Labrador

De
Labrador – Photographies de Bob Mesher
Le Labrador est l’une des dernières terres mystérieuses et pratiquement inaccessibles du Nord – du moins, comme l’écrit en introduction Danielle Schaub, c’est ainsi que l’ont représenté les explorateurs européens et américains au cours des siècles. Dans ce livre, le premier album de photographies publié par un Inuit du Nunavik, Bob Mesher offre une vision « de l’intérieur » de ce fascinant territoire où il est né, à la suite du périple que sa famille avait entrepris du nord du Québec à Paradise River. Revenu depuis à Kuujjuaq, diplômé universitaire et éditeur de Makivik Magazine, Bob Mesher s’est engagé à documenter par des centaines de milliers de photographies le Nord du Québec et le Labrador. Le lecteur découvrira ici son regard exceptionnel, à travers les choix de la photographe Danielle Schaub et les légendes – souvent étonnantes – de Bob Mesher.
Labrador – Photographs by Bob Mesher
Labrador is one of the last mysterious and virtually inaccessible territories of the North—or so have the European and American explorers claimed over the centuries, as Danielle Schaub writes in the introduction. In this book, the first album of photographs published by an Inuit from Nunavik, Bob Mesher offers an “insider’s” vision of the fascinating land where he was born, following the journey that his family had begun from Northern Quebec to Paradise River. Having returned to Kuujjuaq, as a university graduate and the publisher of Makivik Magazine, Bob Mesher is committed to documenting Northern Quebec and Labrador through thousands of photographs. The reader will discover his exceptional perspective, through the choices of photographer Danielle Schaub and through the often surprising captions given by Bob Mesher.
Publié le : mercredi 24 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782760540675
Nombre de pages : 94
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Presses de l’Université du Québec
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Bob Mesher remercie la Corporation Makivik, ainsi que les gens du Nunavik et du Labrador, pour tout ce qu’ils lui ont apporté.
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Bob Mesher extends his gratitude to Makivik Corporation and the people of Nunavik and Labrador for everything they have provided.
Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada pour leurs activités d’édition.
Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour son soutien financier.
Cet ouvrage est publié dans le cadre des travaux du Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord, dirigé par Daniel Chartier. www nord.uquam.ca
Conformément à la politique de l’Institut culturel Avataq, nous accordons en genre et en nombre dans les textes français les termes en inuktitut les plus familiers.
Inuktitut : Eva Pilurtuut
e Dépôt légal : 3 trimestre  › Bibliothèque et Archives nationales du Québec › Bibliothèque et Archives Canada
© 2014 – Presses de l’Université du Québec • www.puq.ca  – Imagoborealis • www.nord.uqam.ca
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés Imprimé au Canada
 Bob Mesher | Danielle Schaub
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˜Xgx Labrador
Photographies de Bob Mesher x9Mb[iᖏ5 ᐹᑉ ᒥx§ᑉ Photographs by Bob Mesher
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Presses de l’Université du Québec
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Avant-propos : les regards croisés
Ce livre propose une fascinante rencontre de regards et d’images. D’abord, le regard du photographe Bob Mesher, né au Labrador mais originaire du Nunavik, qui nous a confié les milliers de photographies qu’il a prises de sa terre natale. Puis, celui de Danielle Schaub, elle-même photographe : en choisissant certaines photos, elle a imaginé un scénario – du plus vaste au plus humain – qui lui permet d’orga-niser, avec un regard respectueux, l’œuvre de Mesher, tout en y apportant une vision résolument externe.
À notre demande, Bob Mesher s’est ensuite replongé dans ces images pour en rédiger les légendes, en renversant le sens. Ainsi, la calme vision d’une rivière au bout du monde redevient un lieu : celui de l’enfance, de l’in-quiétude devant la nature qui change, de la nostalgie d’une époque révolue. Fabienne Joliet et Véronique Antomarchi ont déjà mis au jour l’usage particulier de la photographie dans le monde inuit. Ici, le lecteur pourra prendre conscience de son propre regard face aux images de Bob Mesher, aux choix de Danielle Schaub et aux légendes, étonnantes, rédigées par l’artiste-auteur de ce premier ouvrage de photographie publié par un Inuitdu Nunavik.
Daniel Chartier
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Foreword: Interwoven Perspectives
This book presents a fascinating confluence of perspectives and images. The first perspective is that of Bob Mesher, a photographer born in Labrador but from Nunavik, who sent us thousands of photographs he took of his homeland. The second perspective belongs to another photographer, Danielle Schaub. Selecting photographs from Mesher’s collec-tion, she imagined a scenario for them that embraces both the vastness of nature and the human scale. This allowed her to organize Mesher’s work with respect, while adding her own outsider’s perspective.
