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L'Afrique en musiques (Tome 3)

De
187 pages
En Afrique, chaque élément de la nature est une muse qui inspire et aide à célébrer la vie. Les rythmes cosmiques, pulsés par une multiplicité d'instruments, s'expriment dans l'alternance infaillible des lever et coucher du soleil. Cette alternance des saisons de pluie et saison sèche, de la période de soudure et des crises acridiennes... se reflète jusque dans les rythmes de la musique.
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LAfrique en musiques
 
Tome 3
 
 Racines du Présent  Collection dirigée par François Manga-Akoa  En cette période où le phénomène de la mondialisa conjugué au développement exponentiel des nouvetliloens  technologies de linformation et de la communication contracte lespace et le temps, les peuples, jadis éloignés, se côtoient, conna e et de scdmeoééé ssmiurm ucvcudéenerdi tqaes nuete ,m ntvu teeuutel leclnîeott,lr  lsaàb eolnarr eanqctiu nêaetcure oj pomeoutr mudràtu  inhvlmiueiqiisen u.t upeexLlrr  uresslos  egogqsau éutvinepro éiojnrr au astdmdisaeoaen i nssls .àe,   uueLnlrnseea     d co moires, histoires et cultures respec posture proleptique faite de dialogues collection « Racines du Présent »  pr ofépconds et exigeants. La lpmoaounntr ohcgroroanptporhliiobegusie er  ràde ellsatéiveeis éreàn tsl phiesutpoire, oàs e lda es céutlutaduruéerjeoes  lulereted mt dheeunsàit     diff les dhier et d v l dune conscience mondiale en contexte.  Déjà parus  MANDA TCHEBWA Antoine, De lart griotique à la polyphonie australe, LAfrique en musiques, Tome 2, 2012. MANDA TCHEBWA Antoine, Rapport au sacré, à la divinité, à la nature, LAfrique en musiques, Tome 1, 2012. MANDA TCHEBWA Antoine, Sur les berges du Congo on danse la rumba, 2012. IBALA Yves-Marcel, Chroniques du Congo au cur de lAfrique. Suivi de La saga de Tsi-bakaala : Le sabre du destin,  2012. MANDA TCHEBWA Antoine, Musiques et danses de Cuba , 2012. MANDA TCHEBWA Antoine, Résistances et quête des libertés à Cuba , 2012. MANDA TCHEBWA Antoine, Les rencontres fondatrices à Cuba , 2012. MANDA TCHEBWA Antoine, Aux sources du jazz noir , 2012.
Antoine MANDA TCHEBWA       LAfrique en musiques
   T OME 3    Panorama des instruments de musique
du patrimoine africain
                LH ARMATTAN  
                                      © L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-96408-2 EAN : 9782296964082  
Du même auteur  
a) Ouvrages  -Terre de la chanson, la musique zaïroise : hier et aujourd’hui , Louvain-la-Neuve, DUCULOT/Afrique Editions, 1996, 336 p. -A l’origine d’une ville, la musique, in  Ngoné Fall, Yoka Lye Mudaba, Françoise Morimont, Les Photographies de Kinshasa , Paris, Revue Noire Editions, 2001, 123 p. -Musiques africaines, Nouveaux enjeux, Nouveaux défis , Paris, Editions Unesco, 2005, 110 p. -African Music, New Challenges, New Vocations, Paris, Unesco publishing, 2005, 100 p.
b) A paraître  -Sur les berges du Congo, on danse la rumba , 340 p. -Histoire, musiques et traditions d’Afrique Tome1 : Rapport au sacré, à la divinité et à la nature.  -Histoire, musiquse et traditions d’Afrique, Tome 2 :L’art griotique mandingue, les musique et polyphonie australes.  -Histoire, musiques et traditions d’Afrique, Tome 4 : Contexte urbain.  -Chanter et danser l’Afrique. Entre modernité et tradition.  -Les musiques africaines et la mondialisation de l’espace marchand.  -Esclavage et musiques aux Antilles : l’affirmation par la force de l’imaginaire , 520 p. -Les Droits de l’Homme, la traite des Nègres et l’esclavage pré et postmédiéval. Préjugés et déni d’humanité.  -Esclavage, Mythologies, marronnage et guerres de libération à Cuba. Du XVe au XXe siècle.Contexte créole et culture de la paix.  -Les musiques de la diaspora noire , 350 p. -La ville des dieux, 120 p. -Dans les sillons de la mémoire, 298 pages -Les héritages de l’Afrique dans les musiques et danses cubaines.  -Aux sources du jazz noir. De Congo Plains à Léopoldville, 320 p. -Violence coloniale et Droits de l’Homme dans les Petites Antilles françaises (XV e  et XIX e  siècles) : traite négrière, esclavage et musique , Mémoire de DEA, Chaire Unesco, Université de Kinshasa, 2005, 250 p.
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Les apports de l’imaginaire dans la conquête des droits humains, de l’harmonie sociale et de la liberté : le cas des esclaves bantous de Cuba sous la colonisation espagnole (du XV e au XX e siècle) : une quête inachevée de la paix ? 840 p., Thèse de doctorat en Droits de l’Homme, Chaire Unesco, Université de Kinshasa, 2007.  
    
