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Notions esthétiques

De
416 pages
L'esthétique, en tant que discipline philosophique traitant de l'art née au sein de la culture occidentale, n'a été introduite que tardivement dans les autres cultures, notamment asiatiques, où existaient pourtant de longue date des notions, formulées dans leurs langues pour rendre compte de l'expérience esthétique et évaluer les oeuvres artistiques. Alors, ne peut-on trouver, des résonances entre langages artistiques entre l'Asie et l'Occident ? Tel est le pari qui sous-tend le recueil de textes rassemblés ici.
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Sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, Muriel Detrie, Akinobu Kuroda et Laurent Mattiussi
NotioNs esthétiques RÉSOnancES EnTrE lES arTS ET lES cUlTUrES
NOTIONS ESTHÉTIQUES Résonances entre les arts et les cultures
L’univers esthétique Collection dirigée par Véronique Alexandre Journeau Indépendamment des critères esthétiques propres à une époque et à une culture, il semble bien qu’une esthétique générale puisse être approchée par l’étude des réactions psychiques au contact des œuvres. Distinctement des jugements théoriques et du goût, la perception sensible, pour subjective qu’elle soit, conditionnerait une appréciation sur la qualité d’une œuvre qui dépasse le temps et l’espace de sa création : elle révèle des effets plus ou moins consciemment insufflés par le créateur et ressentis par le récepteur, de l’ordre d’une intuition artistique, tantôt agissante tantôt éprouvante. La collection vise à développer ces recherches sur «la pensée créative » et « l’émotion esthétique » simultanément en comparatisme entre cultures (en particulier occidentales et asiatiques), et en correspondance entre les arts (perception par les sens) et avec les lettres (en particulier poésie). Déjà paru Musique et effet de vie, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, Préface de Danièle Pistone, 2009. Arts, langue et cohérence, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, 2010. Polytonalités, sous la direction de Philippe Malhaire, Préface de Danièle Pistone, Postface de Véronique Alexandre Journeau, 2011.Musique et arts plastiques: la traduction d’un art par l’autre. Principes théoriques et démarches créatrices, sous la direction de Michèle Barbe, Préface de Michel Guiomar, Postface de Véronique Alexandre Journeau, 2011.Le Surgissement créateur: jeu, hasard inconscient, sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, Préface de Menene Gras Balaguer, Postface de Danièle Pistone, 2011. Entrelacs des arts et effet de vie, sous la direction de François Guiyoba, 2012.Les Nibelungen deFritz Lang, musique de Gottfried Huppertz, sous la direction de Violaine Anger et Antoine Roullé, préface de Jean-Loup Bourget, 2012. e Polytonalités, des origines au début du XXIsiècle, exégèse d’une démarche compositionnelle, sous la direction de Philippe Malhaire, 2013.Opéra à l’écran : opéra pour tous ? Nouvelles offres et nouvelles pratiques culturelles, sous la direction de Jean-Pierre Saez et Gilles Demonet, 2013.
Sous la direction de Véronique Alexandre Journeau, Muriel Detrie, Akinobu Kuroda et Laurent Mattiussi NOTIONS ESTHÉTIQUES Résonances entre les arts et les cultures
Les co-directeurs de l’ouvrage remercient les relecteurs du comité de lecture pour la qualité de leur contribution et les relecteurs qui ont relu les écritures en chinois, coréen et japonais ainsi que les résumés en anglais. Avec le concours du Réseau Asie-Imasie (CNRS/FMSH), du groupe MARGE de l’université Jean Moulin, Lyon 3 et du CERC de l’université Sorbonne nouvelle, Paris 3. Création de la couverture Véronique Alexandre Journeau Réalisation infographique Frédéric Vialle
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02179-9 EAN : 9782343021799
SOMMAIRE AVANT-PROPOSpar Muriel Detrie9 SHÉN,DES ESPRITS AU DIVIN Apparitions anciennes deshén 19par Danielle Elisseeff Shénde la poésie à la calligraphie et la peinture 33par Véronique Alexandre Journeau  Deshénà䤆⿅shensidans 51le㔯⽫晽漵Wenxin diaolongde∱⊘Liu Xiepar Jin Siyan  Une appréciation de la notion deshén.De l’acte créateur 61 jamais achevé dans les œuvres picturales et poétiques sino-coréennes par Philippe Thiébault 䛤䤆Yӽnshéndans l’opéra chinois 69par Éléonore Martin  Contrepoint à la notion deshén ? 79 Le὿du théâtre moderne chinois par Lo Shih-Lung DU DIVIN AU SUBLIME Le Divin dans la philosophie stoïcienne de l’art 97par Mary-Anne Zagdoun  La Réversibilité du sublime et du dérisoire 107 dans la tradition occidentalepar Laurent Mattiussi
