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Musiciens célèbres malades

De
198 pages
Nombre de savants et d'artistes auraient pu, s'ils avaient vécu plus longtemps, nous faire bénéficier encore de leurs travaux et de leur talent. Ce sont soixante-sept musiciens célèbres que l'auteur a choisi d'évoquer pour deux raisons : beaucoup sont décédés trop jeunes et la médecine pourrait aujourd'hui très probablement prolonger leur existence. Germain éclaire ces destins célèbres brisés par la maladie, comme celui de Chopin ou encore de Beethoven.
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Michel A. GermainMusiciens célèbres malades
PPPPPourourourourourrrrrrait-on les sauver aujourd’hui ?
Nombre de savants et d’artistes auraient pu, s’ils avaient vécu pllllllllllluuuuuuuuuuus s s s s s s s s s s
longtemps, nous faire bénéfi cier encore de leurs travaux et de leur talennnnnnnnnnnttttttttttt. . . . . . . . . . .
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à 39 ans, les médecins Laennec, à 44 ans, et Bichat, à 31 ans, pour ne ssse e e
limiter qu’à ces génies. maladesCe sont soixante-sept musiciens célèbres que l’auteur a choisi d’évoquuuuueeeeer r r r r
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ddddd’’’’’aaaaauuuuujjjjjooooouuuuurrrrrddddd’’’’’hhhhhuuuuui i i i i pppppooooouuuuurrrrrrrrrraaaaaiiiiit t t t t tttttrrrrrèèèèès s s s s ppppprrrrrooooobbbbbaaaaabbbbbllllleeeeemememememennnnnt t t t t llllleeeees s s s s sssssaaaaauuuuuvvvvveeeeerrrrr, , , , , ooooou u u u u ppppprrrrrooooolllllooooonnnnngggggeeeeer r r r r llllleeeeeuuuuur r r r r
existence. D’autres, plus âgés, auraient une existence plus heureuse grâccccce e e e e Pourrait-on les sauver aujourd’hui ?
aux progrès médicaux.
Les critères retenus sont multiples : l’âge, souvent jeune, la possibilllliiiitttté é é é
ddddd’’’’’uuuuun n n n n tttttrrrrraaaaaiiiiittttteeeeemememememennnnnt t t t t mémémémémédddddiiiiicccccaaaaal l l l l ooooou u u u u ccccchhhhhiiiiirrrrruuuuurrrrrgggggiiiiicccccaaaaalllll, , , , , vvvvvoooooiiiiirrrrre e e e e llllla a a a a ppppprrrrrévévévévéveeeeennnnntttttiiiiiooooon n n n n ddddde e e e e llllla a a a a
mmmmmaaaaalllll----nutrition qui sévissait couramment.
Comment découvrir tous les renseignements concernant ces musiciens s s s s ? ? ? ? ?
C’est grâce à leur correspondance, celle de leur famille et de leurs médecinnnnns s s s s
surtout. Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a pas eu d’autopsie et ces lettrrrrreeeees s s s s
permettent d’établir ou d’évoquer leur histoire médicale.
MMMMMMMiiiiiiiccccccchhhhhhheeeeeeel l l l l l l AAAAAAA. . . . . . . GGGGGGGeeeeeeerrrrrrrmmmmmmmaaaaaaaiiiiiiin n n n n n n éééééééccccccclllllllaaaaaaaiiiiiiirrrrrrre e e e e e e ddddddd’’’’’’’uuuuuuun n n n n n n jjjjjjjooooooouuuuuuur r r r r r r nnnnnnnooooooouuuuuuuvvvvvvveeeeeeeaaaaaaau u u u u u u ccccccceeeeeees s s s s s s dddddddeeeeeeessssssstttttttiiiiiiinnnnnnns s s s s s s cccccccééééééélllllllèèèèèèèbbbbbbbrrrrrrreeeeeees s s s s s s
brisés par la maladie, comme celui notamment de Chopin (tuberculose oooooou u u u u u
mucoviscidose ?) ou encore de Beethoven (cirrhose ou pneumonie ?)…
L’auteur précise les thérapeutiques de l’époque, pour mieux soulignenenenenenener r r r r r r
l’effi cacité du traitement qui serait actuellement proposé… Rendez-vouuuuuus s s s s s
dddooonnnc dc dc daaannns qs qs quuueeelllqqquuueees as as annnnénénéeees ps ps pooouuur ur ur une éveeennntttuuueeelllllle me me miiissse à je à je à jooouuur !r !r !
Michel A. Germain est Professeur, chirurgien des hôpitaux de Paris, membbbbrrrre e e e
de l’Académie nationale de chirurgie et membre correspondant de l’Académiiiiie e e e e
nnnaaatttiiiooonnnaaallle de de de me me mééédddeeeccciiinnneee. I. I. Il el el essst lt lt l’’’aaauuuttteeeuuur dr dr de ne ne nooommmbbbrrreeeuuux ox ox ouuuvvvrrragagageees ms ms mééédddiiicccaaauuuxxx...
Illustration de couverture : Photo originale de Michel A. Germain, Paris 2014.
Préface du Professeur Bernard Lechevalier
ISBN : 978-2-343-05933-4 9 782343 059334
19 €
Musiciens célèbres malades
Michel A. Germain
Pourrait-on les sauver aujourd’hui ?


















































































