Patrimoine et mondialisation

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Cet ouvrage traite de la relation patrimoine-mondialisation au-delà des représentations habituelles. Il aborde le patrimoine immatériel et sa numérisation, les musées et patrimoines locaux ; il intègre des exemples issus des pays du Sud, et appréhende la mondialisation en plaçant les acteurs, leurs représentations et leurs stratégies au centre des réflexions. La diversité culturelle, le patrimoine mondial, l'homogénéisation du monde et la marchandisation de la culture sont également abordés.
Publié le : mardi 1 juillet 2008
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EAN13 : 9782336259970
Nombre de pages : 288
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@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan @wanadoo.fr harmattan! @wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05650-3 EAN : 9782296056503

PATRIMOINE ET MONDIALISATION

Collection Administration et Aménagement du territoire dirigée par Jean-Claude Némery Professeur à l'Université de Reims Champagne-Ardenne Directeur du Centre de Recherche sur la Décentralisation Territoriale (EA 3312 - GIS GRALE CNRS) Administrer, aménager le territoire constitue une des missions fondamentales des Etats modernes. Gérer les espaces de quotidienneté et de proximité dans le cadre de la décentralisation et de la démocratie locale, assurer le contrôle administratif et financier de l'action publique, anticiper l'avenir pour assurer un meilleur développement grâce à la prospective sont les objectifs essentiels des pouvoirs publics. Cette collection Administration et Aménagement du territoire doit répondre aux besoins de réflexions scientifiques et de débats sur cet ensemble de sujets.
Déjà parus Jean-Claude NEMERY, Michel RAUTENBERG et Fabrice THURlOT (sous la dir. de), Stratégies identitaires de conservation et de valorisation du patrimoine, 2007. Sylvie DIART-BOUCHER, La réglementation vitivinicole champenoise, 2007. Martin Paul ZE, La politisation des fonctionnaires au Cameroun. 2007. Jean-Claude NEMERY (sous la dir.), Quel avenir européen pour la Meuse et le territoire mosan? 2007. Philip BOOTH, Michèle BREUllLARD, Charles FRASER, Didier PARIS (sous la dir.), Aménagement et urbanisme en France et en Grande-Bretagne, Etude comparative, 2007. Jean-Claude NEMERY (sous la dir.), Les pôles des compétitivité dans le système français et.. européen. Approches sur les partenariats institutionnels, 2007. Fabrice DHUME-SONZOGNI, La coopération dans les politiques publiques,2006. Carole EVRARD, Les agences de l'eau: Entre recentralisation et décentralisation, 2006. Marc LEROY, Eric PORTAL, (sous la dir.) Contrats, finances, territoires, 2006.

Groupe de Recherches sur les Musées et le Patrimoine (GRMP)

PATRIMOINE

ET MONDIALISATION

Préface de Jean-Pierre

WARNIER

L'Harmattan

LES AUTEURS David Alcaud, enseignant-chercheur aux Instituts d'Etudes Politiques de Lille et de Paris. Chargé de recherche au CIR (Centre interdisciplinaire de Recherches comparatives en sciences sociales) où il dirige le pôle « Espaces publics, espaces politiques ».Membre du LASSP (Laboratoire des Sciences sociales du Politique) à l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse davidalcaud@hotmail.fr Marie-Cécile Bruwier, directrice scientifique du Musée royal de Mariemont, Etablissement scientifique de la Communauté française de Belgique marie-cecile.bruwier@museemariemont.be Jennifer A. Donnelly, doctorante en histoire culturelle à l'Université Paris 7,- membre de la Filière Images. Diplômée de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Centre d'histoire et de théorie des arts) - jennifer.donnelly@wanadoo.fr Anne Gagnebien, doctorante en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 13, membre du LabSic, rattachée au centre CNRS Alexandre Koyré anne.gagnebien@gmai1.com Mathilde Gautier, doctorante en études culturelles à l'Université Paris 1, membre du CRICC (Centre de Recherche Images, Cultures et Cognition) - mathilde.gautier@club-intemet.fr Anne Gombault, professeur de management et comportement organisationnel et responsable de la Chaire Arts, Culture et Management en Europe à Bordeaux Ecole de Management à BEMBordeaux Management School - anne.gombault@bem.edu Aurélie Gosselin, médiathécaire au musée du Louvre a.musee@free.fr Annie Héritier, maître de conférence à la Faculté de Droit de l'Université de Corse - annie-heritier@orange.fr Anne Hertzog, maître de conférence en géographie à l'université de Cergy-Pontoise, membre du laboratoire MRTE (UCP) hertzog.anne@wanadoo.fr Sophia Labadi, docteur en archéologie (University College London, Angleterre). Consultante pour l'UNESCO. sophiesworld@hotmail.comJulien Mahoudeau, chercheur associé à l'Unité Toulous~ine d'Archéologie et d'Histoire (UTAH - UMR 5608 CNRS). Membre du comité d'orientation de l'Association du Progralnme européen Modélisation de la Complexité (MCX) - jm@jmahoudeau.net

