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Franco le grand maître

De
166 pages
Franco. Sa guitare, sa voix, sa musique marquent son immortalité en défiant le temps, les époques et les modes. Elles continuent, deux décennies après sa disparition, à captiver et à susciter des débats. Ce livre révèle le portrait contrasté et éclatant d'un musicien hors du commun. C'est aussi un livre de souvenirs pour ceux qui ont connu Franco autant que pour ceux qui ne l'ont pas connu, mais qu'il fait chanter, danser, rire et pleurer.
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FrRAOUL YEMA die LALA
FRANCO. Sa guitare, sa voix, samusique marquent son immortalité en Frco
défiant le temps, les époques et les modes. Elles continuent, deux décennies le grand maîtreLe grand maîtreaprès sa disparition, à nous captive et à susciter moult débas en sens divers.
Sa personnalité aux contours indéfinissables intrigue toujours. La nature à la
fois gigantesque et chatoyante de son oeuvre reste admirative.
RANCO. Sa guitare, sa voix, sa musique marquent son immortalité en défant
Chez lui, rien de cosmétique. Rien d’exotique. Tout est pur, net, vrai, proche. le temps, les époques et les modes. Elles continuent, deux décennies après Raoul Yema
Il trouve son inspiration dans le quotidien. Il n’a pas peur des mots. Même Fsa disparition, à nous captiver et à susciter moult débats en sens divers. Sa Die Lalasip esorsonn pna alrileté r caruux ect odrntuo udérs roingdeaiéfnt iaussa bconfles orint rmoigue ralt ocuojlleoucrtsif. , Lila avnaaittu lere mà érla itef ois
gigantesque et chatoyante de son œuvre laisse admiratif.d’écarter l’hypocrisie et la subjectivité béate. Préface
Chez lui, rien de cosmétique. Rien d’exotique. Tout est pur, net, vrai, proche. Il d’Augustin trouve son inspiration dans le quotidien. Il n’a pas peur des mots. Même si son parler
La bonhomie de FRANCO et sa joie de vivre qu’il transmet parfois allégre-
cru et dru dérogeait au confort moral collectif, il avait le mérite d’écarter l’hypocrisie Matata Ponyo
ment à ceux qui l’écoutent, cachent l’envers d’un décor jalonné de blessures et la subjectivité béate.
narcissiques bien perceptibles à travers son oeuvre. La bonhomie de Franco et sa joie de vivre, qu’il transmet parfois allégrement à
ceux qui l’écoutent, cachent l’envers d’un décor jalonné de blessures narcissiques
perceptibles à travers son œuvre.Ce livre révèle le portrait contrasté et éclatant d’un musicien hors du
Ce livre révèle le portrait contrasté et éclatant d’un musicien hors du commun. C’est commun. C’est aussi un livre de souvenirs pour ceux qui ont connu
aussi un livre de souvenirs pour ceux qui ont connu Franco autant que pour ceux qui ne
FRANCO autant que pour ceux qui ne l’ont pas connu, mais qu’il fait
l’ont pas connu, mais qu’il fait danser, chanter, rire et pleurer.
danser, chanter, rire et pleurer.


Diplômé de l’Université de droit, d’économie et des sciences sociales Diplôé de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences
de Paris (ASSAS), l’auteur débute sa carrière professionnelle comme Sociales de Paris (ASSAS), l’auteur débute sa carrière profes-
journaliste au quotidien Le Progrès paraissant à Kinshasa, où il se sionnelle comme journaliste au quotidien «Le Progrès» paraissant
fait remarquer comme grand reporter et chroniqueur de musique.
à Kinshasa, où il se fait remarquer comme Grand Reporter et
Il y découvre les méandres du monde musical congolais et se lie
Chroniqueur de Musique. d’amitié avec plusieurs vedettes de la chanson. Mais ses relations
Diplômé de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences avec Franco trouvent leur origine alors qu’il est élève chez les
Soprêctiareles ds dee l Pa cariso n(gASSAS)régation d, le’as Sutecurheut dé. Ibutl a de sa ciax arrinères. I prl toferas-v aille
ensuite comme éditorialiste et rédacteur en chef à la Tribune africaine, quotidien du soir. sionnelle comme journaliste au quotidien «Le Progrès» paraissant à Kinshasa, où il se fait
Diplomate à 26 ans, il assume ses fonctions respectivement à Paris, La Havane, Bonn, remarquer comme Grand Reporter et Chroniqueur de Musique. Il y decouvre les
Addis-Abeba et Bangui, poste où il exerce en qualité de ministre-conseiller. Kinois de
méandres du monde musical congolais et se lie d’amitié avec plusieurs vedettes de la pure souche, dont il revendique l’esprit de liberté et de fraternité, Adapesien, activiste de
chanson. Mais ses relations avec Franco s’originent alors qu’il est élève chez les prêtres de plusieurs centres culturels, il est amoureux des belles histoires qu’il publie quelquefois sous
lala f coorngrmée dgate riono mde asn Ss-chfeueuitll.e tons dans les journaux de la capitale : La fanfare des éléphants,
Claire Mélodie, Et si c’était à refaire...Il a dix ans. Il travaille ensuite comme Editorialiste et Rédacteur en Chef à la «Tribune
Africaine», quotidien du soir.
Diplômate à 26 ans, il assume ses fonctions respecitevement à Paris, La Havane, Bonn,
Addis-Abeba et Bangui, poste où il exerce en qualité de Ministre-Conseiller. 17,50 €
ISBN : 978-2-343-00394-8Kinois de pure souche dont il revendique l’esprit de liberté et de fraternité, Adapesien,
Comptes activiste de plusieurs centres culturels, il est amoureux de belles histoires qu’il publie
rendusquelques fois sous la forme de roman-feuilleton dans les journaux de la capitale : «La
fanfare des éléphants», «Claire mélodie», «Et si c’était à refaire...»

