Musique et société

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Des premiers comptes-rendus relatifs aux activités musicales aux plus récents travaux de sociologie, en passant par l'histoire sociale, cette bibliographie indexée commentée regroupe près de 3000 références relatives à la place de la musique dans la société.

Publié le : vendredi 1 octobre 2004
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EAN13 : 9782296374676
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MUSIQUE & SOCIÉTÉ
deux siècles de travaux

Univers Musical Collection dirigée par Anne-Marie Green
La collection Univers Musical est créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d'analyse que de synthèse concernant le domaine musical. Son ambition est de proposer un panorama de la recherche actuelle et de promouvoir une ouverture musicologique nécessaire pour maintenir en éveil la réflexion sur l'ensemble des faits musicaux contemporains ou historiquement marqués. Déjà parus

Louis FINNE, Le Maire, la Muse et l'Architecte, 2004. Marie-Claude V AUDRIN, La musique techno ou le retour de Dionysos Valérie SOUBEYRAN, Réflexions sur les chansons douces que nous chantaient nos parents ou Les dessous de la Mère Michel, 2004. KISS Jocelyne, Composition Musical et Sciences Cognitives, 2004. BOUSCANT Liouba, Les quatuors à cordes de Chostakovitch: Pour une esthétique du Sujet, 2003 MPISI Jean, Tabu Ley «Rochereau» Innovateur de la musique africaine,2003. ROY Stéphane, L'analyse des musiques électroacoustiques: modèles et propositions, 2003. JEDRZEJEWSKI Franck, Dictionnaire des musiques microtonales, 2003. BaYER Henri, Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, 2003. LOUISON-LASSABLIERE Marie-Joëlle, Etudes sur la danse. De la Renaissance au siècle des Lumières, 2003. MADURELL François, L'ensemble ars nova, 2003. GASQUET Lisou, Gainsbourg en vers et contre tout, 2003. GUILLON Roland, Musiciens de jazz New-Yorkais, 2003. ZIDARIC Walter, Alexandre DARGOMIJSKI et la vie musicale en Russie au XIX, 2003. MARCHAND Guy, Bach ou la passion selon Jean Sébastien, 2003. VERZINA Nicola, Étude historique et critique, 2003.

Danièle PISTONE

MUSIQUE & SOCIÉTÉ deux siècles de travaux

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polyteclmique 75005 Paris FRANCE

Harmattan Kônyvesbolt 1053 Budapest, Kossuth L.u. 14-16 HONGRIE

L'Harmattan ltalia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2004 ISBN: 2-7475-7179-3 EAN: 9782747571791

INTRODUCTION

Musique et société: l'alliance sonne d'harmonieuse façon pour les uns, alors qu'elle est vigoureusement rejetée par d'autres. Au nombre de ceux-ci figurent maints artistes, de Jean Dubuffet à Glenn Gould, par exemple; le premier affirme en effet qu'une production artistique est « fortement individuelle» et « antagoniste à toute fonction sociale »1, et le second écrit: «Tout artiste créateur qui entend produire une œuvre digne d'intérêt ne peut faire autrement que d'être un être social relativement médiocre. »2 On pourra y voir le parfait résultat de l'évolution de l'art de ces pays, autonome jusqu'au complet renfermement sur lui-même. Mais œuvre ou artiste sont-ils vraiment ainsi coupés de leur contexte? Il s'agit en fait dans les deux cas précédents de figures d'une grande originalité, œuvrant en une époque où la musique occidentale a déjà rompu la quasi-totalité de ses attaches fonctionnelles. Il faut reconnaître que le discours et l'approche pourraient être bien différents en d'autres temps et lieux et que, même dans nos sociétés, un semblable isolement,

1 Jean Dubuffet, Asphyxiante culture, Paris, Minuit, 1968, p. 13. 2 Glenn Gould, Non, je ne suis pas du tout un excentrique, trade de

l'anglais, Paris, Fayard, 1986, p. 18.

