La dictature du 7

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Le Monde est réglé comme du papier à musique, il est fait de notes et de nombres. Le hasard y a très peu sa place et seule une INTENTION peut orchestrer à la fois la Matière et la Vie avec une précision inouïe. Au lecteur de juger si un dieu des philosophes est capable du même exploit. Le livre, à cheval entre science et religion, expose d'abord des faits et non des idées. Curieusement, un dieu trinitaire prend alors consistance, non par le biais de la théologie, mais sous forme de résonance, qu'elle soit vibratoire ou formelle.
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140009860
Nombre de pages : 418
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Jean-Claude CANQUERY
La dictature du 7 En musique, physique et mystique
Essai La dictature du 7
La dictature du 7
En Musique, Physique et Mystique
Jean-Claude CANQUERY
La dictature du 7
En Musique, Physique et Mystique
ESSAI
L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-09248-5 EAN : 9782343092485
Avant - propos
« Le fait même de traquer des choses qui sont à la fois les plus grandes et les mieux cachées comporte déjà du charme, et si, en outre, quelque chose se présente qui ait l’apparence de la vérité, l’esprit est comblé d’un plaisir typiquement humain » (Cicéron, Lucullus XXI, 127)
La vie est un chemin de crête. Entre un adret lumineux et un ubac enténébré, nous évoluons avec quelque assurance, forts d’un bon pied, d’un bon œil et d’un solide bâton de marche. Nous dominons avec fierté le paysage ambiant, sachant bien néanmoins que, outrepassant les ronces et buissons, des pierriers ou des ravins nous attendent pour notre plus grand péril si l’attention vient à baisser.
La vie ? Toutes les vies, faut-il plutôt dire : individuelles ou sociales, somatiques ou psychiques, morales, voire mystiques, économiques ou politiques. Qu’on songe au gouvernement des âmes ou à celui des cités, tous les compartiments de notre existence connaissent cette étrange sensation, à la fois d’intense présence, d’exaltation et de menace latente.
La vie, la santé, la culture, la civilisation, toutes occurrences susceptibles de connaître le sort des marionnettes : trois petits tours... L’homme sait depuis belle lurette qu’il est mortel, c’est même une mention essentielle de sa fiche d’identité ; la civilisation n’en est pas encore vraiment consciente, quitte à décevoir Paul Valéry ; d’où il faut en inférer qu’elle n’est pas tant civilisée qu’on le dit. Cependant, dans une demi-conscience du gouffre écologique et spirituel qui se profile, elle trompe son angoisse sourde devant les linéaires des grandes surfaces, avec de futiles tabloïds, et autres divertissements à courte vue.
Mais ce n’est pas la déchéance qui retient notre attention, c’est l’émergence opiniâtre de l’homme et de ses œuvres, balise dans un océan, c’est sa navigation réussie en milieu hostile, son art de maintenir un cap. C’est le haut du pavé, le dessus du tréteau, le haut de l’affiche qui nous intéresse ; parce que ce chemin singulier, a priori instable et divagant, statistiquement improbable, métaphysiquement non imaginable, anorma-lement durable et dur à cuire, infiniment fragile, demeure quasi miraculeux.
Pourquoi et comment cet équilibre improbable, cet exploit permanent ? Quoi ou plutôt qui fait que le miracle perdure ? Quoi : une suite d’appren-
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tissages millénaires ? Qui : une providence, une cause finale, un marion-nettiste de génie ?
La vie est un pied de nez à la loi de dégradation de l’énergie, dite entropie. On nous dit que l’univers voit son énergie potentielle se dégrader en chaleur, puis cette chaleur se faire la belle aux confins des espaces sidéraux.: elle est un miracleMais la vie organique, ne l’entend pas ainsi d’équilibre entre un ordre improbable et une décomposition qui menace à chaque instant... les chercheurs s’émerveillent chaque jour devant cet équilibre qu’ils nommenthoméostasie. Quelle plus belle ode à cette vie, musicale de surcroît, que cette Tempérance invoquée par Claudel comme une des quatre portes quadrillant à la fois les cieux, la cité et l’âme du poète qu’il est :
« La tempérance garde l’orient, elle regarde les portes du Soleil. C’est à elle qu’on montre les grands mystères purs et la naissance même du Jour et de la Nuit. Car elle a des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre et une bouche qui est pour ne pas parler. Elle résiste des deux côtés ; entre le monde et la cité, elle est médiatrice ; entre l’homme et la terre, entre le désir et le bien elle est la barrière interposée. Elle est celle qui reçoit, qui élimine et qui exclut. Elle est la mesure créatrice, elle est la forme de l’être, elle est la règle de vie, la pince aux sources de la vie qui maintient l’exacte tension, comme la clé de la viole, comme l’âme de l’archiluth, elle est en nous la continuation de la mère, elle sait ce qu’il nous faut, elle est mandataire de notre destinée. Elle est la conscience infaillible, et le goût suprême du poète supérieur à l’explication.Elle est cela en nous qui nous maintient avec un art secret, au milieu de tout changement, le même ; ouvrière de l’accord imperturbable et cela en nous qui conserve, à la 1 manière de Dieu quand il crée » .
