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Histoire Universelle de la musique et de la théorie musicale

De
252 pages
Depuis environ un millénaire, la musique a beaucoup évolué. Et pour mieux comprendre cette évolution, ce livre explore le coté théorique et constate de nombreuses « incohérences ». Celles-ci ont été introduites par des théoriciens qui étaient peu enclins à la pratique musicale et qui étaient, jusqu'à la fin de la Renaissance, sous l'influence de l'Eglise Catholique. Par ailleurs, les musiques des sociétés orientales ont eu des parcours différents, et sont souvent d'un grand raffinement ; la comparaison avec la musique occidentale est très riche d'enseignements.
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Serge DONVAL
Histoire Universelle de la musiqueet de la théorie musicale
18/03/15 14:03
HISTOIRE UNIVERSELLE DE LA MUSIQUE ET DE LA THEORIE MUSICALE
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05561-9 EAN : 9782343055619
S. DONVAL HISTOIRE UNIVERSELLE DE LA MUSIQUE ET DE LA THEORIE MUSICALE
L’Harmattan
Du même auteur :  Histoire de l’Acoustique Musicale, Editions Fuzeau, 2006.
à Rozenn » signifie « Rose » en breton.« Rozenn
INTRODUCTION Les livres d’Histoire de la Musique (ou de la Théorie musicale) 1 disponibles dans les librairies, les bibliothèques et les sites Internet sont nombreux, et certains sont excellents. Si chaque livre a une approche propre, plus ou moins différente de celle des autres, ils sont unanimes pour présenter leur contenu selon une ligne de conduite presque invariable. Ils racontent l’historique des faits musicaux (Moyen-âge, Renaissance, Baroque, Classique, etc.) communément cités et admis en Occident, en Europe de l’Ouest plus précisément. Notre ouvrage est moins conformiste, il a une approche plus profonde. Bien entendu il cite et récite les faits musicaux depuis de nombreux siècles, les explique, les analyse, les décortique et finit par découvrir de nombreuses incohérences. Qu’on se rassure, ce n’est pas la faute des musiciens (qui ont créé des œuvres magnifiques, gravées dans notre mémoire collective pour l’éternité), mais celle des musicologues, théoriciens et autres académiciens et scolastiques qui ont tout fait pour imposer leurs idées (pour ne pas dire leurs dictats), et dont la plupart n’ont jamais brillé par leur création musicale. La Musique a évolué de concert avec la Théorie Musicale : réduction de la 2 3 tonalité à 2 modes (majeur et mineur) , disparition des anciens micro-tons encore présents dans le chant byzantin, développement de la Polyphonie 4 (théologie sonore ) au détriment de la monodie, mythe des notes tonales et modales, rôle exagéré de la quarte comme consonance, etc.  La musique est une activité humaine qui a duré des millénaires, et par 5 conséquence sujette aux caprices humains et aux « avatars de parcours » . Elle a beaucoup évolué, sous l’impact de différents facteurs, parfois sans raison apparente; et la recherche de l’Esthétique n’était pas toujours le principal objectif. Pour marquer ses territoires d’influence, l’Eglise Catholique a contrôlé le Chant grégorien [27], ce qui limitera ou du moins
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canalisera la créativité des compositeurs. La Polyphonie a été gérée par l’Eglise (exempleJean XXII, cf. chapitre III, III.7 et: Décrétale du Pape note de renvoi 19), les œuvres étaient vouées au culte(comme d’autres arts: peinture et sculpture), et jusqu’à la fin de la Renaissance les théoriciens étaient presque tous des ecclésiastiques. Pendant ce temps on a négligé tout un pan de l’héritage de l’Humanité, la 6 musique traditionnelle : celle des ménestrels (au sens large : troubadours, trouvères, cantadors ibériques, minnesingers et meistersingers germaniques, ème etc.). Ils ont créé, depuis le 11siècle, des œuvres dont les thèmes sont encore repris de nos jours. Rien qu’en France, environ 2300 chansons sont ème ème répertoriées entre le 12 et 15 siècle (De La Cuesta [38]). Il sera donc question, plus que dans n’importe quel autre ouvrage, de musique 7 traditionnelle, profane. Il ne s’agit pas de musique folklorique ou populaire 8 mais de cette musique raffinée que les historiens ne classifient pas dans le genre « savant ». Un exemple typique est celui des Cantigas, des chansons ème « compilées » au 13 siècle, inspirées du folklore ibérique. Les études sur ce sujet pourraient bien faire le lien étroit entre la musique dite savante et celle du peuple, malheureusement elles sont presque toutes rédigées en espagnol ou en portugais. Nous estimons qu’on a passé beaucoup de temps à développer la Polyphonie, au détriment de la mélodie. La Polyphonie n’était pas la seule ème voie, puisque dès le 10 