L'art sans l'histoire de l'art

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L'Art n'est pas un concept mais une interrogation qui est au coeur de l'homme : "Pour quoi le monde ?" Ce livre, écrit par un peintre, se veut un appel à la liberté dans l'esprit, une invitation à la reconquête de l'Art dans un monde menacé par les robots. Il sagit d'une rupture avec l'académisme contemporain, d'une ouverture vers un avenir différent.
Publié le : dimanche 1 janvier 2012
Lecture(s) : 33
EAN13 : 9782296479630
Nombre de pages : 150
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L’ART SANS L’HISTOIRE DE L’ART

Collection

Métaphysique au quotidien

dirigée par Bruno Bérard et Annie Cidéron
La collection
Métaphysique au quotidien
entend diffuser auprès
d

un public élargi des doctrines métaphysiques vivantes ou, d

une
certaine façon, « vécues » par ceux qui les exposent.
Fondée par une démarche philosophique

ouverte, par
définition

, la collection encourage le dialogue avec d

autres
domaines de la science comme la psychologie, la physique, la
logique, la cosmologie, l
’éthique…

Pour faciliter la communication, les deux modes d

exposition
principaux retenus sont le dialogue et l

ouvrage collectif.
D
ÉJÀ
P
ARU
:
François C
HENIQUE
,
Souvenirs métaphysiques d

Orient et d

Occident
,
Entretiens avec Christian Rangdreul, 2009.
Qu

est-ce que la métaphysique ?
, par Bruno B
ÉRARD
, Jean B
IÈS
, Jean
B
ORELLA
, François C
HENIQUE
, « Martin H
EIDEGGER
», Aude
DE

K
ERROS
, Kostas M
AVRAKIS
, P
AMPHILE
, Alain S
ANTACREU
,
Wolfgang S
MITH
, Emmanuel T
OURPE
, Jean-Marc V
IVENZA
,

2010.
Bruno B
ÉRARD
, Jean B
ORELLA
,
Métaphysique des contes de fées
, 2011.
Jean B
IÈS
,
Le soleil se lève à minuit, initiation aux sagesses du quotidien
,
1102

Georges BRUNON
L’ART

SANS L’HISTOIRE DE L’ART

Métaphysique au quotidien

D
U MÊME AUTEUR

Le geste créateur et l’Aïkido
, éditions du Rocher, 1980
L’art et le vivant
(éveil à la création), Dangles, 1982
Les forges d’Héphaïstos
(
centre dynamique de la création
), éditions du
Dauphin, 1987
Les noces du cerisier
, Les cahiers bleus, 1996
Au Soir et Au matin
, Les cahiers bleus, 1998
L’Art et le feu créateur
, éditions du Dauphin, 2002
La Cité impérieuse
, Les deux Océans, 2002
Les Dits du Cerisier
, Zurfluh, 2009

© L’HARMATTAN, 2011
5-7, rue
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7
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5 Paris
diffuhsairomn.ahtatranm1at@tawna@nawdaonoa.fdro o.fr
ISEBAN N: 9: 7987-822-2299665-5666644660-

0

Remerciements à Élodie Mourot,
Qui, avec tant de soins, a désherbé ces pages.

P
RÉAMBULE

Ce livre n

est pas une thèse et son propos n

est pas de
polémiquer mais d

explorer, en dehors de l

histoire de l

art, le
lien entre l

Art et la vie.
Je vous demande de le lire comme le témoignage d

un
peintre qui s

appuie sur ses expériences et, depuis cinquante
ans, travaille devant son chevalet des peintures à l

huile, tout
en réfléchissant au sens d
e cette activité sans fin…

geobrunon@orange.fr

www.georges-brunon.fr
(site)

7

I
NTRODUCTION

Certains artistes contemporains, comme Andy Warhol,
affirment ou laissent entendre que le marché désigne, dans le
monde moderne, la seule valeur objective des œuvres d’
art. Il
n

y a plus de chef-d
’œuvre en dehors des cotes. Soit! Mais
nous sommes moins étonnés par le prix considérable atteint
par ces œuvres que par son rapport avec l’
insignifiance de
l

objet vendu.
Ce qui se vend si cher, ce sur quoi on spécule, ne peut pas
être cette boîte de conserve, cette phrase gribouillée sur une
toile, ce requin dans du formol, ce petit récipient rempli
d

excréments etc. Ce qui fait le prix est la sacralisation de
l

objet par l

histoire de l

art récente qui a fait de ces choses
triviales des « objets d

art ». Comme l

a fait remarquer
Nathalie Heinichen, en 1998, dans son livre
Le Tripl
e jeu de l’art
contemporain
: « Le travail de
l’artiste n’est pas de dire : ‘‘
ceci est
de l

art
’’
, mais de le faire dire par les spécialistes. »
Ce que l

on vend, ce sont des concepts qui prétendent
représenter le monde actuel. Quand on demande : « comment
se fait-il que le monde actuel qui se veut réaliste soit
représenté par des objets inutiles ? », on nous répond que
nous sommes au vingt-et-unième siècle, que le temps des
émotions est passé et que nous avons d

autres valeurs : celles
du progrès. Une œuvre de Picasso est
-elle un progrès par
rapport aux peintures rupestres ? Tout le monde est d

accord,
tout le monde répond : « Non ! ».
Alors…

9

Il est peut-être temps de se libérer, d

ouvrir d

autres
pistes de réflexion au lieu de critiquer cet « art
contemporain » ? Les initiés à son histoire regardent avec un
certain mépris un public qui ne les suit pas mais n

en est pas
moins terrorisé à l

idée de ne pas être dans l

actualité, d

être
condamné à rester au bord du chemin. Il attendait du tableau
une image qui l

aide à vivre son voyage incertain sur terre, il se
retrouve avec une image qui fait parler et devant laquelle il ne
lui reste qu

