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Les peintres vénitiens de la Renaissance

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Les peintres vénitiens de la Renaissance est le premier tome d'un essai (en quatre volumes) de Bernard Berenson (1865-1959) sur les peintres italiens de la Renaissance et après. Cet ensemble est devenu une référence classique. On a coutume de le citer en parlant des « quatre évangiles ». Ils ont consacré la réputation internationale de leur auteur. À l'opposé des conceptions qui prévalaient à l'époque, Berenson a fait dialoguer les œuvres avec le point de vue du spectateur sur l'œuvre. Cet ouvrage fameux est paru d’abord en langue anglaise en 1895. La critique a été unanime.

C’est « une somme ». Ces textes ouvrent le monde à leurs lecteurs. Louis Gillet, de l’Académie française, écrivait à l’auteur dès 1908 : « C’est peut-être le plus grand service que vous avez rendu à l’histoire de l’art, que d’avoir défini mieux qu’aucun autre critique la personnalité des différentes écoles, d’avoir distingué à côté de l'école florentine, la physionomie spéciale des écoles ombriennes, et à côté de Venise, la figure de l’école du Nord ; d’en avoir caractérisé les différents génies, d’en avoir plus précisément qu’aucun autre délimité la carte. ». Louis Gillet a ensuite réalisé la traduction en français.

Dans ce premier tome dédié à Venise, l’auteur nous fait découvrir ou retrouver les peintres du quattrocento et des siècles suivants. Il leur a conféré une unité. Pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’art, il nous donne une vision synthétique et globale de ces peintres dans leur monde et leur époque.

Retrouvez Carpaccio, les Bellini, Giorgione, Titien, Lotto, Palma, Tintoret, Véronèse... Poursuivez le voyage jusqu’à Tiepolo. Découvrez les spécificités de l'école de Venise, de ses valeurs, l’origine de sa peinture, le pourquoi de ses charmes.

Maintes fois réédité ensuite, illustré de 104 reproductions noir et blanc en fin d'ouvrage, ce premier tome n'était plus disponible en français depuis plus de soixante ans.

L'édition numérique de VisiMuZ est donc doublement une première : première édition numérique de ce livre en français, mais aussi première édition incluant des reproductions en couleur des tableaux cités par l'auteur.

Un livre indispensable, pour les amateurs d’art, les étudiants, les professionnels des musées et du marché de l’art, mais d’abord pour tous les amoureux des trésors de Venise.


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Avant-propos

La collection VisiLife a pour objet l'édition ou la réédition d'ouvrages didactiques sur une époque ainsi que les biographies de référence de peintres célèbres.
Les auteurs sont des écrivains au style très agréable. Les auteurs des biographies connaissaient le plus souvent personnellement les artistes dont ils ont évoqué la vie et l’œuvre.
Ces monographies ou ces ouvrages de référence avaient un défaut : ils étaient parfois frustrants à lire quand on n'avait pas en mémoire les tableaux évoqués par l'auteur. Avec le numérique, cet obstacle est levé et les ouvrages de la collection VisiLife incluent systématiquement les œuvres en regard des textes pour une meilleure compréhension du travail de l'artiste et surtout un plus grand plaisir de lecture. Vous pouvez agrandir chaque photo en pleine page par un simple-tap. Le détail de la navigation est indiqué ci-après. Vous pouvez évidemment annoter votre livre numérique. La visite virtuelle ne remplace pas la visite réelle. Aussi nous vous indiquons la localisation des œuvres que vous avez pu admirer au cours de votre lecture. Grâce au numérique, vous pouvez enfin profiter pleinement des illustrations en les agrandissant.

Quelques conseils pratiques d'utilisation

Votre livre est un e-book.

1) Malgré tout le soin apporté à sa réalisation, les programmes de lecture actuels connaissent quelques défauts de jeunesse, qui peuvent altérer l'affichage de plusieurs caractères. Ainsi, sur certains lecteurs, les espaces insécables peuvent dans quelques polices ne pas être gérées. Dans ce cas, il apparaît un petit carré au lieu d'une espace. Le choix d'une autre police de caractères permet de contourner le problème. De même, l'agrandissement du corps des lettres peut poser quelques soucis d'ajustement pour les images. Ici, il suffit de changer la taille des caractères pour améliorer l'affichage.
Mais votre livre numérique est aussi un livre enrichi, pour vous donner plus de plaisir en regardant les photos des œuvres.

2) Affichage des œuvres en pleine page. Par simple-tap dans le corps du texte sur la photo de l’œuvre, on affiche celle-ci en pleine page. Un double-tap permet alors l'affichage en plein écran. Un autre double-tap retourne à l'affichage pleine page. On peut revenir à la page du texte en cliquant sur la zone en bas à gauche « Revenir à la p. xxx » ou sur la croix en haut à gauche, selon les lecteurs.

3) Biographie des artistes. Lorsque vous lisez votre livre en étant connecté à Internet, vous pouvez, par simple-tap sur le nom des artistes, lorsqu'il est indiqué dans le cartel des œuvres, accéder aux notices biographiques qui leur sont consacrées au sein de l'encyclopédie libre Wikipédia. Attention : pour ne pas alourdir la lecture, ces liens ne sont pas signalés.

