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L'exposition, théorie et pratique

De
213 pages
Les expositions se multipliant dans les musées et les institutions culturelles, leur rôle dans le cadre de la diffusion de la culture prenant une importance de plus en plus grande, les professionnels des musées sont amenés à produire des expositions de plus en plus nombreuses et d'une qualité toujours meilleure. Face à cela, les étudiants et les jeunes professionnels des musées manifestent un besoin d'information dans le domaine de l'exposition. Cet ouvrage a pour but de répondre à l'attente d'information et d'aide des étudiants et des professionnels, et d'améliorer la qualité des productions grâce à la méthode de travail proposée.
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L'exposition,
théorie et pratiquePatrimoines et sociétés
Collection dirigée par
Catherine Ballé
Elisabeth Caillet
Françoise Dubost
Dominique Poulot
Patrimoines et sociétés présente les travaux de
sciences humaines qui explorent le phénomène de
patrimonialisation dans les sociétés contemporaines. A
cet intérêt pour l'héritage artistique, culturel et naturel,
la collection associe la réflexion sur la création
contemporaine, patrimoine de demain.
Déjà parus:
Publics et projets culturels, un enjeu des musées en
Europe, 2000.
La patrimoine à l'ère du document numérique, 2001.
Politique et musées, 2002.
L'art contemporain et son exposition (1), 2003.
Stratégies pour l'action culturelle, 2004.L'exposition,
théorie et pratique
Claire Merleau-Ponty
Jean-Jacques Ezrati
Patrimoines
et Sociétés
HarmattanL'i!J L'HARMATTAN, 2005
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
L'HARMATTAN, ITALIA s.r.1.
Via Degli Artisti 15; 10124 Torino
L'HARMATTAN HONGRIE
Konyvesbolt ; Kossuth L. u. 14-16 ; 1053 Budapest
L'HARMATTAN BURKINA FASO
1200 logements villa 96 ; 12B2260 ; Ouagadougou 12
ESPACE L'HARMATTAN KINSHASA
Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives
BP243, KIN XI ; Université de Kinshasa
- RDC
http://www.librairieharmattan.com
harmattan J@wanadoo.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN: 2-7475-9746-6
EAN: 9782747597463REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont aidés de leur
savoir et de leur patience: Elisabeth Caillet grâce à qui ce
livre a pu paraître, nos collègues, Etienne, Denis et Anne,
nos étudiants et stagiaires, en particulier Laétitia et François,
ainsi que les membres de nos familles, Maayan, Idit,
Fabrice, Baptiste et Condo à qui nous avons volé des heures
précieuses d'intimité.PRÉFACE
La question de l'exposition a pris progressivement une
importance croissante tant dans les musées que dans
différents lieux dont ce n'est pas la vocation première:
salles municipales, halls d'établissements scolaires, salles
d'attente d'hopitaux, etc. Les conservateurs, formés à
l'expographie, n'en constituent plus qu'un type d'acteurs,
les autres étant soit des architectes, soit des médiateurs dont
ce n'est pas le métier principal. Par ailleurs, les exigences
des publics ont cru, habitués qu'ils sont à des manifestations
de prestige destinées à attirer un public nouveau. De plus, la
création contemporaine, les expositions thématiques ont
diversifié les langages, les supports, les outils d'exposition.
Enfin, le modèle occidental de l'exposition est aujourd'hui
travaillé par la demande d'expositions formulée par d'autres
pays qui ne maîtrisent pas la tradition de l'exposition.
Les professionnels des musées français sont très
régulièrement sollicités pour faire des interventions lors de
colloques ou d'enseignements universitaires dans de
nombreux pays qui souhaitent bénéficier de l'expérience
française, estimée dans le monde comme significative du
fait de l'extraordinaire renouvellement de ses musées et du
dynamisme de ses expositions temporaires dans les vingt
dernières années. Il était donc nécessaire de formaliser ce
travail collectif afin de proposer un ouvrage didactique de
référence sur la question de l'exposition et de sa
muséographie, tant en termes techniques que pédagogiques.
Cet outil a été réalisé par Claire Merleau-Ponty et par Jean-
Jacques Ezrati qui interviennent régulièrement dans de
nombreuses formations tant en France qu'à l'étranger. Il
étudie tous les aspects de la conception et de la réalisation
des expositions, apporte une clarification des notions et
explicite les pratiques avec la plus grande efficacité.