Musiciens célèbres malades
Pourrait-on les sauver aujourd’hui ?




Médecine à travers les siècles
Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud

L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire grand
public » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou moins
connus, de l’Antiquité à nos jours.
Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès
de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre
ou les dérives de la science médicale.
C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être
l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision
globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop souvent le
cas.

Dernières parutions

Isabelle CAVÉ, Les médecins-législateurs et le mouvement
hygiéniste sous la Troisième République (1870-1914), 2015.
Jean-Pierre MARTIN, Ocularistes et yeux artificiels. De l’Antiquité
eau XX siècle, 2015.
Hubert BIESER, Les soldats aliénés à l’asile de Ville-Evrard. Mars
1915 - décembre 1918, 2014.
Henri LAMENDIN, François-Joseph Talma (1763-1826), dentiste
eret acteur favori de Napoléon I , 2014.
Elsa COMBES FRUITET, Caractéristiques dento-crânio-faciales des
Homininés, 2014.
Vincent BOUTON, De nez à nez. Histoire du nez, 2014.
Xavier RIAUD & Philippe BROUSSEAU, Odontologie médico-légale
et serial killers. La dent qui en savait trop, 2014.
Serge KERNBAUM, Alastrim. L’homme et la variole, 2014.
André Julien FABRE, Les médecins de Venise, 2014.
e eRégis-Nessim SACHS, De médecins juifs du X au XVII siècle,
2014.
Roland BRUNNER, La folie à Rome, 2014.
Apolline TRIOULAIRE, Sainte Apolline, sainte patronne des
dentistes et de ceux qui ont mal aux dents, 2014.
Pauline LEDENT, L’art dentaire en Égypte antique, 2014.
Frédéric DUBRANA, L’expérience chirurgicale. De la vivisection...
à l’expérimentation, 2013.
Henri LAMENDIN, Les de Jussieu, une famille de botanistes aux
e eXVIII et XIX siècles, 2013.

Michel A. Germain











Musiciens célèbres malades
Pourrait-on les sauver aujourd’hui ?

