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L'art qui manifeste

De
154 pages
Ce livre veut aller à contre-courant de la scène artistique encline à la marchandisation, à une tendance chic et choc uniquement ludique et qui n'aurait rien à dire. Ce volume contient des mises au point sur les manifestes d'hier et d'aujourd'hui. Il laisse aussi la place à l'expression de combats inédits.
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L'art qui manifeste

(Q L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005

Paris

http://www.]ibrairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan] râ>vanadoo.fr ISBN: 978-2-296-065] 6-1 EAN : 9782296065161

Itinéraires et Contacts de Cultures
Volume 43 - 2008

L'art

qui manifeste

Sous la direction de Anne Larue

UNIVERSITÉ PARIS 13 Centre d'Études des Nouveaux Espaces Littéraires

Comité de rédaction Véronique Bonnet, Anne Coudreuse, Vincent Ferré, Xavier Gamier, Jean-Louis Joubert, Marc Kober, Anne Larue, Christophe Pradeau, Françoise Simonet, Jacques Tramson, Pierre Zoberman. Centre d'Étude des Nouveaux Espaces Littéraires Université Paris 13 99, avenue Jean-Baptiste Clément 93430 Villetaneuse Secrétariat d'édition Ségolène Roy (Paris 13, UFR LSHS) Directeur de publication Xavier Gamier Diffusion, vente Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École polytechnique 75005 Paris

Avis au lecteur
En 2008, Itinéraires et Contacts de Cultures devient Itinéraires. Littérature, textes, cultures (voir présentation page 151).

L'Harmattan, 2008. ISBN: ISSN: 1157-0342

Sommaire
Anne LARUE: L'art qui manifeste: exigence de résistance au pire entre histoire des avant-gardes et 7

Brève histoire du manifeste des origines à nos jours
Laurent MARGANTIN : À la source du manifeste Gilles FROGER : La Mort de Marat: le recours aux mots Anne TOMICHE : Manifestes artistiques, art manifestaire Marc KOBER: Le manifeste surréaliste hier et aujourd'hui... Hervé-Pierre LAMBERT: Posthumain, bioart, Internet et manifestes 13 19 23 .4 55

Crise de l'artiste Erwan BOUT: Une macroscopie de l'art qui manifeste pure. Quelques 83 87 93 75

Jean-Pierre COMETTI : Cynisme de la manifestation remarques inchoatives et ambiguës Junko KOMATSU: L'art contemporain

ou le capitalisme à l'état pur

Laurence CORBEL: L'art au musée: résistance ou reddition?

Pour un art critique aujourd'hui
Clémence LAOT : Orlan, un corps qui manifeste ou comment la chair se débat 105 Véronique GOUDINOUX : Tacita Dean, Thomas Sipp. Une proximité nommée Sebald 113

Bruno Nassim ABOUDRAR : Intérieurs avec femmes voilées 121 y : Les Guerrilla Girls: Traduction d'Anne LARUE et Hugues LEBAILL retour critique sur I'histoire de l'art patentée 133 Bruno DANIEL-MOLlNER et Anne LARUE: Manifestation silencieuse. (Sur Éteindre de Jennifer Douzenel) 137

6

I

SOMMAIRE

Épilogue. Manifestes contradictoires

sur la peinture
143 147

Lauretta LEROY: Moi non plus, je ne suis pas peintre Vincent DULOM : Propos entrecoupés sur la peinture

Merci aux auteurs des œuvres reproduites dans le cahier photographique pour leurs aimables autorisations.

L'art qui manifeste: entre histoire des avantgardes et exigence de résistance au pire

On pourrait croire que l'art qui manifeste est une vieille lune; qu'il est passé, le temps des manifestes. Les « manifestes historiques », manifestes du futurisme ou du surréalisme, semblent appartenir à une avant-garde à présent bien en arrière, autant que les mouvements artistiques politisés des années 1970. Tout ceci est à présent rangé en histoire de l'art: autant dire que la puissance manifestaire s'en est ipso facto tarie. Ce qui est classé devient classique. Vraiment? Et cela signifie-t-il pour autant que l'art d'aujourd'hui a cessé de « manifester» - quel que soit le sens que l'on accorde à ce mot? Que l'art, en somme, n'a plus rien à dire? On pourrait le croire, au premier abord. La scène artistique contemporaine semble envahie par le gentil «art contextuel» selon Paul Ardenne, ou l'agréable « esthétique relationnelle» selon Nicolas Bourriaud. L'art devient un terrain de jeux, un Luna Park, une théâtralisation ludique du monde de l'entreprise ou une opération de street marketing; rien ne semble différencier cet univers, formellement parlant, de celui de la publicité et des loisirs. Bien des « performances» aujourd'hui s'apparentent plus à la promotion sur le lieu de vente, avec distribution gratuite de gadgets et liesse collective de rigueur qu'à la mise en cause de la violence implicite de la société! On ne voit plus guère de Gina Pane se tailladant la peau, de Chris Burden se clouant tout vif à une Volkswagen, d'activistes viennois déféquant sur le drapeau autrichien. Pourtant, même s'il n'emprunte plus de tels chemins extrêmes, l'art d'aujourd'hui a encore, parfois, quelque chose à dire. Pour explorer cela, ce numéro de la revue Itinéraires ne s'attachera pas à une forme trop universitaire: des articles variés, de longueur volontiers différentes, traduiront son souci de refléter différentes manières de dire. Une part importante du numéro est consacrée à des mises au point historiques sur les grands moments manifestaires, comme le futurisme ou le surréalisme; mais nous avons laissé une large place à la véhémence, à la contestation, à la mazarinade et à ceux et celles qui veulent, à la fin de l'envoi, toucher. Notre désir est de faire d'un numéro sur l'art qui manifeste qui soit en même temps un numéro-manifeste, un numéro qui manifeste.

