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Nuit blanche, le magazine du livre. No. 134, Printemps 2014

De
55 pages
Dans ce numéro de printemps, Catherine Voyer-Léger dresse le portrait posthume du poète et essayiste polémiste Robert Yergeau, figure multiple des littératures franco-canadienne et québécoise. La mémoire et l’héritage sont des thèmes récurrents dans la littérature, spécialement dans Mon père, ce truand de Deni Y. Béchard et Mémoire du feu d’Eduardo Galeano, deux parutions analysées par Patrick Bergeron et Michel Nareau respectivement. Le collaborateur Jean-Paul Beaumier découvre avec délectation le Journal d’un écrivain en pyjama de Dany Laferrière et Judy Quinn pénètre dans la Géométrie des ombres de Jean-Pierre Issenhuth.
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de les-editions-du-vermillon

0 N 134 PRINTEMPS 2014
8,95 $
DanyLaferrière Écrire avec la gravité d’un enfant qui joue RobertYergeau CARNETS D’ÉCRIVAINS Montaigne PeterSloterdijk NmUIaTg a zBiLn eAlNi t tCé rHaEi r e Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean, bureau 403, Québec (Québec) G1R 1R7 P40038870E09023
CE PRINTEMPS, C’EST LE RETOUR DE www.nuitblanche.com +d’articles +d’archives contenus exclusifs compatibilitétéléphones ettablettes en page 7 Bulletin d’abonnement Accès gratuit à la version numérique inclus avec l’abonnement au magazine imprimé
Pour connaître la date de mise en ligne :
Nuit blanche magazine
@nuitblanchemag
Création du site Web :
Picture Alliance ©
André Major, anecdotier, écrivain de moments et moraliste à rebours par Jean-Paul Beaumier En complément À quoi ça rime ?, Boréal, 2013
DEUX PHILOSOPHES
N U M É R O
50
« Écrivains méconnus e du XX siècle » Roland Cailleux (1908-1980) par Bruno Curatolo
56
Roland Cailleux
54
Deni Y. Béchard
18
34
36
A R T I C L E S
1 3 4 P R I N T E M P S
37
R U B R I Q U E S
39
20
Fiction
23
Nouveautés étrangères
Nouveautés québécoises
C O M M E N T A I R E S D E L E C T U R E
CARNETS D’ÉCRIVAINS
Sommaire des livres commentés
59
6
5
4
Présentation
16
14
2 0 1 4
Illustration de la couverture : Lew Yung-Chien. Actualités : Judy Quinn, Yvon Poulin. Révision : Judy Quinn, Suzanne Leclerc, Cyril Schreiber. Infographie : Perfection Design. Abonnements, publicité : Marie-Pia Alexis. Campagne d’abonnement : Lucie Leclerc. Conseiller en informatique : Nicolas Bégin (Somitel). Impression : Lithochic. Distribution au Canada, en kiosque et en librairie : Messageries Dynamiques. Nuit blanche, magazine littéraire: 1026, rue Saint-Jean, bureau 403, Québec (Québec) G1R 1R7 ; téléphone : 418 692-1354 ; télécopieur : 418 692-1355. Courrier électronique : nuitblanche @nuitblanche.com
Les opinions émises dans les articles et les commentaires n’engagent pas la rédaction.
Nuit blancheremercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada de l’aide accordée à notre programme de publication et le Service de la culture de la Ville de Québec ; il est répertorié dans l’Index des périodiques canadiens et dans Repère.
Dany Laferrière Écrire avec la gravité d’un enfant qui joue par Jean-Paul Beaumier
Mémoire du feu d’Eduardo Galeano par Michel Nareau
Directrice de la publication : Suzanne Leclerc. Rédacteur en chef : Alain Lessard. Direction artistique : Anne-Marie Guérineau. Comité de rédaction : Jean-Paul Beaumier, Hélène Gaudreau, Anne-Marie Guérineau, Louis Jolicœur, Alain Lessard, François Ouellet. Responsable de la rubrique « Écrivains méconnus e du XX siècle » : François Ouellet. Ont collaboré à ce numéro : Jean-Paul Beaumier, Gaétan Bélanger, Patrick Bergeron, Michèle Bernard, Pierrette Boivin, Yvan Cliche, Bruno Curatolo, Daniel D. Jacques, Yves Laberge, Laurent Laplante, David Laporte, David Lonergan, Michel Nareau, François Ouellet, Julie Pelletier, Yvon Poulin, Judy Quinn, Pierre Rajotte, Simon Roy.