François Mairesse, directeur du Musée royal de Mariemont, Etablissement scientifique de la Communauté française de Belgique - francois.mairesse@musee-mariemont.be Emmanuel Paris, maître de conférence en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 13, membre du LabSic - paris@sic.univ-paris13.fr Christine Petr, maître de conférence en marketing à l'Institut d'Administration d'Entreprise de Rennes (IGR). Membre du CREM (UMR CNRS 6211) de l'Université de Rennes 1 christine.petr@univ-rennes1.fr Frédéric Poulard, maître de conférence en sociologie à l'Université Lille 1, membre du Clersé - fred.poulard@wanadoo.fr Martine Regourd, maître de conférence en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université des Sciences Sociales de Toulouse.- martine.corral@univ-t1se 1.fr Estrella Rojas, maître de conférence en sciences de l'information et de la communication à l'Université d'Artois, IUT de Lens, Département Services et Réseaux de communications. Membre du laboratoire Paragraphe (Université Paris 8) estre1la.rojas@wanadoo.fr Vladimir Rojanski, doctorant à l'Institut d'Etudes Européennes de l'Université Paris 8. Responsable de formation et d'études au Centre des Etudes européennes de Strasbourg (ENA) vladimir .rojanski@cees.ena.eu Fabrice Thuriot, docteur en droit public, HDR, ingénieur d'études au Centre de recherche sur la décentralisation territoriale (CRDT EA 3312 GIS GRALE-CNRS) à la Faculté de Droit et de Science Politique de l'Université de Reims Champagne-Ardennefabri ce.thuri ot@univ-reims. fr Jean-Michel Tobelem, docteur en gestion, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et d'études supérieures de droit public. Directeur d'Option Culture - option.culture@wanadoo.fr Geneviève Vidal, maître de conférence en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Paris 13, membre du LabSic et de la MSH Paris Nord gvidal@sic.univ-paris13.fr Jean-Pierre Warnier, ethnologue, Centre d'Etudes Africaines, Paris - jp-wamier@wanadoo.fr Bertrand Wert, doctorant en science politique, membre de l'Institut de recherche interdisciplinaire en socio-économie IRISES, UMR 71 70 - CNRS, de l'Université Paris IX Dauphine.

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Membre du CIR (Centre interdisciplinaire de Recherches comparatives en sciences sociales) - bertrand.wert@hotmai1.com Stéphanie Wintzerith, docteur en sociologie (Université de Karlsruhe, Allemagne) et diplômée de l'EAP (Ecole Européenne des Affaires, Paris-Oxford-Berlin). Directrice du Centre d'Evaluation et de Recherche sur les Publics, rattaché au Badisches Landesmuseum, Karlsruhe - wintzerith@hotmai1.com

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Présentation du Groupe de Recherches sur les Musées et le Patrimoine (GRMP) Rassemblant depuis 1994 de jeunes chercheurs travaillant sur des sujets relatifs aux musées et au patrimoine, ce groupe a pour objectif - par le biais de discussions et d'échanges d'informations, puis de projets collectifs de briser un double isolement: dans sa discipline et sur le plan géographique. Le groupe comprend une cinquantaine de personnes intéressées par la démarche, qui viennent de France, Belgique, Canada, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis... Les disciplines représentées sont les suivantes: muséologie, histoire, science politique, droit, économie, gestion, histoire de l'art, sociologie, tourisme, archéologie, géographie, sciences de l'infonnation et de la communication... Les réunions sont organisées à Paris 3 à 4 fois par an, parfois à l'extérieur (1 fois à Berlin en septembre 2004lors d'ICHIM). 1. Les traits du « réseau» sont les suivants: caractère informel (non rattachement à un laboratoire ou à un centre de recherche) ,.pluridisciplinarité (toutes les disciplines se penchant sur les questions intéressant le groupe sont les bienvenues) ,. large ouverture géographique (Paris et régions, France et

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international)