8

I

ENTRE HISTOIRE

DES A V ANT -GARDES

ET RÉSISTANCE

AU PIRE

La forme choisie (une revue) peut faire sourire. On aurait sans doute mieux aimé un jeu vidéo, une installation, un blog, un postcast, une vidéo sur YouTube. Mais, dans ce monde numérique multisupports, on se rend compte que le papier, étrangement, tient bon comme support de ce qu'on appelle la « communication ». Théoriquement, il part en cendres à 451 oP, et fait tragiquement silence tant est grande sa fragilité; avec le Victor Hugo de William Shakespeare, on ne peut oublier que, n'était une poignée d'exemplaires sauvés de l'incendie du théâtre du Globe, le grand dramaturge élisabéthain aurait disparu de la Terre. Certes, mais actuellement, alors que la dématérialisation des supports induit des standards toujours changeants, le papier est le seul à résister, stoïquement, à cette valse inquiétante. L'ambiguïté de la revue - actuelle, éphémère, faite pour passer, mais que les archives gardent - correspond bien au projet
de l'art qui manifeste, entre présent pointu et fragment de mémoire vive.

* * *
Le numéro est construit suivant trois axes. 1. Comment le « genre» du manifeste avant-gardiste s'est-il historiquement constitué, dans le contexte du premier xxe siècle qui voit fleurir les « ismes » autoproclamés ? La première section de ce numéro, intitulée « Brève histoire du manifeste », rend ainsi compte de ces mouvements collectifs et des influences à partir desquelles les manifestes se sont constitués. L'esprit manifestaire disparaît-il avec la fin de ces avant-gardes? Assiste-t-on à la «clôture» du «genre»? Certes non: l'art contemporain a encore besoin d'écrire des manifestes, surtout quand c'est un cyborg qui tient la plume. Aux limites de l'humain, le bioart réalise paradoxalement l'étrange vœu d'Antonin Artaud, celui d'avoir un corps sans organes, peut-être même un corps sans corps. 2. Dès lors, on assiste à la remise en cause, parfois violente, du statut de l'artiste et de sa valeur. La deuxième partie du volume, intitulée « Crise de l'artiste », regroupe des analyses qui, chacune à sa manière, dénient à l'artiste le rôle essentiel et structurant qui était le sien depuis le romantisme. À nouveaux temps, nouveaux artistes. Le présupposé collectif qui fait le fond du manifeste s'est mué en silence solitaire, chacun jouant dans une structure invisible le rôle d'un rouage dans une machine géante. L'art, loin de manifester, suivrait-il les tendances dominantes? On se penche sur les limites intellectuelles de cette adhésion muette, qui à l'art « qui manifeste» tend à substituer la réalité d'une immanence dépolitisée: l'art reflète-t-il, de la société, une certaine tendance à la « manifestation pure» qui risque de le vider de tout contenu? Le risque