Nuit blancheest membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP). www.sodep.qc.ca info@sodep.qc.ca
Peter Sloterdijk
Tu dois changer ta vie de Peter Sloterdijk par Daniel D. Jacques
Jean-Pierre Issenhuth, l’homme dehors par Judy Quinn
Mon père, ce truand Remèdes pour la faim de Deni Y. Béchard par Patrick Bergeron
A C T U A L I T É S
Essai
« Écrivains franco-canadiens » Robert Yergeau Le trop vaste des mots par Catherine Voyer-Léger
Comment vivre ? Une vie de Montaigne de Sarah Bakewell par Laurent Laplante
«Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.»
0 N 1 3 4 . N U I T B L A N C H E . 3
Périodicité : 4 numéros par année. Numéro 134 : printemps 2014. Date de publication : avril 2014. Envoi de Poste publications : o o Enregistrement n 09023 ; Convention n 40038870. ISSN : 0823-2490. ISBN : 978-2-9814175-5-8 (PDF). Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2014.
S o m m a i r e
Fiction
d e s
l i v r e s
AUDET, Martine :Des voix stridentes ou rompues, Le Noroît, 2013, par J. Quinn, p. 24. AXL SUND, Erik :Persona, Actes Sud, 2013, par M. Bernard, p. 24. BÉCHARD, Deni Y. : Remèdes pour la faim, Alto, 2013, par P. Bergeron, p.14. COMEAU, Fredric Gary : La joie vertigineuse des anges déchus, Écrits des Forges, 2013, par D. Lonergan, p. 30. COMEAU, Fredric Gary :Vertiges, XYZ, 2013, par D. Lonergan, p. 31. FARAH, Alain :Pourquoi Bologne, Le Quartanier, 2013, par M. Nareau, p. 27. HAGE, Rawi :Carnaval, Alto, 2013, par S. Roy, p. 28. LAURIER, Andrée :Mer intérieure, Lévesque, 2013, par J. Pelletier, p. 32. LEMIEUX, Jean :Prague sans toi, Québec Amérique, 2013, par L. Laplante, p. 33. LÉVEILLÉ, J. R. :Le soleil du lac qui se couche, La Peuplade, 2013, par D. Lonergan, p. 26. LEWYCKA, Marina :Traders, hippies et hamsters, Alto, 2013, par M. Bernard, p. 26. MAGINI, Roger :Ilitch, mort ou vif, Grasset, 2013, par S. Roy, p. 31. MAJOR, André :À quoi ça rime ?, Boréal, 2013, par J.-P. Beaumier, p. 37. MESSIER, William S. :Dixie, Marchand de feuilles, 2013, par M. Nareau, p. 29. MICHAUD, Martin : Sous la surface, Goélette, 2013, par S. Roy, p. 23. OHLSSON, Kristina :Les anges gardiens, Michel Lafon, 2013, par M. Bernard, p. 25. PELLETIER, Stéphanie :Quand les guêpes se taisent, Leméac, 2012, par J.-P. Beaumier, p. 23.
c o m m e n t é s
PETROUCHEVSKAÏA, Ludmila : Les nouveaux Robinsons, Christian Bourgois, 2013, par J. Quinn, p. 32. SAUMONT, Annie :Un si beau parterre de pétunias, Julliard, 2013, par J.-P. Beaumier, p. 27. VANASSE, André :La flûte de Rafi, XYZ, 2013, par L. Laplante, p. 28.
