Marcel Dortort, un itinéraire musical

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Le parcours musical de Marcel Dortort ressemble à son parcours de vie. De Paris à New York, de Jérusalem à Paris, les longues étapes ont fortifié son désir d'être compositeur. Partant de Schönberg et Mahler qu'il admire, son esthétique, nourrie de rencontres comme Morton Feldman, invite l'auditeur à partager son goût pour les musiques aléatoires, pour l'art brut, pour la liberté libératrice d'énergie.
Publié le : mardi 15 septembre 2015
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EAN13 : 9782336390468
Nombre de pages : 116
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ClaraTESSIER
Marcel Dortort, un itinéraire musical Du minimalisme à la synthèse sonore
Univers musical
Marcel Dortort, un itinéraire musical
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07172-5 EAN : 9782343071725
Clara TESSIERMarcel Dortort, un itinéraire musical Du minimalisme à la synthèse sonore
Univers Musical Collection dirigée par Anne-Marie Green La collectionUnivers Musicalcréée pour donner la parole à tous est ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine musical. Son ambition est de proposer un panorama de la recherche actuelle et de promouvoir une ouverture musicologique nécessaire pour maintenir en éveil la réflexion sur l’ensemble des faits musicaux contemporains ou historiquement marqués. Déjà parus Isabelle PETITJEAN,La culture pop au panthéon des Beaux-Arts. Dangerous, de Mark Ryden à Michael Jackson, 2015. Alain LAMBERT,Principes de la mélodie, Musiques populaires, philosophie, et contre-cultures,2015. Claude ROLE,François-Joseph Gossec, Un musicien à Paris, de l’Ancien Régime au roi Charles X, 2015. Michel BOSC,Jill Feldman, soprano incandescente. Bien au-delà du baroque, 2015. Dominique SALINI,Les pouvoirs de la musique, Dudiabolus in musicaau showbiz traditionnel : la Corse, un laboratoire exemplaire, 2014. Philippe MALHAIRE,Émile Goué (1904-1946). Chaînon manquant de la musique française,2014.Franck JEDRZEJEWSKI,Dictionnaire des musiques microtonales -1892-2013 (Nouvelle édition revue et augmentée), 2014. Roland GUILLON,Jazz et créativité.Au fil des sessions,2014.Johanna COPANS,Le paysage des chansons de Renaud, 2014. Paul-Marie GRINEVALD,Guillaume-André Villoteau (1759-1839). Ethnomusicographe de l’Egypte, 2014. Liliana-Isabela APOSTU,La violonistique populaire roumaine dans les œuvres de Béla Bartok et de Georges Enescu,2014. Antoine JANOT,Le cinéma est-il devenu muet ?,2014. Philippe GODEFROID, W: une hontologie.agner et le juif errant Qu’est-ce qui est allemand ? — donner la mort,2014. Angéline YÉGNAN-TOURÉ G.,Le Gbofé d’Afounkaha. Une forme d’expression musicale de Côte d’Ivoire, 2013. Claudie RICAUD,Francis Thomé, compositeur créole, 2013.Leiling CHANG,Dialogues, temps musical, temps social,2012.
Famille Dortort
 David ShlomoPlusieurs sœurs dontTaube Sara  (1841-1924) Miryam SeemanBerel Kahn ( ? ) (1825- ) plusieurs enfants dont Joseph–Herman–Yehoshua Mordechai Lifsche Dortort (1868-1944) (1867-1944)mariage en 1893  Leib Arye Chaim Fishel Sara Taube (1894-1984)(1897-1942)(1896-1942)Anna KernerGiese Welber  (1893-1981) ( ?-1942)  Charles Suzanne Marcel  (1921-2001) (1928 ) (1935 ) Gyula Glantz Marie-Thérèse Loubriat  (1916-1989) (1937- )  MichèleBetty (1951- ) (1954- )  Fred Pardes Marty Sussman  (1951- ) (1946- ) David Jennifer Jonathan Daniel Benjamin (1977- ) (1977-2015) (2000- ) (1984- ) (1986- )
Famille Welber Moshe WelberEszter Weisz (1860-1944) (?-1933 ou 34) Giese ReginaGarçon Fanny Herman  USA (?-1944) (1893-1981) (?-1942)  Gottesman un veuf+ 4enfants  ( ?-1944)  2 garçons morts en Russie  Manci Rozsi Aranka Rozsi Manci Willy  (?-1944) (?-1944 enceinte)  ErnőUngar DezsőUngar Eugène Jenőgarçons FilleWilly+2 2 Seuls rescapés Ernőet WillyetAranka et Rozsi
C’est à l’occasion de visites chez le compositeur Roger Tessier que Marcel Dortort évoquait ses pérégrinations entre Paris, New York et Jérusalem, les rencontres que le hasard avait mises sur son chemin ou que lui même avait suscitées consciemment ou pas et qui déterminèrent sa vocation de compositeur. Sa vie aventureuse m’intriguait et me captivait car elle me renvoyait à la vie de mon père, lui aussi juif hongrois. Marcel Dortort incarnait en quelque sorte les longues errances des juifs qui depuis des temps immémoriaux parcouraient le monde. C’est pourquoi, je pensais qu’il fallait fixer ses souvenirs, ne serait-ce que pour honorer les siens. Nous avons organisé des entretiens sous forme d’enregistrements, durant une année. Il a fallu par la suite ordonner et reconstituer avec précision tous ces souvenirs de vie.
