La Médiation Culturelle : cinquième roue du carrosse ?

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Plus de quinze ans après la définition du concept de médiation culturelle, celui-ci a acquis une reconnaissance incontestable. Aujourd'hui, il n'est plus possible d'envisager un projet à vocation scientifique et/ou culturelle sans un volet consacré à la médiation. Quelles avancées et quelles dérives a rencontré le concept devenu désormais une discipline enseignée ? À travers une série de contributions, voici un portrait à multiples facettes de la médiation, ses extensions et, en creux, un état des questions en cours.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140000997
Nombre de pages : 274
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La Médiation Culturelle : cinquième roue du carrosse ? Sous la direction de  Fanny Serain Patrice Chazottes François Vaysse Elisabeth Caillet
P atrimoines S et ociétés
La Médiation Culturelle : cinquième roue du carrosse ?
COLLECTION : PATRIMOINES & SOCIETES
Dirigée par Catherine Ballé Elisabeth Caillet Françoise Dubost Dominique Poulot
Dernières parutions
Patrimoines et Sociétés présente des travaux en sciences humaines qui explorent les dimensions sociales du patrimoine dans les sociétés contemporaines. A cet intérêt pour l’héritage artistique, culturel, scientifique et naturel, la collection associe la réflexion sur la création contemporaine, patrimoine de demain
Aude Porcedda,Musées et développement durable, Les Muséums nature de Montréal, 2009. Alain Berestetsky,Petit (im)précis de culture scientifique, Dubost (dir.), Ruralités contemporaines, 2011. Maria-Paoli Rodriguez Prada,Le Musée national de Colombie : 1823-1830, Histoire d’une création, 2013. Elisabeth Caillet et Juliette Singer (dir.),Paul Landowski et la commande publique, 2014.
Sous la direction de Fanny Serain, Patrice Chazottes, François Vaysse, Elisabeth Caillet
La Médiation Culturelle : cinquième roue du carrosse
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07814-4 EAN : 9782343078144
Préface
Fanny Serain et Patrice Chazottes
_____________________________________________________________ Si le concept de médiation culturelle a trouvé sa définition avec la publication de l’ouvrage d’Elisabeth Caillet et Evelyne Lehalle en 1995, qu’en est-il depuis ? Vingt ans plus tard, le concept a évolué, s’est précisé, a étendu ses champs d’expérimentations, s’est consolidé par sa théorisation et sa professionnalisation pour devenir une discipline en soi. Aujourd’hui, en 2015, il n’est plus concevable d’envisager un projet à vocation scientifique et/ou culturelle sans le compléter d’un volet consacré à sa médiation. Dans ce même temps, les recherches universitaires se sont multipliées améliorant la connaissance des publics, les expérimentations menées sur le terrain se sont accrues donnant lieu à des résultats rarement communiqués, les analyses de publics permettent de caractériser les audiences visées et d’en deviner en creux le non-public et de nouvelles générations de professionnels sont venues porter un autre regard sur les institutions culturelles. Néanmoins les interrogations n’en restent pas moins renouvelées. De ces questions, ces constats de changement et d’évolution, nos échanges informels avec Elisabeth Caillet et François Vaysse, chacun figure importante de la médiation, est née l’envie d’en faire le point, rendre un état des lieux après les bases que la réflexion de 1995 avait posées. Au fil de nos rencontres, nous avons souhaité rendre compte d’un état des discussions et des expériences partagées entre deux générations de professionnels : celle de précurseurs motivés par le goût de transmettre dans une époque propice et douée de moyens, qui ont défriché, exploré, testé et au fur à mesure, ont constitué un corpus de savoirs et de savoir-faire forgeant le terme de médiation versus une génération de professionnels, désormais « médiateurs », issus des premiers cursus universitaires d’un domaine dorénavant enseigné. Croisant les bénéfices d’un regard distancié et celui d’une posture en cours d’exercice, nos échanges ont laissé émerger des problématiques, des noms de spécialistes, des actions de références et ont naturellement conduit à remettre en perspective le travail de 1995 en sollicitant ceux et celles - universitaires ou 7
professionnels - qui s’étaient emparés du sujet à un moment ou à un autre de leur carrière. Rapidement, cette réflexion a pris ainsi la forme d’un recueil de contributions choisies qui, sans chercher à l’exhaustivité, visait plus modestement à repositionner l’avancement de certains repères, dans une profession en constante mutation, tout en pointant les nouveaux débats en cours.