CENTRE DE RECHERCHE SUR LES MENTALITES
« EUGEMONIA »
nencarnaaronraatîc
Raoul Yema Die Lala
F o le g d m




































Franco
Le Grand Maître


Raoul Yema die Lala








Franco
Le Grand Maître
















UGEMONIA L’Harmattan



































© L'HARMATTAN, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00394-8
EAN : 9782343003948














À Marie et à Philippe,
Mes parents.




PREFACE



C’est à titre de reconnaissance, pour avoir porté si haut le flambeau de
la musique congolaise que le Gouvernement de la République a décidé
d'honorer en cette année 2012, la personne et l'œuvre de François
Dieudonné LUAMBO MAKIADI et d'inscrire son nom dans le
Panthéon d'hommes illustres.
Disparu le 12 octobre 1999 à l'âge de 51 ans, celui que tout le monde
appelait FRANCO a une histoire qui est intimement liée à son orchestre
OK JAZZ et à son œuvre gigantesque et variée. Elle est racontée, de
manière judicieuse et colorée par Raoul YEMA die LALA dans le
présent essai intitulé « FRANCO LE GRAND MAITRE ».
J'ai accepté d'écrire la préface de ce livre qui tombe bien à propos
avec un plaisir plein d'agrément. Il donne un éclairage particulier aussi
bien du point de vue historique que celui de la sensibilité sur un artiste-
musicien qui a marqué à la fois le triomphe de son époque, mais aussi le
tournant hautement symbolique de la rumba congolaise, désormais
conçue, harmonisée et interprétée différemment.
Pour l'auteur, « FRANCO LE GRAND MAITRE » est un livre de
souvenirs pour ceux qui ont connu le musicien autant que ceux qui ne
l'ont pas connu, mais curieuses de le situer, de cerner et de comprendre
son œuvre. Pour moi, cet essai est une heureuse combinaison de
l'histoire palpitante d'un homme et de sa capacité infinie, sans cesse
renouvelée à nous faire partager l'intime, le délicat, le triste et le joyeux.
C’est là que réside son génie. Dans l'univers de sa musique qui peut
rassembler les individus de tous les horizons, touchés par ce qu'ils
entendent, et partageant de ce fait, des émotions et des sentiments
communs. Celle-là même qui mêle l'insouciance et la gravité, le tragique
et le bouffon, la vie et la mort.
Bien que happé par le monde de la musique à l'adolescence avec une
sagacité au-delà de ses quinze ans, Raoul YEMA die LALA prend, en
principe, pour cadre chronologique du «CYCLE DE FRANCO» en le
déterminant d'une façon arbitraire, mais commode, comme débutant le
06 octobre 1956, à la naissance de l'OK JAZZ et se terminant à la mort
du guitariste. Ces dates fixent et définissent la carrière de FRANCO à la
11convenance de deux histoires: celle du talentueux musicien mais quelque
peu désinvolte et celle de son œuvre qui reflète l'arc-en-ciel des
sentiments humains et qui nous parle de nous.
La lecture de ce livre nous fait apparaitre tour à tour un FRANCO
sentimental en privé, sémillant en public, visionnaire en politique et
objecteur de conscience à sa façon. Il est «l'orphelin» et les dimensions
émotionnelles et douloureuses s'entrechoquent et s'entrelacent dans ses
chansons. Il est «le griot», produit quelques textes d'envergure qui ont la
particularité d'être parfois lénifiants, parfois changeants. Il est «le
polémiste» et provoque le surgissement de débats, de questionnements et
de confrontations. Il est « le chansonnier » et a la pertinence redoutable
qui le condamne à n'avancer qu'en combattant. D'un humour
joyeusement féroce, il exploite des centres d'intérêt qui vont du ludique
ou profondément sérieux.
A travers ce livre, LUAMBO, l'homme se révèle comme un être
frondeur mais remarquable, ne craignant pas de sortir des sentiers battus
et FRANCO, l'artiste est vu comme une virtuose de la musique, doté
cependant d'un franc-parler à briser les tabous et à braver les règles
sociétales.
Pour cela, il a parfois été jugé avec une sévérité précipitée et
imméritée. On sent, à ce niveau de lecture, se dégager de la part de
l'auteur une empathie complice. Il justifie ce parti pris par la
compréhension qu'il a de l'enfance triste et troublée de FRANCO,
situation qui a causé à l'artiste, des blessures narcissiques profondes.
Aussi donc, ses fantasques dont les limites reculaient sans cesse devant
l'imagination et l'entendement, n'étaient que sa façon de se venger d'une
société qui l'avait longtemps méprisé et traduisent sa façon de professer
la liberté, une liberté qu'il voulait nous donner à tous, le goût et la
volonté.
Vingt-trois ans après la mort de FRANCO, ce qui frappe dans sa vie
de musicien et dans son œuvre, c'est qu’il n’est nullement nécessaire de
les habiller à la mode du jour pour reconnaitre en lui un contemporain.
Ni de romancer l'une et de moderniser l'autre pour découvrir leur
permanente actualité.