Selon la mémoire familiale, les Dortort, étaient installés au Portugal au XVème siècle. En l’an de grâce 1492, le 31 mars, trois mois après la prise de Grenade aux musulmans, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragón sous l’influence du Grand inquisiteur Tomás de Torquemada, signaient à l’Alhambra de Grenade, un « Edito general de expulsion de los judiós de Aragón y Castilla », édit d’expulsion des juifs qui stipulait que tous les juifs qui ne voulaient pas se convertir avant la fin du mois de juillet, devaient quitter le pays. Ainsi, comme tous les juifs d’Espagne, une partie de la famille de Marcel émigra en Europe Centrale et la majorité en Turquie et en Afrique du Nord. Dans la famille des Dortort s’est répandue une singulière légende : un jour, un feu se déclara dans le village. Les habitants, paniqués, se précipitèrent chez le Rabbin qui faisait partie de leur famille, pour l’avertir qu’il y avait le feu. Et pointant du doigt en direction des flammes, ils crièrent « dort » « dort » (là-bas, là-bas). Leur patronyme Dortort viendrait de cette expression. L’arrière grand-père paternel, David Shlomo Dortort 1 est né en 1841 à Bolechów, «… petite ville de quelques milliers d’habitants, située de l’autre côté du monde dans une contrée qui avait autrefois appartenu à l’Autriche, puis à la Pologne et à bien d’autres pays ensuite ». Cette ville qui se trouve aujourd’hui en Ukraine, fut fondée en 1612 par Nicolas Giedzinsky, un noble polonais qui avait établi des lois permettant aux Juifs, aux Polonais et aux Ruthènes de vivre en harmonie. La charte de la ville accordait des libertés et des droits égaux aux Juifs.
1  Daniel Mendelsohn :Les disparus, traduit de l’américain par Pierre Guglielmina, éditions J’ai Lu, Paris : 2009, p. 15.
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Cependant des 3000 Juifs recensés avant la seconde Guerre mondiale, 48 seulement ont survécu. David Shlomo épousa Miryam Seeman, la fille d’une des plus riches familles de la ville. Elle lui apporta en dot 40.000 Forints ce qui lui permit de ne pas travailler durant 11 ans et de se consacrer à l’étude du Talmud. Comme des gisements de pétrole avaient été découverts en Galicie, il y investit toute leur fortune. Malheureusement pour lui, on ne trouva pas de pétrole dans les zones pour lesquelles il avait investi tout cet argent. L’une de ses sœurs, Sara Taube épousa Berel Kahn, né en 1825. Il descendait d’une grande lignée de savants et de rabbins. Berel vivait à Munkács (Moukatcheve) où l’on parlait hongrois. Cette ville a une longue histoire : au XVème siècle, elle devint une ville royale libre hongroise. Au XVIème siècle, elle faisait partie de la principauté de Transylvanie. Au XVIIIème siècle, elle passa sous la souveraineté autrichienne comme partie du Royaume de Hongrie. En 1919, elle devint, par le Traité de Trianon, officiellement tchécoslovaque ; en 1938, elle fut de nouveau annexée par la Hongrie dans le cadre du premier arbitrage de Vienne ; en 1944, tous les juifs de la ville (environ 15 000) furent déportés à Auschwitz ; en 1945, la ville fut incorporée à la République socialiste soviétique d’Ukraine. – À l’âge de 23 ans, Berel Kahn prit part à la guerre 2 d’indépendance hongroise au côté de Lajos Kossuth . Lors de ses différents voyages d’affaires, il rendit visite à son beau-frère David Shlomo et arrangea le mariage de sa fille Lifsche (Regina), née en 1867 à Munkács, avec le fils de David Shlomo, Yehoshua Mordechai (Marcus Dortort), né 2  Lajos Kossuth (1812-avocat, rédacteur de journal, homme1894) : politique, homme d’État dirigeant de l’ère des réformes et de la guerre d’Indépendance (1848-1849).
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