Ecrit à deux voix, ce livre cherche à ordonner les différentes
étapes qui constituent le travail de l'exposition, à montrer
comment s'articulent théorie et pratique; sans pour autant
fournir des recettes, il propose plutôt des exemples
(multiples, variés) qu'il s'agit d'adapter à chaque cas réel.
9Les auteurs ont choisi de travailler à partir d'une réflexion
théorique sur l'exposition, ses différentes fonctions, les
raisons de sa vogue actuelle. Ils ont ensuite mis l'accent sur
la démarche de conception des expositions, montrant
l'itération qui préside à la construction d'un dispositif qui
est bien loin d'être seulement un média puisque sa forme
même transforme les discours qui en constituent le pré-
texte. Ils ont ensuite montré comment l'exposition ne
s'arrête pas à la mise en espace d'un propos scientifique ou
artistique, mais comporte une exploitation résidant dans les
différents outils qui permettent aux publics de se
l'approprier: des plus classiques (cartels) aux plus récents
(dispositifs interactifs). Ils ont enfin traité de la question
budgétaire avec un souci méthodologique que les lecteurs ne
manqueront pas d'apprécier à l'époque où, bien souvent, les
crédits des manifestations culturelles diminuent et où il
importe de faire comprendre aux financeurs qu'une
exposition ressemble à une production cinématographique.
On trouvera enfin un glossaire terminologique qui aidera
tant les francophones que les étrangers à comprendre les
termes justes d'une technique muséographique en voie de
définition.
Avec cet ouvrage Claire Merleau-Ponty et Jean-Jacques
Ezrati nous donnent un véritable manuel d'expographie:
notre souhait est qu'il soit repris par tous ceux qui travaillent
avec l'exposition et qu'il serve à accroître leurs
compétences.
Elisabeth Caillet
10SOMMAIRE
REMERCIEMENTS 7
PRÉFACE 9
l.THÉORIE DE L'EXPOSITION 13
LE CONTEXTE GÉNÉRAL 13
LES FONCTIONS DES EXPOSITIONS 18
POURQUOI LES TEMPORAIRES
CONNAISSENT-ELLES UN TEL SUCCÈS 7 21
QU'EST-CE QU'UNE EXPOSITION 7 24
CONCEPTION DE L'EXPOSITION 39
LES DÉTERMINANTS 70
2. PRATIQUE DE L'EXPOSITION 81
LA MISE EN ESPACE 81
LES AIDES À LA VISITE 111
L'AUDIOVISUEL ET LES DISPOSITIFS MULTIMEDIA.. 139
LE MATÉRIEL INTERACTIF 149
METHODOLOGIE DE L'EXPOSITION 159
DOCUMENTS ANNEXES 171
GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE... 185
B IBU OGRAPHIE 194
TABLE DES ILLUSTRATIONS 203
TABLE DES MATIÈRES 2051. Théorie de l'exposition
LE CONTEXTE GENERAL
Avec la multiplication des créations et des réaménagements
de musées et avec celle des expositions temporaires, le
principe d'exposition donne lieu à une réflexion de plus en
plus approfondie.
Depuis une vingtaine d'années des changements importants
sont intervenus dans les musées et les institutions culturelles
en général. Une nouvelle orientation qui vise à considérer le
traitement du public comme une priorité, la loi sur les
musées de janvier 200i en est un exemple. Cette prise en
compte du public a favorisé la multiplication des expositions
au sein des musées et dans les institutions qui leur sont
assimilées.
Depuis 1974 à l'initiative de Georges-Henri Rivière,
muséologue français, l'ICOM - Conseil international des
musées - se dote de la définition suivante: " Le musée est
une institution permanente, sans but lucratif, au service de la
société et de son développement, ouverte au public, et qui
fait des recherches concernant les témoins matériels de
l'homme et de son environnement, acquiert ceux-là, les
conserve, les communique et notamment les expose à des
fins d'études, d'éducation et de délectation.", Bien
1
Article Ide la Loi du 4 janvier 2002 : L'appellation" musée de
France" peut être accordée aux musées appartenant à l'Etat, à une
autre personne morale de droit public ou à une personne morale de
droit privé à but non lucratif.
Est considérée comme musée, au sens de la présente loi, toute
collection permanente composée de biens dont la conservation et
la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la
connaissance, de l'éducation et du plaisir du public.