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2. Le champ couvert est principalement celui des musées et du patrimoine, mais le groupe accueille aussi des chercheurs travaillant sur des champs connexes (festivals, politiques culturelles, mécénat...). 3. Le groupe continue à accueillir de nouveaux « thésards» ,. quant aux professionnels, ils peuvent être accueillis en fonction de l'intérêt qu'ils manifestent pour les problématiques de la recherche. 4. Le groupe se réunit trois à quatre fois par an (le lieu n'étant pas nécessairement parisien), étant entendu qu'il est fait appel autant que possible à l'Internet pour la facilitation des échanges. 5. La qualité des travaux du groupe dépend uniquement de

l'implication de ses membres, du fait de l'absence de moyens fonctionnement autres que la bonne volonté de chacun. Un nouveau site Internet est à l'étude pour remplacer le site originel non mis à jour: http:\\membres.lycos.fr/arpamus/index.html

de

Présentation

du projet d'ouvrage

Après un premier ouvrage collectif intitulé Politique et Musées (L 'Harmattan, 2002) qui est référencé dans de nombreuses publications, le groupe réfléchissait depuis 2003 à un second projet sur le thème Patrimoine et Mondialisation afin de traiter le 2e volet de compétences du Groupe de Recherches sur les Musées et le Patrimoine (GRMP), même si les musées continuent de faire partie des préoccupations en tant que parties intégrantes du patrimoine.

Coordination éditoriale: Fabrice Thuriot et Geneviève Vidal, avec la collaboration de Mathilde Gautier, Anne Hertzog et Frédéric Poularde Comité de pilotage: Mathilde Gautier, Anne Hertzog, Julien Mahoudeau, Emmanuel Paris, Frédéric Poulard, Martine Regourd, Estrella Rojas, Fabrice Thuriot et Geneviève Vidal, avec la participation de Marie-Cécile Bruwier, Gaëlle Crenn, Anne Gagnebien, Anne Gombault, Aurélie Gosselin, Sophia Labadi, Julien Mahoudeau, François Mairesse, Jean-Michel Tobelem, Bertrand Wert et Stéphanie Wintzerith. Tous nos remerciements à la MSH Paris-Nord à Saint-Denis, qui a accueilli les réunions de préparation de cet ouvrage depuis 2004.

A la mémoire de Xavier Perrot, membre du GRMP, Maître de conférences, ancien commissaire général d'ICHIM.

PREFACE
Le patrimoine face à la mondialisation
Jean-Pierre W ARNIER

li est des biens qui circulent. li est des biens sédentaires. Il y a des enchères à Drouot. On achète et on vend. On emballe. On expédie - à New York, Tokyo, Melbourne. Il yale Louvre et la Tate: on conserve, on restaure, on protège, on garde sur place. li Ya la globalisation des échanges culturels et marchands. Il y a le gel sur place des biens patrimonialisés. Ces deux processus défmissent deux catégories de biens qui sont inséparables et complémentaires. Jouons du vocabulaire. Changeons les mots. A la place de flux globalisés, disons « circulation de biens aliénables ». A la place de patrimoine, disons «conservation de biens inaliénables ». Chaque humain, chaque peuple définit le contenu de ces catégories. Chacun décide de ce qu'il veut engager dans l'échange ou conserver par devers soi et transmettre à la génération suivante. On hérite des bijoux de famille. On ne les vend pas, sauf lorsque la vie elle-même est en danger. On les met au Mont de Piété, en espérant contre toute espérance un retour de fortune qui permettra de les reprendre. Retour de fortune qui se jouera dans la sphère des biens aliénables: on va faire des affaires, gagner au Loto, développer son commerce. Les biens culturels ne s'opposent pas aux marchandises. Il y a des marchandises culturelles. C'est à l'intérieur de la catégorie des biens culturels que l'on trouve deux sous-catégories très structurantes: les biens que l'on engage dans les échanges, le troc, le marché, et, à l'opposé, les biens soustraits à la circulation qui constituent un patrimoine. Les mots font illusion. « Globalisation » et « patrimoine» nous présentent les visages de jeunes compagnons. Ne nous y trompons pas: ils n'ont fait qu'endosser des masques lisses afin de cacher les rides de l'âge. Mais on devine les stigmates des ans et des siècles aux entournures. Dans «patrimoine» il y a pater et patria. C'est les pères qui ont mis le masque afin de leurrer notre désir de jeunesse. lis transmettent par filiation les biens identificateurs de la lignée, les choses patrimoniales: le nom et les dieux auxquels s'est