Préface du Professeur Bernard Lechevalier



























































































Du même auteur

René Leriche, pionnier de la chirurgie vasculaire,
Glyphe, coll. « Société, histoire et médecine », Paris, 2008.
Prix littéraire du Medec 2010.
« Les sarcomes osseux »,
in Histoire des maladies des os et des articulations,
Rhumatologie pratique, ouvrage collectif,
Société française d’histoire de la médecine, Paris, 2009.
La microchirurgie dans le monde,
Glyphe, coll. « Société, histoire et médecine », Paris, 2011.
L’épopée des gants chirurgicaux,
L’Harmattan, coll. « Médecine à travers les siècles », Paris, 2012.
Alexis Carrel, un chirurgien entre ombre et lumière,
L’Harmattan (éd.), Coll. « Médecine à travers les siècles »,
Paris, 2013.

(En accord avec l’auteur, le nombre de ses ouvrages
tenant sur plusieurs pages, nous nous sommes contentés
de ne citer que ses livres relatifs à l’histoire de la médecine.)

































































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05933-4
EAN : 9782343059334






Préface

J’ai longtemps hésité avant d’accepter d’écrire cette préface. Ne
serait-ce pas une sorte de trahison vis-à-vis des musiciens que
de discourir sur leur mort plutôt que de s’intéresser à leurs
créations ? L’idée que cette tâche pouvait être un hommage, si
modeste soit-il, et la personnalité attachante de son auteur m’ont
poussé à accepter. Au regard de leurs semblables, les musiciens
ont un privilège : ils entendent mentalement les mélodies, les
harmonies et même les timbres. Ils peuvent de plus se les
représenter et les transcrire au moyen de symboles graphiques,
ou les exprimer par la voix. Ce chant interne a permis à
Beethoven d’écrire ses chefs-d’œuvre alors qu’il était
complètement sourd avant trente ans. En revanche, sur le plan
de leur fin de vie, les musiciens sont des hommes comme les
autres, ils ne quittent pas le monde d’une façon particulière.
Sans doute, pour certains, leurs dernières pensées, les dernières
lueurs de leur conscience ont-elles été teintées de sensations
musicales ? Certains compositeurs ont gardé vraisemblablement
en mémoire leur œuvre ultime. César Franck vient de terminer
ses trois chorals pour orgue (1890), son chef-d’œuvre et on
pourrait dire son aboutissement, quand il subit, dans Paris, un
accident de la circulation qui lui est fatal. La maladie empêche
Mozart de terminer son Requiem et Béla Bartok, d’achever son
troisième concerto pour piano. Dans les deux cas, un collègue et
ami très cher s’en est chargé. On ne peut s’empêcher de
rappeler qu’un grand nombre de compositeurs ont été inspirés
par le thème de la mort, ce qui ne veut pas dire que leur
traduction musicale reflète leur sincérité ou efface leurs
