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MUSIQUE ET TRADITION ASHKÉNAZES

De
218 pages
Les Ashkénazes, Juifs de l'Europe centrale ainsi que de l'Europe de l'Est, possèdent une identité qui leur est propre, grâce au " monde " culturel qui les entoure, et à leur langue, le Yiddish. Une sphère culturelle semée de symboles et liée à ses us et coutumes de la vie quotidienne. Ce livre réunit l'univers musical des Ashkénazes et la musique populaire qui tient une place importante dans les rites de passages autour de la musique klezmer, la chanson Yiddish et le hassidisme, mais aussi les arts qui gravitent autour de lui : le théâtre, la peinture, le cinéma.
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Musique et Trélditions
Ashkénélzes

Collection Univers Musical dirigée par Anne-Marie Green

La collection Univers Musical est créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d'analyse que de synthèse concernant le domaine musical. Son ambition est de proposer un panorama de la recherche actuelle et de promouvoir une ouverture musicologique nécessaire pour maintenir en éveil la réflexion sur l'ensemble des faits musicaux contemporains ou historiquement marqués.

Dernières parutions

GARANT Dominic, Tristan Murail : une expression musicale modélisée, 2001. DALLET Sylvie et VEITL Anne, Du sonore au musical, cinquante ans de recherches concrètes (1948-1998), 2001. GIACCO Grazia, La notion de «figure» chez Salvatore Sciarrino, 2001. CICCONE Louis, Les musiciens aveugles dans l'histoire, 2001. VICHERAT Mathias, Pour une analyse textuelle du rap français, 2001. GILLES Clotilde, Un univers musical martiniquais: les swarès bèlè du Nord atlantique, 2001. MAS Christian, CI. J. Rouget Lisle: une interprétation politique, entre lettres et musique, 2001. ROSSELOT Bernard, Aventuriers et griots, de la galère à la profession, 2001. GUILLON Roland, Le jazz de quatre cités, hard boppers de Chicago, Detroit, Pittsburgh et Philadelphie, 2000.

BARAT Sylvie,Jorge Donnpar le ballet du dme

siècle, 20001.

PECOT-DOUATTE Sylvie, A la recherche d'Edelmann, le musicien guillotiné, 2001. FAURE Michel, José Serebrier, un chef d'orchestre et compositeur à l'aube du xxlme siècle, 2002. Leiling Chang Melis, Métissages et résonances, 2002. JEDRZEJEWSKI Franck, Mathématiques des systèmes acoustiques. Tempéraments et modèles contemporains, 2002.

GOMES RIBEIRO Paula, Le drame lyrique au début du dme
Hystérie et Mise en Abîme, 2002. BOYER Henri, Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, 2002.

siècle.

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Musique et Trqc/itions Ashkénqzes

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2002 ISBN: 2-7475-3172-4

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Je tiens à exprimer mes remerciements et ma sympathie à tous ceux qui m'ont aidée dans l'élaboration de ce livre, et tout particulièrement: -Madame et Monsieur Jean-Paul Coumont, Librairie ,MCL à Angoulême, pour les précieuses documentations qu'ils m'ont fournies sur la chanson yiddish. -Monsieur Pierre Wekstein, musicien klezmer de l'Orient Express Moving Schnorers devenu aujourd'hui Klezmer Nova, pour les nombreux documents envoyés sur la musique klezmer. -Mérédith, chanteuse yiddish, pour les explications sur la chanson yiddish. -YUVAL, particulièrement Monsieur David Klein, pour les enregistrements et la documentation apportée pour l'ensemble de ce livre. -La bibliothèque Medem, pour les documents apportés et la gentillesse avec laquelle les bibliothécaires ont répondu à mes nombreuses questions et L'AEDCY (Association pour l'étude et le développement de la culture Yiddish). Et tous les gens qui m'ont aidé à l'élaboration de ce livre par ordre alphabétique: Madame Martine Aymé, Madame Nicole Bergeron, Madame Sarah Christine Bonetta, Monsieur Pierre Cordier, Monsieur Maurice Delaistier, Monsieur Joseph Le Floch'h, Monsieur Paul Lévy, Monsieur Serge Lipszyc, Madame Rika Zaraï et son attachée de presse Elysa Rouillat et mes parents.

