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Comme la truite sous la pierre

De
186 pages
Patrick Deny chantera dès la fin des années soixante et jusqu'aux années quatre-vingt, à Paris d'abord, dans les caves et cabarets de la Rive-Gauche, puis dans toute la France et à l'étranger. Parallèlement à ses activités de chanteur, il s'engagera dans l'organisation et la production de spectacles. En 1989, après la parution de son unique album 30 cm, il quittera Paris pour le Jura. A la demande d'Isabelle Aubret, il écrira 3 chansons dont Eau et Roumania. La carrière de Patrick Deny prendra alors un tour décisif.
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COMME LA TRUITE SOUS LA PIERRE
Du même auteur Jurassiennes,©Éditions La Vague à l'âme, La Tronche, 1990. © L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56411-4 EAN : 9782296564114
Patrick DENYCOMME LA TRUITE SOUS LA PIERRE Préface de Guy Thomas
Dans la même collection
Porte-toi bien la vie, Louis Amade, 2009 Esquisse d’incertain, Aurélien Carton, 2010
Dans la collection « Cabaret »
Marc Vincent chantauteur,Bruno Daguebonne, 2011.Un cabaret rue Mouffetard, Christian Stalla, 2007 C’est l’destin Célestin, Gilbert Hennevic, 2009 Les compagnons pianistes, Anne Audigier, 2010 La chanson de proximité, Michel Trihoreau, 2010
SOMMAIRE Préface........................................................................9 I – Souvenirs d’enfance : Sartrouville .......................13 II – Marines............................................................... 35 III –Pêle-Mêle .......................................................... 45 IV –Le vagabond sédentaire.................................... 113 Jurassiennes .............................................................. 123 Hommage (…) ..........................................................178 Source de Vie,dessin de Chantal Rident .................179 Illustrations ...............................................................181 Remerciements.......................................................... 183
PRÉFACE PATRICK DENY «Comme un petit bonheur perdu»  Provincial indécrottable, je n’avais jamais eu l’occasion d’entrer en contact avec Patrick Deny ni de le voir sur scène, alors qu’il se produisait dans les lieux mythiques des cabarets parisiens ou qu’il faisait dans les années 70 de nombreuses tournées à l’étranger. Par contre, habitant le Jura depuis de longues années, j’avais eu le privilège de le rencontrer dans le petit village de Passenans, alors qu’il luttait déjà contre sa maladie, entouré de l’amour de sa femme Danièle et qu’il finissait d’écrire son recueil de poèmesJurassiennes. Je l’ai donc surtout découvert dans ce recueil lumineux, inspiré par le pays des sources, au pied des «crânes boisés des collines».  Patrick était très modeste. Grâce à Danièle, j’ai pu avoir une idée de son parcours et grâce à son recueil, j’ai découvert un poète hors du commun. Avec son talent, sa lucidité, son humour qui frappait juste et sa tendresse, je ne fus pas surpris qu’il ait été salué par bien des critiques deL’Humanité à Chorusen passant par la presse régionale.  Bien sûr, j’ai découvert ensuite le chanteur et ses chansons lors de ma rencontre avec l’association (1) qui travaille à conserver vivant son souvenir et veille à ce que «l’onde ne se referme pas autour de sa colère ».  En relisantJurassiennes,on se rend compte qu’il a profondément aimé ce pays où il passa ses dernières années. On est passionné par la richesse de son vocabulaire, sa sensibilité aiguë et la délicatesse de sa plume. Patrick a su vraiment nous
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faire sentir ce Jura «pays de grand mystère, où l’on est enclin à se taire, quand on est petit naufragé…». Mais on s’aperçoit aussi qu’il sentait ce Jura-là disparaître comme cette gare qui «se dresse, inutile comme un vieux décor oublié» avec ses carreaux cassés,« sa pendule et son œil crevé sur ce petit bonheur perdu… ». On sent l’amour pour cette terre mais aussi la rage du poète de la voir disparaître quand certains cherchent à en faire une usine à touristes. Patrick savait s’y prendre sans «casser les vitres» comme j’ai tendance à le faire, mais il parlait pourtant de« la voyoucratie de la civilisation ».  C’est pourquoi il me semble judicieux de lire maintenant les poèmes de jeunesse et ceux plus récents, où l’on remarque que l’auteur rue davantage dans les brancards que nous impose l’ordre établi. Il n’a pas oublié qu’il fut« l’enfant des communales »:  «Le livre blanc des servitudes cogne à ma tête d’écolier  Je dégueule de lassitude avant que d’avoir étudié».  Oui, Patrick faisait bien partie de ces poètes insoumis qui ne supportent pas ceux qui vont se coucher au pied des maîtres pour avoir de l’argent de poche. J’aime à relire ces deux vers :  «Mon savoir-vivre est rachitique  Je voudrais leur montrer mon cul». Et quelle émotion de relire le dernier poème de Patrick qui se termine ainsi :  «Mais les oiseaux sont ainsi faits  Pour l’envol, et non pour le quai».  On voit que Patrick s’est envolé avant d’avoir pu terminer son œuvre. Peut-être parce que dans notre société il n’y a plus de place pour les poètes et qu’on n’accorde la parole qu’à des cabotins sans scrupules.
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