13qu'aujourd'hui il existe une intention de revoir cette
définition il nous semble qu'apparaissent toujours aussi
nettement la mission, les fonctions et les moyens illustrés
par le schéma suivant:
~~-~----------------------------------------
Objectifs/ ,/ "
/
\I '
Le musée [...] au service de la )
société et de son développement /"
"
"'
~--~/
;;:c~~;---------------_
~- -,/
/
'/ ' \I '
I )
///
\"
-- --
------------------------------------
-------------------------------------
~- Moyens ---,
/ ,
/
\/
)I
/
\', Expositions /
/
------------------------------------------
1. Le musée: objectifs, fonctions et moyens.
Nous avons, pour notre part, remplacé le verbe
communiquer par le verbe diffuser, plus juste aujourd'hui.
Le musée diffuse un savoir et communique sur l'événement
support de ce savoir qu'est l'exposition. Contrairement à
certains nous ne trouvons pas qu'il existe une hiérarchie des
fonctions. Elles se trouvent inscrites dans un ordre logique.
Des amendements successifs ont nommé "musées" les
galeries d'art à but non lucratif, les institutions ou
organisations à but non lucratif qui mènent des activités de
recherche en matière de conservation, d'éducation, de
formation, de documentation et de muséologie. Sont
également considérés comme musées les centres culturels et
les autres institutions qui ont pour mission d'aider à la
préservation, à la continuité et à la gestion des ressources
patrimoniales tangibles et intangibles (patrimoine vivant et
activité créative numérique). Ce qui a évité la sclérose de
14l'institution, sans pour autant remettre en cause ses quatre
fonctions.
Acquérir
Acquérir reste un objectif permanent des musées, qu'ils
soient petits ou grands, afin de sauver pour les" étudier les
témoins matériels de l'activité de l'homme et de son
environnement". Les acquisitions se font sous la forme de
fouilles, d'achats, de dons ou de dépôts, au gré des budgets
et des circonstances.
Etudier / Rechercher
La fonction de recherche s'est bien souvent dissociée des
musées pour se concentrer dans les universités et
laboratoires de recherche du CNRS - Centre national de la
recherche scientifique - en particulier. Dans l'esprit des
fondateurs du Musée de l'Homme, Mauss, Rivet et Lévi-
Strauss, la recherche ethnographique était une mission capi-
tale du musée; or maintenant, c'est plutôt au CNRS qu'elle
s'effectue. Le même phénomène s'est produit au Musée des
Arts et traditions populaires. Par contre, dans la
restructuration du Musée de l'Homme qui est en train de
s'opérer, on assiste à la volonté de redonner au musée une
fonction de recherche. Le futur Musée du quai Branly
s'engage dans une double direction: l'une artistique et
l'autre de recherche et de formation. Il n'en reste pas moins
que ces dernières années, les recherches en sciences dures
ne s'effectuaient plus dans les musées (cf. La Villette, Palais
de la Découverte). Par contre, les musées d'art assurent une
recherche en histoire de l'art. Les expositions et les
restaurations d'objets sont l'occasion de réaliser des
recherches qui aboutissent à des études et à des catalogues
importants.
15Conserver
Si la conservation du patrimoine reste essentielle, elle prend
des proportions parfois inquiétantes, reflet de l'angoisse
d'une société dont l'évolution ne cesse de s'accélérer. On en
vient à " claquemurer pour ainsi dire tout l'univers" lance
Jean Davallon2. Les parcs naturels, les parcs régionaux, où
sont inclus villages et habitants dans les plans de
préservation, sont de vastes musées. Les réserves de la
biosphère à l'échelle internationale sont eux aussi de
gigantesques musées. Certains artistes sont décrétés
patrimoine vivant au Japon et en Corée.
Diffuser
La médiation a pris, depuis vingt ans, une ampleur
considérable. Elle est devenue, pour les responsables, bien
souvent, l'objectif principal de leur mission. Dans l'esprit de
la Révolution et des musées rendus accessibles au grand
public, il s'agit de montrer le patrimoine et en particulier les
collections.
L'identification de ces différentes fonctions est
contemporaine du développement de la muséologie, cette
science relativement nouvelle qui est l'étude des musées
d'où découle la muséographie, ensemble des techniques
nécessaires à la présentation et à la bonne conservation des
collections.
Aux Etats-Unis, dès les années soixante, un changement
radical s'opère dans les musées. Une volonté d'ouverture et
de développement des liens avec le public s'affirme. Les
musées entrent dans une logique économique qui leur assure
de nouvelles perspectives.