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cf : confer (se reporter à) etc. : et cetera h : heure ibid. : ibidem n° : numéro op.cit. : opere citato p. : page(s) s. d : édition non datée s. I : sans lieu s.l.n.d. : sans lieu ni date supra: au-dessus de t. : tome vol.: Volume(s) (V.O) : version originale * : renvoie au glossaire

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Avant-propos

Si j'ai entrepris l'élaboration de ce livre, c'est afin de mieux comprendre la musique juive et plus précisément la musique *ashkénaze, qui, malgré les tourments de l'histoire, montre que les répertoires sont plus que vivants de nos jours. *Les ashkénazim ont puisé une partie de leur force dans la musique. Bien que chassés et maltraités, ils n'ont cessé de chanter et danser, la plupart de leurs chants évoquant la tristesse, mais aussi l'amour et la joie. J'ai voulu faire découvrir cette culture si riche et si peu connue, en me plaçant en tant qu'observatrice et en essayant de garder une certaine objectivité. Mais comme je le dis souvent, écrire, c'est déjà une marque de subjectivité... Le but était avant tout musicologique puisqu'il s'agissait au départ d'un travail universitaire pour un mémoire de maîtrise. L'étude de la musique *ashkénaze nécessitait une approche des autres arts, la musique n'évoluant pas seule. Lors d'un mariage par exemple, pas de danse sans musique, ni de musique sans danse, sinon cela n'est plus un mariage juif. Je me suis donc attachée au répertoire lié à la vie quotidienne, car ce qui m'intéressait étaient les ashkénazes d'aujourd'hui. C'est pourquoi je ne traiterai pas l'histoire du peuple juif depuis ses origines. Par ailleurs, je ne suis pas historienne et je préfère laisser cela à des spécialistes. La plupart des documents qui m'ont servi à élaborer ce livre ont été collectés, ce qui prouve que cette musique est encore bien vivante. Les extraits musicaux ont été pris en dictées musicales grâce à des enregistrements cités dans la discographie située à la fin de ce livre ou collectés auprès de mes relations qui ignoraient leur provenance, c'est pourquoi je m'en excuse par avance. 13

Musique et traditions ashkénazes

Le cinéma s'accompagne de musique, et les décors de théâtre nécessitent le recours à la peinture. Les différents arts forment donc un ensemble culturel. Tout a commencé lorsque j'ai découvert une musique aux intonations particulières en écoutant la chanteuse de variété Noa, laquelle chante en hébreu, en anglais et en français. J'ai toujours été attirée par les mélodies slaves proches des mélodies juives. J'ai constaté qu'il me fallait tout apprendre, ne serait-ce par exemple que de savoir situer géographiquement les Juifs ashkénazes et les Juifs *sépharades. J'aurais pu opter pour la musique sépharade, en raison de mes origines italiennes, mais c'est la musique ashkénaze qui m'a émue dès lors que je l'ai entendue. La première partie de ce livre est une esquisse des origines de cette population, avec quelques explications sur la langue Yiddish, l'art en général, la vie quotidienne. Cependant, vous constaterez que la deuxième partie de ce livre entre un peu plus dans le détail et s'adresse à un public plutôt averti en musique. Elle traite de la musique populaire *klezmer, très composite, qui reflète les cultures au sein desquelles les Juifs vivaient: un peu russes, un peu polonaises, mais surtout ukrainiennes. Les klezmorim, musiciens itinérants, jouent encore aujourd'hui les répertoires issus d'une tradition orale. La musique accompagne les Juifs *ashkénazes à chaque moment important de leur vie. Cette musique fait son apparition lors des rites de passage - par exemple à l'occasion des circoncisions, des mariages ou des funérailles. 14

Avant-propos

Le mode de vie traditionnel ne saurait dissocié de la sphère religieuse. C'est ainsi prend une autre forme par l'intermédiaire courant religieux allemand, à l'époque Lumières.