Essai
AIRD, Robert etJOUBERT, Lucie (sous la dir. de) :Les Cyniques, Triptyque, 2013, par Y. Laberge, p. 45. ANDERSEN, Marguerite : La mauvaise mère, Prise de parole, 2013, par D. Lonergan, p. 39. AOUN, Sami :Le printemps arabe, Médiaspaul, 2013, par Y. Cliche, p. 46. ARCHAMBAULT, Gilles : Sortir de chez soi, Le Noroît, 2013, par G. Bélanger, p. 39.
BAKEWELL, Sarah : Comment vivre ?, Albin Michel, 2013, par L. Laplante, p. 54. BEAULIEU, Victor-Lévy : Désobéissez !, Trois-Pistoles, 2013, par F. Ouellet, p. 40. BLANCHET, Bruno : L’ultime frousse autour du monde, La Presse, 2013, par P. Rajotte, p. 45. DELVAUX, Martine :Les filles en série,Remue-ménage, 2013, par M. Bernard, p. 49. DES ROSIERS, Joël :Métaspora, Triptyque, 2013, par D. Laporte, p. 46. FŒSSEL, Michaël :Après la fin du monde, Seuil, 2012, par P. Bergeron, p. 42. FOTTORINO, Éric :Le marcheur de Fès, Calmann-Lévy, 2013, par Y. Cliche, p. 41. GAGNÉ, Jean-Simon :Heureux comme un crocodile aux îles Caïmans, Trois-Pistoles, 2013, par D. Laporte, p. 48.
0 N 1 3 4 . N U I T B L A N C H E . 4
GALEANO, Eduardo :Mémoire du feu,Lux, 2013, par M. Nareau, p. 18. ISSENHUTH, Jean-Pierre : La géométrie des ombres, Boréal, 2012, par J. Quinn, p. 34. LAFERRIÈRE, Dany : Journal d’un écrivain en pyjama, Mémoire d’encrier, 2013, par J.-P. Beaumier, p. 16. LAMY, Guillaume (sous la dir. de) : C’est encore faux !,Septentrion, 2013, par G. Bélanger, p. 47. LONERGAN, David : Acadie 72, Prise de parole, 2013, par D. Laporte, p. 42. MAJOR, André :Prendre le large, Boréal, 2012, par J.-P. Beaumier, p. 36. MCNALLY, David :Panne globale, Écosociété, 2013, par G. Bélanger, p. 48. REES, Laurence :Adolf Hitler, Albin Michel, 2013, par Y. Poulin, p. 44. ROBERT, Marc-André : Dans la caméra de l’abbé Proulx, Septentrion, 2013, par Y. Laberge, p. 43. SIMARD, Éric :Le mouvement naturel des choses, Septentrion, 2013, par P. Boivin et par S. Roy, p. 40 et 41. SLOTERDIJK, Peter :Tu dois changer ta vie,Libella/Maren Sell, 2011, par D. Jacques, p. 56. VAILLANCOURT, Claude : Différence et contrôle social, Triptyque, 2013, par G. Bélanger, p. 43.
Merci au Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du gouvernement du Québec pour son soutien à la promotion et à la diffusion de ce numéro.
P r é s e n t a t i o n
L’agneau dit :« Quand je serai grand, je serai bélier. C’est moi qui irai garder les chiens. J’aurai un troupeau de deux cents bêtes. Je leur flanquerai des coups de cornes dans le cul, rien que pour le plaisir. Pas question d’aboiements ! Je n’aurai qu’à bêler et ils fileront doux, il faudra voir. » e Roland Cailleux,Les esprits animauxsiècle », p. 50 à 53., « Écrivains méconnus du XX
« [LM]a vie d’un père est la première histoire d’un fils », écrit Deni Y. Béchard dansRemèdes pour la faim, récit on père, ce truand autobiographique de cet écrivain né à Vancouver en 1974 d’une mère américaine et d’un père gaspésien. Et comme le note Patrick Bergeron, « un père voleur de banques fournit de meilleures histoires qu’un père mécanicien ou comptable » !
De la très petite à la grande, ample histoire : celle des Amériques depuis les mythes amérindiens de la création telle que présentée par l’Uruguayen Eduardo Galeano dansMémoire du feu. « L’histoire devient vive, vécue, vibrante », écrit Michel Nareau ; « plus de 900 pages hallucinées qui prescrivent aux lecteurs une ferveur, une urgence, un goût de la découverte, un savoir nouveau ».
