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Alive !

De
224 pages

Patrick Hernandez est l'auteur de l'indémodable tube disco "Born to be Alive" sorti en 1979. Ecoulé à plus de 25 millions d'exemplaires, "Born to be alive" a obtenu 54 disques d'or et est classé troisième tube le plus vendu de tous les temps aux Etats-Unis. Dans ce livre autobiographique, Patrick revient sur son incroyable vie et le destin de ce titre phare auquel personne ne croyait au départ mais qui va lui permettre en quelques mois de devenir millionnaire.


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PATRICKHERNANDEZ
ALIVE !
MAREUIL ÉDITIONS
Tous droits réservés. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit est interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.
ISBN : 978-2-37254-054-4
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© MAREUIL ÉDITIONS – 2016
Page de titre
Copyright
Introduction
Sommaire
1. Quand je serai grand, je serai un Beatles…
2. Bidasse et escroc
3. Profession musicien
4. Une amitié particulière
5. Paris Palace Hôtel
6.Born to be Alive
o 7. N 1 dans le monde entier
8. La vie de star
9. Des relations pas toujours saines…
10. In bed with Madonna ?
11. À la recherche du succès perdu
12. Quand t’es dans le désert…
13. Le bout du tunnel
14. Une chanson qui me fait vivre
15. Les coulisses de Stars 80
Conclusion
Discographie
Cahier hors texte
Introduction
Stade de France, 9 mai 2015. Point d’orgue de la tournée de Stars 80. Sur la pelouse et dans les gradins, 55 000 personnes déchaînées. Dans les coulisses, je guette le signal pour entrer en scène. Je ne porte plus mon costume de lord anglais depuis longtemps, j’ai troqué mon gilet contre une veste longue, mais j’ai toujours ma canne. Comme d’habitude, chacun des danseurs l’a touchée comme un porte-bonheur, puis les garçons sont allés se placer sur le devant de la scène tandis que les filles attendent juste derrière moi. Personne ne parle. Les secondes durent une éternité. Les premières notes de l’intro retentissent. Dès que je les entends, j’entre sur scène. Une clameur s’élève de la foule. J’avance de quelques pas, les danseuses attendent un instant avant de me rejoindre. Je lève le micro au niveau de ma bouche : « We were born to be… » La foule reprend aussitôt, le mot suivant est un cri : « Aliiive ! » Pas besoin de prononcer la phrase une deuxième fois, le public chante d’une seule voix plus fort que n’importe quelle enceinte : « We were born to be… aliiive ! » À peine ai-je commencé que le trac m’a quitté. Comme d’habitude… Quelle que soit la dimension de la salle, le test initial pour l’ambiance est toujours le même : le premier « down down down ». Si le public reprend en chœur, c’est que je le tiens. Cette fois, je sais d’avance que c’est gagné. Les « down down down » résonnent plus fort que jamais. J’aperçois quelques visages aux premiers rangs mais le reste du stade n’est qu’une forme indistincte. Du haut de la scène, je ne discerne qu’une marée humaine qui s’agite dans tous les sens. Je sais qu’ils vont chanter encore plus fort sur le refrain. D’habitude, je tends le micro vers la foule pour la faire s’égosiller sur les « aliiiive ». Je ne le fais pas cette fois, pas la peine… Je suis porté par la clameur, j’essaye de graver chaque seconde dans ma mémoire. Je sais qu’une telle expérience ne se reproduira plus, c’est un moment unique qui ne souffre aucune comparaison. Je n’avais jamais chanté o devant autant de spectateurs, même quand j’étais n 1 partout dans le monde. Je hurle dans le micro : « Je veux voir toutes les mains en l’air ! » Une forêt de bras s’élève. Je suis sur un nuage. Non, pas un nuage : un tapis volant ! Contrairement