At my request, Bob Mesher added a third perspective by returning to the selection to write new captions, which would sometimes alter the meaning of the images. So, the tranquil view of a river on the edge of the world becomes a specific place again, that of his childhood, of his concern about changes in nature, of nostalgia for a bygone era. Fabienne Joliet and Véronique Antomarchi have already examined the distinctive use of photography in the Inuit world. With this book, readers become aware of their own perspective on these images, on Danielle Schaub’s selection and on the surprising captions written by Bob Mesher, the artist and author of this, the first book of photography published by aNunavik Inuit.
Daniel Chartier
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L’univers de Bob Mesher : ré-visions du Nord
Les explorateurs et missionnaires européens et e e américains qui, du 6 au début du  siècle, se rendirent au Labrador, tels Jacques Cartier, William Brooks Cabot, Edward Colpitts Robinson, Leonidas Hubbard, Dillon Wallace, Samuel King Hutton, pour n’en citer que quelques uns, en ont tous présenté une vision de l’extérieur. Ils ont révélé tant la région que ses habitants comme des sujets à examiner, et leurs visions sont sujettes à caution. Souvent marqués par une approche paternaliste, ces étrangers en quête de nouvelles contrées ont déformé la réalité des habitants du Labrador, soit en l’idéalisant, soit en la dénigrant.Les dessins, aquarelles, puis photographies de leurs expéditions ou de leurs missions de prosélytisme montrent les gens du pays souvent dans des tenues aseptisées ou exotisées, dans des poses les figeant plutôt que les captant dans leur réalité.
En nous offrant ses photos aériennes, suivies de photos de près et même de gros plans, Bob Mesher nous invite à entrer dans son univers
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et à porter un regard sur le Labrador qui défie nos idées préconçues et nous force à les revoir. Bien sûr, il nous montre l’immensité et la puis-sance des paysages mais à notre grande sur-prise il révèle partout des traces humaines (maisons, cabanes, ruines, ossements, forma-tions rocheuses, déchets, installations reli-gieuses, militaires, techniques, et autres) qui remettent en question les vues stéréotypées qu’ont les occidentaux du Nord comme espace inhabité où l’être humain est peu de chose.De fait, il dépeint son univers en connaissance de cause, pas comme le fait un étranger surpris et menacé par une réalité autre que la sienne dont il cherche à se protéger en imposant un juge-ment de valeur. Aussi ses photos de paysages où les humains apparaissent telles de petites figurines dans un décor grandiose évoquent une réalité vécue à répétition, une réalité dont il a intériorisé et accepté les paramètres phy-siques et émotionnels, une réalité territoriale qui attribue à l’humain une place inouïe : la pré-sence humaine dans une telle étendue est plus frappante que dans les espaces plus densément peuplés, ce qui nous force à revoir nos valeurs.
Contrairement aux photographes-explorateurs, Bob Mesher connait ses sujets personnellement et les désigne par leurs prénoms. Par son travail, il nous montre à quel point les êtres vivants occupent une place privilégiée dans le pay-sage même si de prime abord la présence humaine peut nous paraître infime et fragile. Parfois, comme tout voyageur se rendant dans une ville où il ne vit pas, il perçoit des person-nages dont la présence en impose, tel ce barbu aperçu à Sandwich Bay. Loin d’aplatir son sujet, son objectif s’en approche comme pour le découvrir et en dévoiler la richesse intérieure, soulignant l’importance de l’être humain dans son environnement. Il nous révèle ainsi une vision de ses compatriotes non plus en cos-tumes d’apparat, mais bien dans leurs vête-ments de travail, et les capte en pleine action plutôt que dans une mise en scène à l’instar
des photographes venus d’ailleurs. Loin de chercher à contrôler ses sujets pour en impo-ser une vision dominatrice, Bob Mesher les présente comme il les voit dans leur vie de tous les jours, dans leurs activités de pêche,de chasse, de dépeçage, de nettoyage, de tra-vaux ménagers, de préparation ou de partici-pation à des expéditions, de construction, de forge, d’assemblage.
De la même façon, il se penche sur des scènes d’intérieur qui dévoilent un monde intime où la collaboration et le partage priment. Il expose dans ces scènes de menus détails dela vie quotidienne, tels les restes d’un repas ou la pause partagée avant la nuit et la communica-tion à longue distance par talkie-walkie. Tant pour ses scènes d’intérieur que pour ses scènes d’extérieur, il expose des détails de la vie pour que nous les ressentions comme si nous étions sur les lieux et que nous comprenions que les liens entre les êtres ne lui sont guère indiffé-rents ; dans ses photos, ceux-ci s’expriment naturellement, sans ostentation, un fait de la vie que personne ne remet en question.
Même lorsque Bob Mesher photographie des bâtiments, il nous fait découvrir une réalité
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