être, là encore, que la musique du hassidisme, du siècle des

Il est important de préciser que le chapitre sur le hassidisme n'a pu être développé comme il l'aurait dû pour plusieurs raisons: -Cette partie a été composée à partir de témoignages. De plus, la femme est considérée à la fois comme impure mais aussi comme objet de tentation, d'où ses vêtements qui lui couvrent tout le corps. Etant une femme goy, goy voulant dire non-juif, je n'ai pas pu entrer en contact avec une communauté de hassidim. Mais j'ai reçu, par exemple, des documents grâce à Yuval, situé dans l'Alliance Israélite de France, tout cela pour dire que je n'ai pu qu'avoir un aperçu du hassidisme et n'ai pas eu assez de matériaux pour en faire une partie totalement objective. -Des questions restent tout naturellement en suspens: estce que les hassidim sont tous aussi assidus à leur religion? Ou encore, la musique ne varie-t-elle pas d'une région à l'autre? Il faut bien comprendre que les hassidim sont un mouvement philosophique à part. Mais j'ai tenu à en parler, car toute religion contient des divergences et des contradictions.

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Introduction générale
De tous les peuples qui vécurent dans l'Antiquité à l'intérieur de ce qu'on appelle aujourd'hui le croissant fertile, les Juifs ont été un de ceux qui ont survécu à l'histoire en préservant leur originalité, malgré la destruction de leur royaume et leur dispersion hors de la Palestine. Le royaume juif fut créé, aux environs de l'an 1000, avant Jésus-Christ, par David; il comprenait deux royaumes, celui d'Israël et celui de Juda. La dispersion des communautés Juives, appelée *diaspora, débuta après la chute du premier temple et se poursuivit après la chute du deuxième temple, soixante dix ans après Jésus-Christ, par Titus. C'est à partir du Deuxième Temple, que plus de la moitié du peuple juif vécut en diaspora: en Syrie et en Babylonie, en Perse, en Egypte, en Asie mineure, en Italie, en Espagne et plus tard dans le couloir rhodanien et en Rhénanie. La dispersion géographique des Juifs accompagne l'extension de l'empire romain. La première communauté attestée du peuple ashkénaze est celle de Cologne en 321 après Jésus-Christ.I La progression du Judaïsme vers l'Est, plus précisément vers la Pologne, l'Ukraine, la Russie etc... résulte principalement de la vague de persécutions qui commence dès le XIIèmesiècle et chasse les Juifs des territoires rhénans.2 C'est ainsi que les *ashkénazim, après avoir quitté le Nord de la France pour les villes d'Allemagne de la vallée du Rhin, ont émigré en Europe Centrale, alors que les sépharadim viennent du Portugal, de l'Espagne, d'Afrique du Nord ou même du Sud de la France.
GIDAL (T. Nachum), Les Juifs en Allemagne de l'époque romaine à la république de Weimar, Hongrie, Kônemann, 1998, p. Il. 2 Mille ans de cultures ashkénazes, dire BAUMGARTEN (Jean), ERTEL (Rachel), Paris, Liana Lévi, 1992, p. 25-28. 17
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Musique et traditions ashkénazes

A travers les mouvances de cette population, les musiciens et chanteurs s'imprègnent de sonorités différentes, mêlant leur répertoire aux répertoires des pays habités. Le domaine de la musique *ashkénaze commence à susciter un intérêt puisque grâce aux travaux établis par des ethnomusicologues, nous trouvons, depuis le XXème siècle, des recueils de partitions sur les chansons yiddish. Cependant le domaine de la musique folklorique reste à e'xplorer. Seules quelques études modales, instrumentales, en anglais, sur la musique klezmer ont été établies par Moshe Beregovski3. Et l' Encyclopaedia Judaica4, à travers le volume 12, traite de quelques questions sur les musiques folkloriques. Par traditions, nous entendons musique et littérature, théâtre, cinéma et peinture. Les cultures consistent en un tissu de croyances et de pratiques qui se transmettent d'une génération à l'autre. La musique juive, est marquée par la diversité culturelle, qu'elle soit jouée par les klezmorim, chantée en *yiddish ou dansée par les *hassidim. L'unité de la musique réside probablement dans la façon dont les musiciens ont intégré les influences venues de divers horizons. Les Juifs aux contacts de cultures si différentes de la leur, ont montré qu'ils sont capables d'échanger, de s'ouvrir à d'autres cultures en restant fidèles à leurs origines. La musique *ashkénaze est à la fois émouvante, vibrante, et variée. La notion de sacré et de profane semble prédominer dans la vie quotidienne.