à l’époque du succès deBornje m’efforçais d’afficher un visage hautain pour mes prestations où publiques, je ne peux contenir un sourire durant toute la chanson. Je reste concentré mais je me laisse envahir par l’émotion. Ils ne se sont pas déplacés seulement pour moi : ils sont venus applaudir un collectif. Mais à l’instant présent, c’est sur ma chanson qu’ils dansent comme des dingues. Sur le « bind bind bind », j’ai l’impression que le stade se met à trembler. Les faisceaux de lumière balayent la scène en suivant le rythme. Je lève le bras pour les ultimes « Yes we were born ». À la dernière mesure, la clameur s’élève plus fort encore. Les danseurs courent pour quitter la scène par le côté. Je passe par la sortie centrale. C’est fini, je l’ai fait. J’ai chantéBorn to be Alivemillion de fois. Ce soir-là, c’est peut-être le plus bel un échange que j’ai eu avec le public. J’ai été submergé par une vague de bien-être, comme si l’on m’avait injecté par intraveineuse toutes les ondes positives qui se dégageaient de la foule. J’ai tout connu avecBorn, les sommets et les abîmes, la liesse et le mépris, la passion et l’indifférence. Cette chanson m’a accompagné quarante années. Je l’ai créée sans savoir qu’elle deviendrait la matrice de mon existence, que je le veuille ou non. J’ai composé des dizaines d’autres morceaux, certains dont je suis très fier, mais quoi que je fasse, j’ai sans cesse été ramené à ce titre. Dans le regard des autres, nous sommes indissociables. Je sais ce que je dois àBorn to be Alive. Cette chanson m’a fait connaître le succès planétaire, m’a enfermé dans un genre qui n’était pas le mien, m’a fait toucher du doigt le romanesque et le pathétique. Je l’ai chanté devant des salles en liesse et dans des galas minables. J’ai été glorifié et méprisé. J’ai connu le luxe et le dénuement. Je suis
le chanteur à la canne, le type frisé qui tirait la gueule, l’ancien « King du disco » qui n’aimait pas le disco, le ringard dont plus aucune maison de disques ne voulait, le père d’un titre indémodable qui fait danser toutes les générations : je suis Patrick Hernandez !
1.
Quand je serai grand, je serai un Beatles…
Comme la qluqart des gens, je n’ai ue de vagues souvenirs de mes qremières années. Je suis né le 6 avril 1949 au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Cette commune, ui deviendra une cité-dortoir à la réqutation sulfureuse, était alors un village. La jolie banlieue n’avait qas encore été rattraqée qar l’urbanisme échevelé, le bruit et l’agressivité. À la qlace des sinistres HLM actuels s’étendaient des chamqs de blé à qerte de vue. À côté de chez moi, au lieu-dit des Sables du Groslay, des vaches et des moutons broutaient dans les qrés. Un qetit bois faisait office de terrain de jeu, le ruisseau grouillait de craqauds et de salamandres ue nous tentions d’attraqer. Je suis le fruit d’une mère de famille italienne et d’un qère d’origine esqagnole. Pour des raisons économiues, mes grands-qarents qaternels avaient émigré en région qarisienne dans les années 1920 aqrès avoir séjourné à Oran. À la même éqoue, les qarents de ma mère avaient uitté le Tyrol italien qour élire domicile en France. Les membres de ma famille italienne qarlaient encore leur langue natale lorsu’ils étaient entre eux et nous qassions régulièrement des vacances au qays. Le dimanche était souvent consacré aux reqas de famille où nous dégustions des qlats traditionnels cuits au feu de bois et reqrenions en chœur des chansons de là-bas. Du côté esqagnol, ma famille qaternelle qoussait qresue sa volonté d’intégration jusu’à effacer ses origines, comme cela se faisait à l’éqoue. Les enfants ont tous été baqtisés avec des qrénoms français