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L'art, l'argent et la mondialisation

De
190 pages
L'histoire de l'art, et en particulier celle de l'art d'aujourd'hui, ne peut se passer du regard et de l'analyse des économistes et des sociologues, seuls susceptibles de nous éclairer sur les contextes économiques et sociaux qui constituent le cadre et les conditions mêmes de la création. A leur analyse et leur réflexion sont associées dans cet ouvrage celles de philosophes, d'un critique d'art et d'un artiste. Voici un panorama d'une scène de l'art mondial sur laquelle les valeurs sont en pleine mutation.
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Sous la direction de Jean-Noël Bret et Nathalie Moureau
L’ART, L’ARGENT ET LA MONDIALISATION
Série Sociologie des arts L O G I Q U E S S O
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L’art, l’argent et la mondialisation
Maquette et mise en page : Sophie Leperlier © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00936-0 EAN : 9782343009360
Sous la direction de Jean-Noël Bret et Nathalie Moureau
L’art, l’argent et la mondialisation
AEPHAE : association euroméditerranéenne pour l’histoire de l’art et l’esthétique
Collection Logiques Sociales Série Sociologie des Arts Dirigée par Bruno Péquignot Comme phénomène social, les arts se caractérisent par des processus de production et de diffusion qui leurs sont propres. Dans la diversité des démarches théoriques et empiriques, cette série publie des recherches et des études qui présentent les mondes des arts dans la multiplicité des agents sociaux, des institutions et des objets qui les définissent. Elle reprend à son compte le programme proposé par Jean-Claude Passeron : être à la fois pleinement sociologie et pleinement des arts. De nombreux titres déjà publiés dans la Collection Logiques Sociales auraient pu trouver leur place dans cette série parmi lesquels on peut rappeler : Déjà parus : GIREL Sylvia,La mort et le corps dans les arts aujourd’hui, 2013. VILLAGORDO Eric,L’artiste en action. Vers une sociologie de la pratique artistique, 2012. BRANDL Emmanuel, Cécile PREVOST-THOMAS, Hyacinthe RAVET (sous la dir.),:ans de sociologie de la musique en France. Tome 1  25 Réflexivité, écoutes, goûts, 2012. BRANDL Emmanuel, Cécile PREVOST-THOMAS, Hyacinthe RAVET (sous la dir.),ans de sociologie de la musique en France. Tome 2 : 25 Pratiques, œuvres, interdisciplinarité, 2012. GUIGOU Muriel,La danse intégrée. Danser avec un handicap, 2010. PAPIEAU Isabelle,L’art déco : une esthétique émancipatrice, 2009.THÉVENIN Olivier,Sociologie d’une institution cinématographique, 2009. BORGES Vera,Les comédiens et les troupes de théâtre au Portugal, 2009. BRANDL Emmanuel,: entre subversion et subvention.L’ambivalence du rock Une enquête sur l’institutionnalisation des musiques populaires, 2009. BARACCA Pierre, ROUSSEL Geneviève, TRAN VAN-NORY Marie-Claire,Arman un entretien d’artiste (2004). Le texte et ses conditions de production, 2008. GAUDEZ Florent (sous la dir.),Les arts moyens aujourd’hui, 2 volumes, 2008. PÉQUIGNOT Bruno,Recherches sociologiques sur les images, 2008. ROLLAND Juliette,Art catholique et politique, 2007. BRUN Jean-Paul,Nature, art contemporain et société : le Land Art comme analyseur du social, troisième volume,Réseaux sociotechniques, monde de l’art et Land Art, 2007.
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Sommaire L’art, l’argent et la mondialisation
Jean-Noël Bret Avant-propos
Françoise Benhamou D’une crise à une autre La culture entre protection et perturbation
Nathalie Heinich Crise financière et crises culturelles
Jean-Yves Leroux et Nathalie Moureau La main visible des riches collectionneurs dans la formation de la valeur artistique
Dominique Sagot-Duvauroux La photographie à l’épreuve du marché de l’art
Raoul Marek De l’art et de la mondialisation…
Alain Quemin La Chine et l’art contemporain L’arrivée de l’Empire du Milieu dans le monde et sur le marché de l’art
Guillaume Monsaingeon Du patrimoine national au marché mondial en sautant la case Europe
Marine Crubilé L’art contemporain ou le fétichisme du lucre High and Low Contempory Art
Harry Bellet L’artiste, poule de luxe
Christophe Genin Art, argent, mondialisation L’art comme produit d’appel à l’ère du tourisme planétaire
Bernard Lafargue Les Bonus de l’art contemporain The Business Art After Andy Warhol
Marc Jimenez La dévaluation esthétique
Avant-propos
Jean-Noël Bret
À l’aube des années 1960, l’art exprimait avec le Pop Art, le Nouveau Réalisme ou le mouvement Fluxus l’état d’un monde qui entrait soudain dans l’ère de la consommation et de la communica-tion. Ce monde n’avait plus grand-chose à voir avec celui qui, cent ans plus tôt, avait donné naissance à l’art moderne et les formes de l’art en furent bouleversées. L’objet cédait le pas à l’idée et l’artefact au ready-made ou au comportement. Harald Szeemann en dressait le constat, en 1969, avec son exposition «Quand les attitudes devien-nent forme» et la modernité de Baudelaire et de Manet, qui avait mar-qué une rupture, connaissait son terme. L’art devint «contemporain». Vingt ans plus tard, le vocable n’avait sans doute pas changé mais les formes prenaient d’autres contours. Les années 1980 marquèrent alors un nouveau tournant. Les phénomènes de mondialisation et de globalisation qui commençaient à se manifester à travers la planète, associés à leur corollaire, l’argent, remettaient en question les rap-ports traditionnels et les modes de fonctionnement de nos sociétés et n’épargnaient pas la scène de l’art. La flambée des prix et la spécu-lation débouchaient sur un effondrement du marché au début des années 1990. Mais l’art contemporain ne cessait cependant d’élargir ses territoires au cours de la décennie suivante et, paradoxalement, la crise dessubprimesaux États-Unis, qui entraînait en 2008 un krach financier sans précédent dans le monde depuis 1929, non seulement ne déclenchait pas un effondrement similaire, mais semblait au contraire entraîner le marché de l’art dans un tourbillon spéculatif. La vente des œuvres de Damien Hirst chez Sotheby’s à Londres, la même année, pour un montant, jamais atteint, de 140 millions d’euros, ou le prix record de 26 millions d’euros pour une seule peinture de Gerhard Richter en 2012, étaient à cet égard révélateurs. Ces ventes, ainsi que les grandes manifestations spectaculaires largement médiatisées que sont devenues les foires et biennales inter-nationales d’art contemporain, ou encore l’exposition d’artistes dans des lieux aussi mythiques que le château de Versailles font réguliè-
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