« Le trop vaste des mots » C’est Catherine Voyer-Léger qui signe la rubrique « Écrivains franco-canadiens » de ce numéro, consacrée à l’œuvre protéiforme de Robert Yergeau. Si l’on retient souvent de Yergeau ses essais polémiques, la directrice du Regroupement des éditeurs canadiens-français, blogueuse et nouvellement chroniqueuse auJournal de Montréal, s’attache ici davantage à son œuvre poétique.
Éducation ou dressage ? En 1999, le philosophe Peter Sloterdijk avait provoqué de vives réactions, voire le scandale, avec sesRègles pour le parc humain. En esquissant les principes d’une politique de la technique, il avait été « amené à nier toute pertinence à la distinction, si chère à tous les humanistes, entre l’éducation et l’élevage ». L’essayiste et professeur de philosophie Daniel D. Jacques a lu pourNuit blancheTu dois changer ta viede Sloterdijk. « Qu’est-ce que l’homme sinon l’animal dont on exige trop ? » Autre temps, autre philosophe : Laurent Laplante présenteComment vivre ? Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponsede Sarah Bakewell.
De carnets en journal Avec Jean-Paul Beaumier (André Major) et Judy Quinn (Jean-Pierre Issenhuth), incursion dans le monde des carnets d’écrivains, puis dans leJournal d’un écrivain en pyjamaqui donne à entendre le rire sonore d’un Dany Laferrière écrivant fant qui joue ».NB « avec la gravité d’un en Bonne lecture ! Suzanne Leclerc
En couverture, détail d’une illustration de Lew Yung-Chien, tirée de60 biscuits chinois / 60 Chinese cookies, livre primé par The Art Society of China (Taïwan) en 2012. Né à Shanghai, Lew Yung-Chien est diplômé en arts de l’Université normale nationale de Taïwan. Il a par la suite étudié le dessin et les arts graphiques à l’École supérieure des arts modernes de Paris avant de s’installer à Montréal où il a cofondé la société de design graphique Hablutzel & Yung. Il se consacre aujourd’hui au taï-chi, à la calligraphie, à la photographie et à la peinture. Lew Yung-Chien est aussi l’auteur deL’esprit du taï-chi, Sentir que les poissons sont contents(2009).
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n o u v e a u t é s q u é b é c o i s e s
Mavis Gallant La nouvelliste canadienne Mavis Gallant est décédée en février dernier à l’âge de 91 ans. Auteure de talent, elle fut pour toute une génération d’écrivains une grande source d’inspiration. Parmi ses œuvres traduites en français, on lira ou reliraVoyageurs Mavis Gallant en 1993 en souffrance,Le week-end en BourgogneetL’idée de Speck, récemment publiés aux Allusifs, ainsi queVers le rivage, qui parut en 2002 à L’instant même.
Nouvelle voix Les éditions de l’Écrou font connaître depuis 2009 des textes, le plus souvent poétiques, dérangeants, vifs, parfois engagés. La maison proposait récemment un recueil de Maude Veilleux,Les choses de l’amour à marde. Cette jeune auteure originaire de la Beauce publiait aussi ce printemps, cette fois dans la collection « Hamac » de Septentrion, le roman Le vertige des insectes.
Vie d’un mime Il avait déjà exploré le person-nage de Makarius Steiner dans ses romansSaltimbanqueset Kaléidoscope brisé, mais sub-sistaient de nombreux points d’ombre. Sergio Kokis raconte dansMakarius(Lévesque) le parcours fascinant de ce mime e né en Russie à la fin du XIX siècle, qui traversa la Première Guerre mondiale, les Années folles, la guerre civile espagnole…
Anti-hymne La banlieue : zone du confort robotisé, de l’embourgeoisement, de l’embourbement moral. Ainsi nous est-elle décrite dans le dernier recueil de poésie de Mathieu Croisetière, intitulé simplementBanlieues ©A.-M. Guérineau (Éditions d’art Le Sabord).
