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Les frontières du flou au cinéma

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216 pages
Après Les frontières du flou, 2013, il fallait passer de la problématique globale à une étude locale; mais pourquoi le cinéma ? Parce que les frontières sont minces entre le sujet cinématographique et le sujet psychique ; le flou règne, voire le difficile à nommer- l'innommable ? Quelles sont les modalités, les exploitations, les conséquences, les enjeux des frontières du flou au cinéma ? Ce livre part des œuvres pour accéder aux problématiques en passant par une interrogation des techniques.
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Sous la direction de Pascal Martin & François Soulages
Les frontières du flou au cinéma
Les frontières du flou au cinéma
dirigée par Michel Costantini & François Soulages Série RETINAManuela de Barros,Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langageEric Bonnet (dir.),Le Voyage créateur Eric Bonnet (dir.),Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image Michel Gironde (dir.),Les mémoires de la violence Michel Gironde (dir.),Méditerranée & exil Bernard Lamizet,L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flouFrançois Soulages (dir.),La ville & les artsFrançois Soulages & Pascal Bonafoux (dir.),Portrait anonyme Julien Verhaeghe,Art & flux. Une esthétique du contemporain Série Groupe E.I.D.O.S. Michel Costantini (dir.),Ecce Femina Michel Costantini (dir.),L'Afrique, le sens. Représentations, configurations, défigurations Groupe EIDOS,L'image réfléchie. Sémiotique et marketing Pascal Sanson & Michel Costantini (dir.),Le paysage urbain Marc Tamisier & Michel Costantini (dir.),Opinion, Information, Rumeur, Propagande. Par ou avec les images Hors Série Michel Costantini (dir.),Sémiotique du beau Michel Costantini (dir.),La sémiotique visuelle : nouveaux paradigmes. Bibliothèque VISIO 1, Biblioteca VISIO 1, Library VISIO 1 Suite des livres publiés dans la Collection Eidos à la fin du livre Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Belgique(Claude Javeau, Univ. Libre de Bruxelles),Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid, Sofia),Chili(Rodrigo Zùñiga, Univ. du Chili, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo (Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. Sevilla),France(Michel Costantini & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi),Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo), Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Egyetem),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica), Taïwan(Stéphanie Tsai, Univ. Centrale de Taiwan, Taïpé) Secrétariat de rédaction: Sandrine Le Corre Publié avec le concours de
Sous la direction de Pascal Martin & François Soulages Les frontières du flou au cinéma
Sous la direction de François Soulages 10 livres déjà publiés Frontières géoesthétiques Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou au cinéma,Paris, L’Harmattan, collectionEidos, série RETINA, 2014. Katia Légeret,Rodin et la danse de Çiva, Saint-Denis, PUV, 2014, 224 p. Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou, Paris, L’Harmattan, collectionEidos, série RETINA, 2013, 230 p. Christine Buci-Glucksmann, Jacques Morizot & François Soulages (dir.), Les frontières esthétiques de l’art,Paris, L’Harmattan, collection arts 8, 1999, 204 p. Frontières géopolitiques, géonumériques & géoartistiques François Soulages (dir.),Biennales d’art-contemporain & frontières, Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2014, 230 p.Gilles Rouet & François Soulages (dir.),Frontières géoculturelles & géopolitiques,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2013. Gilles Rouet (dir.),Quelles frontières pour quels usages ?,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2013, 230 p.Imad Saleh, N. Bouhaï, Y. Jeanneret, S. Leleu-Merviel, L. Massou, I. Roxin, F. Soulages, M. Zaklad,Pratiques & usages numériques, H2PTM’13, Paris, Hermès, Lavoisier, 2013, 390 p. François Soulages (dir.),Géoartistique & Géopolitiques. Frontières,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2012, 208 p.Serge Dufoulon & Maria Rostekova (dir.),Migrations, mobilités, frontières & voisinages,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2012, 334 p.
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03681-6 EAN : 9782343036816
Transition Notre travail de recherche sur les frontières continue :d’une part les frontières géopolitiques, 1 géonumériques et géoartistiques , d’autre part les frontières 2 géoesthétiques .  Nousavions publié l’an dernier notre livre fondateur surLes frontières du flou; nous pouvions donc, cette année,l’approfondir en passant de la problématique globale à une étude locale: nous avons choisi le cinéma: d’où ce livreLes frontières du flou au cinéma. Pourquoi le cinéma ? Parce que les frontières sont minces entre le sujet cinématographique et le sujet psychique ; le flou règne, l’air de rien: l’incertitude, le trouble, voire le difficile à nommer – l’innommable ?
François 1 Soulages (dir.),Géoartistique & Géopolitiques. Frontières,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2012, 208 p.Gilles Rouet & François Soulages (dir.),Frontières géoculturelles & géopolitiques, Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2013, 190 p.Gilles Rouet (dir.), Quelles frontières pour quels usages ?,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2013, 230 p.Serge Dufoulon & Maria Rostekova (dir.), Migrations, mobilités, frontières & voisinages,Paris, L’Harmattan, collection Local & Global, 2012, 334 p.Imad Saleh, N. Bouhaï, Y. Jeanneret, S. Leleu-Merviel, L. Massou, I. Roxin, F. Soulages, M. Zaklad,Pratiques & usages numériques, H2PTM’13, Paris, Hermès, Lavoisier, 2013, 390 p. 2  PascalMartin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou, Paris, L’Harmattan, collectionEidos, série RETINA, 2013, 230 p. Christine Buci-Glucksmann, Jacques Morizot & François Soulages (dir.),Les frontières esthétiques de l’art,Paris, L’Harmattan, collection arts 8, 1999, 204 p. Katia Légeret,Rodin et la danse de Çiva, Saint-Denis, PUV, 2014, 224 p.