2 Oavallon(J.) (dir.), "Claquemurerpour ainsi dire tout l'univers",
Centre de création industrielle, Paris, Centre Georges Pompidou,
1986. (collection, Alors).. .
16En Europe de l'Est, les études de muséologie sont
développées car les régimes communistes ont utilisé les
musées comme support idéologique, comme ciment de
cohésion sociale et facteur d'identité. Dans les pays
d'Europe du Nord et anglo-saxons, des structures d'études
et de connaissance se sont mises en place car les musées et
les expositions constituent un champ professionnel et
économique. Ils veulent occuper le marché.
En France, la muséologie était, jusqu'il y a peu d'années, le
monopole de l'Ecole du Louvre (depuis 1945). On réduisait
le musée à la sauvegarde du patrimoine. Comme pour les
autres domaines, les années quatre vingt ont fait des musées
un espace de communication voire un marché, ; si bien que
le " merchandising" a gagné ce secteur.
La multiplication des musées associatifs, qui échappent à la
Direction des musées de France (2000 recensés par la des de France, plus de 6000 par le guide
SEAT des musées), la multiplication des expositions, la
rénovation et la création récentes de certains grands
musées3 ont entraîné l'émergence de nouveaux métiers des
musées à la périphérie des institutions de l'Etat, et la
nécessité de nouvelles compétences. D'où la création
d'enseignements spécifiques dans les universités dont la
formation à l'exposition, la modification des enseignements
à l'Ecole du Louvre et à l'Ecole du Patrimoine, etc. Ces
enseignements portent essentiellement sur la gestion, les
techniques multimédia et surtout sur la médiation.
Tel est le contexte culturel général dans le quel se situent les
expositions qui tiennent désormais une place importante
dans le paysage culturel occidental et mondial et qui
justifient un enseignement.
3 Le Louvre, le Muséum national d'histoire naturelle à Paris, la
Cité des Sciences à Paris, et maintenant le Musée du quai Branly à
Paris, le Musée des Confluences à Lyon, le Musée du monde
méditerranéen à Marseille, enfin la Cité de l'Immigration à Paris.
17LES FONCTIONS DES EXPOSITIONS
Sur un plan général, les sociétés occidentales, mais cela est
vrai pour toutes les sociétés, en particulier celles qui sont en
crise, hormis celles qui sont soumises à des dictatures (et
encore), ont une haute idée de la culture. Nelson Mandela
affirme: "La culture doit être le langage qui guérira la
nation de ses plaies et la transfigurera ". Le Mahatma
Gandhi voyait dans la culture" la sagesse authentique des
fins et des moyens humains". Or les expositions, mani-
festations culturelles par excellence, remplissent un certain
nombre de fonctions dans la vie sociale et culturelle de nos
sociétés.
Porter une idéologie
Dans les années quatre vingt, le MINOM4 se préoccupe des
visiteurs avant tout et met" le musée au service des
hommes, aujourd'hui et demain". Les collections passent
au deuxième plan. Par ailleurs, la vision du musée est plus
globale et plus liée aux disciplines scientifiques. Dans cette
optique, les expositions temporaires remplissent plus
facilement que les salles permanentes les missions de la
muséologie définies lors de l'International Workshop on
New Museology qui s'est tenu en Espagne en 1987, à
savoir: " La muséologie doit avoir pour but la libération, les
progrès, et les transformations de la société par la prise de
conscience et la participation de la population. Le pouvoir
du musée vient des idées, des points de vue et de la
compréhension qu'il véhicule, pas de l'entretien des
collections". L'exposition temporaire devient un événement
social porteur d'idéologie et son producteur devient
socialement responsable.
4
Mouvement international pour une nouvelle muséologie,
représenté en France par la MNES - Muséologie nouvelle et
expérimentation sociale.
18Projeter une identité culturelle
Par ailleurs, l'exposition est l'expression d'une identité
culturelle, témoignage d'une époque et d'un milieu social,
des tendances culturelles et artistiques. Elle a une fonction
d'identification. "Être à la tête d'un musée, c'est
précisément être maître de l'image d'une communauté, ainsi
que de ses valeurs et de ses vérités suprêmes", affirme le
muséologue Carol Duncan. Elle témoigne de l'identité d'un
peuple tout entier: en sont la preuve certains musées dans
les pays en guerre ou économiquement pauvres qui, malgré
les difficultés, maintiennent et développent leur activité. Le
directeur des musées du Kenya, Georges Abungu, affirmait,
lors de la réunion générale de l'ICOM à Barcelone au mois
de juin 2002: "Les musées ne se contentent plus de
conserver les témoignages des différentes cultures dans le
monde, mais sont les garants de leur interprétation... La
communauté mondiale revendique maintenant sa part dans
l'écriture de sa propre histoire".
