Spectacle vivant jeune public

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Le spectacle vivant pour jeune public est parvenu à une certaine forme de maturité. Malgré les difficultés (manque de reconnaissance, de moyens) l'émergence de réseaux nationaux et internationaux et l'arrivée de nouveaux pays offrent de nouvelles perspectives de coopération et d'échanges. L'analyse méthodologique des conditions propices à la coopération et les freins sont exposés à travers quatre projets.
Publié le : dimanche 1 février 2009
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EAN13 : 9782296220706
Nombre de pages : 186
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SPECTACLE VIVANT JEUNE PUBLIC RÉSEAUX ET COOPÉRATION INTERNATIONALE

Administration et Aménagement du territoire Collection dirigée par Jean-Claude Némery
Administrer, aménager le territoire constitue une des missions fondamentales des Etats modernes. Gérer les espaces de quotidienneté et de proximité dans le cadre de la décentralisation et de la démocratie locale, assurer le contrôle administratif et financier de l'action publique, anticiper l'avenir pour assurer un meilleur développement grâce à la prospective sont les objectifs essentiels des pouvoirs publics. Cette collection Administration et Aménagement du territoire doit répondre aux besoins de réflexions scientifiques et de débats sur cet ensemble de sujets.

Déjà parus
Valérie-Anne JANSSENS-PEYREGA, L'influence du droit communautaire sur la pratique des aides locales aux entreprises, 2008. Sylvie DIART-BOUCHER, La réglementation vitivinicole champenoise: Une superposition de règles communautaires, nationales et locales, 2007.

P. BOOTH, M. BREUILLARD, C. FRASER, D. PARIS (Sous la dir.), Aménagement et urbanisme en France et en Grande-Bretagne, 2007. Laurent DERBOULLES, Fonction publique d'État et fonction publique territoriale: comparabilité et recrutements, 2004. Fabrice THURIOT, L'offre artistique et patrimoniale en région, 2004. Oladé Okunlola Moïse LALEYE, La décentralisation et le développement des territoires au Bénin, 2003. César NOIZET, La coopération décentralisée et le développement local. Les instruments juridiques de coopération, 2003. Attila BADO, La justice hongroise dans le cadre de l'intégration européenne,2002. Modeste CHOUAÏBOU MFENJOU, L'Afrique à l'épreuve du développement durable, 2002. Christian LEMAIGNAN, Perspectives territoriales pour 2020,2002. Silvina RODRIGUES-GARCIA, Complexité territoriale et aménagement de l'intercommunalité française au sein de l'Union européenne,2002. Franck ZENTNER, Déchets ménagers: contribution à l'étude d'un problème de société, 200 I. Seydou TRAORÉ, Les schémas de cohérence territoriale de la loi SRU du 13 décembre 2000, 200 I.

Anne-Paule BÉÏS Cyrille PLANSON

SPECT ACLE VIVANT JEUNE PUBLIC RÉSEAUX ET COOPÉRATION INTERNATIONALE

LI Htemattan

L'Harmattan, 2009 j 75005 5-7, rue de l'Ecole polytechnique

@

Paris

http://www.librairieharrnatta)1.com diffusion.harrnattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-07884-0 EAN:9782296078840

