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Haydn et Mozart

De
235 pages

« J'ai cherché à analyser le sentiment que nous avons en France pour la musique. Une première difficulté, c'est que les sensations que nous devons à cet art enchanteur sont extrêmement difficiles à rappeler par des paroles. Je me suis aperçu que, pour donner quelque agrément à l'analyse philosophique que j'avais entreprise, il fallait écrire les vies de Haydn, de Mozart…Haydn m'offrait tous les genres de musique instrumentale ; Mozart, sans cesse comparé à son illustre rival Cimarosa, donnait les deux genres de musique dramatique ; celle où la voix est tout, et celle où la voix ne fait presque que nommer les sentiments que les instruments réveillent avec une si étonnante puissance(…)

Nous parlons beaucoup musique en France, et rien dans notre éducation ne nous prépare à en juger. Car c'est une chose reconnue que, plus un homme est fort sur un instrument, moins il sent les effets du charme qu'il fait naître. Son âme est ailleurs, et il n'admire que le difficile. J'ai pensé que les jeunes femmes qui entrent dans le monde trouveraient avec plaisir, en un seul volume, tout ce qu'il faut savoir sur cet objet.Il me semble que la première loi que le dix-neuvième siècle impose à ceux qui se mêlent d'écrire, c'est la clarté. Une autre considération m'en faisait un devoir. »

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MICHEL DEMAULE
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Balzac et la Musique, avant-propos et commentaires de Pierre Albert Castanet, 2000.
CONCEPTION GRAPHIQUE: LES3T STUDIO En couverture: Joseph Haydn, Thomas Hardy (Royal College of Music, Londres) Wolfgang Amadeus Mozart, Barbara Kraft, (Société des Amis de la Musique, Vienne) [droits réservés] ©ÉDITIONSMICHEL DEMAULE. 2002.
SOMMAIRE
Le grâce de la musique préface de Pierre Albert Castanet
Préface de l’édition de 1814 Note ajoutée en 1817
Lettres sur Haydn Vie de Mozart
9
21 21
24 187
Les dernières mesures deLa Création, oratorio de Haydn. London, édition Eulenburg n°955.
PRÉFACE
La grâce de la musique
«… en musique, on ne peut parler aux gens que de leurs souvenirs ». Stendhal,Vie de Mozart.
« Il en est de la musique dans une pièce comme de l’amour dans un cœur : s’il ne règne pas en despote, si tout ne lui a pas été sacrifié, ce n’est pas de l’amour ». Stendhal,Lettres sur Haydn.
Heureux, les amants de la musique qui jouissent de la simple éloquence pour rendre hommage aux grands créateurs de ce monde ! Écrivain lyrique, à la plume nerveuse et acerbe, au style 1 vif et imagé, Stendhal est de ceux qui, candides et érudits, savent magnifier tout en banalisant avec grâce, de ceux qui généralisent savamment tout en scrutant intelligemment le menu détail, de ceux qui osent sublimer tout en se comportant 2 en « dilettante », somme toute professionnel.
10 VIES DEHAYDN ET DE MOZART 3 Si les célèbres écrits de Stendhal postés d’Italie (notamment de Rome, de Naples et de Florence…) sont terriblement atta-chants, c’est qu’au-delà de la simple description historique et géographique, ils renferment de véritables études de mœurs, de genres ou de caractères, études orientées spécialement dans le domaine social et culturel. Dans cette perspective, accompa-gnant son lot de récits biographiques sur Napoléon, Cimarosa, 4 5 Metastase ou Rossini …, les présents écrits stendhaliens sur Joseph Haydn (1732-1809) et sur Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) restent sans équivalents dans l’histoire de la littéra-ture musicographique. Abouchés aux sources de l’époque romantique naissante, ces deux feuilletons dédiés aux « amis de la musique » émanent principalement d’une correspondance avec Louis de Lech (ami de Stendhal) rédigée du vivant de Haydn – et publiée en 1814 –; et d’une biographie de Mozart signée par Friedrich Schlichtegroll éditée elle aussi en 1814 (l’année de la réécriture et de la correction deLéonoredevenueFideliode Ludwig van Beethoven, l’année de la composition de laMesseen Fa majeur 6 de Franz Schubert…). Dans sa préface auxVies de Haydn, de Mozart et de Métastasede Stendhal, Romain Rolland récuse cette source schlichtegrollesque. Se rangeant derrière l’avis de Daniel Muller, il dit que la prose stendhalienne est inspirée par les écrits de K. Winckler et de C. F. Cramer. Mentionnons aussi que certains renseignements glanés par Stendhal proviennent secondairement de conversations avec le Baron van Swieten, ainsi que de nombreuses discussions avec diverses personnalités en vue (tels que Maria Magdalena Spangler épouse Frieberth, Vaclav Pichl, Joseph Weigl… ou autres élèves de Haydn). À dire vrai, le fond de l’ouvrage de Stendhal provient d’une traduction presque littérale d’un petit livre de Giuseppe 7 Carpani paru à Milan en 1812. L’opuscule s’intitulaitLe Haydine overo lettere su la vita e le opere del celebre maestro Giuseppe Haydn. Pastiché à grand renfort d’anecdotes, les écrits stendha-liens parurent sur le marché parisien en 1814 sous la forme de
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