craintes, et leurs interrogations sur un au-delà ! Se remémorant
des fragments de leurs œuvres, des musiciens arrivent à
trouver, dans leurs derniers moments, une récompense à des
heures de travail passées au service de la musique. La fille d’un
7 grand organiste parisien, Jacqueline Englert-Marchal, me disait,
dans ses derniers jours : « Je me chante le choral de
Bach : Quand nous sommes dans l’extrême détresse ». Je lui fis
remarquer que ce choral se terminait en majeur apportant un
éclat de lumière à la dernière mesure. Les préludes de choral de
Jean-Sébastien Bach, qu’il écoutait des heures entières, ont été
d’un grand réconfort pour un de mes meilleurs amis dont la
« longue maladie » mérita bien son nom. Presque
quotidiennement, nous discutions longuement par téléphone de
leur beauté et de leur interprétation, comme s’il avait été bien
portant. Les musiciens professionnels ou amateurs n’ont-ils pas
un ultime recours ? La musique n’aide-t-elle pas à mourir ?
Pourquoi alors ne pas la compter au nombre des soins
palliatifs ?
Le livre de Michel Germain a un autre mérite. Il rappelle, en
cette année du centenaire de la Première Guerre mondiale, le
nom de compositeurs assez peu connus, tel cet Albéric
Magnard, mort en 1914 durant l’assaut de sa maison dans
l’Oise, qu’il avait transformée en fortin, nom auquel je joindrai
celui de Jehan Alain tué au combat en défendant héroïquement
Saumur, en juin 1940, à qui l’ennemi rendit les honneurs
militaires. La mort du grand organiste de Notre-Dame de Paris,
Louis Vierne, s’effondrant sur les pédales de son orgue lors de
son dernier concert en 1937, n’a-t-elle pas été, elle aussi,
héroïque ?
Michel Germain, à l’occasion de la mort de chaque musicien,
cite leurs principales œuvres et rappelle à grands traits leur
carrière. Est-ce un désir de les sentir encore parmi nous ? En
fait, ils le sont toujours. Morts pour l’état civil, ils restent
vivants dans la mémoire collective. L’auteur va même jusqu’à
imaginer quel traitement aurait pu les guérir aujourd’hui. Une
forme de désir d’immortalité très certainement !
Je dois rappeler l’originalité de la carrière de Michel Germain.
Appartenant à l’Académie de médecine, ex-chirurgien de
l’Institut Gustave Roussy, il a été un pionnier de la chirurgie
vasculaire en France, disciple de Leriche qui en est l’initiateur,
et à qui il a consacré un ouvrage. A son habileté et à sa
« créativité » chirurgicales, il faut ajouter son extrême
dévouement à ses patients et sa constante empathie. Il a réalisé
ici une heureuse synthèse entre la chirurgie, l’écriture, et la
8 musique. De plus, c’est un homme de cœur. Son livre en fait
foi...
Pr Bernard Lechevalier
Membre de l’Académie nationale de médecine




