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pourtant nécessaire à l'artiste, relève dans l'absolu du tour de force ou de l'utopie. Sont souvent opposées d'autre part la noblesse du fait artistique et la nécessaire prosaïcité des considérations sociales. Insérer l'art dans la société équivaut pour certains à le rabaisser au niveau du quotidien. Mais la jouissance esthétique solitaire, appréhendée ainsi par opposition, n' estelle pas une solution facile, voire égoïste? Il faut vivre avant de penser. Il est nécessaire d'insérer l'art dans sa totale humaine dimension. Entrons donc, sans scrupule, dans l'alliance proposée: musique et société. Ethnologues, historiens, musicologues ou sociologues ont beaucoup écrit sur cette question, comme le montrera la présente sélection de quelque 2750 références3 relatives à ce thème. Face à cette abondante littérature et pour permettre une vision diversifiée sur le sujet, notre principe de choix a été assez large, moins toutefois que celui des entrées du ~M ou de certaines bibliographies de l'IRASM qui vont beaucoup plus avant par exemple dans les genres et styles. Nous n'avons cependant pas privilégié la musique ethnique (où ce lien est presque inévitable), ni les musiques populaires modernes (où la littérature concerne quasi inévitablement le contexte, voir n° 2371 )4. La présente collecte concerne en premier lieu l'ère géographique qui nous est la plus familière, le territoire français, qu'il était intéressant de comparer toutefois à d'autres pays (notamment
3

Bien davantage si l'on considère les différents regroupement opérés
entre écrits académiques et travaux édités, ou entre articles proches.

4

Ici, comme ailleurs, les numéros entre parenthèses renvoient à la
bibliographie ci-dessous.

Musique et société - 9

l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie ou les Etats-Unis), à travers ces publications limitées aux langues européennes les plus courantes. C'est dire que, comme tous les choix, le nôtre pourra sembler parfois discutable; il a été réalisé très progressivement, et par conséquent de façon inégale, durant les années séparant notre première contribution en la matière (pour le dictionnaire Bordas publié en 1976, n° 2035) du début du XXIe siècle - soit près de trente ans, pendant lesquels ce type de recherche a pris une importance croissante dans le monde universitaire5. Ces précautions montreront la réticence qui fut dans un premier temps la nôtre face à la perspective de publication de cette liste, destinée primitivement à nos seuls chercheurs. Dans son état actuel, cet ensemble de références (en dépit des choix et des limitations imposés) semblera cependant beaucoup plus étendu, en ce qui concerne le champ musical, que d'autres bibliographies de même type souvent limitées à une langue ou à un pays (nOS765, 780, 817, 1423, 1804... ). Comme on pourra le constater, les plus anciennes des études citées ici se bornent généralement à décrire les particularités de la vie musicale, comme le fit déjà au X~ siècle Charles Burney (n° 379), ou à replacer le fait musical dans son contexte: maints chapitres liminaires de monographies diverses ont adopté depuis longtemps d'ailleurs cette forme de présentation. Nous avons donc limité ici les références à l'histoire locale, notamment celles qui parurent dans des périodiques anciens (nOS587, 869, 959, 1688-1690, 1929...), souvent purement événementielles (nO 2003), mais
5

Comme le prouvent quelques publications collectives récentes
(nOS 228 et 2356).

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néanmoins utiles à notre propos afin de mieux mettre en relief l'évolution de ces modes de présentation; il s'agit d'une simple localisation où l'environnement proprement social n'a guère de place. Ce genre de recherche est du reste aujourd'hui grandement facilité pour la France par le récent Dictionnaire musical des villes de province de François Lesure (n° 1530). Si quelques compositeurs (tels Charles Gounod ou Franz Liszt et, plus tard, surtout Charles Koechlin6) abordèrent également ce thème, ce fut souvent à travers des remarques relatives au concert ou au public (Barraud, Hiller) ou à la situation des musiciens (Victorin Joncières), sans oublier les mémoires ou souvenirs divers - parfois tout aussi riches sur ces questions - dont nous n'avons donné ici que de rares échantillons (nOS 1551 et 1840, par exemple), voire certains répertoires, telle théâtre lyrique naturaliste (n° 1365). Quelques statistiques intéressantes apparaissent en revanche au début du XXe siècle à travers les enquêtes réalisées par M. Daubresse. C'est donc en partie sur de semblables bases que s'est développée l'histoire sociale de la musique, à propos de laquelle Ivo Supicic7 a mené - dans le cadre de sa thèse de doctorat d'Etat soutenue à l'université de Strasbourg (nO2499) puis pour l'International Review of Aesthetics and Sociology of Music - une enquête bibliographique importante parmi les travaux français (n° 2503) où apparaissent notamment les élèves du chartiste Norbert Dufourcq et de Marcelle Benoît au CNSM (souvent édités dans Recherches sur la musique
6

A l'époque du Front populaire; pour ces mêmes années, voir aussi
Robert Bernard (nOS 155 et 156).