soumis le père, la langue apprise dans les bras de la mère, les pénates, la maison, les origines, et - lâchons le mot - les identifications, plus que l'identité. Mais chaque humain naît avec l'obligation de donner, de recevoir, de commercer, d'échanger. Autant qu'un devoir, c'est une nécessité. Alliance et filiation; commerce et transmission; circulation des biens et conservation des héritages; transactions profanes et vénérations sacrées; globalisation des flux et patrimonialisation. Sous les mots récents, la grève anthropologique. Echange des biens profanes et patrimonialisation des biens sacrés sont aussi vieux que 1'humanité. Ils font 1'humain. Vous les trouvez chez les Pygmées d'Ituri, les Andamans, dans la Perse antique, le Japon impérial, la France de l'abbé Grégoire, le grand bazar hypermodeme des Emirats Arabes Unis. Complétez la liste: il n'existe aucune exception. TIfaut conserver pour être soi et pour pouvoir s'engager dans le commerce avec les autres sans perdre son âme. Il faut échanger pour se maintenir en vie et se mettre en position de transmettre. D'un côté l'identité, la transmission intergénérationnelle à l'intérieur de la maisonnée, de la lignée, du groupe. De l'autre, l'altérité, l'alliance matrimoniale avec les autres maisonnées, les autres lignées. Si les catégories anthropologiques sont claires, leur négociation dans la pratique au j our le j our de la patrimonialisation et des échanges l'est moins. Surtout - et c'est là que les auteurs du présent collectif interviennent avec toutes leurs compétences à l'appui - au temps de la globalisation des flux. La globalisation agit de manière sélective, en découpant l'espace, en marginalisant certains groupes ou sociétés, en jetant les autres dans des échanges intensifiés, en concentrant les richesses de manière sélective audelà du concevable. C'est au long des lignes de contacts intensifiés que les catégories se brouillent, que les dieux sont détruits par les philistins, qu'on pille les temples et les sépultures des autres peuples, qu'on renonce à sa langue et qu'on vend son patrimoine. Mais aussi qu'on construit des musées, qu'on invente une sacralité républicaine, qu'on restaure les vestiges du passé. Ce qu'apporte la globalisation des flux marchands, fmanciers, culturels, migratoires, c'est une radicalisation sans précédent de la tension entre échange et transmission, alliance et filiation. Rien ne va plus de soi comme nous aimons à penser que les choses allaient 14

de soi aussi longtemps que les humains donnèrent du temps au temps, tout en priant les dieux de leur épargner le pire. Désonnais, la gestion des échanges globalisés et du patrimoine sacralisé doit être volontaire et délibérée. Elle se fait politique. TIfaut choisir ses découpages et ses limites. Les groupes ne sont plus des espaces clos à l'abri de limites linguistiques, géographiques, culturelles et identitaires clairement repérables, s'ils l'ont jamais été. lis sont ouverts à tous les vents des échanges. li faut tout renégocier : ce que l'on va conserver et geler dans l'inaliénabilité des musées, des paysages, des monuments, de la ville, et pour quel groupe, quelle nation, quelle « ethnie », quelle «communauté» ? Et ce qu'on va vendre, lancer dans le grand large des marchés mondialisés. A la limite, ce que l'on va prêter temporairement, ce qu'on va labelliser, ce qu'on va inscrire dans son identité tout en lui procurant un prolongement, en l'investissant ailleurs, sous licence. La limite la plus englobante, celle du patrimoine commun de I'humanité, doit se construire pour que le genre humain n'abandonne pas défmitivement toute humanité. C'est la frontière la plus récente et la plus difficile à négocier car elle inclut les échanges et la transmission à l'intérieur d'un périmètre commun. Cette situation est inédite. Pour la plupart des humains, la sphère du patrimoine est celle des limites de la maisonnée, de la cité, de la nation, de la communauté des croyants, de l'intérieur. Les échanges se font à l'extérieur. Leur demander d'abandonner leurs clôtures rassurantes pour se fondre dans une humanité commune en lui reconnaissant un patrimoine commun ne peut que les remplir d'incertitude et même d'angoisse. La globalisation superpose intériorité et extériorité. Elle brouille tous les repères. Avec elle, l'humanité atteint son Finistère. Celle-ci n'a plus d'autre extériorité que celle des extraterrestres fantasmés. Elle oppose les plus vives résistances à l'universalisme, reconstruisant sans cesse une extériorité qui lui fait défaut en rejetant les autres dans les espaces étrangers des différences religieuses, linguistiques, identitaires. La lecture du présent collectif consacré au patrimoine face à la mondialisation nous éclaire sur les multiples diffractions locales de cette situation entièrement inédite dans I'histoire de I'humanité.