9













































Avant-propos

Combien de savants et d’artistes auraient pu, s’ils avaient vécu
plus longtemps, nous faire bénéficier encore de leurs travaux et
de leur talent ? Rappelons-nous les peintres Raphaël et van
Gogh, tous deux morts à 37 ans, le mathématicien Evariste
Galois, à 21 ans, le physicien Fresnel, à 39 ans, les médecins
Laennec, à 44 ans et Bichat, à 31 ans, pour ne se limiter qu’à
ceux-ci. Ce sont ici 67 musiciens célèbres que j’ai choisi
d’évoquer pour deux raisons : beaucoup sont décédés trop
jeunes et la médecine d’aujourd’hui aurait pu très probablement
prolonger leur existence. D’autres, plus âgés, auraient eu une
existence sûrement plus heureuse.
Les critères retenus sont : l’âge, souvent jeune, et la possibilité
d’un traitement médical, chirurgical ou de prévention.
Comment avoir tous les renseignements concernant ces
musiciens? C’est à partir des courriers souvent abondants et de
la correspondance des musiciens, de leur famille, de leurs
médecins surtout, que l’on dispose de ces informations. Pour
beaucoup d’entre eux, il n’y a pas eu d’autopsie et cette
correspondance permet d’établir l’histoire médicale de ces
musiciens fameux.
La musique joue un rôle important dans ma vie. J’ai pu ainsi
réaliser, pendant mes études, 15 ans de guitare classique. La
musique est un élément vital, ambassadeur de la paix dans le
monde. L’art est un vecteur majeur de mon existence: les arts
visuels, l’architecture, la campagne et surtout la chirurgie qui
est l’élément directeur de ma vie. Mes parents m’ont répété à
maintes reprises : « Si on a du talent, de la détermination, de la
chance, on réussit. Tu ne dois jamais renoncer ». D’ailleurs,
Napoléon n’a-t-il pas proclamé : « Quand on veut quelque
chose, qu’on y pense tout le temps, on réussit toujours » ?
11 Mes parents, et spécialement mon père, ont été de formidables
exemples. A l’âge de neuf ans, ma grand-mère m’a confié une
poule mourante qui avait une distension de l’estomac. Plutôt
que de la voir mourir, j’ai décidé de l’opérer. Ma petite sœur a
fait l’anesthésie à l’éther. Je n’avais jamais vu une telle
opération auparavant, ni rien lu sur le sujet. Je me suis lancé.
Ouverture du ventre. Estomac énorme. J’ouvre cet organe et je
vide son contenu. Je suis content. Malheureusement, je recouds
la paroi de l’estomac et la paroi du ventre en un seul plan alors
qu’il aurait fallu recoudre chaque paroi séparément. Bien
entendu, la poule ne s’est jamais réveillée. De ce jour, est née
ma décision de faire de la chirurgie.
Etant chirurgien de reconstruction, j’ai dû franchir plusieurs
étapes. Grâce à l’influence de mes maîtres, j’ai appris qu’un
chirurgien doit être d’abord un opérateur. Mon véritable maître
a été le Pr Marcel Roux. C’est lui qui m’a donné le goût de la
recherche chirurgicale. Il m’a confié la direction du chenil de
l’hôpital de Vaugirard à Paris. Nous avons publié ensemble
cette activité à l’Académie nationale de médecine en 1978. Cela
a été mon premier papier pour cette institution. En quelque
sorte, c’est lui qui m’a appris le solfège, puis à jouer de
l’instrument - je veux dire du bistouri. J’aurais voulu rester son
assistant toujours. Je pense à lui encore aujourd’hui.
J’étais à cette époque un soliste. Et puis, l’époque de ma thèse
est venue et mon mémoire de médaille d’or de l’internat. Je ne
l’ai pas eu. Je n’ai obtenu que la médaille d’argent. J’ai appris
ensuite ce qu’était la recherche.
Mon patron m’a permis d’avoir une petite unité de chirurgie, de
1microchirurgie et un laboratoire, certes petit, mais dynamique.
De soliste, je suis devenu compositeur.
Au départ, j’ai été seul. Donc simple musicien, opérant au gré
des demandes, tantôt à l’hôpital Boucicaut de Paris, tantôt à
l’Institut Gustave Roussy, puis à Québec, au Canada. Mon
souci a été alors de constituer une équipe. J’ai formé des élèves,
deux, puis trois. Chacun d’entre eux était presque incapable de
s’épanouir seul. Mais, leur union a constitué une équipe d’une
puissance extraordinaire. Comme d’autres, j’ai eu cette idée de
la force que donne un groupe dans lequel on travaille. On a