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Parce que nous aimons « ça ». Parce queBlow up, Anna Karénine, Adalen 31,Kaïro, Bleu,Harry dans tous ses états,Sunset Boulevard,Mauvais sang, Au-delà ,Le procès,Une femme disparaît,Chott El Djerid, Removed,Le Film,So What ?... Oui, le film, qu’est-ce que c’est ? Qu’en est-il des frontières du flou au cinéma, non seulement pour comprendre le cinéma et le flou, mais aussi les frontières? Quelles sont les causes, les modalités, les exploitations, les usages, les conséquences, les enjeuxdes frontières du flou au cinéma ? Il en va de l’articulation de la technique et de l’esthétique, du sans-art & de l’art, du géoartistique et du géopolitique. Si, par essence, le concept de flou s’oppose à celui de netteté, il ne peut en être dissocié ; la notion de frontière revêt donc une importance fondamentale pour penser le flou, car elle constitue une limite aucontinuuml’on que pourrait qualifier de flou-net de profondeur, notion plus appropriée que celle de profondeur de champ. D’avantage qu’absence, le flou devient sens, question sur le sens, d’autant plus que la perception que nous avons du flou a radicalement changé, notamment avec l’arrivée de l’image numérique, de la haute définition et de l’augmentation de la cadence de prise de vues. Ce livre part desœuvres pouraccéder aux problématiquesen passant par une interrogation destechniques.Il en va donc du cinéma, de l’image, de l’art contemporain et de leurs frontières.  Celivre estle fruit d’un colloque international tenu le 28 mars 2014 à la Cité du cinéma à l’ENS Louis-Lumière dans le cadre du projetFrontièresdu Labex Arts-H2H ; tous nos plus vifs remerciements à Anne-Laure Barbarit pour son aide pour les images. C’est donc un livre de transition : sur la problématique générale desFrontières du flou, nous en avons fait paraître avant, nous en ferons paraître après. La recherche continue. François Soulages & Pascal Martin
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«focus »I am out ofUn tournage, une équipe de cinéma qui s'affaire. Soudain, consternation, le chef opérateur n'arrive pas à faire le point sur le comédien principal (Robin Williams). On commence par nettoyer l'objectif, puis on le change. Rien à faire : c'est bien l'acteur qui est flou. (…) Quand, dans une de ses nouvelles, il a inventé cette histoire d'« acteur flou », Harry (Woody Allen), écrivain à succès, n'aurait jamais pensé que pareille mésaventure pourrait lui arriver. Et pourtant, lorsque ses nerfs soudain lâchent, il devient flou, 3 comme son héros . Bien évidemment, et comme chaque fois dans la critique de film, si le sens de l’artifice est évident, s’il est littéral, si le critique peut en tirer une conclusion rapide, alors c’est réussi. Il écrit : « Quand on est bien dans sa peau, on est clair vis-à-vis de soi-même et aux yeux des autres. Quand rien ne va, eh bien, on devient flou...». C’est en quelque sorte le degré premier de l’interprétation de ces deux scènes uniques au cinéma. Traditionnellement, au cinéma, le point est fait sur le personnage principal de la scène, quitte à devoir l’isoler entre un avant- et un arrière-plan flou. Comment
3 Harry dans tous ses états: film de Woody Allen (Deconstructing Harry, USA, 1997). Image : Carlo Di Palma. 90 mn http://www.youtube.com/watch?v=3KZ6mIsbDc4
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techniquement isoler un personnage flou dans une image nette, tout en le conservant dans le décor, avec les autres personnages, dans l’interaction nécessaire au jeu? Il s’agit, ici, d’un trucage qui a nécessité un détourage minutieux de chaque image de chaque seconde de la présence du personnage dans son rôle de « flou». Ce truquage nommé « rotoscopie » est le plus minutieux et le plus répétitif qu’un truqueur ait à exécuter. En 1997 cela n’allait pas de soi car le film était tourné en pellicule. Mais le sujet est ailleurs, on s’en doute, puisque les scientifiques s’en mêlent… Est-il flou parce que fou ? Le film entier y travaille. Qu’il soitout of focus ousoft, ildevient une image étrangère dans l’image ; le flou est une des composantes de l’image, c’est vrai, mais pas sans condition. L’image photographique étant devenue notre référence visuelle ultime, ce qui distingue ce flou de tout autre flou, c’est sa position dans la profondeur de l’image: position « anormale »au regard de la continuité liée à la « profondeur de champ ». Ce flou s’installe entre deux plans nets, à leur jonction exactement, sans fondu. La frontière est si nette qu’elle provoque la rupture du personnage avec son environnement et simultanément attire sur elle toutes les questions, comme si cette présence était impossible (et elle l’est), comme si, plus précisément, on nous cachait ce qu’il y a à voir, comme si NOUS étions exclus du sens. En fait, CE flou-là est «étranger »à l’image; il annonce la peur de l’exclusion, de la différence, affirme l’hétérogénéité des présences, suggère la disparition progressive de soi, toutes angoisses dont on sait que Woody Allen est affecté depuis toujours. Cette trouvaille visuelle est littéralement la traduction de son cauchemar. Hors continuité scientifiquement avérée, la nature de ce flou assez dérangeante pour nousle sera sérieusement pour Harry. Francine Lévy
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Œuvres