Le Musée d'ethnographie de Hanoï donne une image de
l'identité du Vietnam qui est fortement pluriethnique, ce qui,
jusqu'à présent, n'était pas développé dans les institutions
culturelles vietnamiennes. C'est ainsi que l'entrée du musée
est en forme de tambour de bronze, symbole de l'identité du
Vietnam.
Le Musée du désert au nord du Mexique a été créé pour
faire connaître cette région qui n'est pas habituellement
associée à l'image du pays connu, à l'intérieur comme à
l'extérieur, surtout pour les caractères de la région sud.
L'importance de ce nord mexicain est négligée d'un point
de vue historique et environnemental, alors que les ancêtres
indiens du nord ont eu un rôle culturel important et que 50%
du territoire est composé de déserts. Le rôle du musée est de
revaloriser et d'identifier cette région.
19Le musée de la Civilisation à Québec au Canada témoigne
de la culture des nations qui forment le pays. Onze nations
composent le Canada. Elles sont représentées dans ce musée
et leur culture exposée.
Faire connaître le patrimoine
Les expositions sont un moyen efficace de faire connaître le
patrimoine, ce qui répond au premier rôle attribué aux
professionnels des musées. Elles permettent aussi de
rassembler et de présenter des documents exceptionnels et
de mettre en valeur des œuvres perdues dans les salles
d'exposition permanente cantonnées dans les réserves
institutionnelles ou possédées par des collectionneurs ou des
artistes. Tel a été le cas de " La voix du dragon" (Cité de la
musique, Paris, 2000) qui a permis de présenter une
exceptionnelle collection de cloches chinoises. Ou encore,
par le biais d'acquisitions ou d'emprunts, elles sont
l'occasion de compléter ou d'élargir les collections.
Être un support de communication
L'exposition temporaire est un support de communication
formidable pour les institutions culturelles, le nerf de la
guerre de toute institution culturelle nationale, régionale ou
municipale. Dans la mesure où la culture est devenue un
outil politique qui valorise les municipalités, les
départements, les pays, l'exposition temporaire donne une
image positive d'une institution, et la transforme en un lieu
d'échange culturel.
Un grand nombre de musées vivent des expositions
temporaires qui permettent de développer la fréquentation
ou, en tout cas, de la maintenir.
20POURQUOI LES EXPOSITIONS TEMPORAIRES
CONNAISSENT-ELLES UN TEL SUCCES ?
La multiplication des expositions temporaires est la preuve
de leur succès auprès du public. Quelles sont les raisons de
ce succès alors que tant d'opérations culturelles restent le
fait d'une poignée de spécialistes: chercheurs, créateurs,
professionnels de la culture et ne rencontrent pas le même
écho?
Le pouvoir attractif des expositions est constaté depuis
longtemps. Arielle Kozloff dans" Muséum international"
intitule son article sur l'exposition" Aménophis III: Les
expositions temporaires ou comment associer le sérieux et le
sensationnel "s, preuve du pouvoir attractif a priori des
grandes expositions. Il est le résultat de l'attrait qu'exercent
le beau, le rare, le précieux et l'éphémère sur le public.
Eduquer et distraire
Les premières expositions universelles ont exercé une
fascination sur le grand public. Cependant elles se situaient
en marge des musées, ce qui est différent aujourd'hui où les
expositions se font en général dans le cadre des musées.
Elles étaient porteuses de l'esprit encyclopédique qui mettait
en avant éducation et distraction. Les expositions avaient
pour but de faire plaisir aux foules et de les éduquer. Elles
avaient une motivation politique qui était de faire connaître
et de glorifier le rayonnement de l'empire. Intention contre
laquelle se sont insurgés Breton, Eluard, Aragon, René Char
en 1931 avec leur appel à boycotter l'exposition coloniale.
Comme les expositions universelles, les expositions
internationales étaient bruyantes, agressives, défiant la
passivité du public. Elles ont montré que la culture populaire
5 Kozloff (A.), "Aménophis III: Les expositions temporaires ou
comment associer le sérieux et le sensationnel ", Muséum
international, n° 186, 1995, pp. 44-50.
21