Marcel Pagnol

De
Publié par

« L'expérience singulière et sensible du spectateur contemporain favorise aujourd'hui plus que jamais des approches pluridisciplinaires autour des oeuvres, des auteurs, de l'histoire, et des formes du cinéma. Il s'agit particulièrement de privilégier des mises en résonance qui témoignent d'une recherche et d'une réflexion réellement personnelles et novatrices, s'attachant à des auteurs ou des oeuvres moins connus, ou qui tentent de mettre en lumière des aspects délaissés du cinéma. Les croisements disciplinaires sont ainsi privilégiés, de manière à permettre l'élaboration d'une encyclopédie de connaissances autour du cinéma, propre à renouveler les approches, à donner au spectateur et à l'implication de son regard toute l'importance qui leur reviennent, et à engager la théorie du cinéma dans le tout nouveau siècle. Art, histoire, philosophie, psychologie, mais aussi, droit, économie, communication sont, parmi d'autres, les approches que nous sollicitons, du moment qu'elle prennent pour objet le film audiovisuel dans toutes ses dimensions, l'idée étant, au fil des titres de la collection, de croiser les approches, afin d'ouvrir véritablement à toutes les formes de pensée les champs du cinéma, qui, du moins le croit-on, sont un lieu rêvé pour les investigations pluridisciplinaires et le questionnement autour de la totalité. »
Publié le : jeudi 1 mars 2012
Lecture(s) : 4
EAN13 : 9782296485754
Nombre de pages : 208
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Marcel Pagnol,
Un inventeur de cinéma
Formes Autonomes du Cinéma Colleçtio dirigÈe par Pierre Arbus e Volume 1 - 1 Èditio, 2010 ISBN 978-2-36085-006-8 CrÈdit photographiue aveç l’aimable autorisatio de Niçolas Pagol, propriÈtaire des droits.
Le Code de la propriÈtÈ itelleçtuelle iterdit les çopies ou reproduçtios destiÈes à ue utilisatio çolleçtive. Toute reprÈsetatio ou reproduçtio itÈgrale ou partielle faite par uelue proçÈdÈ ue çe soit, sas le çose-temet de l’auteur ou de ses ayats çause, est illiçite et çostitue ue çotrefao saçtioÈe par les artiçles L. 335-2 et suivats du Code de la propriÈtÈ itelleçtuelle.
TÈraèdre - www.teraedre.fr 48 rue Saite-Croi-de-la-Bretoerie, 75004 Paris
Guy Chapouillié Pierre Arbus
Marcel Pagnol,
Un inventeur de cinéma
Som m a ir e
Présentation, Guy Chapouillié
Le Cinéma du partage, Guy Chapouillié
Pagnol et les acteurs, Serge Regourd
Beaucoup de bruit pour quoi ?Gérard Leblanc
Le Poème des strates, Pierre Arbus
L’accent, ce mensonge qui dit le vrai, Gérard Guégan
Genèse de Manon des sources, Bernard Bastide
Cigalon, une farce, Paul Lacoste
Marcel Pagnol,objet de mémoire, Jacques Sapiéga
Archéologie d’un remordsMarchand, Françoise
Dubout à l’autre, Gilles Methel
Un procédé de cinéma en couleur, Hubert Guipouy
Édouard Delmont, Jacques Viguier
Propos sur une curiosité, Michelle Teysseyre
7
11
35
57
73
87
95
113
121
135
155
179
189
197
Guy Chapouillié
Pr ésen tation
Professeur, ESAV, UiversitÈ de Toulouse II le Mirail
È e 1895, çomme Marçel Pagol, le çiÈma a gradi N d’u eçhaîemet d’epÈrieçes humaies très souvet meÈes hors des setiers battus. Robert Flaherty ’aoait-il pas ue les vrais grads films Ètaiet eçore à veir mais u’ils e seraiet pas l’œuvre des grades firmes et des rÈalisateurs fameu, mais plutôt l’œuvre d’amateurs, de ges passioÈs, tout au plaisir de fabriuer et d’iveter.
Au mois de mai 1930, Marçel Pagol pred sas hÈsiter le bateau pour Lodres où, d’après l’u de ses amis, le miraçle a lieu çhaue jour das ue salle de speçtaçle. Le film u’il y reçotre le bouleverse. Il le voit plusieurs fois de suite et,au diable l’itrigue deBroadway Melody, il ’Èçoute ue l’image de l’açtriçe Bessie Love, ue image ui parle et dot il aime la voi. Cette epÈrieçe lui Èçhauffe la tête de thÈories et de projets.
C’est dÈsormais tout pour le çiÈma audiovisuel, çar il pese u’il estla forme presue parfaite, et peut-être définitie, de l’écriture.
