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On connaît la chanson !

De
223 pages
Dans ce livre paru en 1959 et aujourd'hui réédité, l'auteur défend la chanson de qualité : Georges Brassens, Guy Béart, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Francis Lemarque, Ricet-Barrier... Il remet à leur place les adaptateurs patentés, les experts de bourses truquées et les besogneux, démystifie les fausses vedettes, publie chiffres et interviews, dénonce les paniers de crabe de la chanson comme on ne l'avait jamais osé jusqu'à ce jour.
Écrit avec humour et compétence, ce livre restera un classique pour tous ceux que la chanson intéresse.
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On connaît la chanson!

~ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-8785-1 EAN: 9782747587853

André Halimi

On connaît la chanson!

Préfaces de Georges Brassens et Guy Béart

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

Harmattan Konyvesbolt 1053 Budapest, Kossuth L. u. 14-16 HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti 15 10214 Torino ITALIE

Première édition LA TABLE RONDE
Photo graphies

Barclay

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Philipps - Pathé-Marconi - Ducrétet - Vague

~ 1959, Les éditions de la Table Ronde

Faut-il rééditer « On connaît la chanson » ?
Quelques mois après la parution du livre de Boris Vian En avant la zizique, je publiais à la Table Ronde, un livre intitulé On connaît la Chanson, avec en sous-titre Histoire vivante des vedettes et panier de crabes de la chanson contemporaine. En octobre 1959, ce livre fit grand bruit. D'une part il avait deux préfaciers célèbres, Georges Brassens et Guy Béart, de l'autre un texte dont le caractère polémique n'échappait à personne. Ce livre dénonçait les liens entre la chanson et certains professionnels qui, grâce à leur position sociale, vantaient sans complexe leur médiocre production. D'ailleurs, peut-on parler de «production », quand il s'agit d'adapter des chansons italiennes ou brésiliennes, dont le talent se résume en des airs rythmés, propres à faire danser? Ce livre était courageux. Aussi, après avoir été engagé avec difficulté, par un grand hebdomadaire, je fus convoqué par l'ex-directeur, qui me renvoya à mes études, estimant qu'il y avait incompatibilité entre la polémique et mes fonctions, très dignes, de reporter. Ce livre a donné libre cours à l'agressivité de mes victimes. Elles m'envoyèrent de faux journalistes, qui étaient censés travailler dans de faux journaux, ou qui, vérification faite, étaient inconnus des journaux où ils étaient censés travailler. Le livre souvent absent des colonnes des journaux, connu tout de même, un relatif succès (4000 exemplaires III

vendus), et me positionna vite comme un guerrier de premier ordre. Plus difficile alors de sortir la tête de l'eau. Le directeur des Variétés de TF1 de l'époque, joueur de tennis avec certains personnages qui figuraient parmi mes victimes, me déclara nettement son choix: soit je me dédouanais, et je m'excusais publiquement pour mon impertinence, en reconnaissant mes erreurs et tout était effacé, soit je restais sur mes positions et il n'y avait plus de place pour moi, spécialement dans les émissions de variétés du dimanche après-midi de Jacqueline Joubert. Certes, j'ai fait l'erreur de m'attaquer plus aux hommes qu'aux systèmes. Mes attaques personnelles ont fait néanmoins l'effet d'un coup d'épée dans l'eau. Sans citer les vrais responsables, l'attaque eût été inefficace. D'autres étaient au fait des magouilles du showbiz mais, restant vagues et peu courageux, leurs « attaques» étaient sans conséquences. On ne pouvait tout de même pas fermer les yeux sur le comportement des critiques de la chanson qui utilisaient leur position sociale pour vanter des chansons dont ils ne précisaient pas qu'ils étaient les auteurs. Mais l'incident est clos. Je ne sais pas si ces mœurs persistent encore, et je ne tiens pas à le savoir. J'aurais pu être une sorte de « Monsieur Chanson» à l'époque, mais après avoir connu ce milieu, je faisais mon coup de théâtre, en cessant toute activité et toute collaboration dans les journaux spécialisés.

