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Les parcours du combattant

De
280 pages
Une première guitare à douze ans, presque tout de suite les bals musette. Une année à Sabadell, puis c'est Paris. Toujours à la guitare et à la contrebasse. Le jazz, les chanteurs dans les cabarets rive gauche. Les bases américaines, puis une tournée aux USA... Ces récits concernent la période des années 1957 à 1986. Autant de rencontres avec des musiciens, des chanteurs, des chefs d'orchestre, autant d'aventures humaines enrichissantes, que Claude Préchac a reliées avec un incassable fil conducteur : son amour de la musique.
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Claude Préchac
LES PA RCOUR S DU COMBATTA NT
Les parcours du combattant
Collection Cabaret dirigée par Christian Stalla Cette collection a pour objectif de perpétuer la mémoire des cabarets et de publier des ouvrages en relation avec ces lieux d’expression artistiqueLe savoir-vivre de Ricet BarrierBernard KERYHUEL, 2016Je jouais, Guy DEMAYSONCEL, 2016. Les 3 Horaces,Michel BELLART et Michel ORPHELIN, 2016 Mes plus beaux souvenirs,DOUBY, 2016 Le Chansonnier Marcel Legay,Yves BERTRAND, 2015 Jean-Noël Dupré,Fabienne CARA, MarcFABIEN-BONNARD, 2015 Le Théâtre de Jacques Serizier,Jacques SERIZIER, 2015 La chanson de circonstance,Michel TRIHOREAU, 2015 Le baiser de l’éléphant. Mat Camison, Odile STEFFAN GUILLAUME, 2015 Un Bus dans le Pétrin rue Mouffetard,Jack MESSY, 2014 La beauté du geste. Le Trou Noir,Jean TOUZOT, 2014 La Récréationsuivie deL’Agonie,Jean-Baptiste THIERRÉE, 2014 Amours debout, Amours couchées,Maurice FANON, 2014 Le Vieil art : ana, perles…,Marc VINCENT, 2014 Mes années Serize. La vie de Jacques Serizier,Nathalie SOLENCE, 2013 Le Cri violet. Mes années Leprest,Fabrice PLAQUEVENT, 2013 Bris de mots,Germinal LE DANTEC, 2013 L’Obscur enchanteur,Anne AUDIGIER, 2013 Petits lieux à chansons de Belgique,Guy DELHASSE, 2013 Ultimasuivi deLa Réponse,Jean-Baptiste THIERRÉE, 2013 Un cabaret en Languedoc. Le Pet au diable,Jacques PALLIÈS, 2013 Quand on écrit dix fées ramant,Marc VINCENT, 2012 As-tu appelé Dominique ?Pierre LOUKI, 2012 Marc Vincent chantauteur, vol. 1 et 2, Bruno DAGUEBONNE, 2011 et 2012 Chez Georges,Bruno JOUBREL, 2012 Comme la truite sous la pierre,Patrick DENY, 2011 Mamette,Gil BALADOU, 2011 La chanson pour tout bagage. Marc Chevalier, Ginette MARTY, 2011 La chanson de proximité,Michel TRIHOREAU, 2010 Les compagnons pianistes,Anne AUDIGIER, 2010 C’est l’destin Célestin,Gilbert HENNEVIC, 2009 Un cabaret rue Mouffetard, Christian Stalla, 2007
Claude Préchac Les parcours du combattant
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10349-5 EAN : 9782343103495
…chacun est sa plus haute montagne… (Rémy Tarrier)
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Séance d’échauffement : du mou dans la cafetière Un beau matin normal, tu dois aller à la gare Montparnasse récupérer ton neveu qui arrive de Lorient. Il est 08 h 00 (GMT + 1 h : Bruxelles, Copenhague, Madrid, Paris). Il doit arriver à 10 h 32. Tu prendras bien un petit café… mais il n’en reste plus dans la cafetière électrique. Tu vas donc chercher le filtre qui est rangé sous l’évier ; en te baissant, tu vas constater que le siphon de l’évier goutte légèrement, mais rien de grave… Crotte au derche ! Plus de filtre ! Tu te souviendras de ce film de cinémathèque vu avec ton ex-femme où le héros, seul fait marquant de ce chef-d’œuvre, remplaçait le filtre à café par une feuille de Sopalin qui n’était, en fait, pas du Sopalin mais une autre marque puisque l’action se passait dans le Queensland en Australie ; donc, j’ai dit Sopalin juste pour que tu me comprennes. Donc, Sopalin… Le Sopalin ? Ah oui ! dans la réserve. Tu te rends dans la réserve et en voyant la machine à laver tu penses au linge qui n’a pas été sorti ni étendu hier soir. Eh oui ! T’as préféré regarder PSG contre Barça : un véritable massacre. OK, oublions cet épisode regrettable ; tu extrais le linge de la machine, puis le déposes dans la cuvette dont tu as sorti au préalable le plâtre et le couteau à lisser qui ont servi à reboucher le trou de la cheville. Cette même cheville que tu avais posée l’autre jour en refixant le cadre de la photo où l’on voit Brassens, Brel et Ferré, mais que ton fils a fait tomber le jour où il a essayé son ballon. Ce ballon, que tu lui avais offert comme cadeau d’anniversaire, t’avait occasionné une mémorable dispute