1 Microchirurgie signifie suture de vaisseaux ou de nerfs de petit calibre.
12 formé ensemble un orchestre. J’ai dirigé cette équipe. De
compositeur, je suis devenu chef d’orchestre.
Très vite, au début de mes travaux en microchirurgie, étant très
méticuleux, j’ai été préoccupé par les gestes précis et les
phénomènes grossissants que j’ai dû maîtriser. J’ai travaillé
avec une équipe qui avait le même enthousiasme. Tout cela était
si nouveau. Les problèmes ont été gigantesques. Nous étions
jeunes. Je me suis plongé dans les livres d’anatomie.
A l’époque, il a fallu reconstruire l’œsophage. C’était un
challenge. J’ai disposé de deux laboratoires : celui de l’hôpital
de Vaugirard et celui de l’hôpital Henri Mondor dirigé par le Pr
Cachera. On opérait tôt le matin et tard le soir. Le samedi et le
dimanche, nous les passions au laboratoire.
Une formidable entreprise a débuté avec mes amis, Jean
Patricio, chirurgien à Coimbra, Cavit Avci, chirurgien à
Istanbul, et plusieurs autres amis d’Amérique du Sud, et du
Canada.
Dans le monde, il y a eu bien d’autres chirurgiens passionnés
par la microchirurgie : à Bordeaux, Jacques Baudet, à Paris,
Alain Gilbert, aux USA, Harry Buncke, en Chine, Chen…
Grâce au Pr Jacques Trotoux, à l’hôpital Boucicaut, puis à
Patrick Marandas, à l’Institut Gustave Roussy, j’ai pu débuter.
Cela a été le premier transplant de jéjunum, pour reconstruire
un hypopharynx. Un succès.
Les premiers malades qui m’ont été proposés étaient des
moribonds. En réalité, j’ai ouvert un domaine de la
microchirurgie : la microchirurgie digestive. J’ai rapidement fait
le premier cours de microchirurgie digestive en Europe. C’était
très novateur. D’autres ont suivi, en particulier aux USA.
Ces histoires ont en commun une innovation chirurgicale
technique. Je ne crois pas au terme de hasard et je pense que
l’innovation dans la chirurgie vient d’une nécessité. En
l’occurrence, il s’est agi de reconstruire l’œsophage. La
chirurgie française a toujours montré la richesse de création et
d’innovation de nos chirurgiens.
La grande question porte bien évidemment sur le choix qu’il
convient de faire dans le cas précis de tel ou tel malade. Le
chirurgien est au service du malade. Le choix du meilleur
traitement doit être fait par le chirurgien pour le seul bénéfice
de son patient.
13 Hippocrate n’a-t-il pas écrit : « Là ou est l’amour des hommes,
là est aussi l’amour des métiers » ? Cette phrase caractérise
tellement bien notre profession de chirurgien. Il en va de même
pour la musique. Il y a une analogie indéniable entre la
chirurgie et la musique.
Plusieurs questions relatives à cet art m’ont interpellé. Pourquoi
les musiciens, pour beaucoup, n’ont-ils écrit que neuf
symphonies ? Il semble que ce soit pour des raisons
d’harmoniques. De même, il existe, dans la musicologie
grecque, une correspondance entre les notes de musique et les
jours de la semaine. Et une relation entre les notes de musique,
les astres et les jours : Sunday pour dimanche, jour du soleil,
Monday pour lundi, jour de la lune, Friday pour vendredi, jour
de Vénus.
Quant aux doigts des musiciens, quel défi ? La longueur des
doigts des compositeurs pose des difficultés aux jeunes
musiciens. Mozart avait des doigts très courts, presque les
doigts d’un enfant. Quelle différence avec les longs doigts de
Rachmaninov, de Liszt, de Brahms, qui permettent des accords
variés, mais qui rendent l’interprétation très difficile par la
majorité des jeunes musiciens ! Egalement, j’ai été interpellé
par la très grande diversité des instruments à vent. Leur
dimension est extrêmement variable. Il semble que cela se
réfère à des lois physiques de longueur d’ondes.
Pourquoi ce livre ? Les livres existants donnent les grandes
lignes de la vie des compositeurs, les dates, les œuvres, mais
souvent, ils ne donnent pas la passion, l’enthousiasme, les
raisons de l’amour de la musique et surtout ils n’expliquent pas
les causes de leurs disparitions, et de leurs morts, et encore
moins ce qui pourrait les sauver actuellement. Ce livre apporte
bien sûr un éclairage sur la vie de chaque compositeur, depuis
Hildegarde de Bingen (1098-1179) jusqu’à Pierre Boulez
(1925- ). Pour chaque musicien, l’étude est identique : leur
vie, lorsqu’elle est connue, leur œuvre, leur maladie, le
traitement qui aurait pu les sauver ou les aider. Cet ouvrage
comporte six parties : les maladies infectieuses (tuberculose,
syphilis, streptocoque, staphylocoque, amibiase) ; les maladies
non infectieuses (cardiopathies, alcoolisme) ; les accidents, les
morts violentes ; les cancers ; les affections chirurgicales ; la
malnutrition ayant conduit au décès.
14 Chaque maladie n’est traitée qu’une seule fois et concerne
plusieurs musiciens. Elle renvoie au paragraphe « traitement »,
aux possibilités thérapeutiques médicales et chirurgicales
actuelles.




































15

























































Les maladies infectieuses