BEREGOVSKI Moshe, Old Jewish folk music, University of Pennsylvania press, Philadelphia, 1982. 4 Encyclopaedia JUDA/CA. Jewish, Jerusalem, Keter Publishing House Itd, 1971, p. 554-678, vol. 12. 18

3

Introduction

générale

La musique, miroir des états d'âme, ne serait-elle pas pour quelque chose dans un maintien de la mémoire

ashkénaze - un maintien des traditions?
La musique klezmer, la chanson yiddish et la philosophie hassidique dégagent principalement trois musiques à la fois éloignées et proches. Aujourd'hui, on rattachera plus aisément la musique klezmer à l'instrument et la chanson yiddish à l'expression. La musique hassidique, quant à elle, est associée à une religiosité joyeuse. De nos jours, tout le répertoire est encore vivant et cela, malgré les tourments de l'histoire du peuple juif ashkénaze. Les auditeurs se tournent vers la musique klezmer afin d'y puiser quelque chose qui va au-delà de ses expressions et de ses rythmes communicatifs. La musique klezmer et la culture yiddish ont donné naissance à une nouvelle identité juive. ~ Dans un premier chapitre nous aborderons la musique klezmer qui intègre différentes cultures, avec lesquelles elle a été mise en contact au cours des déplacements du peuple *ashkénaze. Elle revêt une écriture musicale qui mêle I'humour et la nostalgie. Au début du XXème siècle, aux Etats-Unis, la migration juive introduit une nouvelle instrumentation, lorsque les klezmorim ont trouvé refuge à New York. Aujourd'hui, ils entament un retour en force en Europe, en Allemagne en particulier, mais sous la forme « [d'un] répertoire ancien qui renaît du côté du jazz »5, dans le sens où l'improvisation est fondée sur une grille d'accords pré établie. ~ A travers le second chapitre, nous aborderons les répertoires et nous répondrons à cette question: la musique n'est-elle pas un moyen de conserver une mémoire? Les répertoires chantés, dans différents pays au cours de plusieurs
5 Le Monde, «Le klezmer, un répertoire ancien qui renaît du côté du jazz », mercredi 7 Avril, 1999. 19

Musique et traditions ashkénazes

générations, perdurent-ils réellement sans trop de déformations textuelles ou musicales? Cette question concerne t-elle tous les répertoires? Les chansons yiddish expriment aussi bien la nostalgie que la joie: Nostalgie parce que la plupart de ceux qui les chantaient ont péri durant la *Shoah. Joyeuse parce que le florilège des chants yiddish est toujours empreint de gaieté, de joie et d'espoir. ~ Dans le dernier chapitre, nous tenterons d'expliquer le sens de la philosophie hassidique, philosophie particulière à la culture *ashkénaze. Les documents, concernant la musique hassidique sont plus difficiles à collecter, surtout pour une femme goy. Le monde hassidique n'est pas simple à comprendre du fait de ses nombreuses dynasties qui possèdent leur propre approche philosophique. Quelques hassidim ont pour philosophie la joie même si le moment est au chagrin, tandis que d'autres garderont du temps pour pleurer. La musique contient un certain nombre de contradictions et nous avons du mal à percevoir les limites entre la musique profane et religieuse, puisque celle-ci a pour finalité d'atteindre l'exaltation divine par la danse ou le chant. Ya-til véritablement une musique profane chez les hassidim? Quels sont les éléments fondamentaux qui permettent d'affirmer qu'il s'agit d'une musique sacrée ou d'une musique profane?

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