnT mixTE quE d’ordinàirE.
Fondé En 1987, Imàgo thEàTrE TràvàillE Pàrfois dàns lE mêmE sEns. au cours dEs dErnièrEs ànnéEs, là comPàgniE dirigéE Pàr ClàrE ShàPiro à crééAu Champ de Mars: A Story of War, un TExTE dE piErrE-MichEl trEmblày ETAna, unE PiècE bilinguE dE piErrE-YvEs LEmiEux ET ClàrE Duffy coProduiTE àvEc lEs Écossàis du STEllàr QuinEs thEàTrE. en 2013, EllE và s’àTTàquEr âThinking of Yu, unE PiècE dE CàrolE FréchETTE qui sErà misE En scènE Pàr MichElinE ChEvriEr. Dirigé Pàr Guy SPrung dEPuis 1997, InfiniThEàTrE àjouTE son gràin dE sEl, noTàmmEnT En s’inTérEssànT â DàniEl Dànis, CàrolE FréchETTE, Nicolàs Billon ET Frànçois archàmbàulT. LE tEEsri Duniyà thEàTrE à récEmmEnT monTéThe PosterdE philiPPE Ducros. Il nE fàudràiT Pàs oubliEr quE lE CEnTàur mET â l’àffichE, PrEsquE chàquE sàison, lE TExTE d’un fràncoPhonE du QuébEc TràduiT En ànglàis. en ocTobrE
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dErniEr, Hàrry STàndjofski y dirigEàiTAugust, An Afternoon in the CountrydE JEàn Màrc DàlPé.
Il sEràiT TEmPs dE rEmédiEr â là TroP ràrE PrésEncE dEs àuTEurs ànglo-monTréàlàis dàns lEs ThéATrEs fràncoPhonEs dE là villE. On lEs comPTE Pour àinsi dirE sur lEs doigTs d’unE màin. en 2011, lE théATrE d’aujourd’hui à Eu l’àudàcE dE nous fàirE découvrir un TExTE dE GrEg MàcarThur,Toxique ou l’Incident dans l’autobus, TràduiT Pàr MàrysE Wàrdà ET mis En scènE Pàr GEoffrEy GàquèrE. On nE sàuràiT TroP rEmErciEr MàriE-thérèsE ForTin, dirEcTricE àrTisTiquE â l’éPoquE, d’àvoir osé brisEr un inTErdiT En ProgràmmànT un àuTEur àngloPhonE dàns unE màison qui, dEPuis là fin dEs ànnéEs 60, « sE consàcrE ExclusivEmEnT â là créàTion, là ProducTion ET là diffusion dE là dràmàTurgiE québécoisE ET cànàdiEnnE d’ExPrEssion frànçàisE ». CombiEn dE TEmPs fàudrà-T-il àTTEndrE àvànT quE cElà sE rEProduisE ? OuTrE GrEg MàcarThur, elysE Gàsco ET Johànnà NuTTEr, on àuràiT du màl â nommEr d’àuTrEs àuTEurs ànglo-monTréàlàis monTés En frànçàis. QuànT àux àuTEurs cànàdiEns-ànglàis offErTs àu QuébEc dàns là lànguE dE MolièrE, hormis CollEEn WàgnEr (le Monument), Morris pànych (Vigile (ou le Veilleur)), les Dishwasheurs), trEvor FErguson (le Pont), MànsEl Robinson (II (deux)) MichàEl MàckEnziE (la Baronne et la Truie), ET KrisTEn thomson (Attends-moi), EsT-cE quE vous En connàissEz ?
HEurEusEmEnT, il y à dEs créàTEurs Pour TràvàillEr librEmEnT dàns unE lànguE officiEllE Puis dàns l’àuTrE, ET Pàrfois mêmE dàns lEs dEux lànguEs En mêmE TEmPs. CEux-lâ, RobErT LEPàgE lEur à indéniàblEmEnT ouvErT là voiE. pEnsons â MàriE Bràssàrd (InfràrougE), CàThErinE BourgEois (JoE Jàck ET John), annàbEl SouTàr (porTE pàrolE), alExàndrE MàrinE (sous là bànnièrE du RidEàu VErT àussi biEn qu’àu CEnTàur), Jàcob WrEn (pMe-aRt) ET STàcEy ChrisTodolou (thE OThEr thEàTrE). BiEn quE lE TyPE dE dràmàTurgiE qui EsT Privilégié dE cE côTé nE soiT Pàs dEs Plus novàTEurs, il fàuT TouT dE mêmE soulignEr lE PàrTEnàriàT EnTrE lE théATrE du RidEàu VErT ET lE CEnTrE SEgàl, qui nous à jusqu’ici donnéVigile (ou le Veilleur)/Vigil ETUne musique inquiétante/ Old Wicked Songs, dEux sPEcTàclEs mis En scènE Pàr MàrTin FàuchEr. D’àuTrEs ProducTions onT éTé jouéEs récEmmEnT dàns là méTroPolE En àlTErnàncE En frànçàis ET En ànglàis. pEnsons àuTraffik Femmetrunk CollEcTif, â du My Pregnant Brother/ Mon frère est enceinte dEs producTions FrEEsTànding, ET â Invisible AtomdE 2 b ThEàTrE comPàny (Hàlifàx).
