Musiciens africains des années 80

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De nos jours, la plupart des jeunes et des moins jeunes s'intéressent à des rythmes d'horizons différents sur lesquels ils dansent. Il nous a donc semblé utile de réaliser ce guide des musiques africaines pour leur permettre de connaître plus en détail la carrière des artistes et de découvrir l'origine des rythmes qui les font " swinguer ". Notre souci majeur dans la réalisation de cet ouvrage a été de ne privilégier aucun style en particulier mais plutôt de mettre en relief la variété de ces musiques. A suivre…
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296374102
Nombre de pages : 168
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De nos jours, la plupart des jeunes et des moins jeunes s'intéressent à des rythmes d'horizons différents sur lesquels ils dansent. Il nous a donc semblé utile de réaliser ce guide des musiques africaines pour leur permettre de connaître plus en détail la carrière des artistes et de découvrir l'origine des rythmes qui les font « swinguer ». Notre souci majeur dans la rédaction de ce guide a été de ne privilégier aucun style en particulier mais plutôt de mettre en relief la variété de ces musiques. A suivre...

Nos remerciements à Celluloïdt Clouseau-Virgint Yaba Musiquet Mbayet Babacar Gueye et Foto Akwa Betote pour les pbotos figurant dans cet ouvrage.

@ VHarmattant 1986 ISBN: 2-85802-715-3

Nago Seck

Sylvie Clerfeuille

Musiciens africains des années 80 Guide

Éditions L'Harmattan 7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

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A travers ces lignes, nous remercions tous les artistes ainsi que les journalistes, les animateurs de radio, de T.V. et les promoteurs qui, sans cesse, travaillent pour cet art qu'est la musique. « Descendant d'une famille de griots, je rends particulièrement hommage à mes grands-parents qui ont beaucoup marqué la musique sénégalaise.Mon grand-père Nago Gueye, dont je porte le prénom, joueur de kora, a été le premier artiste africain à venir se produire en France et en Amérique Latine entre 1924 et 1930 accompagné des musiciens Diokounda et Mamadou Binetou et de sa femme, Fatou Mbaye Babou, chanteuse du groupe. Quant à son frère Bouna Mbass Gueye, très connu en Afrique de l'Ouest comme tambour-major (percussionniste) et maître des grands percussionnistes Doudou Ndiaye Rose, Lama Bouna Mbass, son fils (ex-directeur de l'ensemble instrumental Daniel Sorano) et Vieux Seing Faye, il a été le seul artiste de sa génération à être nommé Officier de l'Ordre National du Sénégal par L.S. Senghor ». Nago

Introduction

Phénomène nouveau, la musique africaine est, depuis quelques années, représentée à travers le monde et principalement dans la capitale française par un certain nombre de groupes jouissant d'une renommée internationale: Manu Dibango, Toure Kunda, Mory Kante, King Sunny Adé, Fela, Hugh Massekela, Myriam Makéba, Cheikh Tidiane Fall... La musique africaine, longtemps méconnue par l'occident du fait de son style et des instruments traditionnels utilisés tels le balafon, la kora, la sanza, les percussions, le tama (talking drum), le xalam, a su, en s'adaptant aux techniques nouvelles, créer des sonorités spécifiques mêlant tradition et modernisme, ce que nous appelons musique contemporaine africaine. De ce brassage culturel s'est dégagée une liberté dans le ton, dans les idées et dans la sensibilité. Souvent violente, drôle, sentimentale, excitante, futuriste, inattendue, cette musique se veut un moyen nouveau de communication. Juste retour des choses pour une musique dont tant de rythmes ont tiré leur source comme le jazz, le blues, le funky, le rock, la salsa (musique afro-cubaine), le disco, reggae, biguine, etc. A travers l'étude de ses groupes et de leurs contradictions peut naître un équilibre harmonieux. De A à Z, essayons de comprendre ceux qui, non seulement participent aux grands problèmes sociaux (Tam-Tam pour l'Éthiopie, « Jericho» et S.O.S. Racisme) mais tentent de communiquer avec toute une jeunesse se voulant libre et inter-culturelle.

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Les griots
« Un griot qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle»

Expliquer le rôle du griot dans la société africaine s'avère fondamental face à un occident ignorant la coexistence, de nos jours, de deux musiques, l'une purement traditionnelle et l'autre moderne, produit de multiples recherches. Cette ignorance, que ce livre veut contribuer à combler, a malheureusement encore comme conséquence de créer, chez bon nombre d'occidentaux, une vision exotiques de ces rythmes négligeant leur variété et leurs qualités techniques. Tenter de connaître les musiques africaines, c'est prendre conscience de l'importance de celles-ci au sein de la société et de leur rôle dans l'histoire de l'Afrique. Les griots forment une caste à part mais ils ne sont pas seulement les artistes d'une race, ils sont les dépositaires, les responsables de la tradition orale musicale et poétique car c'est, grâce à eux et uniquement à eux, que se transmettent la poésie, la musique, de génération en génération. Sans les griots qui véhiculent l'histoire de père en fils, la majorité des œuvres anciennes qui forment aujourd'hui le patrimoine artistique serait oubliée depuis longtemps. Ainsi peut-on toujours entendre actuellement les grandes chansons de geste de la tradition, celle nOtamment de Soundiata Keïta, empereur du Mandingue, qui date du XIIIe siècle, celle de Lat Dior, le roi ouoloff, de la fin du XVIIIe siècle, celle de Samoury qui voulut créer un second empire mandingue et mourut en 1900, déporté au Gabon par l'occupant colonial, celle d'Alboury, le roi