7

Qui fut professeur associé à l'université de Strasbourg II.

Musique et société - Il

française classique, telles Yolande de Brossard, Brigitte François-Sappey, Roberte Machart ou Catherine Massip). Il s'agit toujours bien là d'histoire de la musique, même quand ces études adoptent explicitement le terme « sociologie» (voir na 912)8. Des travaux similaires co-existent dans le cadre de l'université (voir par exemple Marie-Claire Le MoigneMussat à Rennes II, Guy Gosselin, Christian Goubault ou divers autres enseignants et chercheurs de Paris N). Méthodes et problématiques y diffèrent en fait toujours largement de celles de la sociologie, comme l'ont bien mis en valeur les actes du colloque Musique et sociologie, organisé en 1999 à la Sorbonne par Anne-Marie Green (na 1046). Comme chez certains des premiers sociologues (Silbermann, Supicic), la plupart du temps, les aspects institutionnels ou professionnels vont d'abord l'emporter. Parallèlement, quelques historiens (tel William Weber) étudient de façon fort convaincante la place et le goût de la musique dans le cadre de certaines classes sociales. Rappelons néanmoins que le Précis de musicologie dirigée par Jacques Chailley (PUF, 1/1958,2/1984) ne s'ouvre aucunement à la sociologie de la musique, que la Revue de musicologie (1917-, organe de la société française de cette spécialité) ne l'a fait que récemment et que les bulletins des sociétés savantes de notre pays n'ont été concernés que très progressivement par ces sujets9 ; de même, les comptes-rendus
8

9

Comme le fit aussi autrefois, à partir d'une position critico-esthétique, Camille Bellaigue (n° 129). Cf. René Gandhon, Bibliographie des travaux historiques et archéologiques publiés par les sociétés savantes de France, 1910-1940, Paris, Imprimerie nationale, 1958. Voir ci-dessous, Arthur Christensen ou, plus tard, Michel Bellenfant.

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de publications montrent bien aussi les réticences des musicologues (n° 2528). Inversement, maints ouvrages destinés aux sociologues, telle encore la traduction française de celui de Howard S. Becker10 - pourtant musicien11, et suivi

aujourd'hui pour ses réflexions sur les conventions nonnées qui dictent les choix des artistes ~es mondes de l'art) ou sa sociologie de la déviance (Outsiders) - n'offrent guère
d'ouverture en direction de la musique. Il faut souligner en outre que les débuts de la sociologie ne semblent guère favoriser l'intérêt pour les disciplines artistiques, le travail de J. M. Guyau mis à part. Le positivisme ambiant n'encourage pas les chercheurs à privilégier les faits de sensibilité. Dans le contexte français, Charles Lalo demeure presque un isolé. Si aujourd'hui l'intérêt pour les travaux de Max Weber, tourné vers les rapports de valeur qui fondent selon lui la subjectivité, est incontestable, même en France où ses Fondements rationnels et sociaux de la musique de 1921 ont été traduits très tardivement (1998), c'est Adorno qui demeure la référence la plus courante en matière de sociologie de la musique, grâce aux réflexions qu'il a proposées sur ce thème pendant près de quarante ans. Cet auteur satisfait sans doute les musicologues par l'intérêt qu'il porte aux œuvres (ce que lui permettaient sa formation technique comme sa pratique de la composition), et le déchiffrement du sociétal sédimenté dans celles-ci reste
10

Les ficelles du métier. Guide de recherche en sciences sociales, Paris, La Découverte, 2002. Du point de vue de notre sujet, il ne concerne guère que les rapports avec l'ethnomusicologie. Mais il faut noter que l'auteur l'a conçu bien avant la date de cette édition française.

Il

Cf. Howard S. Becker, Propos sur l'art, trade de l'anglais, Paris,
L'Harmattan, 1999, p. 8 et 19.

