La critique d'art en Afrique

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Cet ouvrage pose l'itinéraire de la critique d'art en Afrique, comme concept et pratique multimillénaires. En donnant l'identité de ce qu'il appelle la critique plasticienne, l'auteur offre page après page des repères esthétiques pour une lecture de l'art africain. Des voies pour apprendre à regarder et voir la production artistique du continent noir sont proposées en tenant compte de leur grammaire d'hier à aujourd'hui.
Publié le : jeudi 1 mars 2007
Lecture(s) : 385
EAN13 : 9782296167582
Nombre de pages : 124
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La critique d'art en Afrique

Les Arts d'ailleurs Collection dirigée par Dominique Berthet, Dominique Chateau, Giovanni Joppolo, Bruno Péquignot
Cette collection s'adresse à tous ceux qu'intéressent les formes d'art qui ont pu émerger ou émergent encore à l'écart du champ artistique dominant. Non seulement les arts dits premiers (africains, océaniens, etc.), mais toute manifestation d'art contemporain où une culture « non occidentale» s'exprime - art de la Caraïbe, d'Amérique du sud, d'Afrique, d'Asie... et d'ailleurs. Les livres de la collection, monographies ou traités, développent une approche ethnoesthétique, historique, philosophique ou critique. Titre parus Iba NDIA YE DIADJI, Qui a besoin de la critique d'art en Afrique - et ailleurs?, 2006. Dominique BERTHET, Les corps énigmatiques d'Ernest Breleur, 2006. Pie-Aubin MABIKA, Les arts d'ailleurs, 2006. Dominique BERTHET (sous la direction de), L'audace en art, 2005. Pie-Aubin MABIKA, La chanson congolaise, 2005. Christine FREROT, Art contemporain d'Amérique latine, 2005. Hortense VOLLE, La promotion de l'art africain contemporain et les N T.I.C., 2005. Susana SULIC, Sciences et Technologies de l'art contemporain en Argentine, 2004. Noémie AUZAS, Tierno Monénembo, 2004. Sylvie COELLIER, Lygia Clark, 2003. Diala TOURE, Créations architecturales et artistiques en Afrique sub-saharienne (1948-1995). Bureaux d'études Henri Chomette, 2002. Stéphane ELlARD, L'art contemporain au Burkina Faso, 2002. M. L. CUEHONTE De RODRIGUEZ, Mathias Goeritz (19151990), l'art comme prière plastique, 2002. Nadine MARTINEZ-CONSTANTIN, Formes et sens de l'art
africain,
Jacques

2002.

PIBOT, Les peintures murales des femmes Kasséna du

Burkina Faso, 2001.

Iba NDIA YE Diadji

La critique d'art en Afrique
Repères esthétiques pour lire l'art africain

,

Edité par Abdou Sylla

L 'Hannattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace Fac..des Adm.; Université L'Harmattan Sc. Sociales, BP243, Kinshasa Pol. et

75005 Paris
Italia 15 L'Harmattan Burkina Faso

L'Harmattan

KOnyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

Via Degli Artisti, 10 124 Torino ITALIE

1200 logements 12B2260 Ouagadougou

villa 96

KIN XI

1053 Budapest

de Kinshasa

- RDC

12

Du même auteur

Sortir l'Afrique de l'exclusion, Dakar, Éditions Dëkkando, 1996.

Verbe humaniste et présence plastique chez un Africain peintre: Iba Ndiaye, Dakar, Éthiopiques, 2000. L'art africain, dernière chancepour l'Europe, Paris, Éditions Paari, 2001. Être syndicaliste aujourd'hui, Xamal, Saint-Louis Éditions, 2001. Pour une relecture de l 'histoire des civilisationsplasticiennes par les arts, Saint-Louis, G.E.E.L., 2002. L'impossible art africain, Dakar, Éditions Dëkkando, 2002. Qui a besoin de la critique d'art, en Afrique... et ailleurs ?, Paris, L'Harmattan, 2006.

(Ç)L'Harmattan 2007 5-7 rue de l'École Polytechnique; Paris Se www.librairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-02781-7 EAN : 9782296027817

À Alioune Diop Présence africaine, en hommage à son combat pour l'expression du discours africain pour la dignité des peuples noirs et de leurs civilisations

-

« Même s 'il lui arrive de rentrer tard, la vérité ne passe jamais la nuit à la belle étoile»

Wolof Njaay

MOT DE L'ÉDITEUR

Iba NDIAYE Diadji est décédé le 10 novembre 2003 et quelques jours après son décès, sa famille recevait une correspondance signée par Bruno Péquignot, directeur de la Collection Les Arts d'ailleurs, dans laquelle il lui annonçait l'acceptation par le comité de lecture de sa collection d'éditer son manuscrit: La Critique d'art en Afrique (Repères esthétiques pour lire l'art africain). Puis, a~ cours d'un entretien quelques mois plus tard, Cheikhou Sylla, responsable du Syndicat unique et démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES), nous informait de ce projet d'édition et, en raison de nos rapports de collaboration très ancienne avec Iba NDIAYE Diadji, dans le cadre des activités de l'Association internationale des Critiques d'art (AICA), section du Sénégal, dont il était membre pendant de nombreuses années et dont nous étions le président, nous nous engageâmes à prendre en charge et à piloter ce projet. De leur côté, les responsables du SUDES, Cheikhou Sylla et Mamadou Diouf, actuel secrétaire général du SUDES, s'engageaient à nous apporter tout le soutien nécessaire, moral, financier et matériel en particulier. Puis, lors de la sixième édition de la Biennale de l'Art africain contemporain de Dakar, Dah' art 2004 et à l'occasion de la Journée d'hommage à Iba NDIAYE Diadji programmée par le Secrétaire général de la Biennale et dont l'organisation matérielle avait été confiée à la section sénégalaise de l'AICA, le ministre de la Culture du Sénégal, Madame Safiétou Ndiaye Diop, réagissait

