Paradoxes et peintures - II

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Cet ouvrage porte son regard sur certains mouvements d'outre-Atlantique : monochronisme, hyperréalisme, expressionnisme abstrait, pop art, sans omettre Malévitch et Yves Klein. Les paradoxes dominants sont ceux du "mouvement immobile", de l' « intérieur-extérieur », de la « surface-profondeur », du « cadre hors-cadre », de la « mort de l'art » soulevée par A. Danto. La « mort de l'art » est l'institution du communisme utopique en termes esthétiques, réalisée par un dernier paradoxe selon l'essor du capitalisme financier et industriel.
Publié le : vendredi 1 janvier 2016
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EAN13 : 9782336399904
Nombre de pages : 382
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Edmundo MORIM de CARVALHO
PARADOXES ET PEINTURE  II MONOCHROMIE, HYPERRÉALISME, EXPRESSIONNISME ABSTRAIT, POP ART
VARIATIONS SUR LE PARADOXE  VII
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
07/12/2015 09:35
PARADOXES ET PEINTURE - II :
MONOCHROMIE, HYPERRÉALISME,
EXPRESSIONNISME ABSTRAIT, POP ARTVARIATIONS SUR LE PARADOXE - VII
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Jean-Louis BISCHOFF,Corps et pop culture, 2015. André DOZ,La voie de l’être, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le procès d’effectuation. Des figures abstraites de la conscience aux figures de l’esprit, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le principe d’effectuation. La dialectique des figures de la conscience dans laPhénoménologie de l’esprit, 2015. Michel J.F. DUBOIS,La métaphore et l’improbable. Émergence de l’esprit post-scientifique ?,2015. Ado-Dieumerci BONYANGA,Émancipation et révolution biologique selon Habermas, 2015. Olivier LAHBIB,Phénoménisme et empiriocriticisme, 2015. Camille LACAU ST GUILY,Henri Bergson en Espagne. Une histoire contrariée (1875-1930), 2015. Guylain BERNIER,La Vidéo de soi sur Internet : rendre visible sa différence. Au-delà de la technologie, les fondements sociaux, 2015. Jean PIWNICA,Le temps des philosophes,2015. Robert PUJADE,Fantastique et Photographie, Essai sur les limites de la représentation photographique, 2015. Nassim EL KABLI,La Rupture. Philosophie d’une expérience ordinaire, 2015. Laurent CHERLONNEIX,De la volonté de vérité à la Mort de dieu, 2015. Paul DUBOUCHET,De Georg Wilhem Friedrich Hegel à René Girard. Violence du droit, religion et science, 2015. Oscar BRENIFIER,Apologie de la métaphysique. Ou l’art de la conversion, 2015. Reza ROKOEE,L’attitude phénoménologique comparée, de Husserl à Avicenne, 2015. François BESSET,L’âme de la guerre. Petite métaphysique de la Nation, 2015.
Edmundo MORIM de CARVALHO PARADOXES ET PEINTURE - II MONOCHROMIE, HYPERRÉALISME, EXPRESSIONNISME ABSTRAIT, POP ARTVARIATIONS SUR LE PARADOXE - VII
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30758-9 EAN : 9782336307589
À la mémoire de Mme. Angèle Kremer-Marietti, pour sa générosité et son intelligence sans lesquelles cette série de livres sur le paradoxe n'aurait pas vu le jour
PARADOXES ET PEINTURE - II : MONOCHROMIE, HYPERRÉALISME, EXPRESSIONNISME ABSTRAIT, POP ART VARIATIONS SUR LE PARADOXE -VII Introduction L'absolu, comme la lumière, tourne autour du tableau dans sa vacuité de toile et sa plénitude de projet réalisé. Il prend un nom de la mimésis qui fait ici retour en tant quemimésis du plein etmimésis du vide, celle de l'objet irradiant et omniprésent ou celle de l'émotion posant sa force dans les jeux et les surfaces des couleurs. Cela se noue autour de la peinture américaine et ne concerne pas le seul problème de la ressemblance de la figuration ; ils impliquent en effet leretour du vraid'une manière souvent déniée et occultée. Il y a donc mimésis et mimésis — unemimésis accidentelle, s'adressant à la réalité externe, à la vulgarité et à l'ennui d'un monde reconnaissable, et une mimésis essentiellele nom de l'essence en jeu, concernant ici la délivrant réalité interne de la peinture (associée à la réalité interne de la sensibilité émue, voulant faire apercevoir son émotion, a priori vive, dans l'immobilisme d'un tableau). L'essence de la peinture, localisée désormais dans la couleur, est révélée une fois pour toutes. Sa découverte et son exploration trouvent dans la monochromie la reconnaissance de l'absolu qui se dérobait aux peintres ou qu'ils sacrifiaient à la demande de réalisme de leurs commanditaires. La mimésis, sous sa première forme, est pourtant présente avecl'hyperréalisme(ouphotoréalisme) et lePop art, en voulant crever l'écran et rendre la peinture pleinement homogène par rapport au réel physique, géographique, social. On parlera à la suite de ce mouvement de "mort de l'art".