IV

J'ai senti qu'on était toujours piégé par la connerie et qu'à attaquer les poubelles, on risquait de garder sur soi de mauvaises odeurs. C'est pourquoi cette réédition est aujourd'hui utile. Si les hommes disparaissent avec leurs secrets et leurs silences, les systèmes, eux, persistent. Heureusement, les préfaces de Brassens et Guy Béart, tout en m'approuvant, se tenaient distantes de la dite polémique. Ils savaient avec intelligence que même les noms les plus suspects finissent par être oubliés. Je prends le risque de ne pas modifier la première édition. La Chanson est aujourd'hui, une industrie conséquente, elle peut exceptionnellement être une œuvre d'art: Gainsbourg, Trenet et Barbara nous ont donné des chansons éternelles. Mais nous avons toujours Aznavour, Francis Cabrel, Marc Lavoine, Florent Pagny, Pascal Obispo, Martin Rapeneau... Ma prédilection a toujours été pour les A.C.I. (Auteurs Compositeurs Interprètes). Ce sont les vrais créateurs. On pouvait citer à leurs débuts, Mireille et Jean Nohain, Charles Trenet, et toute une série qui a fort heureusement remplacé les chanteurs à voix, qui nous ont abreuvés, inondés de romances à quatre sous, tout juste bonnes à endormir le quidam, ou la jeune auditrice en mal d'amour. Comment oublier Renaud avec «Manhattan Kaboul », Maxime Le Forestier avec sa« Maison bleue », comment oublier certaines interprétations de Michel Sardou dont la maturité et le charme sont des plus efficaces. .. v

C'est que ces artistes chantent leurs chansons, et ils sont plus impliqués. J'ai quelquefois été sévère. Ce n'était pas de la méchanceté mais une réponse à une attaque frontale de la bêtise alliée à la paresse.

VI

Préface de Georges Brassens
La chanson ne fleurit pas seulement depuis la dernière averse comme le racontent les gens bien renseignés. Non, les chanteurs ont toujours pullulé et si dans l'annuaire du spectacle, le bottin mondain de la chansonnette, on dénombrait une soixantaine de « vedettes» avant le déluge de 40, on n'en compterait guère plus aujourd'hui. Peut-être moins, même. J'entends de celles qui connurent leur jour de gloire sic. Au royaume de la chanson, plus encore que dans tous les autres royaumes, c'est toujours la même antienne, la même chanson. Seuls les moyens changent. De nos jours, les disques se vendent par douzaines de mille mais les cafésconcert ont disparu et les music-halls ont une tendance marquée à se transformer en garages. Ceci balance cela. Les chanteurs de 1960 font la queue devant les micros mais où sont les neiges d'antan. Et les braves chanteurs de rues qui nous inculquaient les refrains à la mode: vingt chansons pour vingt sous. Qu'est devenu le public de jadis qui copiait et recopiait les succès du jour sur des cahiers d'écolier? ... Aujourd'hui comme hier les chansons passent, les chanteurs passent mais la chanson dure. Deux phénomènes vraiment nouveaux sous le soleil de VII

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la goualante des pauvres gens: les auteurs qui chantent et les critiques spécialisés. Passons sur les auteurs qui chantent; le signataire de ces lignes n'en saurait rien dire qui appartient à leur fameuse bande mais les critiques... Halimi me semble être un des rares critiques, avec le regretté Boris Vian, qui sache de quoi il parle quand il traite de la chansonnette; ilIa prend au sérieux. Plus qu'elle ne le mérite peut-être. Démontant les boîtes à musique, creusant et creusant le microsillon, il passe le plus clair de son temps à écouter aux portes de cet opéra de quatre sous. Il aurait les bras fatigués si les phonos étaient encore à manivelle. En bref, il aime la chanson. Et vous l'aimez aussi, vous qui tenez son livre. Alors suivez le guide. Halimi vous convie à une petite promenade à travers le labyrinthe de la complainte et vous en révèle les arcanes pour votre plaisir et votre gouverne.

A mon sens, rien d'aussi pertinent
aussi parfois

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et impertinent
BRASSENS.

n'a été écrit sur ce sujet depuis belle lurette. Georges

Préface de Guy Béart
La chanson est une petite chose très ancienne qui, aujourd'hui, prend une place majeure. Cette place, elle la doit à sa dimension qui est à l'échelle des besoins modernes. Très ramassée, en forme de coup de poing, de slogan en peu prolongé, c'est une pilule d'art que l'on déguste entre deux trains; entre deux précipitations. Aucune construction artistique n'est mieux adaptée qu'elle aux moyens de diffusion et de prospection du public, qui sont et seront obligatoirement utilisés. . cheurs d'or, visionnaires, aventuriers ou bandits, qui sont partis vers ce nouvel Eldorado paradoxalement vierge. Cette «exécrable faim de l'or» suscite de belles et sordides destinées: il naît une nouvelle aristocratie qui n'est encore qu'un ramassis de ruffians, parmi lesquels de grands capitaines aux visions larges, des marchands de fournitures aux appétits féroces, d'obscurs artisans de talent. Dans certains pays, l'extension a vite provoqué la préfabrication concertée de la chanson, œuvre de plus de dix collaborateurs, usinant un refrain comme on met au point un objet en plastique destiné à satisfaire les goûts les plus généraux et les plus terre à terre du public.