Maintenant que la conscience, émanation d’un ordre supérieur de complexité et de vie, est capable de s’abstraire du sens le plus rudimentaire, elle découvre aussi qu’elle a sa voie et ses fossés, ses crêtes et ses abimes. Qu’elles soient de Neandertal ou du siècle qui passe, les obscurités font peur, les évidences rassurent. Les dieux, forces aveugles qu’on ne sait maîtriser, qu’au mieux amadouer, naissent comme cela : les nommer et leur concocter un mode de vie à notre façon les rapproche de notre sphère intime et nous sécurise. Le degré de conscience s’améliore, les peurs sont déplacées, le curseur coulisse sur l’échelle de nos clartés, mais l’effet de bascule est toujours présent, à un moment ou à un autre.
1  Paul Claudel,5e Ode : la Maison fermée
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La Grèce a pensé cet improbable équilibre entre une raison dite évidente et des sentiments dits obscurs, elle a posé cette impossible mise en équation, elle a formalisé et schématisé cette faille dans notre organisme mental : son adret, c’est le mode discursif et la géométrie, son ubac, la passion et le mythe. Et comme le couple raison/mythe, à défaut de se vivre, ne s’explique pas, elle aencapsulénouveau le tout à l’intérieur du mythe : cela donne de Apollon et Dionysos. Voilà, taillé à la hache, ce que fut une sagesse de l’époque.
Non dénuée d’humour, l’histoire va remettre ça à la Renaissance, et dans le même temps que les premières lorgnettes et les premiers calculs physiques annonçaient une nouvelle modernité, des manuscrits oubliés ressurgissent, les mythes grecs rejouent leurs antiques scénarios. On ne sort jamais de cette faille symbolique et réelle à la fois.
Quatre ou cinq siècles après, l’occident s’ingénie toujours à trouver un moyen terme entre sciencesduressciences et molles. Ce qui n’était pas explicable rationnellement était relaté par une belle histoire. Pour Comte ou Marx, mythe et religion, étapes nécessaires vers la modernité, furent de belles histoires pour faire grandir les petits enfants ; mais il fallait ensuite devenir adulte. Il fallait donc déblayer le paysage, il fallait qu’il y ait un mort et ce mort serait la religion ou le mythe. Dialectique sauvage, qui aurait mérité un stage de remise à niveau en orient : le chinois, plus globaliste, plus écologiste, sait quequand le riche maigrit, le pauvre meurt, en clair, tout est nécessaire. Amoral, mais non pas immoral, tout simplement logique, mécanique, réaliste. Il faut une certaine écologie entre les idées, il faut un savoir-vivre minimal où les extrêmes se marginalisent à défaut de disparaître. Pour autant, et face à cette immanence aveugle en première analyse, la Chine ne méconnait pas la pitié et la miséricorde, simplement elle ne se sert pas de la raison pour fonder sa morale, elle n’a pas connu de séismes de type copernicien ni ses rancœurs et d’incompréhensions induites ; sans doute en cela a-t-elle fait l’économie de plusieurs guerres philo-sophiques.
Dans un 19° siècle borné par un rationalisme à tout crin, sans doute la religion fut-elle quelque peu braquée, cloisonnée, enfermée dans un « monopole de la foi ». La raison voulait maitriser l’intégralité du réel, mais, ne finissant jamais d’enterrer cette part d’ombre qui nous est substantielle, de déraciner cette foi insultant la logique, elle s’est elle-même, bien que du bout des lèvres, remise à la raison pour avoir sa vraie part dans la façon d’appréhender le monde, c’est a dire une demi-part : la physique quantique l’a incitée à plus de modestie... Ça n’est pas très éloigné ce que nous dit l’encyclique papale « Foi et raison », nous exhortant à ne pas choisir, mais à naviguer entre les deux, nous enseignant donc la prudence du « chemin de
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