 
Epigraphe
« De tous les vestiges pouvant nous renseigner sur un art qui tend à s'évanouir, et cela dès l'instant même où jaillit faute d'écriture capable d'en sauvegarder la totalité, l'instrument est encore ce dont nous avons conservé le plus de témoignages certains à travers les temps ». A. Scheaffer
  « Oui, comme une perle de rosée sur une plante, l’âme d’un peuple peut habiter temporairement dans une guitare, quand l’harmonie du monde et de la vie a disparu partout ». Sylvain Bemba
 
         
Propos liminaire
Voici réunis des objets résonateurs porteurs d’une symbolique et d’autres canons identitaires propres à l’Afrique. Objets qui, loin de toute quête d’exotisme et d’insolite, vibrent encore de leur sacralité première au revers du quotidien moderne. En raison de leur valeur intrinsèque, doublée d’un attrait irrésistible, comme l’indique Francis Bebey, il nous incombe à notre tour de les « mettre à la portée de tous les hommes, les expliquer, les aider à s’enraciner, à germer, à fleurir… avec tout ce que cela comporte d’expectative et d’espoirs… car la connaissance de l’homme habite ce monde-là [aussi] » 1   En musicologie, ces « objets » s’appellent tout simplement « instruments de musique », car ces outils peu ordinaires sont destinés à produire des sons de musique et aussi à témoigner du génie singulier d’un peuple. En rédigeant ce livre, il s’agit pour nous en priorité de faire connaissance avec des objets spéciaux nés de l’imaginaire africain pour ce qu’ils portent d’essentiel dans l’expression de l’humanité la plus profonde et dans la transmission du savoir et du génie ancestral. A travers ces fameux « objets-signes » 2 , selon l’expression de l’ethnomusicologue Pierre Schaeffer, c’est en réalité toute l’histoire des sociétés traditionnelles africaines qu’il nous est donné d’entendre. Il s’agit ici d’une histoire saisie, l’instant d’une audition, sous le prisme de ses multiples dimensions ésotériques, anthropologiques, cosmologiques, épiques, ludiques, récréatifs, etc. Tant il est indéniable que l’instrument de musique se révèle être un support privilégié voué à l’expression d’une idéologie, d’une culture sinon d’une manière d’être qui appelle non seulement une adhésion sincère et inconditionnelle de l’autre, mais qui gagnerait à être connues et à être partagées. Pour cause, « les valeurs que renferme, fût-ce jalousement, l’univers culturel de l’autre, [s’exposent à la même fatalité] tant il est vrai qu’aujourd’hui l’individu et le monde qui se ferment au "tout autre" sont condamnés au dépérissement et à la mort de l’esprit. » 3   Ainsi, l’organologie africaine ne se contente-t-il pas seulement d’être un moment d’une sublime évasion dans l’univers des sons et des rythmes, elle se veut en plus un moment essentiel susceptible d’apporter une note inédite de l’inventivité africaine. Surgit alors une Afrique magique, tantôt merveilleuse dans la plénitude de son art et de son destin, tantôt mystérieuse et déroutante dans 1 F. Bebey, Musiques de l’Afrique , Paris, Horizons de France, 1969, p. 9. 2 P. Schaeffer, Traité des objets musicaux : essais interdiscipinaires , Paris, Seuil, 1966, pp. 263-265. 3 P. A. Martel, « Préface », in Francis Bebey, op. cit ., p. 5.
