LE HARD BOP

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Mouvement de jazz lancé aux États-Unis dans les années cinquante, le hard bop a été vecteur d'une création intense jusqu'au milieu des années soixante. Ce dernier a rassemblé une pépinière de musiciens prestigieux parmi lesquels on relève le contrebassiste Charles Mingus, les batteurs Max Roach et Art Blakey, les pianistes Thelonious Monk et Bud Powell, les saxophonistes Sonny Rollins et John Coltrane, le trompettiste Miles Davis, et bien d'autres.
Publié le : mercredi 1 décembre 1999
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EAN13 : 9782296400719
Nombre de pages : 64
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Le Hard Bop
Un style de jazz

@ L'Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-8516-2

Roland Guillon

Le Hard Bop
Un style de jazz

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

-

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Collection Univers Musical dirigée par Anne-Marie Green
La collection Univers Musical est créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d'analyse que de synthèse concernant le domaine musical. Son ambition est de proposer un panorama de la recherche actuelle et de promouvoir une ouverture musicologique nécessaire pour maintenir en éveil la réflexion sur l'ensemble des faits musicaux contemporains ou historiquement marqués.

Déjà parus

REY Xavier, Niccolà Paganini, le romantique italien, 1999. JOaS Maxime, La perception du temps musical chez Henri Dutilleux, 1999. HUMBERTCLAUDE Éric, La transcription dans Boulez et Murait, 1999. HACQUARD Georges, La dame de six, Germaine Tailleferre, 1998. GUlRARD Laurent, Abandonner la musique? 1998. BAUER-LECHNER Natalie, Mahleriana, souvenirs de Gustave Mahler, 1998.

INTRODUCTION UN STYLEDE JAZZ

Au début des années cinquante, des mUSiCiens noirs américains réagissent contre une forme de jazz - le jazz cool développée depuis 1948 pour introduire davantage d'équilibre et de mesure dans les improvisations et l'écriture de la musique de jazz. Ces musiciens le considèrent comme un affadissement du be bop, autre style de jazz essentiellement inventé et porté entre 1944 et 1950 par deux grands créateurs: le trompettiste John Birks Gillespie et l'altiste Charlie Parker. Et l'on trouve parmi ces musiciens plusieurs cofondateurs du style be bop comme le bassiste Charles Mingus, les batteurs Max Roach et Art Blakey, les pianistes Thelonious Monk et Bud Powell, ou encore le trompettiste Miles Davis. On remarque aussi d'autres musiciens plus jeunes qui deviendront aussi célèbres comme les pianistes Horace Silver et Mac Coy Tyner, les saxophonistes Sonny Rollins et John Coltrane, les trompettistes Clifford Brown et Lee Morgan. Ensemble, ils s'engagent dans une démarche de réhabilitation harmonique et mélodique du blues 1 dont les styles varient notamment en fonction de leur rapport avec la musique noire religieuse ou laïque. Et ils font sonner aussi avec plus de force et de manière expressionniste leurs instruments. Ils affichent notamment un goût pour les dissonances et les changements de rythme. Ils développeront ce style pendant une période d'une quinzaine d'années situées entre 1950 et 1965. Les praticiens du hard bop, dans la plupart des cas, ont été formés et exercent leurs talents à New York; c'est une différence
Le blues est une forme de folklore chanté à l'origine par les noirs américains dont les caractéristiques ont été reprises dans la musique de jazz: une structure de base
de douze mesures, un infléchissement des notes

I

- sous

la forme de bémols

- aux

troisième, cinquième et septième degrés de la gamme majeure.

avec les jazzmen cool qui jouent surtout dans les villes de Los Angeles et de San Francisco. Cependant, une partie des musiciens hard bop ont étudié et débuté leur carrière musicale dans plusieurs villes spécifiques - le plus souvent industrielles et ouvrières - de l'est des Etats-Unis (Philadelphie, Chicago, Detroit, Pittsburgh). Et tous ces instrumentistes ont bénéficié du renfort qu'a constitué l'implantation à New York de plusieurs musiciens majeurs de la côte ouest comme le contrebassiste Charles Mingus, le trompettiste Art Farmer, les saxophonistes Dexter Gordon, Eric Dolphy et Omette Coleman. Ce dernier quittera progressivement

le hard bop pour franchir les frontières de l'atonalité.

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Mais que ces musiciens soient new yorkais d'origine ou le soient devenus, ils ont tous l'expérience d'une vie sociale strictement communautaire. Celle-ci repose sur leur appartenance ethnique et couvre tous les compartiments de leur vie (économique, éducatif, socioculturel, esthétique, etc...). Et elle correspond notamment en matière d'habitat à des quartiers spécifiques et plus ou moins étanches (ghetto). Plusieurs de ces quartiers, pour la période qui nous intéresse, ont été le théatre de divers mouvements d'explosion sociale. Tous ces jazzmen se sont rassemblés et épanouis dans des formations dont les tailles de prédilection sont celles du quintette ou du quartette: saxophoniste et/ou trompettiste plus une section rythmique (contrebasse, batterie et piano). On évoquera ici l'importance de plusieurs formations - sur lesquelles nous reviendrons - dans le développement du hard bop. Parmi les quintettes, on peut citer: - le quintette dirigé par le batteur Max Roach et le trompettiste Clifford Brown en 1955 et 1956, - les multiples quintettes successivement animés par le batteur Art Blakey, sous le nom générique des Jazz Messengers, entre 1955 et 1990, - plusieurs quintettes dirigés par le trompettiste Miles Davis, parmi lesquels on évoquera surtout deux d'entre eux: l'un comprenant le saxophoniste ténor John Coltrane (entre 1956 et
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Système musical selon lequel les douze tons de la gamme sont tenus comme

ayant une valeur égale.

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