Augustin Matata Ponyo

12



AVANT-PROPOS



C’est au terme de près de cinq ans de recherche, de documentation et
d’enquête que je suis arrivé à écrire ce livre, dans l’espoir et la volonté de
satisfaire la curiosité de nombreuses gens intéressées par la personnalité
et la carrière du grand guitariste François Dieudonné LUAMBO
MAKIADI que tout le monde appelait « FRANCO ».
Ce livre n’a pas la prétention de combler le vide épistolaire abyssal qui
entoure la légende de FRANCO depuis sa disparition le 12 octobre1989.
Il n’a pas non plus l’ambition de vouloir se substituer à sa biographie.
J’en laisse le soin aux autres, capables de traduire et de mettre en
évidence l’histoire de la vie de ce talentueux musicien dans le style et la
forme que requiert ce genre littéraire.
Je les présume nombreux. Historiens, journalistes, écrivains,
musicologues…
Quant à moi, avouerai-je au surplus que j’ai voulu, en écrivant sous ce
titre simple mais évocateur d’un surnom devenu synonyme de virtuosité :
« FRANCO », faire seulement une chronique du musicien et de son
œuvre. Donner un éclairage sur son génie créatif, autant que sur sa
personnalité plurielle.
Parler de son talent de guitariste. Celui qui, par sa maestria, a marqué
toute une époque.
Décrire ses rapports avec la guitare, cet instrument à cordes qui
constitue la base rythmique et mélodique de la musique congolaise
moderne.
Rappeler son style, ses particularités, son évolution musicale.
Faire le portrait contrasté et éclairant d’un musicien hors du commun.
C’est donc un travail de rassemblement et de séparation, foisonnement
de la vie décomposée et recomposée de Franco artiste musicien que je
vous propose de retrouver ici, agencé ni de manière tout à fait
chronologique, ni de façon tout à fait thématique, mais dans un ordre
naturel, capable de faciliter la lecture et la compréhension de ce livre.
Le devoir auquel j’ai dû me soumettre était de donner un fil
conducteur aux différents tableaux de son parcours qui se mélangent les
uns aux autres et à travers lesquels subsiste une histoire fantastique.
13La personnalité de Franco, qu’il dévoile quelques fois lui-même à
travers les méandres de ce livre, lorsque je le fais parler, était d’une rare
complexité. Elle n’en finit pas, aujourd’hui encore, d’alimenter des
commentaires en sens divers, au point de susciter moult controverses.
L’homme était dans toutes ses postures, naturellement prompt.
Chaleureux et plein d’entrain, l’amitié et l’amour occupaient une place
prépondérante dans sa vie.
Bon vivant, volontiers gouailleur, s’il était souvent prêt à créer la
bonne humeur autour de lui, son humour caustique et son ironie
cicéronienne étaient rarement appréciés. Mais lui-même s’en délectait.
De cette attitude, il tirait malicieusement un plaisir enfantin qu’il
sublimait presque.
Plus qu’un tourbillon, Franco était une tornade avec une inépuisable
énergie qu’il submergeait sous un flot de logorrhées.
Mais le guitariste et même le chanteur, était un artiste d’exception,
s’adaptant au style et à la mode du temps, si ce n’était pas lui qui les
créait.
Son empreinte d’auteur compositeur, signataire d’une œuvre
gigantesque et grandiose est significative et singulière. Elle témoigne de la
production, tout au long de sa carrière, des œuvres aux atmosphères
dissemblables dont pourtant l’essence demeure constante.
Dans sa musique, les éléments hétérogènes se complètent et
s’unifient.
Dès lors, leur coexistence devient productrice de sens. Dans ce
paradoxe réside une partie de son succès. Et comme il trouvait son
inspiration en regard de la vie, tout ceci s’harmonise pour constituer une