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du Sénégal, de la seconde partie du XIX- siècle ou encore celle d'El Hadj Omar, le marabout, qui entreprit la guerre sainte musulmane au cours du XIX- siècle. Le rôle de cette caste, fondamental pour la survie de la mémoire collective, a fait d'eux les confidents des rois et leurs conseillers. Jusqu'au XVIII- siècle, ils ne jouaient et ne chantaient que pour eux. Ils étaient aussi précepteurs des jeunes princes et parfois juges. C'est seulement à partir de cette date qu'ils ont commencé à se produire dans les villages, à se déplacer pour chercher le public qui les accueillait à bras ouverts. Il existe plusieurs sortes de griots: - Le griot conteur, celui qui dit et chante les grandes épopées du passé, les faits d'armes des héros, le pays, l'amour. Il peut être aussi invité pour un événement quelconque, naissance, fête, etc. Dans ce cas, il chantera les louanges de celui qui a invité, de celui à qui l'on doit la réunion ou de celui en l'honneur de qui elle est organisée; chanter les louanges d'une personne c'est aussi chanter les louanges de son père, de sa mère, de ses grands-parents, de ses arrière-grands-parents, etc. Le griot conteur s'accompagne lui-même de son instrument de prédilection ou fait appel à un musicien, un second griot appelé griot muet. Son récit peut durer une nuit et ce type de réunion a un caractère intime: elle se passe souvent à l'intérieur d'une habitation et quelques dizaines de personnes seulement y prennent part; - Le griot qui chante pour faire danser une assemblée accompagné par un ensemble de tam-tams. L'amour est la base de tous ses chants. Le chant est aussi la propriété des femmes qui se révèlent des interprètes exceptionnelles par leur sensibilité, leur finesse, la beauté de leurs voix. L'emploi des instruments, en revanche, est exclusivement réservé au sexe masculin. Tous ces griots, quel que soit leur rôle, ont droit à la même considération. Ils ne demandent pas d'argent, pas de services mais ceux pour qui ils chantent leurs font des présents qui constituent leur seule ressource. Certains sont parfois cultivateurs. Une ou deux fois par an, les griots se réunissent en public. Ils chantent et jouent pour leur propre plaisir, rivalisant d'habileté. Ces réunions sont les seuls moments où les présents rituels ne sont pas admis.

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Les griots jouent un rôle d'autant plus important que la poésie et la musique sont des arts vivants, intimement liés à la vie quotidienne. Leur existence représente beaucoup plus qu'une simple distraction, elle est un besoin, un élément indispensable à chacun; c'est pourquoi le griot est un des points centraux de la société africaine. Dans la vie moderne, certains griots ne s'appellent plus griots mais « artistes» et leur rôle a changé, surtout dans les villes où ils adoptent les rythmes et les instruments européens et se produisent dans des spectacles. Dans les villages, rien n'a changé. Dans les grands centres urbains, ils sont parfois sollicités par les hommes politiques pour animer les campagnes électorales.

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MUSIQUES

POPULAIRES

Le makossa (camerounais)

Le Makossa est, à l'origine, une danse de l'ethnie douala qui s'est répandue petit à petit dans tout le Cameroun. C'est une danse à la fois des hanches et des épaules, une imitation de la parade des animaux qu'ils exécutent à la période des amours. Les gorilles, en particulier, au moment de la pleine lune, dansent et frappent à l'aide de batons sur les arbres, détruisant tout sur leur passage. La musique qu'on appelle aussi le makossa est un mélange de plusieurs rythmes, de divers morceaux traditionnels chantés par les griots. Il existe d'autres rythmes comme le «Thiamaci », le «mangambeu» des Bamilékés, à l'ouest, «l'assicko » des Bassa du littoral et « l'Ambasseubé », rythme mère de Douala.

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Le umbaganga (Afrique australe)

Le umbaganga est un des rythmes de base les plus populaires de toute l'Afrique australe. Il est joué aussi bien en République sud-africaine qu'en Zambie, au Botswana et au Zimbabwe. Le umbaganga vient du kwala qui est une musique de rue. C'est un rythme naturellement de jazz dans lequel les voix jouent un rôle de premier plan. Les principaux instruments utilisés sont le penny-whistle (sorte de pipeau) et les guitares fabriquées artisanalement à partir des caisses servant au transport du thé.

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