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Le cinéma camerounais en crise

De
160 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 285
EAN13 : 9782296389106
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LE CINÉMA CAMEROUNAIS EN CRISE

Du même auteur

Tchad:

Vingt ans de mse, Paris, L'Harmattan,

1986.

Guy Jérémie Ngansop

LE CINÉMA CAMEROUNAIS EN CRISE

Editions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@ L'Harmattan, 1987 ISBN: 2-85802-792-7

A MON BEAU-FRÈRE JEAN-MARIE WANDJI

Merci à Louisia GRANDIN Antoine AHANDA

et Joseph MaMa pour leur obligeance

«Pour qu'il devienne efficace, le cinéma camerounais a besoin d'être reconnu; il lui faut un fon~d, une base pour qu'il trouve son plein

épanouissement. »
DIKONGUE-PIPA

Cinéaste

Sommaire
Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I - Présentationdu Cameroun. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
II - Le cinéma camerounais. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 - Un accouchement difficile. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 - Un secteur en mal de structures. . . . . . . . . . . . . . . . . III - Financement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IV - Marchés 1 - La distribution. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 - L'exploitation V - Quel cinéma pour quel public? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI - Pour un renouveau du cinéma camerounais. . . . . . . . . . . . Conclusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Annexes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I - Dictionnaire du cinéma camerounais. . . . . . . . . . . . . . . . . 1 - Réalisateurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 - Comédiens
3 9

13
19 19 20 31 37 37 40 45 53 63 69 70 70 74

- Compositeursde musique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

81
83 83 86

II - Catalogue defilms. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 - Courts métrages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 - Longs métrages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 1 - Pousse-Pousse, Daniel Kamwa. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 2 - Notre fille, Daniel Kamwa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91 3 - Muna Moto, Jean-Pierre Dikongué-Pipa 92 4 - Suicides, Jean-Claude Tchuilen . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96 5 - L'appât du gain, Jules Takam 101 6 - Les coopérants, Arthur Si Bita . . . . . . . . . . . . . . . . . . .' 105 7 - Schubbah,Jean-MarieTéno 108 8 - Hommage, Jean -Marie T éno . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109 9 - Fièvrejaune Taximan, Jean-Marie Téno 110 IV - Documents et revue de presse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Bibliographie. ......................................... 145

III - Dossiers

7

Introduction

Le cinéma est, comme la littérature, l'un des principaux moyens d'expression et de diffusion de la culture d'un peuple. Il est le reflet de sa personnalité et de son génie créateur. C'est un élément de son «identification» culturelle. Tant il est vrai que la culture d'un peuple est sa carte d'identité dans le concert des nations. Aussi parle-t-on de cinéma français, allemand, américain ou indien qui sont pour ces peuples une certaine façon de voir le monde. Septième art, le cinéma constitue également une industrie. Car le film, œuvre d'art, est aussi une marchandise puisqu'il se vend sur un marché et que la décision d'investir dans un film est liée à une espérance de profit. C'est dire que la commercialisation des films commande en aval les possibilités de financement en amont de la production. Or, il n'est de secret pour personne que le cinéma est un secteur à haut risque financier, à cause du caractère aléatoire de la carrière commerciale des films. D'où la réticence des opérateurs financiers à investir dans cette branche. Ce constat est vrai pour les grands pays du cinéma comme les Etats-Unis, la France, l'Italie, etc. Il l'est davantage encore pour l'Afrique, continent en voie de développement, et notamment pour le Cameroun où le cinéma reste encore un secteur marginal dans les plans de développement. Depuis 1966, date de la sortie de Point de vue n° 1, le tout premier film camerounais, seuls quelque 60 films - dont une vingtaine de longs métrages seulement - ont pu être réalisés, dans des conditions qui frisaient parfois la gageure. Il y a là, assurément, une situation peu réjouissante pour le cinéma camerounais, même si cette situation ne lui est pas propre, d'autant que l'ensemble du cinéma africain connaît les mêmes difficultés de production et, corollairement, de rentabilité économique. Car il souffre d'une insuffisance de structures et de capitaux. 9