son expression ésotérique. Une Afrique, à bien des égards, humaine, voire humaniste. Du coup un aveu s’impose : l’absence d’une vraie histoire écrite, puisque depuis toujours supplantée par l’oralité, a fait disparaître des pans entiers de la mémoire africaine. Reste donc, pour ceux qui savent déchiffrer l’indéchiffrable, la seule symbolique socio-anthropologique véhiculée par ces objets-signes. Car ceux-ci ont été fabriqués par des mains initiées, gradiennes des choses enfouies, en se fiant à des références cosmogoniques et culturelles portées par des canons de pensée, ainsi qu’une vision de la vie et de l’homme propres à chaque ethnie, à sa sensibilité, de même qu’à sa conception du rythme du cosmos. Et c’est parce que le continent noir a toujours été le Continent de l’oralité, déclarait Camara Laye (1968), que « nous comprenons qu’il y ait carence de documents écrits » sur l’Afrique historique. Dès lors, pourquoi ne pas être tenté d’aller à la redécouverte de ses « objets-signes », transmis en legs aux générations actuelles en guise de témoignage du savoir premier. Il sied d‘avoir conscience, ce faisant, « qu’il n’y aura pas de plus honteuse compagnie que l’ignorance pour celui qui se présentera au seuil de l’éternité » (Nacer Ed-Din). De même, il va falloir répondre un jour à la double interrogation que voici : si « les civilisations, tout comme les hommes, meurent aussi, le présent ne devrait-il pas sortir du passé ? La sagesse des Anciens et du passé ne devrait-elle pas servir d’exemple à la génération montante ? » (1978 : 16). Une certitude : ce qui fait la grandeur d’un peuple, ce n’est ni la dimension de son territoire ni sa démographie, mais la qualité de ses hommes, la densité et l’originalité de son génie créateur, la noblesse des ses idéaux, sa capacité à entrer en résonance avec ses valeurs propres et les profondeurs abyssales de son moi. Ces profondeurs qui sont l’âme même du peuple infiniment plus haute qu’elles donnent au corps social entier la trempe d’acier si nécessaire à son affermissement et à son affirmation. Ce, en n’oubliant jamais de célébrer les hauts faits des nobles et inoubliables devanciers. Cet appel au contact avec cet univers « désuet » est somme toute comme une invitation à faire ample connaissance avec ces objets-signes qui nous parlent du fond des âges avec l’âme première. Il y a là, dans cet appel des profondeurs, comme la manifestation d’une « vibration que nous endurons sans nous lasser et à laquelle nous ne cherchons pas à nous soustraire, en vérité, nous ne pourrons nous soustraire » (Ed-Din : 16). Cela, même s’il nous tarde de reconnaître qu’il y aurait à redire concernant l’attitude des uns et des autres face à ces « choses » d’un autre âge. Car ils sont un legs sacré et intangible pour certains ; voire simple bibelot (et donc objet exotique), pour d’autres. Toujours est-il que l’on y est différemment sensible. Peut-être pas pour les mêmes raisons, mais à cause sans doute de la différence d’approche culturelle, artistique, sensorielle, esthétique, voire plastique. Pour autant, devrions-nous ramener la découverte d’un objet si banal d’apparence à la seule curiosité de l’esprit ? De plus, « devons-nous croire que l’Africain seul pense qu’il y a plus de choses dans le monde et dans le ciel, dans
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