REMERCIEMENTS

Les auteurs remercient Marie-Christine Bordeaux, maître de conférences en Sciences de l'information et de la communication de l'université de Grenoble 3 et directrice de cette recherche, Joël Simon, directeur du Festival Méli'môme et tuteur de recherche, et Jean-Pascal Quilès, directeur-adjoint de l'Observatoire des politiques culturelles et directeur de la formation «Direction de projets culturels» de l'Institut d'études politiques de Grenoble, pour leur disponibilité et les précieux conseils qu'ils ont su leur distiller tout au long de ce travail d'enquête et d'analyse. Nous remercions aussi tout particulièrement Pascale Ancel, maître de conférences en sociologie de l'université Pierre MendèsFrance, Grenoble, qui nous a soutenus et conseillés dans l'approche méthodologique du sujet, la préparation des entretiens et leur analyse. Le professeur Jean-Claude Némery, professeur à l'université de Reims, directeur du Centre de recherche sur la décentralisation territoriale (CRDT EA 3312, GIS GRALE CNRS), et Fabrice Thuriot, ingénieur d'études du CRDT, nous ont accompagnés dans ce projet et ont permis que cette recherche soit éditée. Qu'ils soient ici remerciés pour leur confiance et leur soutien. Nos remerciements vont également aux porteurs de projets qui ont bien voulu nous accorder un temps précieux pour approfondir les conditions de réalisation des projets de coopération étudiés. Pascal Banning, Anne-Françoise Cabanis, Agnès Desfosses, Vanessa Gaunel et Joël Simon se sont en effet avérés des partenaires précieux dans ce travail. Nous remercions également Fabienne Trotte (Relais culture Europe) pour les éclaircissements apportés sur la question des réseaux culturels européens. Enfin, nous souhaitons remercier tout particulièrement ces nombreux acteurs du développement du spectacle vivant pour le jeune public, tous aussi passionnés et disponibles, qui ont bien voulu répondre à nos questions et nous apporter leur témoignage. Anne-Paule Béïs est consultante en développement local, spécialisée dans la coopération culturelle européenne. Cyrille Planson est rédacteur en chef du magazine La Scène et directeur adjoint de Millénaire presse, jeune public, coopération culturelle, réseaux culturels, Europe.

INTRODUCTION

La dynamique internationale à l' œuvre dans le secteur du spectacle vivant jeune public en France devrait reposer sur un système d'échanges sociaux interculturels organisés autour de propositions artistiques de qualité à destination des enfants entre 0 et 12 ans. En tous cas, telle devrait être l'analyse si, au regard des caractéristiques du spectacle vivant jeune public, il était possible de s'intéresser à la place de cet univers artistique sur la scène culturelle internationale. Or, le contexte culturel, social, économique, politique, tant national qu'international, dans lequel il se développe ne permet pas de conclure à cet état de fait. La coopération culturelle internationale publiques françaises dans les politiques

L'histoire de la politique de coopération culturelle de la France est une histoire de la diplomatie culturelle dans laquelle le rapport au monde est appréhendé de manière duale (moi/les autres). Véritable politique du centre fondée sur la défense et la promotion d'un dialogue interculturel autour de la culture et de la pensée française, la coopération culturelle est un instrument diplomatique au service de la protection et de la promotion de l'identité nationale. Dans ce contexte, l'enjeu pour l'Etat français n'est pas tant de donner à voir la diversité culturelle française que de mettre en valeur son excellence artistique et culturelle. Or, l'histoire des politiques publiques de la culture en France démontre la difficulté sans cesse éprouvée par la société française pour déterminer la nature et les caractéristiques exactes de cette excellence. Quoi qu'il en soit, nous sommes bien dans une logique de promotion de produits culturels qui justifie pleinement une démarche protectionniste associée à la recherche de nouveaux marchés. Cependant, une telle politique exclut de fait une large partie des acteurs culturels français du champ de la coopération culturelle internationale. Le secteur du spectacle vivant jeune public est un des premiers à souffrir de cette exclusion. Situé à la frontière de plusieurs univers artistiques et culturels, et bien que légitime auprès des institutions socio-éducatives et socioculturelles, il reste encore largement mésestimé du monde de la culture français. Les spécificités du secteur du spectacle vivant jeune public Souvent peu ou mal considéré, il s'est pourtant construit autour d'une réelle exigence artistique, peut-être plus ancrée en son sein