Poètes du Noroît Le Noroît accueille dans sa collection « Initiale », consacrée aux premiers textes, la poésie de Michel Julien (Une fin en soi) et de David Courtemanche (Jours blancs). On apprenait aussi que le dernier livre de Denise Desautels,Sans toi, je n’aurais pas regardé si haut, Tableaux d’un parc, était adapté au cinéma par Jean-Claude Labrecque et Jean-Pierre Masse.
1833 Elle s’était fait connaître avec Les accoucheuses, une trilogie fort populaire racontant le destin de sages-femmes e au début du XIX siècle au Québec. Anne-Marie Sicotte amorce une nouvelle série de romans historiques avec Le charivari de la liberté (Fides), premier tome des Tuques bleues. On replonge dans cette époque fascinante, alors que gronde la révolte de la population francophone.
Livres en grands caractères Deux ouvrages à lire ou à relire paraissent dans la collection « Focus » de Guy Saint-Jean éditeur.Envoyé spécialde Michel Jean etMon Afrique de Lucie Pagé racontent chacun à leur manière le choc d’un journaliste parachuté dans un pays en crise.
Épris de justice Selon Judy Rebick, militante féministe et avocate, le mou-vement Occupy représenterait en Amérique un soulèvement populaire aussi important que ceux qui ont bouleversé les années 1960. DansLe mouvement Occupy, Nous sommes les 99 %(Presses de l’Université Laval), Rebick analyse ce désir de justice en regard des dynamiques d’évolution qui ont transformé nos sociétés.
Prix des libraires En attendant la remise des Prix des libraires du Québec 2014, qui aura lieu le 12 mai, voici les ©A.-M. Guérineau cinq finalistes dans la catégorie roman québécois :La classe de madame Valériede François Blais,Pomme S d’Éric Plamondon,Le sort de Fernand Dumont Bonté IIId’Alain Poissant, En poche chez BQL’orangeraiede Larry e L’année 2014 marque le 25 Tremblay etLes sangsd’Audrée anniversaire de la Bibliothèque Wilhelmy. québécoise. Ce printemps, six nouveaux titres serontPlumes criminelles disponibles en format deCrimes à la librairie: voilà poche :Le lieu de l’hommele thème d’un recueil de de Fernand Dumont,Éloge denouvelles policières réunissant la fragilitéde Pierre Bertrand, seize auteurs de polars parmi Kaléidoscope ou Les aléasles plus talentueux. Chrystine d’un corps graveBrouillet, Jacques Côté, Martinde Michel Beaulieu,Vieilles choses…Michaud, Patrick Senécal, pour vieilles gensde Georges ne nommer que ceux-là, ont Bouchard,Quai 31répondu à l’appel des éditionsde Marisol Drouin etLa maison étrangèreDruide, à l’initiative de Richard d’Élise Turcotte. Migneault.
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Sondage de la SODEP* NUIT BLANCHE LA PLUS LUE DES REVUES LITTÉRAIRES AU QUÉBEC La récenteÉtude sur le lectorat des revues culturellesde la SODEP, réalisée par la firme Extract Recherche Marketing, nous apprend que Nuit blancheest la plus lue des revues littéraires québécoises ! e Et la 2 plus lue des revues culturelles du Québec, toutes disciplines confondues (arts visuels, culture et société, histoire, etc.). *La SODEP (Société de développement des périodiques culturels québécois) est une association dont sont membres quelque 45 revues et magazines culturels. www.sodep.qc.ca
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0 N 1 3 4 . N U I T B L A N C H E . 7
n o u v e a u t é s q u é b é c o i s e s
NOS COLLABORATEURS PUBLIENT
Pour le pays DansGrandeurs et misères de l’écrivain national,Victor-Lévy Beaulieu et Jacques Ferron, François Ouellet s’intéresse à la question nationale chez ces deux auteurs, qui se vouaient par ailleurs une admiration réciproque. Cet essai littéraire publié chez Nota bene fait suite àPasser au rang de père, paru ce printemps en format de poche. Nota bene réédite également Traverséesde François Ouellet et François Paré.