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INTRODUCTION

LE PATRIMOINE

FACE A LA MONDIALISATION

NOUVELLES FRONTIERES ET NOUVELLES PRATIQUES

Le patrimoine, qui renvoie à la notion d'héritage à transmettre1, est le résultat d'une série de choix, opérés selon la définition qu'une société ou un groupe veut donner de soi. Exprimant à la fois ce qui l'identifie et ce qui le différencie des autres, le patrimoine matériel ou immatériel d'une société suppose un travail d'interprétation voire de reconstruction du passé en fonction d'enjeux du présent2. Cette conception du patrimoine incarne un rapport au passé socialement et historiquement construit: inventée en Europe durant l'époque moderne, d'abord propre aux sociétés occidentales3, elle s'est ensuite étendue à d'autres sociétés: cette extension de la notion de patrimoine, qui suppose un certain rapprochement des pratiques de par le monde, renvoie à une forme de mondialisation culturelle. Elle constitue l'une des dimensions du rapprochement généralisé des sociétés et des individus, accéléré par la modernisation des moyens de communication et d'information, qui avive dans le même temps une conscience de l'altérité et de la diversité. Par ailleurs, l'intensification des échanges qui caractérise le nouveau contexte planétaire intègre très inégalement les espaces et les peuples4. Cette situation mondiale, inédite, suscite des interprétations divergentes et des réactions (crainte, sentiment d'exclusion ou de marginalisation) à l'origine de nouveaux discours identitaires voire de formes de replis. Plus particulièrement, elle contribue à redéfinir les modalités de prise en charge de certains patrimoines, ainsi que leurs usages. Dans un contexte mondial caractérisé par l'accélération des échanges et la remise en cause de certains cadres institutionnels traditionnels, le secteur patrimonial connaît nombre de bouleversements dans les formes de sa gestion et de sa valorisation. Pour ne citer que ces exemples, Shanghai, Atlanta, Abou Dhabi sont désormais les nouvelles adresses des antennes du Centre Georges Pompidou et du Louvre à l'étranger. Assorties de prêts rémunérés d'œuvres et de l'exportation des « marques» Pompidou ou Louvre, ces délocalisations témoignent de stratégies depuis longtemps
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Babelon Jean-Pierre,ChastelAndré, 2004,La notion de patrimoine, Paris, Liana

Lévy 2 Poulot Dominique (éd.), 1998, Patrinzoine et Modernité, Paris, L'Harmattan; Rautenberg Michel, 2003, La rupture patrimoniale, A la croisée, Bernin. 3 Choay Françoise, 1999, L'allégorie du patrin10ine, Paris, Seuil; Poulot Dominique, 2006, Une histoire du patrimoine en Occident, XVIII-XIXème siècle, Paris, PUF 4 Carroué Laurent, 2006, Géographie de la mondialisation, Paris, A. Colin

adoptées par certains grands musées américains ou russes. Ce mouvement d'ouverture sur l'international et d'implantation à l'étranger traduit bien certaines évolutions à l'œuvre au sein des musées français. Il suscite également de vifs débats dont les arguments partisans n'échappent pas à certains lieux communs associés à la mondialisation et à ses interprétations: « marchandisation» de la culture, uniformisation culturelle des sociétés et nivellement par le bas. Ce nouveau contexte mondial est également marqué par l'apparition d'incertitudes et de risques, à l'image du dynamitage des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan par les Talibans en 2001. La destruction de ce patrimoine millénaire, qui constitue un message implacable adressé à l'ensemble du monde par un groupe islamiste alors au pouvoir, témoigne d'enjeux politiques, religieux et identitaires à plusieurs niveaux échelles. Soulevant l'indignation de la communauté internationale, notamment pas la voix de l'Unesco, cet acte a suscité en 2003 l'inscription de la vallée de Bamiyan sur la liste du patrimoine mondial en péril. Erigé en témoignage de l'histoire de l'Humanité toute entière, le site est aussi devenu le symbole même du «crime culturel », concept inventé par l'Unesco censé traduire une prise de conscience mondiale. Ainsi, l'acte perpétré par les Talibans tout comme la réponse apportée par l'Unesco s'inscrivent dans des enjeux planétaires et expriment des valeurs dont la portée se veut universelle: tentative d'affirmation du caractère exclusif et universel d'une doctrine religieuse d'une part, construction de valeurs incarnant la lutte de la civilisation contre la barbarie, de l'autre. L'instrumentalisation du patrimoine au service d'enjeux politiques ou symboliques n'est pas une chose nouvelle; mais le changement réside dans le caractère désormais global, mondial de ces enjeux. L'émergence de la notion de patrimoine mondial de l'Humanité introduit l'idée d'une communauté de valeurs universelles partagées par l'ensemble des peuples en dépit de leur diversité. L'un des aspects de la mondialisation est l'émergence du caractère global de certains défis ou enjeux liés aux interdépendances croissantes des économies mais aussi au rapprochement des sociétés. Défis environnementaux, problèmes de santé ou incertitudes géopolitiques touchent le monde dans sa « globalité» en raison de l'essor des échanges et de la diffusion de valeurs communes. Internationalisation des grands musées nationaux, reconnaissance mondiale d'un héritage commun à l'Humanité, ces deux 22

phénomènes renvoient chacun à leur manière au propos de cet ouvrage, qui vise à montrer comment le monde constitue désormais un nouvel horizon de la production et des usages du patrimoine. TI semble bien que la question patrimoniale ne puisse plus être pensée sans référence à la mondialisation, dont les ressorts actuels sont autant d'ordre culturel, qu'économique ou démographique. La mondialisation s'apparente donc à un ensemble de processus complexes et multidimensionnels5 mettant les espaces et les sociétés de la planète en relations6 ; elle est suscitée et vécue par les acteurs sociaux, qui ont la capacité de l'impulser, mais aussi de l'interpréter et donc de l'ajuster aux contextes et aux préoccupations qui sont les leurs. Vers une uniformisation culturelle? commun de la mondialisation A propos d'un lieu