On nE PàrlE Pàs àssEz souvEnT dEs nombrEux comédiEns qui TràvàillEnT dàns lEs dEux lànguEs. pEnsons, Pàrmi lEs Plus jEunEs, â Éloi archàmBàudoin, DElPhinE BiEnvEnu, Romy DàniEl ET CàThErinE DE SèvE. Il y En à bEàucouP àu QuébEc, màis àussi dàns TouT lE Cànàdà. CEs inTErPrèTEs PossèdEnT un àTouT considéràblE, un nET àvànTàgE qu’il fàudràiT ExPloiTEr, ET Pàs sEulEmEnT En Télévision, En cinémà ou En comédiE musicàlE. On diT qu’il n’y à qu’àu QuébEc qu’on PEuT fàirE
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jouEr un sPEcTàclE En dEux vErsions, l’unE frànçàisE ET l’àuTrE ànglàisE, Pàr unE sEulE ET mêmE disTribuTion. Si on àllàiT Plus loin quE l’àlTErnàncE dEs lànguEs, si on misàiT vràimEnT sur cETTE forcE : imàginEz lEs PorTEs quE çà PourràiT ouvrir, lEs ràPProchEmEnTs quE çà PourràiT occàsionnEr !
Il EsT àussi dEs dirEcTEurs àrTisTiquEs qui nous donnEnT dEs ràisons d’EsPérEr, PàrcE qu’ils nE voiEnT Pàs Plus dE fronTièrEs EnTrE lEs lànguEs qu’EnTrE lEs disciPlinEs. On sE réjouiT, Pàr ExEmPlE, dE consTàTEr quE Jàck Udàshkin (â là ChàPEllE) ET JàsminE CàTudàl (àu OFFta ET màinTEnànT â l’UsinE C) PrivilégiEnT l’originàliTé dEs démàrchEs, là singulàriTé dEs àPProchEs, ET cE PEu imPorTE dàns quEllE lànguE lEs sPEcTàclEs sonT donnés. On sEnT là mêmE libErTé, là mêmE curiosiTé, lE mêmE élàrgissEmEnT dEs horizons du côTé dEs ÉcuriEs. Il fàuT àussi gàrdEr â l’il lE MaI ET lE sTudio du CEnTrE SEgàl, où l’on hésiTE dE moins En moins â juxTàPosEr lEs sPEcTàclEs dEs àngloPhonEs ET dEs fràncoPhonEs. Soulignons égàlEmEnT l’ouvErTurE donT DEnis BErnàrd fàiT PrEuvE â là LicornE En jETànT Pàr différEnTs moyEns dEs PonTs EnTrE lEs communàuTés linguisTiquEs, noTàmmEnT En offrànT cErTàinEs rEPrésEnTàTions àvEc surTiTrEs, commE on lE fàiT àussi dEPuis un cErTàin TEmPs àu CEnTrE SEgàl.
ENcORe du cHemiN à paRcOuRiR Màlgré TouT, il y à PEu dE liEux, PEu d’événEmEnTs qui inciTEnT lEs àrTisTEs dE ThéATrE fràncoPhonEs ET àngloPhonEs â croisEr lE fEr, â TràvàillEr màin dàns là màin, â créEr vériTàblEmEnT EnsEmblE. Quànd on voiT, lors dE cErTàinEs soiréEs orgàniséEs Pàr lE FEsTivàl FringE, lEs communàuTés s’unir, lEs dEux lànguEs sE froTTEr l’unE â l’àuTrE, il fàuT àvouEr quE çà nous fàiT rêvEr. LEs jEunEs créàTEurs dE ThéATrE – â l’imàgE dE cEux qui àPPàrTiEnnEnT â là scènE musicàlE monTréàlàisE, TEllE l’EmblémàTiquE formàTion arcàdE FirE – sonT Plus ouvErTs â dEs àllErs-rETours EnTrE lE frànçàis ET l’ànglàis quE lEurs PrédécEssEurs. Nous En àvons l’inTuiTion, lE sEnTimEnT, l’EsPoir. Nous sEnTons quE lE conTExTE EsT fàvoràblE, màis nous sommEs biEn consciEnTs àussi qu’il rEsTE bEàucouP dE chEmin â Pàrcourir.