Alors, à la maière des vivats ui prÈhedet l’eau, la terre et l’air, so çiÈma ui parle prÈhede la forçe de la bouçhe pour faire de la parole e film u parler effeçtif ; ue parole ui iterviet
7
8
çomme le çotiu d’u système disçotiu d’itervalles e se logeat das u temps et u espaçe çouis, habitÈ, efi plei, au limites du vivat parlat, là où s’Èlaboret progressivemet les idÈes par la çoversatio. D’après Jea Reoir, « le çiÈma tout çourt eistait avat le parlat. Pas pour Pagol. La parole lui est aussi idispesable ue la çouleur à Miçhel Age. » E effet, la parole çirçule das ses films çomme l’eau d’ue sourçe ourriçière ui redresse tout çe u’elle irrigue. Ça foçtioe çomme ue agora où se rÈuit le peuple et où se dÈbattet, sous ue forme plus ou mois istitutioalisÈe, les grads problèmes de soçiÈtÈ, surtout de la çoditio rÈservÈe au femmes u’elles s’appellet Agèle, Mao, Fay ou Naïs. Voiçi des femmes ui portet souvet l’efat bâtard, jetÈes au çœur d’ue çoditio lametable d’ifra-çitoyeetÈ où elles ’ot toujours pas le droit de vote et raremet la libertÈ de dÈçider pour elles seules.
À la maière du philosophe, il a le souçi de la vÈritÈ, fut-elle dÈsespÈ-rate, douloureuse, pÈible, destruçtriçe du boheur. Pour autat, il e perd pas de vue l’utilitÈ. Or, çomme çe ui est le plus utile est çe ui sert au boheur, il arrive souvet çhez Marçel Pagol ue l’utile l’emporte sur le vrai du momet. Tout est etrepris pour ue les filles retrouvet leur digitÈ. Sa mÈditatio sur l’homme est ue sorte d’Èçoute profode, ue ausçultatio des seçrets et des Èmergeçes. Pour Heri Agel, ç’est du çôtÈ d’u Ford ou d’u Vidor u’il faut aller çherçher les seuls Èuivalets possibles de çette puissaçe jamais solliçitÈe, de çette gradeur issue de la çotemplatio sereie de la rÈalitÈ.
Pour ausçulter et redre çompte de so mode, il e hiÈrarçhise pas les çhemis. So geste va du dedas au dehors du studio, pour eister et filmer das u espaçe e çostates mutatios à la reçherçhe de formes autoomes. Aisi, uad Fay sort, fille-mère, de çhez le doçteur, Marçel Pagol e fait u être rÈifiÈ ui foçe droit devat, au çœur de la ville. Il l’evoie das le dÈsordre et l’idiffÈreçe de la rue. Et, çotre l’avis de tous, la çamÈra sur u çamio suivra so trajet parmi les passats, les voitures et les tramways. Ce travellig est u dÈfi ui desuame u morçeau de
Marseille auuel, et à jamais, estçollÈ le drame de Fay. Marçel Pagol epliuera au produçteur surpris par la ualitÈ du rÈsultat u’il y a u proverbe ui dit, « tout le mode savait ue ç’Ètait impossible, il est arrivÈ u imbÈçile ui e le savait pas et ui l’a fait. »
So iflueçe et le suççès rÈel de çes ivetios çiÈmatographi-ues ’empêçhet pas ses adversaires de dire uece n’estpas du cinéma. Pourtat e 1934, dès lasortie dAngèle, ui bat tous les reçords de reçettes, Jea Reoir dÈçlare : « Je ties Marçel Pagol çomme le plus grad auteur çiÈmatographiue d’aujourd’hui». Bie plus tard, Rossellii çomme Viçtorio de Siça fot de çe film le çreuset du ÈorÈalisme italieet, lors de la soirÈe des CÈsars de 1987, Jea-Luç Godard dit ue « ç’est l’u des plus beau films u’o ’ait jamais tourÈs », sas oublier le frisso de Jea Claude Guiguet devat la beautÈ rare d’Agèle.
Cetimportun du Midi, selo la formule de GÈrard GuÈga, a ue çertaie idÈe du çiÈma parlat u’il fait parler das l’Èpaisseur soore du mode où le Mistral et les çigales ot leur mot à dire. C’est so çhoi, il fait parler la ature, ui est dÈjà là avat toute raiso, pour jouer aveç sa puissaçe et so mystère et pour faire etedre le murmure çotiue où s’istaure l’humai. Aisi,l’empreite soore des films de Marçel Pagol est uiue où la diversitÈ des voi ivite à la çompleitÈ de çaraçtères servie par ue famille Èlargie d’açteurs ui trouvet là les raisos d’être et de doer çomme ulle part ailleurs. C’est u auteur ui sait çe ue symbiose et partage veulet dire au poit de toujours redre à ses iterprètes, à ses teçhiçies et jusu’au plus humble des aççes-soiristes u hommage vibrat :
« On créait, c’est le fait d’être aec Pagnol. On était tous des créateurs, ne serait-ce ue pour mettre une bassine sur la table ou disposer un tout autre accessoire… Peut-être ue c’est pour cela ue Pagnol a fait de si beaux films, si sensi-bles, parce u’il considérait tout le monde. Nous étions au même nieau tous… Bien sûr u’il y aait une hiérarchie parce ue tout le monde le vouoyait et lui tutoyait tout
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.