La diffusion mondialisée de certaines pratiques de conservation, d'exposition ou encore de valorisation du patrimoine se traduit par l'internationalisation de certaines normes muséographiques et de figures désormais imposées dans les pratiques patrimoniales. Les exemples développés par Bruwier-Mairesse et HertzogPoulard montrent que la constitution et l'évolution des musées sont tributaires de traditions nationales autant que de pratiques importées de l'étranger. Ces deux contributions révèlent aussi que l'ouverture des musées sur leur environnement international, qui a été dans les deux cas un puissant facteur de transformation, est un phénomène ancien. La perméabilité des institutions muséales et patrimoniales à l'environnement mondial n'est donc pas nouvelle mais l'accélération des échanges, la modernisation des moyens de communication, et la constitution d'organismes internationaux, comme l'ICOM ou l'ICOMOS (Labadi-Wintzerith), intensifie le phénomène depuis le milieu du XXe siècle. Il faut aussi y voir une réponse à l'essor du tourisme international. L'accroissement des échanges internationaux, l'essor des moyens dévolus par certains établissements et la compétition qu'ils se livrent désormais posent la question de l'uniformisation des manifestations institutionnelles et de leur caractère inflationniste.

5 Ghorra-Gobin Cynthia (et alii), 2006, Dictionnaire des mondialisations, Paris, A.Colin 6 Grataloup Christian, 2007, Géohistorie de la n'londialisation, Paris, A. Colin 23

De nombreuses contributions insistent sur la standardisation bien réelle - des formes de gestion et de promotion du patrimoine. Ainsi, le succès des quelques grands musées et monuments, dont la réputation est mondiale, se construit autant sur les représentations collectives du public que sur les stratégies commerciales et la valeur artistique et culturelle d'exception (Gombault-Petr). Or, cette construction suppose une certaine uniformisation des discours et des pratiques de valorisation pour être perçue par un très large public. La numérisation croissante du patrimoine a aussi pour effet l'uniformisation des formes de communication au service de la valorisation patrimoniale (Mahoudeau-Rojas et Gagnebien-Paris). Dans le cas de certaines organisations internationales comme le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), l'uniformisation de certaines conceptions de la protection patrimoniale traduit la domination persistante d'une vision occidentale et européano centrée (LabadiWin tzenri th). Le phénomène d'uniformisation est souvent associé à une supposée « occidentalisation », voire à une « américanisation» du monde. Cette interprétation de la mondialisation, qui trouve un large écho en Europe et qui est le plus souvent exprimée sur le ton de la défiance ou de l'accusation, se sert souvent des signes les plus visibles d'un rayonnement «agressif» de la culture « étasunienne »aux effets nivelants. Les contributions réunies dans cet ouvrage mettent en lumière quelques manifestations bien réelles de l'imprégnation par les conceptions nord-américaines des pratiques contemporaines de conservation et de valorisation du patrimoine en Europe. Elles soulignent notamment le déploiement sans précédent de stratégies commerciales, qui tendent à brouiller la frontière entre établissements publics et industries culturelles. La circulation des grandes expositions au caractère répétitif et la généralisation de certaines pratiques commerciales comme les boutiques de musées, développées initialement par les fondations culturelles américaines et imitées par d'autres pays, illustrent également cette situation (Donelly-Gautier). L'essor de stratégies muséales tournées vers le développement international, fondées sur de nouvelles formes de coopérations décentralisées initiées par la fondation Guggenheim et reprise par le musée de l'Ermitage (Gosselin-Tobelem) illustre la même logique. Les contributions rassemblées dans l'ouvrage permettent cependant de dépasser la thèse simplificatrice de « l'impérialisme» culturel occidental ou américain et questionnent plus qu'elles 24

affirment cet «effet de domination» (Gosselin-Tobelem). Elles mettent en évidence la séduction exercée par certains aspects du modèle culturel nord-américain, fondée sur des valeurs partagées comme la démocratie ou la notion de diversité culturelle. Ainsi, la contribution de Hertzog-Poulard rappelle que, dès l' entre-deuxguerres, les expériences américaines inspirent les conservateurs français et contribuent à l'évolution de la finalité sociale des musées et de la question des publics. L'adoption en Europe des stratégies événementielles «grand public », sur le modèle des expositions block-busters nord-américaines valorisant la « culture populaire» (Donelly-Gautier) ne passent-ils pas pour être des facteurs de démocratisation de la culture et des musées? L'importation de façons de voir et de faire nées aux Etats-Unis suppose la volonté plus ou moins assumée et consciente - des sociétés d'accueil de s'approprier certaines valeurs ou pratiques. Ce processus débouche sur une diversification croissante des formes patrimoniales dans le monde. Mondialisation des échanges, hybridations diversification des patrimoines des pratiques et