que dans d'autres secteurs du spectacle vivant, et du militantisme de ses acteurs, issus pour une bonne partie d'entre eux des rangs de l'éducation populaire. Le propos artistique s'est qualifié au fil des ans. Un répertoire s'est constitué, enrichi de textes d'auteurs qui ont su donner tout son sens à la spécificité de leur écriture. Pour autant, cette émergence qualitative n'a pas été accompagnée dans le même temps d'une reconnaissance que l'on aurait pu supposer unanime des médias et des institutions de tutelle. Considéré comme l'accessoire des politiques sectorielles ou de langages et non comme un axe spécifique des politiques culturelles, le secteur du spectacle vivant jeune public ne,s'est pas toujours vu octroyer les moyens de son développement. Economie de moyens financiers, de moyens humains, tout un secteur s'est inscrit dans un long cheminement d'économie contrainte. Pourtant, et ce malgré la faiblesse des moyens, le spectacle vivant jeune public a su être le creuset de croisements artistiques, entre les disciplines et entre les artistes, qui par la suite seront moteurs du renouvellement du spectacle vivant dans les années 1990 (nouveau cirque, liens entre la danse et le théâtre, intégration des nouvelles technologies dans le spectacle...). Le spectacle jeune public et ses créateurs avaient eu cette audace visionnaire. De cette économie de moyens est né aussi un besoin d'échange et de partage, une nécessité parfois de s'associer, de se rassembler pour construire ensemble. Aujourd'hui, le spectacle vivant jeune public bénéficie d'une expérience certaine dans la mise en place d'actions collectives et partagées par une multitude d'acteurs issus de divers horizons et fédérés autour de la volonté d'accompagner l'enfant dans sa découverte du monde et de l'art. La coopération culturelle n'est donc pas un vain mot dans ce secteur. Mais comment passe-t-on d'une pratique de la coopération culturelle à une pratique de la coopération interculturelle à l'échelle internationale lorsque l'on est éloigné des réseaux fondés par les institutions? A ce titre, l'Union européenne, dans sa volonté de rapprocher les cultures européennes entendues au sens anthropologique du terme, peut être un nouvel espace de coopération accessible pour les acteurs culturels du secteur du spectacle vivant jeune public.
La coopération culturelle au sein de l'Union européenne

Si les Etats membres partagent, dans leur grande majorité, la politique du centre menée par la France en matière de coopération 12

culturelle, l'Europe offre cependant aux acteurs culturels européens la possibilité de participer au dialogue interculturel. En effet, l'incapacité actuelle de l'Union européenne à organiser un débat autour de la politique culturelle européenne entre les partisans de la défense des identités nationales et les partisans de l'identité européenne, laisse le champ libre aux initiatives culturelles contribuant aux deux politiques. A ce titre, la culture du réseau développée au sein de l'espace européen, comme un outil de la coopération culturelle, doit interroger les acteurs du spectacle vivant jeune public. La difficile structuration du secteur du spectacle vivant jeune public La question de la structuration du spectacle vivant jeune public est d'autant plus importante qu'elle vient questionner l'essence même des échanges développés au sein de ce secteur au niveau national. La difficulté pour les acteurs d'organiser ces coopérations, pourtant réelles, amène à s'interroger sur leur capacité à intégrer les systèmes d'échanges européens fondés sur les réseaux et la notion de projet européen. En réalité, cette incapacité à se structurer au sein de réseaux capables d'organiser les systèmes de coopération à l'œuvre semble constituer la principale limite au développement à l'international du spectacle vivant jeune public français. En effet, au regard des conditions d'émergence des coopérations culturelles en Europe, fondées sur une structuration en réseau facilitant une reconnaissance institutionnelle, il est nécessaire pour tout acteur culturel de pouvoir se structurer en réseau pour devenir visible. Les enjeux de la structuration en réseau sont donc de taille pour l'avenir à l'international du secteur du spectacle vivant jeune public. En définitive, et à la lecture de ces différents éléments, il apparaît que l'ouverture du spectacle vivant jeune public aux échanges internationaux constitue un prolongement naturel des actions menées pour le jeune public. En effet, par la mise en valeur de nouvelles formes artistiques et culturelles, la coopération internationale offre des propositions artistiques d'un nouveau genre, bienvenues dans un secteur qui fait partie des secteurs les plus créatifs du spectacle vivant contemporain. Les acteurs, préoccupés par la qualité de l'accompagnement artistique proposé à l'enfant, trouvent ainsi l'occasion de renouveler leur pensée quant au rapport à l'autre, au monde. Par ailleurs, la construction de l'Union européenne représente 13

une opportunité de structuration de ces relations de coopération autour d'un dialogue interculturel fondé sur la culture et la citoyenneté européenne. Les acteurs du secteur du spectacle vivant jeune public peuvent ainsi trouver auprès des instances européennes des structures d'appui dans l'élaboration de futures coopérations culturelles internationales. Cependant, à la lumière des entretiens exploratoires, force est de constater que la coopération culturelle internationale dans le secteur du spectacle vivant jeune public n'est pas une réalité. Dès lors, comment expliquer cette contradiction entre d'une part, un secteur qui se caractérise par une exigence artistique et culturelle qui se nourrit de l'autre, et d'autre part, un secteur qui ne parvient pas à s'ouvrir à de nouvelles cultures dans le cadre de coopérations interculturelles internationales?
La méthodologie