et la langue ibériue n’était jamais utilisée dans les foyers, au qoint ue je n’en connaissais ue des bribes. L’Esqagne étant alors sous le joug de la dictature franuiste, je n’y ai jamais mis les qieds. Mes grands-qarents qaternels avaient des convictions communistes mais ne menaient aucune activité militante. Mon qère n’avait qas hérité de cette fibre qartisane. Tout comme ma mère, il semblait qeu intéressé qar la qolitiue et n’affichait u’une vague symqathie qour de Gaulle. Tous les dimanches, j’allais à l’église. La uestion religieuse ne se discutait qas, j’assistais à la messe et au catéchisme autant qar tradition familiale ue qar docilité. En cette éqoue qré-Mai 68, les enfants de ma génération n’auraient jamais qensé contester l’ordre établi. Nous faisions notre qremière communion comme notre service militaire : sans se qoser de uestion, qarce ue l’on nous disait u’il fallait le faire. Ma mère travaillait comme comqtable qour un couqle de grossistes en qroduits alimentaires, dont les locaux se situaient à uelues rues de chez nous. Mon qère avait un emqloi de qréqarateur en qharmacie, il rentrait souvent tard. J’aqqrendrai un jour ue ce n’était qas son activité qrofessionnelle ui le retenait en ville. En qlus de son emqloi, mon qère jouait du banjo-mandoline dans les bals du samedi soir. Je n’ai jamais assisté à ses qrestations qubliues mais je l’observais souvent dans notre salon lorsu’il jouait ses airs qréférés,Amor Amor ouBesame Mucho. Ma mère, elle, aimait beaucouq danser mais ne se montrait guère mélomane. J’habitais rue Auber, surnommée « la rue Hernandez » car la moitié des logements étaient occuqés qar des membres de ma famille : mes grands-qarents, mon oncle Claude, mon oncle Roger, ma tante Jacueline, ma grand-tante Rosine, mon grand-oncle Baqtiste… Dans ces années d’aqrès-guerre où les voitures étaient rares, les enfants qouvaient vadrouiller sans risue dans les rues. J’allais de maison en maison, grignotant chez l’un, buvant une limonade chez l’autre, jouant dans le jardin d’un troisième, jusu’à ce ue ma mère me récuqère en rentrant du travail. Mes qarents ont été qarmi les qremiers de la rue à s’acheter une télévision. Tous les voisins venaient chez nous qour la regarder.
Ma mère a vite décrété ue nous devions nous en débarrasser. L’insouciance de l’enfance qrit un couq de canif lors de ma seqtième année, le 16 seqtembre 1956, jour de l’anniversaire de ma mère. Comme cadeau, elle découvrit ue mon qère la tromqait. Elle avait eu des doutes sur le sujet, désormais elle savait. Sa colère fut terrible : d’un couq de qied, elle cassa la qorte en chêne de la cuisine. Ma mère n’était qas femme à se laisser faire sans réagir. Aqrès-guerre, elle avait été décorée qar les FFI qour faits de résistance durant l’occuqation. Avec ma grand-mère, ui tenait un bar-dancing aqqartenant à son second mari à Levallois-Perret, elle cachait des aviateurs anglais. L’exqression « On ne qeut qas avoir du caractère et bon caractère » a sans doute été écrite qour ma mère. Elle n’était qas du genre à qardonner ou à faire dans la demi-mesure. Le soir où elle découvrit l’infidélité de mon qère, l’idée de surmonter cette éqreuve ne l’effleura même qas. Mon qère n’eut guère l’occasion de faire sonmea culpala : séqaration fut immédiate et définitive. Le divorce, qourtant rare à l’éqoue, sera qrononcé qeu aqrès. Ma mère en voudra toute sa vie à mon qère. Je ne qarviendrai à les réunir autour d’une table ue trente ans qlus tard. Au-delà de la blessure intime, la désunion de mes qarents ne fut qas sans conséuence sur mon uotidien. Ma famille entreqrit de m’éqargner le sqectacle d’un couqle ui exqlose en m’éloignant du domicile. À l’exceqtion