La prise en compte du temps long permet de s'émanciper des discours souvent emprunts de présentisme, qui assimilent la mondialisation à une homogénéisation croissante et une mise en danger des diversités culturelles. A partir de l'étude des musées égyptiens et français, les contributions de Bruwier-Mairesse et Hertzog-Poulard révèlent que les échanges internationaux ne se sont jamais opérés à sens unique. Au contraire, la diffusion - mais peut-être faudrait-il plutôt parler de circulation - de formes culturelles s'accompagnent toujours d'ajustements locaux. Les échanges internationaux ne sont pas, depuis l'entre deux guerres, à l'origine d'une homogénéisation des musées de province français et d'une uniformisation culturelle, si souvent dénoncées. Ils sont au contraire au fondement de leur diversification, dont l'intensité varie certes en fonction des périodes (Hertzog-Poulard). De même, l'histoire des musées égyptiens ne se limite pas à l'importation d'un modèle issu des pays occidentaux. Réfutant la thèse quelque peu simpliste d'un rapport de force entre culture «dominante» (occidentale et dans ce cas, européenne) et « dominée », lequel se traduirait par un processus d'homogénéisation, Bruwier et Mairesse montrent qu'on est plutôt en présence d'échanges et d'emprunts réciproques dont la synthèse locale garantit un 25

renouvellement et une diversification des formes culturelles. Cette contribution permet de rompre avec une vision traditionnelle et européocentrique de l'histoire culturelle du monde en adoptant un point de vue décentré: elle illustre la notion d' « hybridation» des pratiques culturelles - ici la conservation du patrimoine. Depuis les années 1980, l'émergence d'une interprétation de la mondialisation comme processus aux effets nivelant et appauvrissant pour les cultures locales a pour effet la construction d'un nouveau paradigme: celui de la diversité culturelle. La défense de l'idée d'une «exception culturelle» par l'Union Européenne (Vidal-Rojanski) ou encore la promotion de la «diversité culturelle» au sein des organisations internationales (Labadi- Wintzenrith) l'attestent. Aussi voit-on que la mondialisation et ses interprétations, surtout celles fondées sur l'idée d'une homogénéisation, d'une américanisation galopante ou d'une occidentalisation dominante, nourrissent un mouvement généralisé de production et, en même temps, de diversification patrimoniale. La patrimonialisation de lieux, de paysages, d'objets matériels et de plus en plus immatériels participe à la mise en scène des particularismes et des identités, fondés sur des éléments du passé. La promotion de la diversité des expressions culturelles révèle aussi des rapports de forces et des enjeux économiques et politiques. La contribution de Vidal-Rojanski le montre bien à travers une réflexion sur la politique européenne de numérisation du patrimoine. Dans un contexte où l'objectif des négociations menées dans le cadre de l'OMC est de parvenir à la libéralisation des échanges, l'Union Européenne tente de défendre le principe de l' «exception culturelle» puis de la «diversité culturelle ». L'enjeu de la numérisation d'un patrimoine « européen» est donc économique mais également politique et symbolique: il s'agit d'affirmer l'identité de l'Europe. Cependant, elle peine à se poser comme un acteur efficace dans la régulation des échanges mondiaux des biens culturels. A travers l'analyse de la numérisation croissante du patrimoine grâce à l'outil informatique et à sa valorisation via les réseaux mondialisés du net, c'est la question de la tension entre homogénéisation et diversification culturelle qui est à nouveau posée. Deux contributions s'intéressent plus spécifiquement à l'incidence de l'Internet dans la médiation des savoirs culturels et du patrimoine; elles aboutissent à des conclusions très proches. Tout en témoignant d'une uniformisation des techniques, l'article de Mahoudeau-Rojas montre que la généralisation des sites web de 26

musées et des dispositifs hypermédias d'incitation à la visite des sites touristiques culturels et naturels ont contribué à une plus grande hétérogénéité des productions. La contribution de Gagnebien-Paris montre, pour sa part, comment la numérisation de l'information sur le génocide juif contribue à sa patrimonialisation. Elle examine les enjeux politiques et les usages sociaux de ce patrimoine immatériel en pointant ses effets. L'inflation de l'information, sa circulation mondialisée, mais aussi son éparpillement, ont pour corollaire une diversification des formes de production et d'appropriation de ce patrimoine. D'autant plus que l'absence de coordination entre porteurs de mémoire et producteurs d'histoire, amateurs et professionnels empêche toute tentative de fédération et de structuration de l'information sur la Toile. Dans le nouveau contexte de la mondialisation, les problèmes de coordination et de repositionnement des différents acteurs intervenant dans le champ patrimonial se posent en effet avec une acuité nouvelle. Multiplication des acteurs et nouveaux dilemmes