4) À la fin du livre, vous pouvez afficher un diaporama de toutes les œuvres présentes dans l'ouvrage. Le cartel est rappelé en bas de chaque page.

5) Les dates de certaines vies d'artistes ou de création des œuvres peuvent être imprécises.
Nous avons choisi d'indiquer les incertitudes de la manière suivante :
  • be : between ou entre
  • ca : circa ou vers
  • an : ante ou avant
  • po : post ou après

Nous sommes très attentifs à vos impressions, remarques et critiques concernant le fond et la forme des ouvrages publiés par VisiMuZ. N'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires à l'adresse suivante :
guides@visimuz.com

Introduction de l'éditeur

Les peintres vénitiens de la Renaissance est le premier tome d'un essai en quatre tomes de Bernard Berenson (1865-1959), sur les peintres italiens de la Renaissance et après. Cet ensemble est devenu une référence classique. On a coutume de le citer en parlant des « quatre évangiles ». Ces livres ont consacré la réputation internationale de leur auteur. À l'opposé des conceptions qui prévalaient à l'époque, Berenson fait dialoguer les œuvres avec le point de vue du spectateur sur l'œuvre.

Cet ouvrage fameux, paru en langue anglaise en 1895, attendra le travail du traducteur Louis Gillet, ami de B. B. (prononcez Bibi), et paraîtra en France en 1926. Maintes fois réédité, illustré de 104 reproductions noir et blanc en fin d'ouvrage, il n'était plus disponible depuis plus de soixante ans.

L'édition numérique de VisiMuZ est donc doublement une première : première édition numérique de ce livre en français, mais aussi première édition incluant des reproductions en couleur des tableaux cités par l'auteur.

Les reproductions dans l'édition originale se trouvaient repoussées en fin d'ouvrage et un numéro de planche était indiqué en marge du texte pour permettre le lien. Nous avons choisi de présenter les œuvres sous forme de vignette, le lien restant toujours actif vers la version en plein écran. L'auteur avait choisi de présenter les illustrations par ordre chronologique des peintres, et par peintre. Par contre, au sein du texte, il cite les œuvres dans un ordre qui traite des thématiques et différents tableaux d'un peintre donné se trouvent en différents endroits du texte. L'ordre d'apparition des planches est différent de l'ordre de présentation de la deuxième partie. Le numéro affiché est celui de la deuxième partie (entre crochets). Les différences, mineures, avec l'édition originelle sont détaillées en postface.

En couverture : Bacchus et Ariane (détail), Titien, National Gallery, Londres

Première édition : septembre 2016
Dépôt légal : septembre 2016
N° éditeur : 9791090996274

I. Valeur de la peinture vénitienne

 Madone 
Jacopo BELLINI, Madone, 1450, tempera sur panneau, 111 x 62 cm, galerie des Offices, Florence [1]
L'Adoration des mages
Lazzaro BASTIANI, L'Adoration des mages, be 1470-1479, tempera sur panneau, 52,1 x 27,9 cm, Frick Collection – New York [2]
V. – Ce tableau a longtemps été attribué à Bartolommeo Vivarini. C'est sous le nom de celui-ci que Berenson l'avait présenté dans son ouvrage.

II. L'Église et la peinture

L'Église, dès son origine, sut parfaitement reconnaître ce pouvoir émotif que possède la couleur aussi bien que la musique. Dès les premiers siècles, elle se servit de la peinture et de la mosaïque pour répandre ses enseignements et relater ses légendes. Ce n'était pas seulement l'unique moyen qu'elle eût d'instruire des foules qui ne savaient pas lire, mais c'était encore les instruire dans un langage qui, loin de conduire à l'examen critique, était singulièrement capable de servir d'aiguillon à des sentiments de piété et de componction. Après les belles mosaïques des premiers siècles de l'Église, ce dessein religieux n'est nulle part mieux rempli que dans les œuvres de jeunesse de Giovanni Bellini, le plus grand des maîtres vénitiens du XVe siècle. La peinture, à cette date, était parvenue à un point où il n'y avait plus de difficultés techniques, d'obstacles matériels à l'expression des émotions les plus profondes.

Transfiguration du Christ
Giovanni BELLINI, Transfiguration du Christ, 1453-55, huile sur panneau , 134 x 68 cm, musée Correr, Venise [16]
Le Christ bénissant
Giovanni BELLINI, Le Christ bénissant, ca 1465-70, huile sur bois, 58 x 46 cm, musée du Louvre, Paris [17]
 Pietà 
Giovanni BELLINI, Pietà, ca 1475, tempera sur panneau, 80,5 x 120 cm, pinacothèque communale, Rimini [18]
Giovanni BELLINI, Vierge à l'Enfant (Madone grecque), ca 1460-64, tempera sur bois, 82 x 62 cm, pinacothèque de Brera, Milan [19]
Vierge à l'Enfant (Madone grecque)
 Pietà 
Giovanni BELLINI, Pietà, 1465-70, tempera sur panneau, 86 x 107 cm, pinacothèque de Brera, Milan [20]
 Transfiguration 
Giovanni BELLINI, Transfiguration, ca 1478-79, huile sur bois, 115 x 152 cm, musée de Capodimonte, Naples [21]

III. La Renaissance

L'esprit de la Renaissance – Le culte de la grandeur – L'amour de l'antiquité – La passion de la gloire – Attitude devant la peinture – L'amour des fêtes et des jeux.