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encore à l'ordre du jour, à travers une approche fondée souvent sur des considérations économiques12. On notera également l'importance du développement de l'histoire sociale et, plus souvent, de la sociologie de la musique en langue allemande (Kurt Blaukopf, Irmgard Bontinck, Hans Engel, Gustav Fellerer, Elisabeth Haselauer, Christian Kaden, Tibor Kneif, Alphons Silbermann...) ; dans ce contexte, l'influence de l'idéologie marxiste a certes joué un rôle (chez Georg Knepler, tout comme ailleurs, chez Finkelstein, par exemple), mais les publications de l'Institut autrichien spécialisé en ce domaine13 apparaissent par ailleurs particulièrement remarquables. Plus récemment les travaux en langue anglaise de John C. Shepherd, Howard Becker, puis de Tia DeNora, ceux des Italiens (notamment Luigi DeI Grosso Destreri), voire ceux de Mario Viera de Carvalho en langue portugaise, ceux de Robert Wangermée puis Michel Demeuldre en Belgique, ou ceux d'Alfred Willener en Suisse, sont venus enrichir ces considérations socio-musicales. En France, peu de sociologues se sont intéressés au fait musical, et rares sont les ouvrages et recherches concernés par le lien existant entre musique et société. Citons cependant, parmi les historiens ou musiciens attirés par cette orientation, François Lesure (BnF)14, Pierre-Albert Castanet (Rouen), Joël-Marie Fauquet (CNRS), Philippe Gumplowicz (Dijon),
12

13

Voir Anne-Marie Green, «Les enjeux méthodologiques d'une approche sociologique des faits musicaux », dans Id. (Ed.), Musique et sociologie [...J, Paris, L'Harmattan, 2000, p. 23.

Institut fur Musiksoziologiede l'université de Vienne (Schubertring,

14 - 1010 Wien), fondé en 1965 par Kurt Blaukopf, puis dirigé par Irmgard Bontinck. 14Nous indiquons ici l'établissement de rattachement de ces spécialistes ~sauf mention particulière, il s'agit d'universités.

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Jean-Marie Jacono (Aix-Marseille I), ainsi que le spécialiste de politique culturelle Mario d'Angelo (Paris IV) ou l'anthropologue Christian Marcadet (CNRS). Parmi les sociologues, seuls Bruno Brévan (Paris V), Anne-Marie Green (Paris X, Paris IV, puis Besançon), Antoine Hennion (CSI de l'Ecole Nationale Supérieure des Mines), Pierre-Michel Menger (CNRS) et Emmanuel Pedler (EHESS, Marseille) ont consacré une partie importante de leurs travaux à la musique. Un premier poste de maître de conférences a été attribué en outre en 2002 à une sociologue de la musique (Hyacinthe Ravet) à l'UFR de Musique et Musicologie (Paris IV). Notre pays ne possède actuellement aucune revue spécialisée15, à l'exemple de Musik und Gesellschaft ou Popular Music and Society, même si la Revue internationale d'esthétique et de sociologie de la musique (IRA SM, Zagreb) fut largement ouverte aux articles francophones. Si «La vie musicale des provinces françaises» est éditée chez Minkoff à Genève, les premières collections consacrées à la sociologie de la musique ont vu le jour en 1997, sous la direction d'Anne-Marie Green (<< Musiques et champ social », L'Harmattan, et « Sociologie des faits musicaux », Université de Paris-Sorbonne, Observatoire Musical Français). Comme nous l'avons souligné ailleurs16, les éminents sociologues de notre pays,

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Après Musique en jeu (paris, Seuil, 1970-1978) où paraissent plusieurs textes relatifs à ce sujet, ainsi que les quelques numéros de Vibrations. Revue d'études de musiques populaires (Toulouse, Priva~ 1985-1989). 16En 1999, le cédérom Doc-Thèses ne recensait au mot « sociologie» que trois titres concernant la musique; cf. Musique et sociologie [...], p. 83. Voir également, à la fin de ce dernier article, une chronologie des principaux travaux français (Ibid, p. 90-94).