Le présent travail de recherche se propose d'analyser les composantes de cette contradiction. En amont, nous avons réalisé quatre entretiens exploratoires auprès d'acteurs culturels européens du spectacle vivant jeune public afin d'interroger les enjeux actuels de la création et de la diffusion jeune public à l'échelle internationale. A ces entretiens, s'ajoutent diverses lectures exploratoires. Sur la base de ces informations, les auteurs ont choisi d'analyser l'émergence de réseaux internationaux dans le secteur du spectacle vivant jeune public. S'ensuit un travail d'observation et d'enquête auprès de quatre structures porteuses, chacune, d'un projet de coopération européenne autour de l'éveil artistique du jeune public. Au regard de notre disponibilité et de nos contraintes professionnelles, nous identifions quatre projets sur la base des critères de sélection suivants: - structures agissant dans le secteur du spectacle vivant jeune public; - structures développant un projet de coopération européenne et/ou internationale; - structures implantées en France; - origine géographique des partenaires; - antériorité de l'action; - type de structure porteuse; - objet de la coopération. 14

Les projets retenus sont: - Diffusion de spectacles européens pour la petite enfance et développement de réflexions professionnelles, projet porté par l'Association pour la création théâtrale et audiovisuelle Acta95 ; Amalys ; projet porté par le Centre dramatique régional de Vire;

- De

l'art pour

les bébés

(Glitterbird), transnationale

projet porté par l'association de petites formes théâtrales,

- Création

et diffusion

pour lejeune public, projet porté par l'association Nova Villa. Ces structures sont identifiées sur la base des connaissances personnelles de chacun et des recherches effectuées auprès de centres de ressources tels que le Relais Culture Europe, l'annuaire Le Piccolo, ou encore l'Union nationale d'animation des Groupes d'action locale (GAL). Au regard des hypothèses de travail formulées en amont nous identifions deux axes de réflexion principaux, à savoir: - la spécificité du secteur du spectacle vivant jeune public dans les processus de structuration en réseaux; - la spécificité de la structuration de la coopération culturelle en Europe. Dès lors, il s'agit de replacer dans un contexte de réflexion plus large les problématiques identifiées au niveau des projets interrogés. Cette nouvelle problématisation de notre sujet nous permet de confirmer certaines hypothèses mais surtout de faire émerger certains concepts sociologiques autour de la notion de réseau et d'analyser nos cas d'étude à la lumière de concepts plus larges. Il est important de souligner que ce travail de recherche n'aborde pas la question du jeune public à travers le prisme de l'éducation artistique et culturelle, entendue au sens pédagogique du terme. Notre souci est davantage de montrer les spécificités de ce public et d'identifier les diverses formes d'accompagnement qui en découlent afin de prendre toute la mesure de la richesse et de la particularité du secteur du spectacle vivant jeune public. L'ensemble de ces recherches est présenté ci-après selon un plan en deux parties. La première partie est consacrée au contexte de mise en œuvre de la coopération culturelle internationale, ce qui permet non seulement de définir les conditions d'émergence des réseaux culturels européens, mais également de revenir sur les singularités du secteur du spectacle vivant jeune public dans cette configuration. Singularités qui font de ce secteur un acteur 15

- Formation

des artistes et diffusion

internationale

de spectacles

incontournable du renouveau de la politique culturelle européenne. La seconde partie est consacrée aux conditions de développement des réseaux culturels européens dans le secteur du spectacle vivant jeune public et nous permet de nous éclairer sur les difficultés de ce secteur et les opportunités qui se présentent à lui pour construire des coopérations culturelles internationales durables.

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PARTIE I: UN NOUVEAU SOUFFLE POUR L'EUROPE CULTURELLE

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