La multiplication des acteurs et des échelles d'intervention en matière de patrimoine accroît les problèmes de coordination. Ces problèmes sont renforcés par les dilemmes auxquels sont confrontés ces différents acteurs: les organisations supranationales sont partagées entre la défense d'une conception universalisante et la promotion de la diversité culturelle, tandis que les acteurs nationaux et locaux défendent les particularismes, tout en cherchant la reconnaissance et le soutien financier des instances européennes et internationales. Dans la tradition occidentale et particulièrement française, le patrimoine est d'abord national. Avec l'émergence de conceptions et d'acteurs intervenant à d'autres échelles - locales et supranationales - le lien entre patrimoine et souveraineté est remis en question. A partir du cas français, la contribution de HéritierThuriot analyse les effets des redéfinitions juridiques de la notion de patrimoine commun. Tout en rappelant l'impulsion majeure de l'Etat, elle pointe le rôle croissant des initiatives locales et des organisations internationales. En dépit de sa perte d'influence, le rôle de l'Etat n'est pas pour autant obsolète puisque le patrimoine valorisé par les collectivités locales et les institutions internationales (l'Unesco et le patrimoine mondial de l'Humanité) est celui-là même qui a été produit au niveau central. De plus, des 27

normes protectrices contraignantes créées par les Etats continuent à orienter les actions menées à l'échelle locale ou au sein des organisations internationales. Le poids des traditions d'intervention des Etats au sein des organisations internationales est aussi rappelé par la contribution de Labadi-Wintzenrith à propos de l'ICOM et l'ICOMOS. Les actions de ce type d'organisation révèlent la diffusion mondialisée de certaines normes de protection et de valorisation patrimoniale, mais elles reflètent aussi les problèmes de coordination avec chaque Etat. Ainsi, elles oscillent entre universalisme et relativisme : chargées d'instaurer des normes de bonne pratique uniformément applicables, elles sont appelées à prendre en compte les particularismes nationaux, régionaux ou même locaux (la diversité culturelle). Ce dilemme, qui reflète plus largement le poids des traditions nationales, est au cœur de leur mission. Pour des raisons historiques et conjoncturelles, elles le résolvent différemment: l'ICOMOS semble ainsi adopter une conception globalisante et euro-centrée alors que I'ICOM inscrit davantage son action dans une posture relativiste. L'universalisation de certains principes, notamment exprimée dans un certain nombre de Conventions mondiales (comme celle sur la diversité culturelle) se heurte par ailleurs au caractère international et non pas supranational des institutions chargées de les mettre en œuvre. Que ce soit dans le cas de l'OMC ou des organisations internationales comme l'UNESCO ou l'ICOMOS, les actions et les coopérations sont internationales (elles supposent la coopération d'acteurs dont le cadre de référence demeure l'état) : en matière de valorisation et de protection du patrimoine, les processus de la mondialisation sont encore largement fondés sur une logique internationale. La défense des particularismes est un des enjeux actuels des politiques patrimoniales menées par les acteurs locaux, qui cherchent dans le même temps la reconnaissance des instances européennes ou mondiales. La contribution de Alcaud- Werth illustre ce phénomène à travers le cas du réseau transnational des villes du projet « Septentrion ». Les auteurs analysent les stratégies déployées par les acteurs territoriaux européens sollicitant l'inscription d'un ensemble de sites (citadelles Vauban et villes fortifiées) sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Or, derrière l'apparente cohérence de cette candidature, les modalités de coopération résultent plus d'une série de tâtonnements et de « bricolages ». En analysant comment les acteurs territoriaux 28

saisissent des opportunités de développement dans un contexte de luttes d'influence et de compétition entre projets, l'article pointe les enjeux locaux d'un système de protection et de valorisation du patrimoine pensé à l'échelle mondiale. Ces enjeux locaux sont également développés dans la contribution de Thuriot-Regourd qui analyse les effets des processus globaux de la mondialisation sur les collectivités locales françaises. Elle montre que l'instrumentalisation de la culture et du patrimoine au service de la communication d'une image y occupent une place de plus en plus grande, tout comme les tentatives d'intégration aux réseaux culturels internationaux, avec le soutien de plus en plus fréquent du mécénat privé. Cette situation, qui révèle des logiques désormais internationalisées, débouche sur de nouvelles formes de coordination et de partenariats entre acteurs publics et privés et soulève des questions nouvelles en termes de gestion et de valorisation patrimoniale.

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