Voilà les différents problèmes auxquels se trouve aujourd'hui confronté le cinéma camerounais qui, 21 ans après sa naissance et 14 ans après la création du Fonds pour le développement de l'industrie cinématographique (FODIC), n'arrive toujours pas à décoller. Pourquoi une telle léthargie et comment y remédier? C'est à ces questions que nous tenterons d'apporter des éléments de réponse dans la présente étude, à travers une approche socio-économique. Ce travail est le fruit d'une réflexion personnelle sur le devenir du cinéma camerounais. Nous avons certainement blessé des susceptibilités et levé des tabous. Nous avons porté sur la place publique les inquiétudes des cinéastes. C'est une responsabilité que nous entendons assumer en tant que Camerounais, sans prétention et sans opportunisme. Mais dans le but de susciter un débat entre les pouvoirs publics et les différentes parties prenantes du cinéma: distributeurs, exploitants, cinéastes et public. Nous souhaitons que cette modeste contribution à la recherche des voies et moyens devant permettre le décollage du cinéma camerounais ouvre le chemin à d'autres réflexions plus approfondies sur le sujet.

10

Le Cameroun

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la Guinée équatoriale. 11

I

- Présentation

du Cameroun

Le Cameroun est un pays d'Afrique centrale, situé au point de jonction des régions géographiques occidentale, centrale et septentrionale. C'est une terre de contrastes qui recèle des montagnes arrondies, des plaines torrides et arides, des massifs isolés et désolés, des collines et des plateaux verdoyants. Sa superficie est de 475 442 km2 pour une population de 10 000 000 d'habitants répartie entre 200 ethnies et plus de 100 langues nationales, pour un taux d'alphabétisation (15 ans et plus) estimé à 55 %. L'histoire du Cameroun est probablement l'une des plus tourmentées d'Afrique noire. Colonie allemande à la fin du XIX.siècle, le pays est partagé entre la France et la GrandeBretagne après la Première Guerre mondiale. Il retrouve son unité après l'indépendance, sous la forme d'une République fédérale englobant le Cameroun occidental (britannique) et le Cameroun oriental (français). Exemple unique de fédération bilingue en Afrique qui prend fin le 20 mai 1972 par la proclamation de l'Etat unitaire avec comme langues officielles le français et l'anglais. L'agriculture constitue l'essentiel de l'économie camerounaise. Elle occupe près de 80 % de la population active, assure environ 70 % des recettes d'exportation et contribue pour 40 % à la formation du Produit national brut (PNB). Les besoins alimentaires sont satisfaits à 96 % par la production intérieure. Les principales cultures d'exportation sont: le cacao (126 546 tonnes), le café (85 268 tonnes) et le coton (84 344 tonnes) I. La croissance globale du secteur agricole, qui a été de 16,5 % par an en termes nominaux au cours du quinquennat 1976-1981, s'est poursuivie au cours de la période 1981-1986. La politique agricole se développe suivant deux axes: d'abord 13

au profit des eXploitations familiales, ensuite par l'implantation de complexes agro-industriels en milieu urbain. S'agissant du secteur industriel qui emploie environ 6,7 % de la population active et compte quelques 700 entreprises, le Cameroun s'est fixé comme priorité la réalisation d'un tissu industriel mieux intégré et le développement des filières liées à l'exploitation des matières premières et des ressources naturelles produites sur place. «C'est, dit-on dans les milieux autorisés, le seul moyen de parvenir à des termes de l'échange rééquilibrés. » La production industrielle a représenté en 1982, 25 % du PNB. Selon les prévisions du v. plan (1981-1986), dont l'exécution vient de s'achever, elle devait continuer à croître au rythme de 13 % par an en termes réels. Avec environ 43 % du chiffre global d'affaires, l'agroalimentaire prédomine nettement sur les autres activités industrielles. Conséquence de la politique de nationalisation menée dans cette branche. Les participations publiques y ont considérablement réduit les intérêts étrangers: dans nombre de complexes agro-industriels, l'Etat détient jusqu'à 100 % du capital. Mais l'industrie camerounaise ne se limite pas seulement à la transformation des produits agricoles. Le Cameroun produit aussi l'aluminium, le ciment et... le pétrole. En effet, c'est en 1977 qu'a démarré l'exploitation du pétrole. La production était évaluée en 1983 à 150 000 barils/jour. Ce qui a permis en 1984 de produire 7 millions de tonnes pour une consommation locale de 1,5 millions de tonnes. Sur le plan du commerce extérieur, en dépit des performances réalisées par l'économie au cours des dernières années, les échanges accusent un déséquilibre persistant2. La hausse rapide des importations, due à l'effort d'industrialisation qui nécessite l'achat des biens d'équipements et de produits intermédiaires à l'étranger. 63,2 % des importations étaient, en 1982, destinées à la consommation des entreprises. La faiblesse du commerce extérieur tient au fait que les cours des produits agricoles exportés ont chuté depuis 1978. Même si la part du café et du cacao a tendance à baisser, elle représente encore au moins 40 % des exportations totales; si l'on y ajoute le bois (10 % du total), il apparaît que trois produits seulement procurent la moitié des recettes ext~rieure~. . 14