Père de la Nouvelle-France Notre collaborateur Jean-Pierre Tusseau et Cécile Gagnon viennent d’achever un ouvrage didactique portant sur le « père de la Nouvelle-France ».Samuel de Champlain, Fondateur de la Nouvelle-France(De l’Isatis) comprend en outre une biographie du célèbre explorateur, une description de ses contemporains, des textes relatant la vie de l’époque, cela agrémenté de maintes illustrations.
Un curé actif Gaétan Bélanger publie dans le numéro 8 de la revueHisto’Art de la Société d’art et d’histoire de Beauport un article intitulé « Des curés influents : l’abbé Ulric Turcotte à Courville ». Il y parle de l’importante contribution de l’abbé Turcotte à l’organisation des loisirs de sa paroisse, de 1930 à 1967.
L’enfance de l’art Enfant du quartier Saint-Sauveur, à Québec, Michel Pleau fait revivre sa mémoire dansLe ciel de la basse-ville, son dernier recueil paru aux éditions David. Ces souvenirs s’érigeront en rempart contre la mort qui guette. L’auteur deLa lenteur du monde(Prix du Gouverneur général 2008) a par ailleurs été nommé poète officiel du Parlement pour 2014-2015.
Face aux Iroquois Le deuxième tome du formidable livre jeunesse Les aventures de Radissonde Martin Fournier paraissait au début de l’année chez Septentrion.Sauver les Françaisfait suite à L’enfer ne brûle pas, Prix du Gouverneur général 2012. On y retrouve le célèbre coureur des bois, faisant face à la colère d’Iroquois peu enclins à se faire évangéliser.
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Deni
Deni Y. Béchard
la situation qu’a vécue Deni Y. Béchard. L’écrivain canado-américain retrace cette expérience dans son deuxième roman, qui a vu le jour après dix-sept ans d’écriture. Le précédent,Vandal Love(2006), n’en avait nécessité que huit.
« My daddy was a bankrobber », chantait Joe Strummer, le meneur du groupe anglais The Clash, en 1980. Ces mots décrivent aussi
Par Patrick Bergeron*
Des crimes et des livres
Remèdes
Remèdes pour la faimcorrespond à ce que l’on appelle en anglais « a memoir », c’est-à-dire le récit autobiographique d’une tranche de v ie. On y suit le destin du narrateur, Deni, de l’enfance jusqu’au début de la vie adulte, alors qu’il grandit dans l’admiration (et la crainte) de son père, André Béchard, ancien voleur de banques reconverti à la vente de poissons et de sapins de Noël. Même si le récit est narré au « je », le véritable protagoniste du livre, c’est André, le père bagar reur au passé nébuleux. L’illustration en couverture de l’édition française (une photogra-phie d’André Béchard devant une décapotable noire) paraît mieux choi-sie que celle de l’édition originale anglaise (chez Goose Lane au Canada, Milkweed aux États-Unis), montrant le dessin d’une assiette, d’une fourchette et d’un revolver. Une grande partie de la trame du récit concerne les efforts du jeune Deni pour pénétrer les arcanes du passé paternel. L’autre grand schème du récit concerne les
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pour
près les œuv res de Patr ick deWitt, Raw i Hage, Anne autrAe grand coup avecRemèdes pour la Michaels et Sarah Waters, les éditions Alto marquent un 1 faim, deuxième roman du bourlin-gueur Deni Y. Béchard. Le romancier né à Vancouver en 1974 d’une mère américaine et d’un père gaspésien avait déjà fait sensation avec son premier opus,Vandal Love ou Perdus en Amé-rique(Québec Amérique, 2008), ré-compensé par le Prix du Common-wealth du premier roman en 2007 et finaliste du Combat des livres 2009 de Radio-Canada.Vandal Lovedécrivait le destin des Her vé, une famille condamnée par la génétique à n’en-gendrer que des géants ou des nains. Béchard avait instillé à cette saga des accents d’épopée américaine, dans la tradition des Faulkner, Steinbeck, Kerouac et autres Doctorow de ce monde. Cette g r isante lancée d’américanité continue dansRemèdes pour la faim, avec, en pr ime, une remarquable déclinaison du motif de la naissance de l’écrivain.
