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MARTINE CAROL FILMÉE PAR CHRISTIAN-JAQUE

De
130 pages
De 1952 à 1957, Martine Carol triomphe dans six films réalisés par Christian-Jaque. Pour divertir le grand public, suffit-il de dénuder l'actrice dans le cadre de productions spectaculaires ? En quoi l'image de la femme diffusée par le cinéaste rassure-t-elle les spectateurs ? La guerre entre Martine Carol et Brigitte Bardot aura-t-elle lieu ? En situant les séductrices animées par Christian-Jaque dans le contexte historique de la France des années cinquante, ce livre explore les coulisses d'un succès populaire exceptionnel.
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Martine Carol

filmée par Christian-Jaque
Un phénomène du cinéma populaire

Collection Champs visuels dirigée par Pierre-Jean Benghozi, Jean-Pierre Esquenazi et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture, photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène, thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la confrontation des idées, mais aussi sans dogmatisme.

Dernières parutions
Jacky LAFORTUNE, Craie a(c)tion dans la ville, 2000. Collectif, Cinéma et audio-visuel, 2000. Isabelle JURA, Des images et des enfants, 2000. Alain BOILLAT, Lafiction au cinéma, 2000. Patrice VIV ANCOS, Cinéma et Europe. Réflexions sur les politiques européennes de soutien au cinéma, 2000.

Arnaud CHAPUY

Martine Carol

filmée par Christian-Jaque
Un phénomène du cinéma populaire

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Hannattan,2001 ISBN: 2-7475-0167-1

REMERCIEMENTS
Pour leur aide déterminante, j'adresse mes sincères remerciements à : Denise Morlot-Christian-Jaque ; Jean-Pierre Berthomé ; Raymond Chirat, Dominique Choulant, Rémy Pithon et François Thomas; Blaise Aurora, N.T. Binh, Jean Dérot, Renan Donnerh, JeanPierre Esquenazi, Catherine Gaston-Mathé, Jacques Gerber, Christophe Moussé, Jacques Petat, Jacqueline Reinhard, JeanClaude Romer, Serge Ropelé et Monique Tolmer ; Élisabeth Baton-Hervé, Muriel Bernardin, Philippe Boucard, Anne-Marie et Jacques Chapuy, Jean-François Cornu, Fabien Granjon, Catherine Heurtault, Christophe et Jean-Pierre Idatte, Philippe Le Roy, Didier Lefèvre, Hélène Noirel et Philippe Phalippou ; les responsables des institutions suivantes: les Archives de l'archevêché de Lyon, la bibliothèque de la direction de la Documentation française (Paris), la Bibliothèque de l'image Filmothèque (Paris), la Cinémathèque universitaire (Paris), la Cinémathèque suisse (Lausanne), la Cinémathèque régionale Oroleis (Clermont-Ferrand), la Cinémathèque municipale de SaintÉtienne, la Cinémathèque de Nice, la Cinémathèque de Marseille, la Cinémathèque de Grenoble, le Conservatoire régional de l'image (Nancy), l'Institut Jean-Vigo (Perpignan) et les services de documentation de la Fondation nationale des sciences politiques (Paris) et Chrystelle.

« LA VEDETTE
FÉMININE FRANÇAISE LA PLUS DEMANDÉE ET LA PLUS PAYÉE »
1

En 1954, suite à un référendum organisé par la revue corporative Le Film français, les directeurs de salles de cinéma décernent à Martine Carol la Victoire de la meilleure actrice française pour sa prestation dans Lucrèce Borgia (1953). Le trophée s'ajoute à celui que Martine Carol avait obtenu l'année précédente grâce à un autre film réalisé par Christian-Jaque, Adorables créatures (1952). Les exploitants honorent ici l'une de leurs plus précieuses alliées. En cette première moitié des années cinquante, le nom de Martine Carol stimule en effet le succès public d'un film en France. Publiée en 1955, une enquête sur le rendement des vedettes installe Martine Carol parmi les trois actrices ayant rapporté une moyenne de plus de cent millions de francs de recettes par film au cours des trois dernières saisons 13

cinématographiques 2. Parmi ces réussites commerciales figure Madame du Barry (1954), que Martine Carol et Christian-Jaque tournent avant les non moins lucratifs Nana (1955) et Nathalie (1957). Le couple s'était auparavant retrouvé sur le plateau de Lysistrata (sketch du film collectif Destinées, 1953). (Les films cités composent le corpus de ce livre. Le lecteur peut consulter le résumé de leur intrigue infra, Génériques des films...) Après avoir joué les jolies utilités dans une quinzaine de longs métrages, Martine Carol devient la reine du box-office en 1951 grâce au rôle-titre de Caroline chérie (1950) 3. Adapté du roman historico-coquin de Cecil Saint-Laurent, le film de Richard Pottier raconte comment, dans le tumulte de la Révolution française, une délicieuse ci-devant tente de rester fidèle à l'élu de son cœur. C'est en dirigeant Martine Carol dans des emplois de séductrices à sa mesure que Christian-Jaque, également scénariste, entérine le vedettariat de sa compagne (Christian-Jaque et Martine Carol se marient en juillet 1954, mais leur idylle remonte à leur rencontre deux ans plus tôt pendant le tournage d'Adorables créatures. Ils se sépareront en 1958). Comment justifier l'attrait du public français des années cinquante pour les films de Christian-Jaque avec Martine Carol? On attribuerait d'emblée la prospérité de ces productions à l'érotisme qu'elles véhiculent, tant la mémoire collective associe Martine Carol à des images polissonnes. À la fin des années quatrevingt-dix, dans la chronologie qui ouvre son essai Érotisme et cinéma, Gérard Lenne mentionne: « 1950, la France découvre son sex symbol: Martine Carol dans Caroline chérie 4. » Le film doit sans contredit une part de sa popularité aux appas de l'héroïne, tout comme les six autres que Martine Carol tournera ensuite sous la direction de Christian-Jaque. Pour autant, limiter l'intérêt du public à quelques étalages serait réducteur. L'observation de la société française sous la IVe République (1946-1958) montre que d'autres raisons expliquent le succès des films concernés. En fait, le public français des années cinquante serait demandeur d'un cinéma qui le divertit et le rassure, et ce besoin trouverait 14

sa satisfaction dans le modèle de séductrice créé par Martine Carol chez Christian-laque. Cette étude s'efforcera de valider ces suppositions. Sa première partie montrera de quelle manière les séductrices intègrent un cinéma tout entier calibré pour plaire au plus grand nombre. On verra comment les moyens mis en œuvre afin d'assurer la rentabilité d'un film commercial servent les personnages étudiés. La deuxième partie procédera à l'examen des personnages de séductrices eux-mêmes, pour comprendre en quoi leurs motivations et leurs actions propres entraînent l'adhésion populaire. Enfin, la dernière partie s'arrêtera sur le nouveau modèle de séductrice qui pointe, sous les traits de Brigitte Bardot, dès le milieu des années cinquante. La comparaison de ce modèle avec celui diffusé par Christian-laque renseignera par ricochet sur le succès, puis le déclin, de Martine Carol.

15

PREMIÈRE

PARTIE

D'ADORABLES CRÉATURES AU CŒUR D'UN CINÉMA D'ÉVASION