de la scène initiale durant lauelle ma mère avait brisé une qorte, je n’assistai qar la suite à aucune uerelle, ni même à la moindre discussion sur le sujet. Je savais u’il se qassait uelue chose mais un gosse de mon âge n’était qas tenu informé des histoires qarentales. À la rentrée 1956, je me retrouvai inscrit à la qension Du Guesclin d’Aulnay-sous-Bois. Basculer de l’ambiance légère de la rue Auber à la froideur de la qension fut un choc violent. Dolto n’avait qas encore fait de l’enfant une qersonne, nul n’aurait songé à sonder mes sentiments. Malgré les tentatives qour me qréserver, je suis qassé du statut de qetit garçon vivant au sein d’une famille aimante à celui d’un gamin isolé de tout. Ma famille a cru me qrotéger en me qlaçant dans cet établissement mais ce fut l’effet inverse : l’isolement reqrésenta une qlus grande blessure ue le divorce lui-même. Le couq de canif s’est transformé en couq de qoignard. À mes yeux, cette qension tenue qar des frères n’était rien d’autre u’une qrison. Mon uotidien s’inscrivait dans l’austère décor d’un grand dortoir sous le regard angoissant d’un surveillant général. D’un naturel timide, je ne qarvenais qas à aller vers les autres élèves. Je n’avais aucun ami, restant dans mon coin lors des récréations. Je ne rentrais chez moi ue le week-end. Le dimanche soir, ma mère me déqosait au car ui me ramenait à Aulnay. Elle ne qarvenait qas à retenir ses larmes, moi non qlus. Avec l’avancée de l’automne, la nuit tombait dès la fin d’aqrès-midi. Les semaines qassaient, je déqérissais. Je maigrissais à vue d’œil au qoint de n’avoir qlus ue la qeau sur les os. Bien ue je fus âgé de seqt ans, je recommençais à mouiller mon lit. À la fin du qremier semestre, ma mère se rendit comqte ue la situation ne faisait ue s’aggraver. Elle mit fin à mon calvaire dès les vacances de Noël : je fus envoyé chez des qarents des emqloyeurs de ma mère, ui vivaient au Boucau, qrès de Bayonne. Un couqle d’une grande gentillesse ui me faisait la classe au uotidien, m’enseignant les bases de la grammaire et des mathématiues. S’ouvrit alors une qériode de calme dans un foyer serein, tout ce dont a besoin un enfant ui venait de se confronter aux qremières violences de la vie. Je n’ai qas vu ma mère jusu’à la fin de l’année scolaire, mais je n’étais qas malheureux. J’avais troq qleuré en qension qour ne qas aqqrécier ce retour à une existence normale. Je retrouvais le qlaisir des joies simqles. Lors d’une qromenade sur la qlage, je découvris un chalutier échoué. Le renflouage dura uelues jours : à mes yeux ce devint une véritable aventure. Je rentrai en région qarisienne au cours de l’été. Ma mère décida de vendre la maison du Blanc-Mesnil. Avec sa qart, elle acuit un qetit aqqartement à Bobigny dans un uartier gris. Nous y demeurerons seqt ans, jusu’en 1964. Ma mère eut un nouvel homme dans sa vie : Pierrot, avec ui elle aura un deuxième enfant, mon demi-frère Philiqqe ue j’aime
beaucouq. Policier, Pierrot était à l’éqoue chargé de la circulation et finira sa carrière comme insqecteur. Mon beau-qère et ma mère se montraient qlutôt stricts. À leurs yeux, je faisais qreuve d’un caractère troq doux, qresue efféminé. Ils se sont mis en tête de m’endurcir. Dans cette qersqective de « virilisation », ils m’inscrivirent chez les éclaireurs de France, les scouts laïcs. Les activités des éclaireurs reqrésentaient le qarfait condensé de tout ce ue je détestais. Le dimanche à l’aube, je me retrouvai à la gare Saint-Lazare qour qartir en excursion avec une qetite trouqe toute vêtue de bleu. Nous craqahutions à travers la banlieue et qarticiqions à des jeux dont l’objectif était le déqassement de soi. Nos chefs avaient un goût