favorablement à notre interpellation en s'engageant à contribuer au financement de l'édition des travaux de notre défunt collègue. Cet engagement a été renouvelé en novembre 2006 par l'actuel ministre de la Culture, Marne Birame Diouf, qui a succédé à Safiétou Ndiaye Diop. Enfin, en septembre 2004, lors d'un voyage d'études à Paris, nous soumettions à Bruno Péquignot un second manuscrit de Iba Ndiaye NDiadji : Qyi a besoin de la Critique d'Art en Afrique? pour édition. Un mois plus tard, il nous informait de l'acceptation par son comité de lecture de l'édition de ce second ouvrage. C'est seulement alors que fut enclenché le processus d'édition, qui commençait par la mise aux normes de L'Harmattan des deux manuscrits. Ont contribué à ces tâches diverses personnes ressources tant au niveau de notre Institut, l'Institut fondamental d'Afrique noire Cheikh Anta Diop (Mme Aminata Mbaye/ Aw), qu'à celui du SUDES (Aïssatou Ba) et au niveau de L'Harmattan (Bruno Péquignot et son équipe d'édition, dont Julie Kerleroux et Virginie Robert). Marianne Vieil (CRDP de Basse-Normandie, Caen) a également contribué au contrôle et à la correction des textes. Que toutes ces personnes trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude, ainsi que celle de la famille de Iba NDIAYE Diadji. Un troisième ouvrage, que nous intitulons: Propos sur l'esthétique des arts cifricains, devrait paraître prochainement.

Dakar, le 2 janvier 2007 Abdou SYLLA

II

AVANT-PROPOS

Cet ouvrage s'adresse à tous les amoureux des activités artistiques en Afrique, au public local soucieux d'une vision des œuvres qui sont offertes à son regard et à tous ceux qui nous ont souvent demandé ce que signifie la critique d'art en Afrique, ce que recouvre ce concept et sa pratique dans des civilisations dites orales. A quand remonte-t-elle ? À quoi sert-elle lorsqu'on admire une toile sans se préoccuper de l'avis d'un critique et lorsqu'on achète et collectionne des œuvres d'art africain sans avoir jamais vu un critique? Et puis quelle assemblée d'hommes et de femmes donne à Monsieur Untel le droit de se proclamer critique de l'art africain? Des questions examinées ici à partir de l'art en Afrique, en parcourant les chemins de la création artistique, pour revenir à l'art dans sa plurielle identité, l'art compris comme l'expression d'une subjectivité quel que soit le moyen utilisé pour le faire et les organes de sens sollicités pour s'en approcher. Ce qui nous fonde à retenir quatre catégories d'expression artistique: les arts de l'écrit (roman, poésie, nouvelle, conte écrit, théâtre écrit), les arts plastico-visuels (peinture, dessin, architecture, photographie, gravure, tapisserie, sculpture, design, danse, chorégraphie, stylisme, cinéma muet, les installations interactives, la sculpture assistée par ordinateur), les arts essentiellement auditifs (musique), les arts audio-visuels (théâtre sur scène, conte oral, cinéma parlant, toutes les variantes d'art technologique utilisant le son et l'image). Des catégories qui permettent à la fois de replacer les arts dans leur domaine de prédilection, celui de la parenté entre toutes les formes d'expression et d'offrir au critique d'art un champ cohérent correspondant réellement au rythme de la vie telle que vécue en Afrique. Ce qui veut dire que la dichotomie

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LA CRITIQUE D'ART EN AFRIQUE

factice entre le littéraire et l'artistique fera place ici à une conceptualisation restituant à la création artistique toute sa plénitude. Léopold Sédar SenghorI invitait à une telle compréhension de l'art en Afrique lorsqu'il suggérait un «accompagnement musical» dans la plupart de ses poèmes. Dans le même esprit Paul Oskar Kristeller2 rappelait que les divers arts sont aussi vieux que la civilisation humaine, mais c'est la manière dont nous avons coutume de les regrouper et de leur assigner une place dans notre culture, qui est « récente ». Kristeller soutenait ainsi que les arts ont changé non seulement dans leur contenu et dans leur style, mais aussi dans leurs « relations mutuelles» et dans leur place au niveau du système général de la culture. C'est dans une telle perspective que les éclairages que nous proposons d'abord sur l'âge de la critique en Afrique permettront de faire le tour d'un concept et d'une pratique très riches en signifiés. Ensuite, l'examen critique des chemins empruntés pour lire l'œuvre d'art africain hier et aujourd'hui sera de nature à mesurer la pertinence ou non d'une pratique, de même que ses capacités d'adaptation ou de rejet de tout ce qui n'est pas elle. Il ne s'agira pas bien sûr d'imposer telle ou telle manière de traduire et de lire le signe et le sens (ou le non sens) d'une oeuvre d'art en Afrique, mais de proposer des voies susceptibles de favoriser une approche améliorée de l'œuvre pour que la raison du critique aide à faire lire les mots du cœur de l'artiste. Enfin un processus de formation du regard artistique est dégagé pour suggérer diverses étapes indispensables dans l'apprentissage du voir. L'auteur Jamalaay, Nawet 2002

1. 2.

SENGHOR, Léopold Sédar (1964).- Liberté 1- Négritude et humanisme. Paris, Seuil. KRISTELLER, Paul Oskar (1999).- Le système moderne des arts. Étude de I 'histoire de l'esthétique. Nîmes, Ed. 1. Chambon.

PREMIÈREPARTIE

L'ÂGE DE LA CRITIQUE D'ART EN AFRIQUE

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