PARADOXES ET PEINTURE - II
D'autres motifs seront évoqués — la peinture assurait jusqu'aux débuts e du XX siècle une fonction de communication imagée ou iconique que d'autres possibilités technologiques vont lui voler. Si elle avait bien résisté, dans un premier temps, à l'assaut de la photographie, elle va maintenant apparemment lui succomber. La peinture assurait jadis à elle seule, pour ainsi dire, tous les rôles de la "médiatique" au moment de son absence et occupait tout le terrain disponible. Maintenant, ce terrain lui est disputé et la raison d'être de la peinture est remise en cause, et l'on va collectionner les "morts" : mort de l'art, mort de la représentation, mort de la mimésis, mort de l'objet, mort du réel, mort du sujet-individu producteur, mort de la peinture (surtout de che-valet), devenue "ringarde" dans le monde sophistiqué de l'ultra-communi-cation. Certains diront, ayant un sens aigu de la discontinuité et de l'orientation avant-gardiste, que l'on a changé deparadigme. Un partage duel et universel s'effectue — tout ce qui se situe avant la ligne de démarcation sombre dans une sorte de non-être pictural. La "mort" est le signe de ralliement d'un mouvement de peinture donné par rapport à un autre mouvement — sauf que la "mort" qu'on lit dans l'art du passé finit par toucher les "croquemorts" ou les artisans de l'art du présent et de l'avenir. Le miroir prend en charge le vide, le non-être, l'absence, en s'éloignant du monde plein, aux figures bariolées, aux horizons jamais semblables. Il est essentiellement, par-delà l'opposition des couleurs aux formes, un révélateur de la sensation et de l'émotion. Le miroir — qui se dégageicidu vacarme suscité par le prolétariat, la dialectique, la révolution, et, de la frénésie consommatrice des classes moyennes, de la liberté cadenassée par le capital —, n'est plus qu'un miroir de la sensation et de l'émotion. La « peinture n'a pas de forme, car la forme reproduite n'est pas la forme, mais l'expression de la sensation picturale » (Kasimir Malévitch,Le Miroir suprématiste, tome deux desÉcrits, éd. L'Âge d'homme, 1993, Lausanne, p. 124). Le monde s'estompe laissant son horizon à la force des sensations. « La compréhension du monde est inaccessible à l'artiste, il n'y a que la sensation qui le soit » (ibid.). La sensation est unique, les formes diverses. La dimension référentielle, au-delà du sujet pictural, se perd et celui-ci devient ainsi sa propre référence — l'émotion ou la sensation, la nécessité de la faire partager avec un autre, est une principale carac-téristique de divers mouvements parfois aux buts complétement opposés (expressionnisme abstrait, pop art, suprématisme, etc.). Le monochromisme, art pur et absolu, est au sein d'une guerre des écoles picturales ; on le verra avec Yves Klein dans sa quête d'un « théâtre vide » où le bleu domine la sphère émotive. En lui se fait sentir le paradoxe du dépassement du support matériel. Le principal paradoxe est celui del'émotionou du sensible — 8
INTRODUCTION présente et absente. Il n'y a plus de mimésis externe, mais on remarque, d'après les propos avancés, unemimésis internela sensibilité remplace le — monde ou le cosmos annihilé, renvoyé, oublié. Mais même dans ce repli, les choses ne sont pas toujours simples et l'ombre de ce que l'on a enfoui vient hanter la mémoire et la pratique des créateurs qui sont en même temps des analystes de leur pratique. Les peintres continuent à chercher et à trouver en doses variables, en produisant, des tableaux sans titre ou des séries simplement numérotées, en évacuant tous les détails dans l'absence de toute figure, ou en en offrant tout un déluge — déluge de rues suburbaines, de vitrines miroirs ou décorées comme un théâtre, des boîtes de toute sorte, etc., dans une reproduction obsessionnelle, méticuleuse de tous les détails, pour qu'aucun ne manque à la célébration ambivalente de la réalité marchande. Le portrait devient une extension de la photographie et perd, d'une manière générale, son jeu picassien pervers de visage décomposé, reconstruit et attiré vers le monstrueux, le cyclopéen. Il se fait sériel, aux couleurs approxi-matives, incertaines, comme des traces sur un buvard, ou portrait à la chaîne, portrait "sérigraphié", parodiant les conserves sur les rayons de supermarchés. Ce n'est pas seulement le visage qui est un objet d'attention, le corps dans son ensemble vaut son pesant de beauté et de rides ou de muscles avachis. Le détail, dans cette dernière option, est une monomanie — il prouve donc la fidélité de la peinture à son modèle ontologique, tout comme le charmant escargot de jadis, si pressé de se mettre sur la ligne de terre du tableau. Après l'ouverture sur le monochromisme, la peinture américaine sera étudiée sous les auspices de trois mouvements auxquels on attribue une tendance hégémoniste à l'égard de la vie et surtout de la mort annoncée de l'art. On retrouve le problème de l'imitation porté à son zénith avec l'hyper-réalisme, l'imbrication de l'art et de la réalité avec le Pop art, et la sacralisation de la surface plane monochrome, ou quasi-monochrome, dans une mystique de l'univocité en suivant l'expressionnisme abstrait. La purification picturale coïncide avec un repli vers la couleur — métaphysique du pigment et de l'aplat, de la luminosité et de la fluorescence, étendue à toute la surface disponible (c'est le mouvement nomméColor Field Painting, domaine d'inter-vention de l'expressionnisme, où l'on calcule la couleur principale et les couleurs adjacentes, par opposition àAction Painting, où le "projecteur" s'arrête sur les gestes de giclement des couleurs). La monochromie ou ce qui s'en rapproche, sommet de l'expressionnisme abstrait, tient aussi lieu de la fusion de l'art et de la réalité ; c'est pour ainsi dire la "mimésis du mur" depuis longtemps gagné à un tel effet ; le tableau finit presque par imiter son cadre d'exposition. Il n'est plus, comme chez Matisse, en concurrence avec une fenêtrefigurative ; le mur ramasse, pour ainsi dire, toute la lumière et rend le 9
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