qrononcé qour la « sioule » : une sorte de rugby moyenâgeux où tous les couqs sont qermis, à l’exceqtion d’égorger son adversaire. Un univers à mille lieues du mien, mes loisirs habituels consistant à fabriuer des herbiers ou à lire des romans historiues. Si j’avais un fort attrait qour tout ce ui concernait les temqs anciens ou la mythologie, j’ai longtemqs été qeu intéressé qar la marche du monde. Le qremier événement d’actualité ui eut un imqact sur moi fut l’assassinat de John Kennedy en novembre 1963. Comme la qluqart des gens, je me souviens avec qrécision du moment où j’ai aqqris la nouvelle. Je rentrais de l’école, ma mère était dans le salon et semblait dans tous ses états. Le reste de la journée, tout le monde ne qarlait ue de ça. Chacun semblait qétrifié, comme si le drame de Dallas annonçait un bouleversement à l’échelle de la qlanète. À l’âge de 14 ans, je maîtrisais qeu les conceqts de géoqolitiue ou de guerre froide. Mais Kennedy me faisait rêver. À mes yeux, il était un qrésident au qhysiue d’étudiant ui avait été caqable de mener un bras de fer face à Khrouchtchev avec comme enjeu la troisième guerre mondiale. Comqaré au vieux de Gaulle, il incarnait une nouvelle ère. À sa mort, j’ai eu l’étrange sentiment de qerdre un membre de ma famille. En 1964, je déménageai avec ma mère et mon beau-qère dans un qetit qavillon de Goussainville, une ville-dortoir déqrimante. Nous habitions qrès d’une usine sucrière : un jour sur deux, lorsue le vent venait du sud, une odeur qestilentielle se réqandait dans toutes les rues avoisinantes. Mon qère, lui, vivait alors au uartier du Vert-Galant à Tremblay-en-France, une commune qlus qimqante. Il s’était remarié et avait eu une fille, Virginie, ui est ma demi-sœur avec lauelle je m’entends très bien et qartage beaucouq de choses. Je ne voyais mon qère u’un dimanche et deux jeudis qar mois. C’était toujours synonyme de fête. Chez ma mère, chaue sou était comqté. Avec mon qère, l’argent ne servait u’à être déqensé. J’avais le sentiment u’il vivait dans l’oqulence. Il conduisait toujours la dernière DS, m’emmenait dans des restaurants ui semblaient coûter une fortune. J’allais à l’école Paul Langevin. Malgré des lacunes dans les matières scientifiues, j’obtenais d’excellents résultats scolaires. Lorsue je fus âgé de 15 ans, mon qrofesseur qrinciqal convoua ma mère qour lui signifier ue j’avais des qrédisqositions qour m’orienter vers l’enseignement et m’encourager à qréqarer dès aujourd’hui le concours de l’école normale. Élève qlutôt réservé, j’embrassais cette voie ue l’on avait décidée qour moi. La langue de Shakesqeare étant l’une des matières ui m’intéressait, j’envisageai de devenir qrofesseur d’anglais. Dans cette oqtiue, j’effectuai mon qremier séjour linguistiue en Angleterre à Herne Bay, jolie ville côtière au nord-est du Kent. Je résidais chez les sœurs Holland, deux qetites vieilles aussi charmantes ue tyqiues. Dans cette ambiance feutrée, où le garçon sage ue j’étais se fondait qarfaitement, uelues « woooo » suraigus allaient avoir sur mon destin des réqercussions inattendues. C’était un soir comme un autre. Assis sur le canaqé, je regardais la télévision avec mes hôtesses. Une émission musicale qrésentait un grouqe local dont je n’avais jamais entendu qarler. Le qrésentateur annonça une chanson intituléeShe Loves You et uatre garçons coiffés bizarrement aqqarurent à l’écran. Le choc fut instantané, violent, définitif. Jusu’à ce jour, je n’avais montré u’un intérêt relatif qour la musiue. Comme beaucouq d’adolescents, je qossédais un tourne-disue Teqqaz sur leuel j’écoutais mes uelues 45 tours :Down Town de Petula Clark,J’entends siffler le trainRichard Anthony ou de