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tels Pierre Bourdieu17 ou Jean-Claude Passeron, n'ont pas dirigé au XXe siècle de thèses consacrées à ces questions. Et lorsque des travaux prennent place dans semblable contexte, ils concernent la plupart du temps les musiques populaires modernes, telles la thèse de Bertrand Ricard (1996, dirigée par Michel Maffesoli) ou les recherches du GREMES (Groupe de recherche et d'étude sur la musique et la socialité, rattaché au CEAQ, Centre d'études sur l'actuel et le quotidien, placé sous la responsabilité de ce même professeur, à Paris V)18, ainsi que d'autres doctorats soutenus en sociologie (nOS 1106, 1767, 1967). Ces études ont entraîné un approfondissement de la culture urbaine, présente ici dans de nombreux travaux, ainsi que de la notion de « sous-culture», davantage étudiée cependant dans les publications étrangères que dans la musico-sociologie de l'hexagone. Là où autrefois l'une des cibles privilégiées des chercheurs était la bourgeoisie, bon nombre de ces auteurs (Hersent, Mignon...) s'intéressent aujourd'hui aux jeunes et à leur culture désormais spécifique. De même, plus encore que l'histoire sociale, la sociologie de l'éducation musicale se révèle comme l'une des spécialités désormais incontournables

D'autres thèses ont été soutenues ces dernières années (n° 1105, 1803, 1967). 17 Dont maintes importantes notions sont cependant souvent reprises dans notre contexte (distinction, habitus...). Pierre Bourdieu n'a-t-il pas écrit toutefois: « La musique est l'art 'pur' par excellence [...]. La musique représente la forme la plus radicale, la plus absolue de la dénégation du monde et spécialement du monde social que réalise toute forme d'art. » (Questions de sociologie, Paris, Ed. de Minuit, 1984, p. 156).
18

Voir notamment, dans ce groupe, les travaux d'Anne Petiau; et la
revue Sociétés, nOs65 et 72.

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dans ce champ19. Quant aux Gender Studies, tellement pratiquées en langue anglaise, elles n'ont encore que faiblement atteint notre pays20 dans le domaine musical. Aujourd'hui, après avoir fréquenté pendant plusieurs années des sociologues intéressés par la musique, après avoir siégé dans divers jurys de cette spécialité, il me semble que la collaboration entre ces deux disciplines demeure quasi indispensable21. Tout d'abord parce que le social est l'une des préoccupations dominantes de notre époque troublée; puis parce que les méthodes sociologiques aideront le musicologue à mieux s'interroger sur le recours à la musique, non seulement dans les milieux (free-party, rave, teknival) où elle conserve un rôle socialisateur évident, comme dans maintes occasions familières ou marginales (mariages, clubs, prisons...), mais également dans un contexte de réception davantage esthétique et apparemment plus passif Peut-être devrait-on développer aussi dans ce cas la sociologie compréhensive qui a déjà donné des résultats intéressants (nOS 321, 1106 et 2627). Dans ces différents milieux, la notion de représentation mentale, et sociale22, s'avère également lumineuse parfois pour identifier et contourner les filtres ou
19

Comme le montreront les travaux recensés sous l'expression

« Education musicale» dans l'index. Voir notamment n° 246. 20Cf. l'état des recherches proposé par Hyacinthe Ravet sur cette question dans le premier numéro de Musicologies (Université de Paris-Sorbonne, Observatoire Musical Français, à paraître en 2004). 21 Comme de nombreux auteurs l'ont souligné, voir infra, dans l'index, le terme « musicologie». 22Telle que la développe, par exemple, Jean-Marie Seca (Les représentations sociales, Paris, Col~ 2001) ; voir notamment les systèmes centraux et périphériques, les réseaux d'associations ou les cartes mentales.

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les clichés contemporains. Utiles pour la majeure partie des questions de contextualisation, les méthodes sociologiques nous conduisent efficacement vers des techniques de globalisation23 et ont également permis de rénover ainsi les techniques biographiques. Il faut se féliciter d'autre part de la prise d'importance de l'écoute dans diverses spécialités, dont la sociologie (Adorno, Hennion). S'il est certain que les travaux de Pierre Francastel ou ceux de Célestin Deliège menaient déjà solidement vers une esthétique sociologique de l'œuvre et de la création, les décennies à venir pourraient sans doute encore renforcer cette tendance et, à l'heure de l'esthésico-centrisme, développer encore davantage les aspects auxquels certaines méthodes sociologiques ont recours. En fait, reprenant le chemin de maints travaux empiriques, loin des théories parfois encombrantes, ces directions remettent le musicologue sur le chemin de l'anthropologie, celle de John Blacking ou de Pierre Francastel24, par exemple. Il est fort possible qu'après le structuralisme de la seconde moitié du XXe siècle, à l'heure où l'être humain redevient le point focal d'un nouveau type d'études, l'une des questions essentielles de la sociomusicologie de demain demeure le pouvoir de création et d'écoute de l'individu dans sa relation avec ses semblables.
Précisons enfin que, pour ne pas trop alourdir ce volume, nous avons limité au minimum les commentaires. D'autre part, afin de faciliter le repérage, nous donnons