Car si la médiation culturelle demeure, et on n’aura de cesse de le répéter, un champ disciplinaire au territoire vaste et aux frontières souples, c’est qu’elle recoupe de nombreuses sciences humaines : sciences de l’éducation, sociologie, psychologie, art et culture, information et communication... Fait aisément mesurable dans toute institution muséale, la médiation, qui se devine parfois sous des terminologies historiques (service des publics, éducatif, culturel…), oscille entre les départements d’une même institution : collections, production, communication, édition… A ces fluctuations correspond un nombre de missions qui se sont diversifiées avec les années et instruisent des réalités du métier tout aussi variables : « médiateur » pourra tant est si bien couvrir la rédaction de cartels, la conception d’une application ou de production audiovisuelle que la mise en conformité de l’accessibilité d’une exposition. A travers ces activités, parfois nouvelles, se lit l’évolution 1 de la conception des expositions, le déploiement des NTIC et surtout l’avènement du statut de « musée », grâce à la loi du 4 janvier 2002, qui aura permis d’inscrire au sommet de ses missions celles de l’éducation et de la diffusion à tous.
Cette polymorphie croissante de la médiation rend difficile une définition cloisonnée et évitant cette vaine tentative, nous avons privilégié une sélection de contributions, de focus offrant une pluralité d’approches, de la théorie à la pratique, toutes conscientes de l’actualité. Bien que corrélative de phénomènes de massification - démocratisation culturelle et subséquemment propagation des filières d’enseignement -, la médiation n’en a pas pour autant garanti sa reconnaissance. Les dernières controverses en date - remise en cause du master de médiation ou ouverture du droit de parole des guides conférenciers - ont su nous rappeler sa fragilité.
Pourtant, à cette précarité inhérente, la médiation culturelle semble toujours résonner tel un paradigme dont le socle commun reste, pour ceux qui choisissent de s’y consacrer, le goût et la passion de l’exercer. Métier d’exigence, souvent militant, parfois d’isolement mais confiant en la réalisation de soi et d’autrui par le fait culturel, nous formulions le souhait, avec cet ouvrage, de le partager, soucieux d’encourager la circulation des idées et des connaissances pour les faire progresser mais également de
1  Les nouvelles technologies de l’information et de la communication entendues aussi bien comme les nouvelles technologies informatiques et numériques que les outils eux-mêmes.
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s’interroger sur ce qui a été fait et ce que nous laissons sans réponse, suggérer ce qui est à faire, imaginant une possible médiation de demain dont on espère que les générations à venir auront à cœur de s’emparer.
Pour ce faire, chapitré en cinq parties, cet ouvrage se propose avant tout chose et comme il se doit, de jeter un œil dans le rétroviseur pour mieux mesurer le chemin parcouru. Dans un second temps, nous avons envisagé d’aborder l’identité actuelle de la médiation ; celle vécue d’une part, au jour le jour, interrogeant l’enseignement de la médiation comme l’application pratique de la profession mais également quelques approches parallèles dont les problématiques sont intrinsèquement liées tant à l’évolution des outils qu’à l’extension du domaine des objets et sujets de la médiation : nouveaux publics cibles, artefacts d’autres civilisations, développement du numérique… Ces réflexions conduisent à réviser et à interroger la (ou les) définition(s) de la médiation et à réfléchir aux perspectives d’avenir.
De chercheurs reconnus en jeunes professionnels, de rapports d’expériences, synthèses de recherches en parcours ou anecdotes qui font le plaisir quotidien de l’exercice, les contributions sont d’origine et de nature diverses. Elles reflètent la pluralité des regards et l’actualité d’un métier qui continue de se consolider et peuvent aider les acteurs à approfondir leur réflexion. Toutes ces manières de faire, d’analyser et de concevoir qui font que : « Non,médiateurn’est pas un job d’été »…
A fortiori cet ouvrage est à l’image, nous l’espérons, de la médiation que nous défendons, un travail à mains multiples ; c’est pourquoi nous tenons à remercier tous ceux qui ont soutenu cette initiative et pris le temps d’y collaborer par le dialogue comme par l’écrit.
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