siècle le Plain-chant s’est séparé en 3 axes(chap. III) : grégorien, byzantin et hispanique; le deuxième possède un charme oriental ayant une richesse mélodique et intervallique, et le troisième a subi l’influence des cantadors hispaniques de différentes cultures. La Modalité du haut Moyen-âge a bénéficié de l’apport de quelques intervalles hérités des grecs, comme la diesis (¼ de ton) ou le spondiasme (¾ de ton). Le quart de ème ton a été éliminé par D’Arezzo au 11mais il a survécu (cf. « le siècle Lucidarium » de Marchetto [23] et le « Manuscrit de Montpellier H196 » [25]) en pratique jusqu’à la Renaissance où le terme chromatisme (dans les 9 madrigaux de Gesualdo et les chansons d’Antoine de Bertrand) avait une signification différente de celle d’aujourd’hui. En fait, il s’agissait plutôt d’ultra-chromatisme (Sabaneev, [28]).  Si on peut constater que la Renaissance musicale (Vendrix [76]) avait déjà commencé vers 1400 (fin de l’Ars Nova et début de l’école franco-ème flamande), le grand changement a eu lieu vers la fin du 16 siècle lorsqu’on a senti le besoin viscéral d’un retour à la mélodie. On a abandonné la complexité du Motet (et de la Polyphonie en général), et on a mis en exergue le thème monodique. Officiellement (chez les historiens), la Mélodie Accompagnée (cantate, opéra, oratorio) est apparue au début du ème ème 17 siècle, mais dès le milieu du 16 siècle le Madrigal et la Chanson (française, et son équivalent italien) étaient fondés sur un thème mélodique. 10 On était revenu à la source, aux chants et danses populairesqu’on a introduits dans la musique dite savante, pour avoir les suites (de danses :
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pavane, gaillarde, etc.). Ces suites vont se transformer en sonates en remplaçant les noms de danses par des termes italiens de mouvements. La « Forme Sonate » sera la plateforme de toute la musique instrumentale occidentale : sonates, concertos, symphonies, … qui feront le bonheur des mélomanes. Cette catégorie de citoyens qu’on appelle les mélomanes n’apprécie que la musique harmonique, alors que le reste (qui constitue quand même la quasi-totalité de la population) préfère la musique monodique ancrée dans la Tradition, souvent rythmée. Ce rythme-là va ème émerger dès le début du 20 siècle (Stravinsky) et résonner dans la musique contemporaine tous styles confondus; c’est encore une fois un retour aux sources.  La période baroque (Monteverdi, Vivaldi, Haendel, Couperin, Charpentier, etc.) est une période passionnante par l’esthétique (et la musicalité) de son 10 répertoire . Faut-il rappeler que le générique de l’Eurovision est l’œuvre de M.-A. Charpentier, un compositeur longtempsresté dans l’oubli. C’était une période tampon entre l’Harmonie et le Contrepoint (chap. II), et les supporters de la musique harmonique (Rameau) ou mélodique (Rousseau) ne lésinaient pas sur les arguments pour défendre leurs opinions (s-chap. VI.5). Maisaprès Beethoven et l’ère classique, la musique (à quelques exceptions près) s’est progressivement académisée. Cela a poussé des musiciens du ème début du 20siècle (comme le Groupe des Six) à plaider en faveur d’un retour à la simplicité. L’Opéra (avecle Ballet) est un mélange de musique et de divertissement; il a pris naissance dans les années 1600 et a continué à évoluer jusqu’en 1900, avec de grands maîtres d’abord italiens puis français. C’est un genrequi a occupé longtemps le paysage musical et a suscité des querelles entre les partisans du style français et ceux du style italien. ème ème  Si, dans la 2 moitié du 19 siècle, il reste encore des compositeurs à faire des œuvres dans l’esprit classique (Tchaïkovski, Dvorak, etc.), la musique romantique subit les impacts de l’impressionnisme et de l’expressionisme sans en porter le nom. On se focalise sur le timbre (nouveaux instruments) et sur l’orchestration (les deux sont liés), sur les dimensions de l’orchestre et sur les nouveaux accords. La mélodie, le rythme, et même l’Intonation (alternance de tensions et détentes) sont noyés dans la monotonie; on s’éloigne de l’esthétique des anciens maîtres du Baroque. Même la Tonalité, noyau de la musique occidentale est reléguée à un second plan (Liszt et Wagner), le thème est faible ou marginalisé devant ème des accords complexes. C’est le floupostromantique du tournant du 20 ème siècle, centré à Vienne (Mahler); et déjà dès la fin du 19siècle s’annonce un regain d’intérêt pour le passé lointain (surtout baroque), c’est le Néo-classicisme (chap. X). ème  Le 20 siècle viendra bouleverser cet ethnocentrisme culturel, on ne dit plus musique classique mais contemporaine (chap. X) : Ecoles Nationales,
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