Carte

d'identité financière du Cameroun
(1981)

PNB.:

5 893 millions $; soit 693 $/habitant

Monnaie: Franc CFA divisé en centimes Cours des changes: 1 F CFA = 0,2 FF

Budget 1981-1982 Recettes: 410 milliards F CFA Dépenses: 410 milliards F CFA, dont ment Solde de la balance des paiements: Recettes touristiques: 21 millions $ Réserves monétaires: 91,12 millions Dette extérieure: 2584,3 millions $ Taux d'inflation: + 14,8 % par an
ÉVOLUTION

153 milliards en budget d'équipe+ 59,7 millions $ (31.12.79) avec 101 300 visiteurs en 1977 $ (31.03.82) (31.12.81) >f (1981)

DE LA BALANCE COMMERCIALE (milliards de F CFA)

Année

Exportations

Importations

Balance commerciale

Taux de couverture des imports par les exportations (%) 84,8 88,7 92,6 88,6 78,7 95,2 79,9 76,1

1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982
çnr 'Rrr '

107 112 161 191 199 297 291 306
mini<tprp

126 127 174 216 250 312 364 402
de l'Tndu<trie et du Plan.

-

19 15

-13 - 25

- 51 - 15
- 73 - 96

PRINCIPAUX

PARTENAIRES

COMMERCIAUX

(1980-1981) Clients Etats-Unis France Pays-Bas Italie RFA Part en % 34,8 18,4 16,6 6,0 5,9 Fournisseurs France RFA Japon Etats-Unis Italie Part en % 40,2 7,2 6,4 5,7 4,8

SOURCE: «Jeune Afrique»,
>f

n° 1168 du 25 mai 1983. aujourd'hui les 10 millions de francs français.

Cette dette atteindrait

Il est intéressant de noter que c'est grâce à l'exportation de l'hydrocarbure (17,9 milliards de F CFAen 1982) que le déficit de la balance commerciale n'a pas atteint un niveau difficilement supportable. A cela, il faut aussi ajouter l'afflux des capitaux lié à la réalisation des grands projets de développement. D'une manière générale, les indices économiques du Cameroun attestent de sa bonne santé: la dette extérieure est relativement modeste 3. Le budget de l'Etat de 520 milliards de F CFA (10,4 milliards de FF) est passé à 620 milliards (12,4 milliards de FF) en 1984/1985 pour atteindre les 800 milliards (16 milliards de FF) en 1986/1987. De plus, le taux de croissance annuelle de l'économie a progressé en termes réels de l'ordre de 7 % tandis que le Produit national brut (PNB) per capita enregistrait une progression de 17,6 %. Enfin, le Cameroun jouit d'une auto suffisance alimentaire, situation qui contraste singulièrement avec celle de ses voisins, confrontés pour la plupart, sinon au problème de la faim, du moins à celui du déficit alimentaire.

Répartition

du budget 1986/87

Le budget qui s'élève à 800 milliards a été élaboré pour atteindre notamment deux objectifs majeurs: assainissement des finances publiques et consolidation des acquis positifs. Il doit en outre permettr'e un meilleur suivi des engagements de l'Etat et la promotion de la rigueur dans la gestion du patrimoine national. Voici la répartition de ce budget entre les différents départements ministériels, la Présidence de la République, l'Assemblée nationale, le Conseil économique et social.
Ministère ou Sce

BUDGET
1985/1986 (F CFA) 1986/1987 (F CFA)

bénéficiaire (Ministry or
beneficiary Service)

Accroissement en Accroissement en valeur absolue valeur relative (Increase in (Increase in absolute value) relative value) (F CFA) (%)

Présidence de la République (Presidency of the Republic)

12 019 594 000

12 474 025 000

458 431 000

3,8 %

Services rattachés à la présidence (Services attached to the Presidency of the Republic)

24 055 425 000

26 390 584 000

2 335 159 000

9,7 %

16