ANNE LARUE

I

9

de cynisme, et celui de se fondre sans esprit critique avec la doxa ambiante, caractérisent-ils l'art contemporain aujourd'hui? La question flotte comme une bannière. 3. La troisième partie de l'ouvrage, «Pour un art critique aujourd'hui », explore les nouvelles formes sous lesquelles l'art manifeste de nouveau - quand bien même le manifeste se serait fait plus individuel, l'humain rescapé de la science-fiction se dressant, tout seul, face à une impitoyable machine, à la manière des héros de quelque roman dystopique anglais, type 1984 ou Le Meilleur des mondes. Le manifeste est-il encore manifeste quand on se trouve seul à le proclamer? Même si la dimension collective vient à faillir, la question de fond reste la même: l'art qui manifeste peut-il se résumer à une page d'histoire forclose, qu'il faut maintenant tourner, ou bien le désir de manifester, même seul, est-il encore d'actualité? On se penche donc sur l'analyse d'artistes chez qui la dimension manifestaire est insistante, et en illustre l'actuelle vitalité. Peut-être un levier important est-il, dans ce contexte, un certain féminisme: non pas un féminisme théorique ou conceptuel, mais un féminisme qu'on pourrait qualifier d'opérationnel. C'est aussi par la critique virulente du « système des images », si l'on peut dire, que s'exprime avec ardeur un nouvel art qui manifeste - en s'attaquant à la source vive qui était celle des arts avant cette époque: l'image même, à présent supplantée par la contestation, qui vaut pour art, de l'idéologie que ces images véhiculent, avec la force et l'impact qu'on sait. En guise de conclusion, un épilogue consacré à deux « Manifestes contradictoires sur la peinture» offre son contrepoint - et aussi point d'orgue, en l'occurrence. L'un des manifestes reprend et analyse nombre de manifestes célèbres, l'autre se fait stances et poème. Le manifeste en art confine bel et bien, et cela depuis les origines, à un art qui serait le manifeste même. Refusant toute nostalgie mélancolique sur l'heureux temps qui prétendument n'est plus, temps politique de l'art qui avait quelque chose à dire avant la perte du sens et la « fin des grands récits », nous proposons donc de brosser un bref état des lieux de l'art qui manifeste aujourd'hui, en ces temps de « barbarie douce» (Le Goff), et qui engage une démarche de « résistance au pire» (Onfray).
Anne Larue

Brève histoire du manifeste des origines à nos jours

À la source du manifeste

Que la question du manifeste en art, et surtout de son absence, soit posée en un temps où la disparition de l'engagement politique dans les pays dits démocratiques (ou « occidentaux») est constatée voire célébrée ne surprend guère, si l'on ramène cette question à son origine, qui est justement celle de la symbiose idéale entre écriture poétique et parole révolutionnaire. Le manifeste surgit là, dans cet espace historique et politique de la fin du XVIIIe siècle, et dans un cercle d 'hommes meurtris de ne pas voir la Révolution avoir lieu dans leur propre pays, l' Allemagne. À l'absence de soulèvement populaire répond une parole d'une intensité rare, qui mêle toutes les approches. À la disparition du manifeste correspond un questionnement sur sa possibilité à venir, quand plus rien ne paraît possible hors de ce qui est déjà, qu'il s'agirait de réitérer indéfiniment. Est-ce, d'un même mouvement, le début et la fin du manifeste romantique? Le surgissement inaugural se produit en 1796-1797. De manière significative, le je du manifeste est tout de suite un nous. Car s'il est d'abord question de « l'être libre », dont la naissance liée à la conscience de soi permet celle de « tout un monde », le je initial se mue très vite en un « esprit créateur comme l'est ou devrait l'être le nôtre ». Le document qui semble bien être le premier manifeste moderne, et dont la nature est à la fois philosophique et poétique, consiste en deux feuillets qui ont été baptisés par leur découvreur « le plus ancien programme de l'idéalisme allemand ». En un geste inaugural, il est l'œuvre d'une voix plurielle, qui est à la fois celle de Holderlin, Hegel et Schelling, les trois condisciples du Stift à Tübingen. Je dis bien « voix plurielle », car même s'il fut écrit par un seul, le fait que la graphie soit celle de Hegel (qui, selon une hypothèse parmi de nombreuses autres, aurait retranscrit un texte de Schelling) et le ton lyrique nous entraînent déjà dans le mélange initial propre au manifeste moderne: mélange des voix, des styles, mais aussi des disciplines, des modes de pensée et d'écriture. Telle est la parole mêlée et diverse du romantisme qui, au xxe siècle, fut aussi celle de différents mouvements de création et de pensée, lesquels furent « lancés» par un texte commun et programmatique.

14

I

À LA SOURCE DU MANIFESTE

Que la parole anonyme du peuple et celle de l'individu, ici en l'occurrence indistinct, coexistent dans ce « programme », cela se vérifie à chaque ligne. Plus qu'une coexistence, c'est une articulation profonde, même si elle est naturellement problématique, parce qu'elle inaugure une fusion totale idéale et à venir. La liberté collective ne peut être rendue possible que par un acte philosophique initial réalisé par l'individu affirmant son autonomie:
La première idée est naturellement la représentation de moi-même comme un être absolument libre. Avec l'être libre, conscient de soi, apparaît en même temps tout un monde à partir du néant - la seule véritable et pensable création à partir du néant! [.. .j.
~