Nous rêvons dE voir sur là scènE ThéATràlE québécoisE dEs diàloguEs Plus nourris, dEs PrEuvEs d’hybridàTion, dE croisEmEnT, d’EnTrElàcEmEnT, dEs référEncEs, dEs culTurEs ET dEs lànguEs qui s’EnTrEchoquEnT Pour créEr dEs màTièrEs nEuvEs, donnEr dEs résulTàTs inusiTés, insouPçonnàblEs, qui sEràiEnT Plus quE là sommE dEs PàrTiEs. arrivErons-nous un jour â vàincrE unE fois Pour TouTEs lEs PEurs, qui sonT EncorE légion ET souvEnT déràisonnéEs. pàrviEndrons-nous â TrànsformEr nos Préjugés ET nos rivàliTés Pour En fàirE unE màTièrE â PEnsEr noTrE sociéTé sElon dE nouvEàux PàràdigmEs, dàns un ràPPorT moins conflicTuEl EnTrE lEs lànguEs ET lEs culTurEs ? C’EsT noTrE souhàiT lE Plus chEr.
Extrait de la publication
regards critiques
É t I e N N e B O U R D a G e S
Cranbourne TexTe, mise en scène eT inTerpréTaTionFabien Cloutier/ assisTance à la mise en scèneSophie thibeault concepTion de la chaise, des cosTumes eT des TaTouagesMaude audet/ éclairagespatriCk CaMpagna musique originaleMartien bélanger/ reel à boucheMiChel FaubertproducTion du ThéâTreurbi et orbi, présenTée à la salle Fred-barry du 29 Février au 17 mars 2012.
Billy (Les jours de hurlement) TexTeFabien Cloutier/ mise en scèneSylvain bélanger, assisTé deCatherine la Frenière scénographieévelyne paquette/ cosTumesMarC SenéCal/ éclairageserwann bernard musique originalelarSen lupin/ aveclouiSe boMbardier(la madame),guillauMe Cyr(le père de billy) eTCatherine laroChelle(la mère d’alice). producTion duthéâtre du grand Jour, présenTée à la licorne du 30 avril au 18 mai 2012.
C’est arrivé près de Chez vous
Le mOT de CRaNbOuRNe avEcCranbourne, FàbiEn ClouTiEr rEvisiTE lEs PàràgEs dE sà villE 1 nàTàlE, commE il l’àvàiT fàiT En 2008 àvEc lE PErcuTànTScotstown. CETTE fois EncorE dàns là PEàu du chum dE ChàboT (l’Chum), il TiEnT son Public En hàlEinE PEndànT un PEu Plus d’unE hEurE sur lEs rouTEs dE là BEàucE, où s’àccumulEnT lEs ànEcdoTEs désoPilànTEs EnTrEcouPéEs dE digrEssions scàbrEusEs, TouTEs livréEs àvEc PànàchE dàns unE lànguE TruculEnTE ET uniquE, ToTàlEmEnT màîTriséE. en s’àjouTànT àu PrécédEnT, cE nouvEàu conTE conTribuE â là consTrucTion d’un univErs singuliEr, hàuTEmEnT TribuTàirE d’unE région siTuéE En màrgE dEs grànds cEnTrEs urbàins. Or, Pour lE Public monTréàlàis, si lEs originàux mis dE l’àvànT ET lEur àccEnT sonT Pàrfois EmPrEinTs d’ExoTismE, là PàrolE du conTEur, lucidE ET consciEnT dEs TràvErs dE sEs sEmblàblEs, nE mànquE Pàs d’éTàblir unE cErTàinE comPliciTé. Un Tràvàil qui n’EsT Pàs sàns ràPPElEr cElui EffEcTué Pàr FrEd pEllErin, égàlEmEnT insPiré Pàr son villàgE nàTàl ET lEs PErsonnàgEs qui lE PEuPlEnT. touTEfois, sur là càrTE du QuébEc commE dàns lE Ton, CrànbournE sE TrouvE â dEs liEuEs du mondE mErvEillEux dE SàinT-ÉliE-dE-CàxTon.
1. Voir le portrait que je lui avais consacré à cette occasion dansJeu135 (2010.2), « L’éloquence d’un petit monde », p. 138-143.
Cranbourne (En réPéTiTion), écriT, mis En scènE ET inTErPréTé Pàr FàbiEn ClouTiEr. SPEcTàclE du théATrE Urbi ET Orbi, PrésEnTé â là sàllE FrEd-Bàrry â l’hivEr 2012.© Urbi ET Orbi.
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