 

Les mille ans qui séparent le triomphe de l'Église du milieu du XIVe siècle ressemblent, on l'a dit, aux quinze ou seize premières années de la vie humaine. Pleines de joie ou de deuil, orageuses ou paisibles, le caractère essentiel de ces années d'enfance est de vivre en tutelle et sans conscience claire de la personnalité. Mais il arriva pour l'Europe, vers la fin du XVe siècle, ce qui se passe dans la vie de tout individu bien doué : l'éveil du sens de la personnalité. Ce fut un phénomène à peu près universel, mais il se produisit en Italie plus tôt que partout ailleurs et avec une tout autre énergie. Le premier effet, ce fut une curiosité sans limites, vraiment insatiable, qui poussait les esprits à découvrir tout ce qui était en leur pouvoir concernant le monde et l'homme. On se mit avec frénésie à l'étude des lettres et des monuments antiques. On croyait trouver là un répertoire immense de connaissances oubliées ; au fond, cette fureur des études antiques était le même instinct qui conduisit un peu plus tard à l'invention de l'imprimerie et à la découverte de l'Amérique.

La première conséquence du retour aux lettres classiques, ce fut le culte de la grandeur humaine. La littérature latine, que les Italiens, il va sans dire, connurent beaucoup plus tôt que la grecque, s'occupait principalement de guerre et de politique ; elle accordait à l'individu une place démesurée, parce qu'elle ne parlait que de ceux qui avaient fait de grandes choses. De la grandeur des événements on déduit avec facilité la grandeur de ceux qui les accomplissent ; et cette conviction, entretenue par la littérature quelque peu rhétoricienne de Rome, se rencontrait précisément avec celle qu'on se faisait alors de la valeur de la personne ; tout cela concourait à cette admiration sans bornes pour le génie de l'homme et pour les grandes actions, qui forme un trait si essentiel de la première Renaissance. Chacune de ces tendances réagissait sur l'autre. La littérature latine stimulait le culte du génie, et ce culte, à son tour, redoublait l'intérêt que l'on ressentait alors pour ces siècles où le génie semblait être la règle plutôt que l'exception ; ainsi se renforçait la passion de l'antiquité.

L'esprit de découverte, la curiosité insatiable du siècle, se portaient sur les arts non moins que sur les lettres ; par amour de l'antiquité, on imitait ses monuments et ses statues aussi bien que ses livres et ses poèmes. Avant le milieu du XVe siècle, on ne connut, il est vrai, presque aucune peinture antique : au contraire, statues et monuments s'offraient un peu partout ; il suffisait de prendre la peine de les regarder. Ainsi l'architecture et la sculpture de la Renaissance subirent-elles l'influence directe et très forte de l'antiquité ; la peinture, au contraire, ne subit cette influence que dans la mesure où l'étude de l'antiquité avait introduit, d'une façon générale, une science plus correcte du dessin et une épuration du goût. Ainsi l'esprit de découverte ne put se manifester dans la peinture que d'une manière indirecte et seulement en ce qu'il menait graduellement les peintres à perfectionner les moyens techniques de leur art.

Le culte fanatique du génie, l'admiration pour ces Anciens dont les grands noms avaient survécu à tant de siècles, eurent bientôt deux conséquences : l'amour de la gloire et le souci de protéger ces arts grâce auxquels, croyait-on, un grand nom parvenait à la postérité. La gloire de l'ancienne Rome avait traversé les siècles grâce aux œuvres de ses poètes et de ses historiens, de ses architectes et de ses sculpteurs ; l'Italie en conclut que, par les mêmes moyens, il lui était loisible de transmettre son propre souvenir à une postérité également lointaine, et elle créa ainsi une nouvelle religion de la gloire, avec des poètes et des artistes pour prêtres. Au début, ce nouveau sacerdoce fut exclusivement réservé aux écrivains ; mais, dans l'espace de moins de deux générations, les architectes et les sculpteurs commencèrent à s'y associer. La passion de bâtir est un des instincts les plus forts ; un nom, des armoiries placées avec goût, mais bien en vue, sur une église ou un palais, avaient autant de chances d'assurer la mémoire d'un homme que les panégyriques des historiens et des poètes. Ce fut la passion de la gloire, beaucoup plus que l'amour du beau, qui suscita tant de protecteurs des arts au temps de la Renaissance. La beauté, c'était l'affaire des artistes. Cependant le patron avait l'esprit de comprendre que plus un monument était beau, imposant, plus il avait de chances d'être admiré, et le nom du fondateur d'atteindre la postérité...