à se taire car, s

il disait qu

il ne voit pas l

intérêt de
ce qu

on lui impose comme étant de l

art, il serait renvoyé plus
ou moins implicitement cent cinquante ans en arrière, en
1869, époque où le Figaro écrivait : « L

impression que
procurent les impressionnistes est celle d

un singe qui se serait
emparé d

une boîte de couleurs. » Voilà un argument que je
n

aime pas. C

est un terrorisme insupportable qui veut nous
imposer le « progrès » comme maître.
Avançant à l

abri de cette menace, Buren, qui a fait sur les
colonnes au Palais Royal de Paris de petites bandes de couleur
millimétrées insignifiantes (ce qui est son propos) et
ennuyeuses (ce dont il ne se préoccupe pas), peut, sans faire
rire, déclarer dans le dictionnaire des artistes contemporains
de 1996 : « les gens qui vomissent sur mes colonnes sont les
petits-enfants de ceux qui crachaient sur Renoir ».
Cette histoire de l

art qui se permet de décider ce qu

est
l

art d

aujourd

hui est-elle aussi triomphante qu

elle en a l

air ?
Déjà en 1979, le peintre Hervé Fisher déclare lors d

une
performance à Beaubourg que l

histoire de l

art est terminée.
C

est un peu rapide. Mais de quoi parle cette discipline qui a
fait de l

art un concept qui permet d

envelopper dans une
même activité l
’œuvre
de Léonard de Vinci et les
extravagances actuelles de Murakami au château de Versailles,
comme si elles étaient la suite de la première ?
Pour moi, peintre, l

Art n

est pas un concept, mais une
question qui interroge, en silence, sur le sens de la vie. Nous

01

laisserons la polémique pour chercher le sens de l

Art en
amont des interprétations données par des historiens, avant
que ses œuvres ne soient classées, numérotées dans un souci
de clarté qui permet de les expliquer pour mieux les
« comprendre » mais qui nous empêche de les vivre. « On a
fait l

histoire du cubisme, elle est entièrement fausse, dit
Braque, mais c

est trop tard. On ne peut pas revenir en
arrière ».
Pour éviter d

aller plus loin dans cette direction, pour
rompre le cercle, sortir de ce qui devient un nouvel
académisme, nous avancerons comme des braconniers,
comme des maquisards, à la lueur de nos expériences, hors du
chemin connu. Nous irons par d

autres sentiers, cachés sous
la broussaille que ne surveillent pas les gardes-frontières.
Dans un premier temps, nous verrons comment la
permanence de la question que pose l

Art demeure toujours la
même malgré les changements de style au cours de l

histoire.
Dans un second temps, nous évoquerons ce qu

il est pour qui
le rencontre dans un face à face inquiétant que seule une
pensée poétique peut soutenir.

11

P
REMIÈRE
P
ARTIE

L’A
RT N

APPARTIENT PAS À L

HISTOIRE


L
’œil :


une source qui abonde


Mais d

où venue ?
De plus loin que le plus loin

de plus bas que le plus bas

Je crois que j

ai bu l

autre monde
Philippe Jacottet

C
HAPITRE
I
L
A QUESTION DE L

A
RT DANS L

ART
MODERNE

Ce que l

on nomme art moderne est, au début du
vingtième siècle, la mise en évidence dans l

Art de la question
du « Pour Quoi le monde ? » qui depuis toujours accompagne
la création. Il s

agissait d

une incursion dans l

ailleurs, on en a
fait un événement socioculturel.
Alors qu

on lui demandait s

il croyait en Dieu, Marcel
Duchamp

le super dada, connu pour avoir fait scandale en
1913 en exposant au salon un urinoir

répondit : «

pas du
tout. Ne dites pas cela ! Pour moi la question n

existe pas.
C

est une invention de l
’homme…
le terme
‘‘
athée
’’
, en
opposition au terme
‘‘
croyant
’’
, ne m

intéresse pas, ni leurs
significations les plus claires. Pour moi il y a quelque chose de
plus que ‘‘oui’’, ‘‘
non
’’, ou ‘‘
indifférent
’’…
Voyez-vous, je ne
veux pas qu

on me colle une étiquette. Ma position est
l

absence de position, mais évidemment on ne peut même pas
en parler, à la minute même où l

on en parle, on gâche tout. Je
veux dire aussi que les mots ne mènent nulle part. » On a
négligé cette dimension du super dada qui désignait pourtant
l
’ailleurs comme fondement de sa position
; le silence dans
lequel nous apercevons l

Art.
Auteur de nombreux essais sur l

art moderne, Arturo
Schwarz, en citant ces phrases (dans son livre « Marcel
Duchamp » paru aux éditions Fall en 1974) les rapproche de la

51

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