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avec sa mère, ton ex qui le trouvait trop jeune pour être intégré aux poussins du club de foot du e V arrondissement… Mais tu es là, calme, conscient de dominer la situation, presque impérial, planté au milieu de ta cuisine, la cuvette dans les mains et te disant qu’une fois la cafetière mise en route, tu auras largement le temps d’étendre le linge et même d’écouter le dernier flash info annonçant l’imminente arrivée des troupes anglo-américaines dans les faubourgs nord de Bagdad. Tu poses ta cuvette sur le coin de l’évier et tu files à la réserve récupérer les pinces à linge. Repassant par la cuisine, tu vas vouloir le pouet-pouet de la télé que les enfants ont dû laisser dans le séjour… Tu l’as retrouvé, et, jour de chance, tu as également déniché dans le tiroir les petites piles L3 qui vont remplacer les vieilles usées de ton pouet-pouet. J’entends par « pouet-pouet » la télécommande de la télé. Ne pas oublier que celui qui a le pouet-pouet a le pouvoir dans la maison. Tu lances la télé puis règles l’antenne d’appartement qui donne une pub braillarde et des images laiteuses. Tu vas donc chercher les pinces à linge et, tant que tu y es, le Sopalin, à sa place, à côté du PQ. L’eau dans le récipient, le Sopalin, il ne te manque plus que le paquet de café, à sa place, pas entamé. Une fois n’est pas coutume, tu décides de tenter de l’ouvrir comme il faut. Essayant d’écarter les minces lèvres métalliques, tu y passes quelques minutes et, découragé, comme à l’habitude et en désespoir de cause, tu décides d’y aller avec les ciseaux, pestant contre les connards de designers qui sont pas fichus de faire un emballage de café qui s’ouvre facilement. Tu reprends ton linge, ta sérénité, cool mec, tout va bien, le jus passe, reste plus qu’à étendre le linge. Le portable sonne, panique ! Tu l’entends, mais tu ne le vois pas. Comme tu n’as droit qu’à quatre sonneries, faut faire fissa, se magner la rondelle ; tu poses en équilibre la
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corbeille de linge qui tombe et merde ! On s’en fout… putain de portable !… troisième sonnerie, c’est bon ! il est dans mon sac à dos, j’ouvre le zip, dernière sonnerie et… plus rien. 1, 2, 3 : pas de message. Tu rappelles, c’est Richard qui annonce que son train sera en avance, il a pris celui d’avant à cause des grèves. Donc il arrivera à 9 h 49. Il est presque 9 heures, tu as tout ton temps vu que le métro est direct… Tu récupères le linge étalé sur le sol, tu vas chercher la serpillière sous l’évier pour essuyer le sol mouillé, elle t’attend sous le siphon qui goutte, tu l’essores et retéléphone ! Tu le re-recherches… mais quelle couille ! Tu l’avais remis dans le sac. C’est le neveu : c’est pas 9 h 49 mais 9 h 47. On notera que, dans les polars, ces détails ont de l’importance. Le café est passé, tu as même le temps d’aller à la boulangerie chercher un pain aux raisins… la boulangerie est en bas de l’immeuble. Arriveras-tu à temps à la gare ? That’s the question… Eh bien, on s’en fiche, on s’en cogne ! Je t’ai prêté ma tête le temps de ces quelques lignes afin que tu puisses juger des dégâts, j’entends par là le bordel qu’il y a là-dedans. Allez, respire un bon coup et remets-toi de tes émotions. Il me paraissait important que l’on fasse un tour de chauffe ensemble avant de rentrer dans le gras du sujet.
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