de
Mon
père,
Y.
ce
truand
la
Béchard
faim
Mémoire
du
feu
d’Eduardo
Galeano
À dix-sept ans, j’ai lu les trois tomes deMémoire du feuavant de séjourner pour la première fois à l’étranger, au Nicaragua, Par où je serais logé chez une famille. Par son ampleur, Michel Nareau* son rythme, sa perspective, son originalité, l’essai m’a habité pendant des années, si bien que j’ai souvent placé cet ouvrage d’Eduardo Galeano dans la courte liste de mes cinq œuvres littéraires favorites.
1521, Tenochtitlán. Brusquement, cris et tambours cessent de retentir. La défaite vient de frapper les hommes et les dieux. Avec les dieux, c’est le temps qui a péri. Avec les hommes, c’est la ville. Elle est morte dans sa loi, cette ville guerrière, celle des saules blancs et des blancs roseaux. Les princes vaincus de toutes les provinces ne viendront plus dans leurs barques, à travers la brume, lui payer son tribut. […] On entasse l’or dans de grandes corbeilles. L’or des boucliers et des insignes de combat, l’or des masques des dieux, des labrets et des pendants d’oreilles, des croissants, des breloques. On pèse l’or et on évalue le prix de chaque prisonnier. Un pauvre vaut à peine deux poignées de maïs. Les soldats s’affrontent aux cartes et aux dés. Le feu lèche et brûle les plantes huilées des pieds de l’empereur Cuauhtémoc, tandis que le monde est muet et qu’il pleut. p. 84
émoire du feuavait déjà été publié en français de voluMme dans la magnifique collection 1985 à 1988 chez Plon, avant de paraître en un seul « Mémoire des Amériques » de Lux 1 éditeur . Cette réédition est pour moi à la fois le couronnement québécois de l’écrivain uruguayen – ses autres titres, aussi riches, ayant paru chez le même éditeur –, et l’occasion d’un retour aux sources de ma vision de mon propre continent. Je craignais d’être déçu par cette relecture, mais 990 pages plus loin, l’effet de découverte de soi dans les autres est toujours aussi puissant. Qu’est-ce qui fait la grandeur de cet essai ? C’est d’abord son ampleur. Ampleur du sujet, de la recherche, de l’amalgame proposé. Le livre est cons-truit autour de centaines de courtes vignettes narratives, n’excédant jamais trois pages, souvent moins d’une seule. Ces vignettes nous plongent dans l’his-toire du continent américain, depuis les mythes de la création amérindiens jusqu’à l’année 1984, date à laquelle se termine l’exil de l’auteur uruguayen, en passant par la Conquête, la coloni-sation, l’esclavagisme, les luttes pour l’indépendance, les guerres civiles, les dictatures, les révolutions, les décou-vertes scientifiques, les apports cultu-
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rels, les métissages de pratiques, les mémoires orales. Chaque entrée de cette magnifique épopée par fragments inscrit une date, un lieu dans les Amé-riques, avec une très forte préférence pour l’Amérique hispanophone, avant de camper un événement, un trait cul-turel à travers un personnage histori-que, qu’il soit président, conquistador, dictateur ou simple quidam (ouvrier, mineur, paysan, étudiant, littéraire, esclave), faisant face au brouhaha de son siècle, de son lieu, de ses convic-tions. Les courts développements se suivent en ordre chronologique, avec des actions qui se répercutent sur plu-sieurs vignettes, tandis que d’autres se limitent à une seule inscription. Mais tous se terminent par un chiffre entre parenthèses, qui renvoie à une notice bibliographique présentée en fin de volume. Autrement dit, Galeano a lu près de 1000 livres sur l’histoire conti-nentale et nous la présente dans ses discontinuités et ses constantes, non pas par le truchement d’une pensée téléologique, mais au ras des pâque-rettes. L’histoire devient vive, vécue, vibrante, avec ses utopies, ses rêves, ses ambitions, son humanité, ses désor-dres, ses solidarités et ses violences. Trop souvent ces dernières priment. L’essai est donc au premier chef un