Voilà pourquoi elle a été bien vite la proie des cher-

IX

PRÉ FoA C E
En France, plus qu'ailleurs, il y a les aventures individuelles qui, parfois, marchent et tiennent à contre-courant. Les créateurs originaux sont d'ailleurs souvent soutenus par ceux-là mêmes qui drainent la masse, et se trouvent finalement annexés par eux, en toute tranquillité. Ou bien ils luttent quelque temps contre ce qui n'est, malheureusement ou heureusement, peut-être que la force des choses. Le gigantisme, les besoins du public sans cesse augmentant et sans cesse renouvelés, font que le meilleur triomphe comme le pire. Et ce pire n'est pas si mauvais que ça: il lui plaît de soutenir le meilleur, qui, parmi tant d'or, lui procure certaines lettres de noblesse. A insi, toute volonté, brandie fermement et continûment, a gain de cause, bien que cette victoire, qu'elle doit mériter chaque jour à nouveau, ne gêne en rien le magma courant. Tout particularisme, tout paradoxe apparent, a droit de cité dans nos temps modernes. Nous arrivons alors à un océan de molécules identiques, d'où émergent quelques monstres qui nagent sans encombre ou agonisent lentement. C'est parmi ces «aventures individuelles» , périlleuses et nécessaires à la santé de l'ensemble, que s'inscrit la

démarche d'André Halimi. Je lui souhaite bonne route.

LA CHANSON UN ART...

A vaut-propos

La chanson est multiple: elle est évasion, moyen d'abrutissement, plaisir, détente, bêtise, anne de combat et arme de sédition. Elle jalonne notre vie. Elle se souvient d'un amour, d'un parent, d'un ami de régiment, d'une dispute. Du matin au soir, l'homme est emprisonné dans la chanson: même s'il refuse l'achat d'un poste de radio ou d'une télévision, il écoutera les mille et une chansons de ses voisins... L'un passera 250 fois la même chanson d'Aznavour ou d'Annie Cordy, l'autre ne se lassera pas du trop fameux « travaillez en musique» qui ne peut être apprécié que par ceux qui ne travaillent pas. Mais il n'aura pas seulement les disques et les radios des voisins à supporter. D'autres tracas naîtront dans sa vie. Il avait son café préféré, calme et tranquille. Maintenant un juke-box y déverse perpétuellement des chansons. Il fuira donc, mais où? Les cafés sans néon ni juke-box se font rarissimes. La chanson, cet art si coquet défendu par d'honorables poètes, est de plus en plus une affaire dont l'industrie s'est emparée. La chanson assimilée à un produit alimentaire doit être digérée de gré ou de force par le
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citoyen. Vous n'aimez pas GONDOLIER? bien on vous Eh le fera aimer de force. Ainsi, la chanson a envahi notre vie. Des milliers de chansons sont déversées chaque mois par les antennes. Le citoyen apprendra tout. La méthode Assimil doit faire ses preuves. Aneries et incontestables succès doivent être appris dans un temps record. L'argent n'attend pas. TI a ses échéances. La chanson est devenue un moyen de diffusion d'une importance considérable. La Société des Auteurs et Compositeurs de Musique (S.A.C.B.M.) reçoit quotidiennement de nombreux auteurs-compositeurs qui partent à la conquête du «tube,>. TI n'y a plus de commune mesure. Tout est bon dans le poulet. Valses et cha-cha-cha, tangos et slows, rock et sambas, chansons de salles de garde ou chansons de garde champêtre. L'homme fatigué attend sa ration de relaxation ou d'abrutissement. Il aura du bruit. TI aura du plaisir concentré. Il connaîtra l'extase de la facilité. On lui donnera bien un peu de Brassens ou un peu de Gainsbourg, mais du sirop, beaucoup de sirop. Qu'il se sente heureux, qu'il ait j'impression que la terre tourne bien et que les amoureux sont seuls au monde. Et le soir, quand il rentrera chez lui, un cadeau l'attendra - un cadeau ça fait toujours plaisir. TI l'ouvrira. Tiens! mais c'est une carte postale sonore... TIla met sur son électro-

phone -. Il entendra... «Si, si, si, la vie est belle. '>
Alors non, non, et non. TI aime bien la chanson, mais il ne peut pas croire que «la vie est si belle». Pour un journaliste qui a consacré deux ans de travaux à la chanson, on trouvera sans aucun doute ce tableau sinistre. TIn'a d'autre ambition que de vous avertir. La chanson, art majeur dont une des principales rai4