Cette liberté de la conscience est celle du Moi de Fichte affirmant: « Est un homme celui qui peut me dire: Je suii. » Cette affirmation du Moi est qualifiée de « première idée ». Le terme a son importance, car il permet de caractériser le manifeste romantique plus en profondeur. Le système invoqué par l'auteur du « Programme» est fondé sur une idée au sens kantien du terme. Pour Kant, une idée est une représentation dont se sert la raison pour fonder une action pratique. On peut la qualifier de «finalité », d'« objectif» (Zweck) permettant l'agir d'un seul être ou de toute une communauté. C'est en quelque sorte un plan, une esquisse que l'on dessine en vue de sa réalisation. L'être se posant comme libre par un acte de sa conscience invente en même temps sa liberté qui surgit du néant. Mais tandis que sur le plan d'une action naturelle une chose ou un être a une cause qui le précède, ce qui est créé à partir d'une finalité a sa cause devant soi, non pas dans le présent de manière concrète, mais dans un avenir plus ou moins proche3. Cette idée de la liberté sur laquelle repose tout le manifeste est associée à une conception organique de la société. L'État-machine est sévèrement condamné, au nom justement de la liberté humaine:
L'idée de l'humanité au premier plan - je veux montrer qu'il n'y a pas d'idée de l'État, car l'État est quelque chose de mécanique, pas plus qu'il n'y a une idée de la machine. Seul ce qui est objet de la liberté s'appelle Idée. Nous devons donc dépasser également l'État ! Car tout État est obligé de traiter les hommes libres comme un rouage mécanique: et c'est ce qu'il ne doit pas; il faut donc qu'il arrête.
~

I. La forme poétique du monde, anthologie du romantisme allemand, Paris, José Corti, 2003, p. 398, traduit par nos soins. 2.Ibid., « Tous les individus font partie de la grande unité de l'esprit pur », p. 645, traduit par nos soins. 3. Voir les analyses de Manfred Frank dans Der kommende Gatt. Vorlesungen über die neue Mythologie, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1982, p. 153-187.

LAURENT MARGANTIN

I

15

En quoi cette critique de l'État et une conception organique de la société nouvelle sont-elles subordonnées à l' affinnation de la liberté? À vrai dire, la critique de l'État-machine n'est pas nouvelle. Elle se trouve déjà chez Rousseau et Herder. Mais ici, c'est bien l'État en général qui est dénoncé, l'État bourgeois issu de la Révolution française, et plus seulement l'État absolutiste. Les premiers penseurs romantiques et idéalistes - et plus tard Marx - voient dans l'État une forme d'organisation sociale privilégiant le mécanisme des devoirs du sujet soumis à des lois, quand auparavant l'assujettissement s'inscrivait dans un rapport au monarque. La liberté individuelle et collective est ici piétinée, une mécanique du pouvoir s'est dévoilée au moment de la Terreur qui n'est pas une perversion de la Révolution, mais sa réalisation comme soumission d'un sujet à une Loi qui le dépasse. Ainsi l'État moderne fonctionne-t-il grâce à une série d'actions légales s'enchaînant les unes les autres dans tous les domaines de la vie, sans que l'idée de la liberté légitime à aucun moment la vie individuelle et collective. L'homme de l'État moderne est un homme assujetti à une administration et un gouvernement, et ceux-ci ont pour rôle de maintenir la société dans un bon fonctionnement en vue d'objectifs éducatifs, économiques ou géopolitiques qui ne sont jamais légitimés par une idée supérieure sur laquelle la communauté se serait préalablement accordée. Dans ce monde de l'État moderne, le manifeste surgit pour dire la possibilité d'une vie fondée sur l'idée de liberté. C'est à cet endroit du «Programme» qu'est énoncée une plus grande Idée, qui ne serait « encore jamais venue à l'esprit de personne» : celle d'une « nouvelle mythologie », seule susceptible de rapprocher et de réconcilier « les hommes éclairés et ceux qui ne le sont pas ». Elle est qualifiée de « mythologie de la raison» et présentée ainsi:
Tant que nous n'avons pas rendu les Idées esthétiques, c'est-à-dire mythologiques, les Idées n'ont aucun intérêt pour le peuple; et inversement tant que cette mythologie n'est pas rationnelle, elle est un objet de honte pour le philosophe. C'est ainsi que les hommes éclairés et ceux qui ne le sont pas doivent se tendre la main. La mythologie doit devenir philosophique et le peuple rationnel, et la philosophie doit devenir mythologique afin de rendre les philosophes sensibles. Alors règnera l'unité étemelle parmi nous. Jamais plus le regard méprisant, jamais plus le tremblement aveugle du peuple devant ses sages et devant ses prêtres. Alors seulement nous attend la formation égale de toutes les forees, celles du particulier comme eelles de tous les individus. Aucune force ne sera plus réprimée, la

liberté et l'égalité universelledes esprits règneront ! - Un esprit supérieur
envoyé du ciel doit fonder cette nouvelle religion parmi nous, elle sera la dernière et la plus grande œuvre de l'humanité.