23

L'art est souvent appréhendé ainsi comme « fait social total». 24Pour un recours à l'anthropologie culturelle de Francastel, voir n° 2011.

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parfois entre crochets une ou deux localisations possibles, parisiennes Surtout25. Il nous reste enfin à remercier les collègues qui ont bien voulu réviser les présentes listes les concernant. Nous serions par ailleurs reconnaissante aux auteurs avec lesquels il ne nous a pas été donné d'entrer en relation de nous faire connaître les modifications qu'ils auraient souhaité apporter aux choix effectués ici.
Paris, octobre 2003

25

Ces sigles (BMie, BnF, DEP, IRESCO, MSH...) sont développés cidessous dans la table des abréviations. Rappelons également, si nécessaire, que les thèses et mémoires sont généralement conservés dans leur établissement d'inscription. Nous avons tenu à les mettre ici tout particulièrement en évidence.

ABERCROMBIE, Nicholas & LONGHURST, Brian, Audiences. A Sociological Theory of Performance and Imagination, Thousands Oaks (CA), Sage, 1998, 198 p. 2. ABREU, Paula, « Prâticas e consumos de musica(s): ilustracoes sobre alguns novos contextos da pratica cultural », Revista critica de ciências sociais (Coimbra), 56, 2000, p. 123147. 3. ADAMEK, Karl, Politiches Lied heute: Zur Soziologie des Singens von Arbeiterliedern, Diss., Münster, 1986 ; Münster, Klartext, 1987, 228 p. 4. ADELL, Joan-Elies, Musica i simulacre al'era digital: l'imaginari social en la cultura de masses, Lleida, Pagès, 1997, 206 p. 5. ADELSON, Cicely, Music in Lancaster, 1770-1994, [Hornby], [C. Adelson], 1995, 54 p. [BL] 6. ADINOLFI, Francesco, Suoni dal ghetto. La musica rap dalla strada allo hit-parade, Genova, Costa e Nolan, 1989, 156 p. 7. « Adolescents and Rock and Roll », Youth and Society (Albuequerque), 18, June 1987, p. 323-435.- Colloque. 8. ADORNO, Theodor W., « A Social Critique of Radio Music », The Kenyon Review, 7, Spring 1945, p. 208-217. 9. ADORNO, Theodor W., Prismen. Kulturkritik und Gesselschaft, 1955; Id., Gesammelte Schriften, Band 10/1, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1977, p. 9-287; Prismes. Critique de la culture et de la société, Paris, Payot, 1986, 250 p. - Articles écrits de 1939 à 1953. Voir « Mode intemporelle. A propos du jazz », p. 102-114; « Bach défendu contre ses amateurs », p. 115-126; « Arnold Schonberg », p.127-151. 10. ADORNO, Theodor W., Dissonanzen. Musik in der verwalteten Welt, Gottingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1956, 126 p. ; Id., Gesammelte Schriften, Frankfurt am Main, Suhrkamp, Band 14, 1973, 9/1990, p. 7-167 ; Id., Dissonanze, Milano, Feltrinelli, 1959, XXI-224 p.- Voir notamment « Über den Fetischcharakter in der Musik und die Regressions des

1.