véritable peinture polyptyque de la société congolaise. En écrivant ce
livre, en dehors des sources classiques déjà évoquées ci-haut, j’ai
beaucoup puisé, pour cerner l’artiste, dans son entourage familial. Cela
m’a été très précieux. J’ai également eu des longs entretiens, pour des
raisons évidentes, avec ses anciens guitaristes accompagnateurs. Armand
Mwango Brazzos, Simaro Lutumba et Roitelet Monyanya m’ont aidé à
décrypter le style et le langage de Franco, mais aussi à démêler l’écheveau
que constituaient le soliste et son instrument.
De leur côté quelques vétérans kinois, contemporains de la belle
époque de Léopoldville, m’ont apporté, par leurs différents témoignages,
l’éclairage qui m’a permis de replacer certains faits et situations dans leur
contexte d’antan. Qu’ils trouvent tous ici, l’expression de mes sincères
remerciements !
De même que mon épouse Henriette MBOMA qui m’a soufflé
quelques éphémérides, réminiscences des années soixante-dix lesquelles
14ont été d’un apport important pour étoffer certains passages du présent
écrit, ainsi que mes enfants Raoul YEMA LOOLA « Jojo » qui m’a relu
et Maître Marilyne YEMA MPUTU « Mémé » qui a veillé aux contours
juridiques de mes propos. Ceux-ci ont été pour moi, tous les deux, des
censeurs impitoyables, mais combien efficaces.
Les propres déclarations de l’artiste, tirés des dizaines d’interviews
dont certaines inédites qu’il m’avait accordées constituent, pour une large
part, l’essentiel de ce livre.
En fait, je ne les cite pratiquement pas de mémoire. Elles sortent des
notes prises jadis, parfois à la sauvette et formatées après coup.
Celles-ci étaient consignées dans des cahiers d’écolier aux pages
jaunies et cornées que j’ai pourtant précieusement gardés.
Dans le travail de façonnage qui a suivi, je me suis efforcé de ne
dénaturer ni ses dires, ni ses pensées qui dégagent des instantanés
successifs, illustrant sa vie musicale dans tous ses reflets.
A cet égard, il était ainsi témoin de son temps. Un témoin volontaire
qui évoquait sa rencontre avec son destin. Et cela, il l’avait exprimé dans
sa simplicité et aussi naturellement, dans sa brutalité. Franco n’avait pas
peur des mots. Même si parfois son parler cru, dru et vrai dérogeait au
confort moral collectif, il avait le mérite d’écarter, dans la plupart des cas,
l’hypocrisie et la subjectivité béate. Trois décennies de pratique de
musique ont fait de lui une voix écoutée, redoutée et même parfois
détestée. “Sukimpembe na O.K.Jazz!”, ce qui veut dire en français
« Scotché à jamais à l’O.K.Jazz », telle a été la devise de Franco.
Pari tenu !
Le destin avait choisi de tresser la prodigieuse vie musicale de Franco
avec l’existence de son orchestre fétiche. On aurait dit qu’à partir de
mystérieuses et puissantes forges était né un alliage étrange qui faisait
d’eux, un même corps. Seule la mort a séparé l’un de l’autre. La rédaction
de ce livre m’a été vivement suggérée par quelques amis, qui ont estimé
qu’il fallait que je restitue au grand public les informations et les données
que je détenais sur Franco.
Ils avaient noté que j’étais demeuré attentif à la vie d’un certain
nombre de musiciens congolais, depuis l’époque lointaine où j’étais
chroniqueur musical au quotidien « Le Progrès ».
C’était exiger de moi un travail immense. Mais devant le souci
d’apporter un brin de connaissance à ceux qui ont besoin de découvrir
un pan de la vie de cet immortel de la musique congolaise, je n’ai pas
hésité longtemps.
En agissant ainsi, je pensais particulièrement aux jeunes générations
curieuses de situer Franco, de le comprendre et de cerner son œuvre. Ce
15