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sons d'être est de mettre de la joie ou de la tristesse dans vos cœurs, tend à devenir un procédé efficace pour vendre, et vendre à tout prix. Il Y a bien quelques auteurs, compositeurs et interprètes, hommes d'affaires et directeurs artistiques aussi, qui s'efforcent de lutter pour préserver à la chanson sa beauté. La lutte reste inégale. La chanson française mise à la disposition de quelques comptables, aura de plus en plus de mal à êtte de bonne qualité. Elle fait gagner beaucoup d'argent. Elle fait entrer plus de devises que la couture. La France reste le pays de la qualité grâce à Brassens, Trénet, Béart, Gainsbourg, Rouseaud, Vian, Salvador, Bécaud, Aznavour. Mais l'argent rendra la vie de plus en plus difficile aux novateurs... Comme le disait un éditeur renommé à Béart, alors inconnu, qui présentait ses chansons: « Pourquoi ne faitesvous pas des chansons comme Bonifay?~ C'est en effet tellement plus simple, mais aussi tellement plus bête. L'Armée, la politique, l'Eglise s'intéressent à la chanson. Aux Etats-Unis Carl Burnett remporte un grand succès en chantant «Je suis tombée amoureuse de John Foster Dulles»; à Pise, Don Giovanni Rami, prêtre milanais, fondateur de la «Citadelle chrétienne», a organisé un Festival de la chanson nouvelle; les vedettes les plus célèbres ont interprété des chansons que des chansonniers professionnels avaient écrites sur des thèmes évangéliques. On a pu entendre un fox-trot sur l'avarice, un tango sur le divorce, des rumbas, des biguines, des sambas sur l'Evangile et les sept péchés capitaux. L'accueil a été triomphal et la vente des enregistrements sera sans doute le plus grand succès du disque en Italie. Le vin, le pain d'épice, le potage Royco, les touristes 5

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de passage à Paris, les femmes enceintes, les insomniaques, les déprimés, les prostituées, les croquemorts et les enfants ont leurs chansons. Aux chansons locales, départementales, nationales, artisanales, patriotiques, religieuses, médicales, on ajoute la chanson «relax» , la chanson pour devenir gai, la chanson pour se sentir amoureux, la chanson pour bien digérer. L'imagination ne connaît plus de limite. La chanson a beaucoup pour plaire poùrvu que l'on ne nous la rende pas odieuse.

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Mille et une définitions de la chanson
A chacun sa chanson et sa définition de la chanson. Les chansons, comme les couleurs ne se discutent pas. Expliquez pendant trois quarts de siècle à un individu que les chansons qu'il fredonne sont stupides, vous perdrez votre temps. TI aime ses chansons. Pourquoi? Parce qu'il a un nom, un prénom, une sensibilité, une paire de lunettes, des yeux noirs, un état civil et que le tout additionné, abandonné huit heures par jour à un patron, et conditionné le reste du temps par une femme et des enfants tyranniques aboutit à ces âneries. Nous n'y pouvons rien. Nos qualités et nos défauts, nos records et nos échecs, déterminent un style de chansons. «Moi, me dit un étudiant, je n'aime que les chansons littéraires. » Lesquelles? « J'aime Béart, mais j'aime moins Brafford; j'aime Gainsbourg, mais j'en connais pas mal qui font office d'auteurs intellectuels et qui suent l'ennuL.. » Ne nous étonnons pas si la chanson correspond à mille et un tempéraments. Celui-ci écoutera des chansons dans sa voiture; celle-là pleurera en écoutant telle ou telle chanson stupide sous prétexte qu'elle lui rappelle un premier fiancé. 7

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De nombreux écrivains, docteurs ès lettres, académiciens, sportifs ou décalcifiés, polémistes de taille et opportunistes réputés, se sont penchés sur la chanson. La malade se porte bien et elle ne pourra mourir que dans la richesse: d'indigestion. L'argent la nourrit excessivement. Si Jean-J acques Rousseau nous apprend que la chanson est «une espèce de petit poème lyrique, fort court, qui roule ordinairement sur des sujets agréables, auxquels on ajoute un air pour être chanté dans des occasions familières», M. Emile Henriot, critique talentueux du Monde et académicien, a écrit jadis dans le Temps: « La chanson, littérature pour illettrés. » Ce qui lui attira une réponse assez sévère de M. Jean Barreyre, critique, à l'époque, de l'Intransigeant, et aujourd'hui toujours fidèle à l'Association de la Presse du MusicHall et du Cirque: «Pourquoi s'émouvoir si les lettrés ne sont pas sensibles à certaines chansons? S'ils ,ne ressentent pas de mystérieuses impressions, et aussi fortes que s'ils entendaient quelque beau poème, en écoutant certaines chansons d'autrefois, laissons-les à leur sécheresse. » Et Jean Barreyre poursuivait: «Mais d'ailleurs, n'estce pas une erreur de juger une chanson en littérateur? Une chanson, elle est faite pour être chantée. On lui enlève son action dramatique, ses charmes, en la critiquant après une simple lecture. » Evidemment, Larousse, Littré et bien d'autres dictionnaires ont parlé de la chanson... Pour vous démontrer que la chanson est multiple, j'ai demandé à quelques écrivains d'origine et de goûts très divers leurs définitions. Leurs réponses justifient notre horreur des définitions. La chanson ne peut être encadrée dans un mot magique...

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