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Horens » (Zeitschrift für Sozialforschung, 7, 1938, p. 321-356) ; Le caractère fétiche dans la musique et la régression de l'écoute, Paris, Allia, 2001, 64 p. Il. ADORNO, Theodor W., Klangfiguren, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1959, 368 p.; Id., Gesammelte Schriften, Musikalische Schriften, Band 16, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1978, 2/1990, p. 9-51.- « Ideen zur Musiksoziologie » (1958), p. 9-23 ; « Bürgerliche Oper » (1955), p. 24-39 ; « Neue Musik, Interpretation, Publikum » (1957), p. 40-51.- Trad. fr.: « Réflexions en vue d'une sociologie de la musique », Musique en jeu, n° 7, mai 1972, p. 5-15; « Musique nouvelle, interprétation, public »,Musique enjeu, n° 3,1971, p. 21-28. 12. ADORNO, Theodor W., Einleitung in die Musiksoziologie. Zwolf theoretische Vorlesungen, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1962, 9/1996, 226 p. ; Id., Gesammelte Schriften, Musikalische Schriften, Band 14, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1973, 9/1990, p. 169-433 ; Introduction to the Sociology of Music, New York, The Seabury Press, 1969 ; Introduzione alla sociologia della musica, Torino, Einaudi, 1971, XXI-268 p. ; Introduction à la sociologie de la musique. Douze conférences théoriques, Genève, Contrechamps, 1994, 238 p. [BPI].- « Sociologie de la musique» (trad. de l'allemand, 1967, postface de l'édition de Einleitung in die Musiksoziologie, 2/1968), Musique enjeu, n° 2, 1971, p. 5-13. 13. ADORNO, Theodor W., « Anmerkungen zum deutschen Musikleben », Deutscher Musikrat [...], 5, Febmar 1967 ; Id., Impromptus, dans Id., Gesammelten Schriften, Musikalische Schriften, Band 17, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1982, p. 167188. 14. ADORNO, Th. W., Musiksoziologische, dans Id., Gesammelte Schriften, Musikalische Schriften, Band 18, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1984, p. 721-841.- 22 courts articles, publiés de 1928 à 1969, dont « Zur gesellschaftlichen Lage der Musik », p. 729-777 ; Zeitschrift für Sozialforschung, 1, 1932, p. 103-124 et 356-378 ; « On the Social Situation of Music », Telos, 35, Spring 1978, p. 128-164.

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ADORNO, Theodor W. & EISLER Hanns, Composingfor the Films, New York, Oxford Univ. Press, 1947, XI-166 p. ; London [...], The AtWone Press, 1994, LIII-172 p. ; Komposition fir den Film, Moochen, Rogner & Bernhard, 1969 ; Leipzig, VEB Deutscher Verlag rur Musik, 1977, 232 p. [BnFMus]; Hamburg, Europaischer Verlag, 1996, VIII-216 p. ; ADORNO, Theodor W., Gesammelte Schriften, Band 15, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1976 ; ADORNO, Theodor W. & EISLER, Hanns, Musique et cinéma, Paris, L'Arche, 1972, 180 p.- Voir le ch. IV, concernant des remarques sociologiques. 16. AGBLEMAGNON, F. N'Sougan, Sociologie des sociétés orales d'Afrique Noire. Les Eva du Sud Togo, Paris, Mouton, 1969,220 p. [IRESCO] 17. AHLKVIST, Jarl A., « Music and Cultural Analysis in the Classroom. Introducing Sociology Through Heavy Metal », Teaching Sociology (Lincoln), 27, no. 2, 1999, p. 126-144. 18. Agora: débats jeunes, n° 9, Paris, L'Harmattan, 1997.Musiques actuelles. [IRESCO] 19. ALA, Nemesio & FABBRI, Franco, «Generi musicale, schemi di consumo, gusti del pubblico: popular music e ricerca in Italia », dans RAMP!, Francesco (Ed.), Musica e sistema dell 'informazione in Europa, Milano, Unicopli, 1985, p. 153166.- Colloque de Milan, 1-3 décembre 1983. 20. ALAZZA WI, Abdul Amir, La musique traditionnelle populaire dans la société du sud-irakien, Thèse de 3e cycle, Paris I, 1984, 302 p. 21. ALBERONI, Fred, «The Powerless Elite. Theory and Sociological Research on the Phenomenon of the Stars », dans McQUAIL, Denis (Ed.), Sociology of Mass Communication. Selected Readings, Harmondsworth, Penguin, 1972, p. 75-98. 22. ALBERSHEIM, Gerhard, « Reflexionen über Musikwissenschaft und Soziologie », lRASM, 1, n° 2, 1970, p. 200-208. 23. ALBRECHT, Milton C. ; BARNETT, James; GRIFF, Mason, The Sociology of Arts and Literature, New York, Praeger, 1970, XIV -752 p.

15.

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