 La Catégorie esthétique du sublime à travers les arts 119 e auXVIIIsièclepar Victoria Llort Llopart  Le Sublime et l’ordinaire. Inventaire du « lieu commun » 135 selonShort cutsde Robert Altmanpar Neli Dobreva /YÓU,LERRANCE,LIMPROVISATION/Yóu.Divagations sur l’errance, des vagues à l’âme 147par Rémi Mathieu  L’Itinérance dans les poèmes de嫅曰忳Xie Lingyun 157 Quelques variations du caractère «yóu »par Gérard Dupuy L’Esthétique d’improvisation chez Zeami175Le degré de maturité(㜑ࡓࡿ఩taketaru kuraiou㜑఩ran.i)par Aya Sekoguchi  La Notion d’itinérance à travers une performance dansée 187par Biliana Fouilhoux  Corée : le thème du vide et de l’errance 201 par Pierre Cambon XU/KONG,LE VIDE,LE NÉANT Le Ciel vide et la terre saturée 223Le néant médiateur, silencieux, ouvert et passiblepar Akinobu Kuroda  L’Esthétique du vide(,) 235 par Kim Hyeon-Suk  Vide et vacuité en esthétique chinoise 251 (Calligraphie-peinture, musique et poésie)par Véronique Alexandre Journeau
 Le Vide,xuouxu kong,dans la peinture chinoise 269 par Li Xiaohong  De l’invisible au vide. À propos de la pièceVided’Yves Klein 283 par Li Shiyan  Le Corbusier et le vide 297 par Christine Vial-Kayser  La Métaphore du vide dans l’œuvre d’Anish Kapoor 315 par Christine Vial-Kayser  L’Expression complexe du vide嘃䃉xuwu 333 dans un courant de l’art contemporain chinois par Li Shiyan CODAen guise dePOSTFACE Convergence et divergence entre l’antiquarianisme 347 de l’Europe et celui de la Chine par Alain Schnapp ANNEXEPrésentationdes auteurs et résumés355 Index des noms propres369 Table des illustrations387 Références bibliographiques393
AVANT-PROPOS Muriel DÉTRIE
L’esthétique, en tant que discipline philosophiquetraitant de l’art, est née au sein de la culture occidentale et n’a été introduite que tardivement e dans les autres cultures, notamment asiatiques.C’est àla fin duXIXsiècle que le Japon, en découvrant les traités d’esthétique occidentaux,a forgé, en combinant deux caractères chinois, le mot伶 ⬎bigaku(litt. «étude du beau »)pour traduire le concept, mot transposé ensuite en chinois (伶⬎ měixué) au début du siècle suivant.S’est alors posée la question de la traduction des notions esthétiques occidentales dans les langues asiatiques, et donc de leur éventuelle correspondance avec les notions employées dans les écrits asiatiquessur l’art. Carsi l’esthétique ne s’est pas développée anciennement en tant que science dans les pays d’Asie, il existait néanmoins de longue date dans les langues de ces pays des notions pour rendre compte de l’expérience esthétique etévaluer les œuvres artistiques,voire des théories esthétiques plus ou moins développées à propos de telle ou telle forme d’art. La question de la traduction des termes esthétiques chinois ou japonais dans les langues européennes s’est pareillement posée à l’Occident lorsqu’il a commencé à s’intéresser aux discours asiatiques sur l’art.Mais peut-on établir des équivalences entre les notions esthétiques occidentales et celles usitées traditionnellement en Asie ? Les catégories et critères de valeur définis ici et là pour juger des productions artistiques sont-ils comparables ? Est-il possible, sur la base de leur comparaison, de fonder une esthétique générale et, si oui, quel pourrait être son langage ?
Lorsque l’on est confronté à une autre culture, la première attitude consisteà interpréter l’autre en fonction de ses propres catégories età traduire le langage de l’autre danssa propre langue, considérée comme universelle,sur la base d’analogies de surface. Puis, au fur et mesure que se développe la connaissance de l’autre, on s’aperçoit que ces équivalences sont trompeuses et l’on est alors tenté d’introduire les notions de l’autre telles quelles, en les transcrivant phonétiquement; mais avec, alors, le risque de les rendre hermétiques et, en faisant de leur spécificité quelque chose